La Fraternité st Pie X a-t-elle une attitude excusable?

Capture Innocent III
J’ajouterais que ce serait contraire au Concile Vatican I de prétendre qu’un Pape, une fois devenu Pape, puisse perdre la foi, même si certains parlent d' »hérésie privée ». Mais si un Pape ne l’a jamais été, ayant par exemple acquis le statut par la ruse comme Jean XXIII, quoiqu’hérétique… On peut penser qu’un « pape » hérétique ne l’a en réalité jamais été de fait, et qu’on ne peut donc pas prétendre de son exemple qu’un vrai Pape peut se tromper.

Un mot avant de parler de la Fraternité et des autres « traditionalistes » en général. Je ne prétends pas avoir découvert la vérité, mais tel est mon point de vue actuel des traditionalistes et de ses partis. Trop dur, trop mou? Difficile de savoir soi-même si on est trop rigoriste ou trop laxiste en matière d’opinions. Louis Veuillot n’hésitait pas à s’exprimer, tout en restant soumis à l’Eglise, et il m’a semblé un modèle en la matière.

On pourra dire plus tard des traditionalistes : « Mais telle est l’infirmité de l’esprit humain, même chez les meilleurs, que, repoussés d’un côté comme de dangereux novateurs, paralysés de l’autre par les divergences de vues qui se manifestaient même dans leurs rangs, ils hésitaient entre les diverses écoles, ne sachant dans quelle direction s’orienter. » S.S. Pie XI.

La Fraternité Saint-Pie X, fondée par Mgr Lefèbvre, dispose de la vraie Tradition et des Saintes Écritures. Elle est constituée d’ecclésiastiques qui ont étudié ce qui a trait à la crise de l’Eglise et qui connaissent la vérité : soit, suivre le « Pape » actuel, c’est dévier de la vérité. Ils savent par l’encyclique Humani generis ce qu’est le Magistère ordinaire et l’ont publié sur leur site. Ce n’est donc pas la lumière qui leur manque. Le Pape s’est déjà prononcé sur le Magistère ordinaire et a dit qu’à celui-ci aussi, s’appliquait « Qui vous écoute, m’écoute. » Quel clerc de la Fraternité st Pie X n’a pas lu Humani generis? Je ne dis pas que la bonne foi ne soit pas présente chez certains ou surtout chez les fidèles, mais peut-on croire qu’elle soit présente chez les chefs? Il est bien connu que les prêtres suivent une formation théologique et il est difficile de croire qu’ils n’ont pas lu à ce moment du moins Humani Generis.

Je repose donc la question : la Fraternité st Pie X, je parle de ses prêtres, est-elle excusable? Puisqu’elle sait a vérité, pourquoi ne veut-elle pas l’admettre? Elle sait pourtant avec Pie XII que : « Il ne faut pas estimer non plus que ce qui est proposé dans les encycliques ne demande pas de soi l’assentiment puisque les Papes n’y exercent pas le pouvoir suprême de leur magistère. A ce qui est enseigné par le magistère ordinaire s’applique aussi la parole : « Qui vous écoute, m’écoute « ; et la plupart du temps ce qui est exposé dans les encycliques appartient déjà d’autre part à la doctrine catholique. Si les Papes portent expressément dans leurs actes un jugement sur une matière qui était jusque-là controversée, tout le monde comprend que cette matière dans la pensée et la volonté des Souverains Pontifes n’est plus désormais à considérer comme question libre entre les théologiens »

1) Est-elle excusable par manque d’intelligence?

Non, la vérité est que la Fraternité st Pie X a peur de devoir se retrouver aveugle. Aveugle parce qu’elle ne saura plus où se trouve la hiérarchie. Pourtant, malgré cet aveuglement, elle s’est organisée hiérarchiquement elle-même comme une petite Eglise sans la permission de son « pape », tout en se mettant « una cum », « en union avec » lui… Mais peut-on célébrer et participer à une messe en union avec un hérétique, là est la question. Peut-on se mettre sous son drapeau sans participer à ses péchés? C’est encore une question.

Don Sarda nous parle de comment on peut être complice d’un mouvement sans en être précisément :

« Un catholique peut se rendre complice du libéralisme en plusieurs manières, sans être précisément un libéral. C’est là un point pratique, plus pratique encore que le précédent, et sur lequel en ce temps-ci la conscience du fidèle doit soigneusement être mise en garde.

Tout le monde sait qu’il y a des péchés dont nous nous rendons coupables, non par véritable et directe commission, mais par pure complicité et connivence avec leurs auteurs, complicité de telle nature qu’elle va souvent jusqu’à égaler en gravité l’acte criminel directement commis. On peut donc et l’on doit appliquer au péché de libéralisme ce que les auteurs de théologie enseignent relativement à la complicité.

Notre intention est seulement de noter ici en quelques mots les différentes manières dont on peut aujourd’hui, en ce qui concerne le libéralisme, se rendre coupable par complicité.
1° – L’affiliation formelle à un parti libéral est la plus grande complicité en cette matière ; c’est à peine si elle se distingue de l’action directe à laquelle elle se rattache. Beaucoup d’esprits, à la seule lumière de leur entendement, voient toute la fausseté doctrinale du libéralisme, connaissent ses sinistres projets et ont en horreur son abominable histoire. Mais par tradition de famille, haines héréditaires, espérances personnelles, reconnaissance de bienfaits reçus, crainte de préjudices à venir ou enfin pour tout autre motif, ils acceptent une situation dans le parti qui professe de pareilles doctrines et favorise de semblables desseins, permettant ainsi qu’on les compte publiquement parmi les affiliés qui s’honorent d’en avoir le titre et travaillent sous son drapeau. »

2) La Fraternité st Pie X est-elle excusable parce qu’elle a peur de juger?

La Fraternité st Pie X a appris de st François de Sales que « De voir ou connaître une chose, ce n’est pas en juger; car le jugement, au moins selon la phrase de l’Ecriture, présuppose quelque petite ou grande, vraie ou apparente difficulté qu’il faille vider; c’est pourquoi elle dit que « ceux qui ne croient point sont déjà jugés », parce qu’il n’y a point de doute en leur damnation. Ce n’est donc pas mal fait de douter du prochain, non, car il n’est pas défendu de douter, ains de juger; mais il n’est pourtant pas permis ni de douter, ni de soupçonner sinon ric-à-ric tout autant que les raisons ou arguments nous contraignent de douter; autrement les doutes et soupçons sont téméraires. »

La Fraternité sait si bien juger qu’elle refuse d’écouter son « pape », qui pourtant devrait lui représenter la voix du Christ. Elle le juge si bien qu’elle lui propose des corrections « fraternelles » en matière de foi et de mœurs. A-t-on jamais vu un catholique vouloir en remontrer au Pape? Cela s’est vu seulement avec les hérésiarques.

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Bien choisir sa femme ou son mari.

Il y a quelque chose dans la vie de tout le monde qui est très important. Quel sera mon état de vie, ma vocation ? Serais-je marié, religieux ou célibataire?

L’état de virginité est sans doute le plus parfait, mais il dépend de la volonté de Dieu. Personne ne doit choisir sa vocation sans consulter la volonté de Dieu et ses propres compétences. La première chose à faire pour connaître sa vocation est la prière (« Seigneur, que voulez-vous que je fasse? ») et autant que possible le conseil de personnes sages, en particulier du confesseur et des parents quand ils sont spirituels. Voir aussi des livres comme l’Art d’arriver au vrai, Chapitre III, Le Choix d’une carrière et faire une retraite spirituelle de st Ignace, ou au moins voir comment faire une bonne élection, indiquée dans son livre : Exercices spirituels de St Ignace.

1) Votre vocation est le célibat.

Oui, la vocation au célibat existe, sans pour autant obliger à entrer dans un ordre religieux. « La femme sans mari et la vierge ont souci des affaires du Seigneur » (1Co 7,34). Dieu a choisi pour vous la meilleure part, réjouissez-vous. Le célibat implique une plus grande consécration à Dieu. Mais comme vous êtes encore dans le monde, vous allez devoir travailler ou trouver une occupation convenable parce qu’il n’est permis à personne de rester dans l’oisiveté.

« C’est donc une grande erreur de combattre par principe le travail des femmes. Que doit faire une femme qui ne peut se marier ou qu’un mari laisse dans la détresse : doit-elle se laisser mourir de faim ou se précipiter dans le vice ? » « Le penchant à l’oisiveté que l’on remarque chez les femmes dans l’aisance, est du reste aussi préjudiciable que le travail des femmes dans les fabriques. Il est vrai que les conditions de la vie sont bien changées et contribuent à laisser les femmes sans occupation ; tandis qu’autrefois la femme s’occupait de tout ce qui concernait l’économie domestique (couture, broderie, tissage, filature, etc.), aujourd’hui, par suite de l’emploi des machines, les objets du ménage sont d’un bon marché, tel qu’on s’imagine dissiper son argent en les faisant soi-même. Du reste, les nombreuses femmes auxquelles sont refusées les joies d’un foyer, souffrent du manque d’occupations. Mais si la femme a moins à faire chez elle, sa tendance à l’oisiveté est encore nourrie par la recherche croissante des jouissances à notre époque. La plupart des jeunes filles regardent le mariage comme un état où elles seront exemptes de travail et de soucis, et n’auront qu’à jouir. » Spirago.

« Les femmes mariées sont soumises à des lois auxquelles elles ne peuvent se soustraire. Quant à la virginité, elle se place au-dessus de toutes les lois. Libre des soins du mariage, elle élève son front au-dessus des intérêts et des préoccupations d’ici-ci bas, et participe à l’auréole des anges. Je me trompe, elle leur est supérieure, car elle a remporté sur la nature une victoire que les anges ne connaissent pas.

La virginité est l’avant-goût de la vie éternelle. Elle n’a pas de sexe : c’est une enfance qui dure toujours. Maîtresse des passions, elle n’a pas d’enfants, elle dédaigne d’en avoir ; mais si elle est privée de la joie de les posséder, elle n’éprouve pas la douleur de les perdre. Heureuse d’éviter les angoisses de l’enfantement, plus heureuse d’éviter celle des funérailles. La virginité, c’est la liberté sans limites : pas de mari pour maître, pas de soins qui se disputent l’existence. Affranchie des liens du mariage, des convenances du monde, des soins des enfants, elle peut affronter sans crainte la persécution. » St Cyprien.

2) Votre vocation est l’état religieux.

Il faut alors rechercher dans quel état religieux ou quel ordre religieux on est appelé à l’aide de la prière et du conseil. Il faut aussi faire attention si on peut choisir à ne pas aller dans un couvent où la règle et la discipline se sont relâchées. Les trois vœux, qui paraissent des chaînes à ceux qui n’y connaissent rien, vous libéreront. Le vœu d’obéissance vous libérera de votre volonté corrompue par l’esprit d’orgueil, d’ambition et de pouvoir, le vœu de chasteté vous libérera des attraits corrompus de votre chair pour permettre à votre esprit de vous commander vous-même, et le vœu de pauvreté vous libérera des attraits des choses vaines de ce monde. Libres des préoccupations du monde, vous vous tournerez plus facilement vers celles de Dieu dans la contemplation.

« Tant il est vrai qu’une fois dégagés des affaires extérieures et libres de nous ouvrir dans le secret de notre âme à la sagesse divine, une fois étouffé le tumulte des préoccupations terrestres dans la joie des méditations saintes et d’éternelles délices, nous éprouvons la vérité de cette parole que « rien ne sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à perdre son âme » (Mt 16,26). Et il apparaît à l’évidence que tout ce qui nous détourne du bonheur éternel ou ne nous aide point à y parvenir n’est que « vanité et affliction d’esprit » (Qo 2,17). » Pie XII, LETTRE APOSTOLIQUE AU PRÉPOSÉ GÉNÉRAL DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS (6 juillet 1940).

3) Votre vocation est celle du mariage.

Belle vocation, mais périlleuse puisqu’elle implique de bien choisir son conjoint. Quand on a su que notre vocation est le mariage, il faut demander à Dieu le promis de son cœur.

Ce promis doit avoir obligatoirement certaines qualités :

1) être catholique, car les mariages mixtes (l’un des époux n’est pas catholique) sont désastreux aussi bien pour le conjoint catholique que pour les enfants qui ne savent pas qui croire. Si on choisit un époux non catholique, les enfants risquent de perdre la foi.

2) être un bon catholique pieux et prudent, et donc connaître son catéchisme, et s’y exercer. C’est à lui que vous allez confier en partie l’éducation de vos enfants. Il prendra aussi des décisions sur l’école où vos enfants iront, et il vaut mieux connaître à l’avance ses choix en la matière plutôt que d’avoir de mauvaises surprises…

3) être suffisamment un bon éducateur. Il faut qu’il soit capable d’éduquer les enfants un minimum, qu’il s’instruise en la matière. Ceux qui s’improvisent parents sans s’instruire ou sans suffisamment de compétences mettent en danger leurs enfants à venir d’être mal élevés.

Mais pour avoir ce promis de vos rêves, il faut le mériter en faisant de soi-même un bon catholique, prudent, instruit de ses devoir de parent et d’époux, et ayant un travail permettant de faire vivre sa famille si on est un homme.

Vrai féminisme en dix questions.

Image associéeVrai féminisme en dix questions.

1) Qui est le vrai libérateur de la femme ?
Le Christ premièrement qui l’a rachetée et Marie sa Mère qui pour tous les hommes a accepté et offert l’oeuvre de la Rédemption au Père Éternel.

2) Peut-on parler de « libération » de la femme quand on lui dit qu’elle est égale et donc non soumise à son mari?
Non, car chaque société a besoin d’un chef, y compris la petite société de la famille. Il faut, sous peine de disputes incessantes, que quelqu’un puisse trancher et donc que la femme soit soumise à son mari. Sachant que 45% des « unions » en France terminent par un divorce, malgré les enfants déchirés entre leurs parents séparés…

Perte de repères, pris entre deux feux, les enfants souffrent terriblement du divorce. Il n’est pas bon d’être, parce qu’on existe, entre l’arbre et l’écorce.

3) La femme est-elle égale à l’homme ou à son mari?
Oui, la femme est égale à l’homme ou à son mari, et elle n’est en aucun cas inférieure à l’homme. Le président, malgré le fait qu’on lui obéisse après l’avoir choisi, n’est qu’un homme comme un autre. Ainsi, malgré qu’une femme obéisse au mari qu’elle a par ailleurs choisi elle-même, elle lui est égale en dignité, ayant la même destinée éternelle. Dieu devait choisir un chef de famille, et c’est l’homme qu’il a choisi. C’est donc à Dieu, et non à l’homme, qu’on obéit, quand on obéit au chef (ou à la chef) d’Etat ou au chef de famille : il n’y a donc rien de dégradant d’obéir.

4) La femme doit-elle obéir à tout homme? 
Non, la femme n’obéit comme tout le monde qu’à ses supérieurs hiérarchiques, et cela n’a rien à voir avec une quelconque inégalité des sexes mais seulement aux ordres de Dieu, en vue de la paix et de l’ordre social. Par ailleurs, c’est elle qui a choisi son mari, le mariage forcé étant frappé de nullité, et c’est pour cela qu’au départ, il faut bien choisir sa moitié.

Principales causes du divorce (interdit entre baptisés par l’Eglise)

  • L’infidélité, à l’origine d’un tiers des demandes de divorce ;
  • L’égoïsme du partenaire (c’est-à-dire le manque d’affection, de soutien etc.), à l’origine de 22% des demandes de divorce ;
  • Le mauvais caractère, à l’origine de près de 15% des demandes de divorce ;
  • Les comportements abusifs (jalousie notamment), à l’origine de près de 15% des demandes de divorce ;
  • Les désaccords concernant l’avenir, les objectifs poursuivis (maison, enfants, animal domestique…), à l’origine de près de 15% des demandes de divorce ;
  • L’incompatibilité, à l’origine de plus de 10% des demandes de divorce ;
  • L’argent et le travail (perte d’un emploi, dettes…), à l’origine de plus de 10% des demandes de divorce ;
  • Les beaux-parents, en cause dans un peu plus de 10% des demandes de divorce.

Le nombre de divorces varie d’une année sur l’autre, mais en moyenne ce sont près de 130 000 divorces qui sont prononcés chaque année. Il y a 1,8 mariages pour 1 divorce. Conséquence de cela : plus de 1,6 millions d’enfants vivent aujourd’hui dans des familles recomposées. Et plus de 600 000 personnes cohabitent avec les enfants de leur nouveau conjoint. Près de 8% des familles françaises sont des familles recomposées.

5) La femme peut-elle commander aux hommes?
Oui, il arrive que des femmes commandent à des hommes, à commencer par leurs propres fils, leurs domestiques ou leurs sujets. Et si elle leur commande, elle reste néanmoins leur égal, comme elles sont égales au mari à qui elles sont soumises.

6) La femme peut-elle dire de son corps que c’est le sien?
Non, car le corps n’appartient qu’en usufruit à l’homme : « Ne savez-vous pas que votre corps est un temple du Saint-Esprit…, et que vous ne vous appartenez pas ?… Glorifiez donc Dieu dans votre corps » (1Co 6, 19, 20). Une femme comme un homme ne peuvent pas disposer de leurs corps ou de leurs vies comme ils veulent mais comme Dieu le veut.

7) Qu’est-ce que Dieu ordonne aux hommes et aux femmes?
Le neuvième commandement de Dieu : Tu ne désireras pas la femme (ou l’homme) d’autrui, nous interdit les mauvaises pensées et les mauvais désirs et nous ordonne la parfaite pureté de l’âme et le plus grand respect, même au fond du cœur, pour le sanctuaire de la famille. Le sixième commandement : Tu ne commettras pas d’actes impurs, nous interdit toute impureté, c’est-à-dire les actions, les paroles, les regards, les livres, les images, les spectacles immoraux et nous ordonne d’être « saints dans notre corps », portant le plus grand respect à notre personne et à celle d’autrui, parce qu’elles sont œuvres de Dieu et temples où il habite par sa présence et par sa grâce.

8) L’impureté est-elle un grand péché ?
C’est un péché très grave et abominable devant Dieu et devant les hommes ; il avilit l’homme à la condition des animaux sans raison, l’entraîne à beaucoup d’autres péchés et de vices, et provoque les plus terribles châtiments en cette vie et en l’autre. Le vice de la luxure consiste à user en fait, ou par désir, ou en pensée voulue et complaisante, des choses que la nature a ordonnées à la conservation de l’espèce humaine, en vue de la jouissance qui s’y trouve attachée, contrairement à l’ordre naturel ou honnête qui règle l’usage de ces choses-là (q. 153, a. 1-3, Somme st Thomas d’Aquin). Le vice de la luxure a autant d’espèces qu’il peut y avoir de désordres distincts dans les choses de la luxure (q. 154). Ces espèces de désordre sont : la simple fornication, qui est directement opposée au bon ordre des choses du mariage en ce qui est de leur fin, savoir le bien et la formation ou l’éducation des enfants à venir ; – ou, chose de toutes la plus grave dans cet ordre-là, le vice contre nature, qui s’oppose directement et totalement à la fin première et essentielle du mariage, savoir la venue même de l’enfant ; – ou l’inceste, et l’adultère, et le stupre, et le rapt, qui portent sur l’abus de personnes proches parentes, ou mariées, ou sous la tutelle de leur père, que l’on trompe ou à qui l’on fait violence ; – enfin, le sacrilège, qui est l’abus de personnes consacrées à Dieu (q. 154, a. 1-2).

9) Le vice de la luxure, en ce qui constitue son fond essentiel, qui se retrouve en chacune de ses espèces, et qui n’est pas autre chose que la jouissance indue des plaisirs attachés aux choses du mariage, est-il un vice capital ?
Oui, la luxure est un vice capital, en raison précisément de ce qu’il y a de particulièrement véhément dans son objet, qui fait que les hommes s’y trouvent extrêmement portés (q. 153, a. 4). Les filles de la luxure sont : l’aveuglement de l’esprit ; la précipitation ; l’inconsidération ; l’inconstance ; l’amour de soi ; la haine de Dieu ; l’attachement à la vie présente ; l’horreur du siècle à venir (q. 153, a. 5). Ces filles de la luxure ont toutes, bien qu’à des degrés divers, ceci de commun, qu’elles impliquent l’absorption de l’esprit par la chair ; et c’est cela même qui fait la gravité spéciale de chacune d’elles, et de la luxure qui en est la mère : savoir que l’homme déchoit de sa royauté pour tomber au-dessous de la brute ou de l’animal sans raison (q. 153, a. 5, 6).

10) Est-ce qu’être le complémentaire de l’homme est dégradant pour une femme?
Non, le fait d’être complémentaire n’est pas dégradant mais permet simplement à chacun de se spécialiser dans différents domaines. La tête est complémentaire du cœur, l’artisan est complémentaire de l’agriculteur, le patron de l’ouvrier, le pouvoir législatif du pouvoir exécutif… Il est cependant évident qu’une femme peut aider son mari dans son travail comme il arrive dans les exploitations agricoles, ou que le mari peut aider sa femme dans les travaux du ménage (comme le nettoyage des carreaux, très physique).

Simone Veil, les féministes, les droits et les devoirs des femmes.

Un embryon humain âgé d'environ 7 semaines« …sauf les cas de défense privée légitime, de guerre juste menée par des moyens légitimes, de peine de mort infligée par l’autorité publique pour des délits très graves déterminés et prouvés, la vie humaine est intangible. » Pie XII.

DISCOURS AUX MEMBRES DE L’UNION MÉDICO-BIOLOGIQUE SAINT-LUC D’ITALIE (12 novembre 1944) « Le cinquième commandement — non occides (Ex 20,13) — synthèse des devoirs qui regardent la vie et l’intégrité du corps humain, est fécond en enseignements, aussi bien pour le maître qui enseigne du haut d’une chaire universitaire que pour le médecin praticien. Tant qu’un homme n’est pas coupable, sa vie est intangible ; est donc illicite tout acte tendant directement à la détruire, que cette destruction soit comprise comme fin ou comme moyen en vue de cette fin, qu’il s’agisse d’une vie embryonnaire ou dans son plein développement, ou bien déjà arrivée à son terme.

Dieu seul est maître de la vie d’un homme qui n’est pas coupable d’une faute entraînant la peine de mort. Le médecin n’a pas le droit de disposer de la vie du petit enfant ni de celle de sa mère ; et nul au monde, aucune personne privée, aucun pouvoir humain ne peuvent l’autoriser à détruire directement cette vie. Sa tâche n’est pas de détruire les vies, mais de les sauver. Principes fondamentaux et immuables que l’Eglise, au cours des dernières décennies, s’est vue dans la nécessité de proclamer à plusieurs reprises et avec toute la clarté requise contre les opinions et les méthodes contraires.  »

DISCOURS AUX PARTICIPANTS DU CONGRÈS DE L’UNION CATHOLIQUE ITALIENNE DES SAGES-FEMMES (29 octobre 1951) « La vie d’un innocent est intangible, et tout attentat direct ou agression contre elle viole une des lois fondamentales, sans lesquelles n’est pas possible la sécurité de la société humaine. Nous n’avons pas besoin de vous exposer en détail la signification et la portée, dans votre profession, de cette loi fondamentale. Mais, ne l’oubliez pas, au-dessus de toute loi humaine et au-dessus de toute « indication », se dresse, indéfectible, la loi de Dieu.

L’apostolat de votre profession vous impose ce devoir de faire partager aussi aux autres la connaissance, l’estime et le respect de la vie humaine, que vous nourrissez dans votre coeur par conviction chrétienne ; d’en prendre au besoin hardiment la défense et de protéger quand cela est nécessaire et en votre pouvoir, la vie encore cachée et sans protection de l’enfant en vous appuyant sur la force du précepte de Dieu : « Tu ne tueras point. » Ce service de défense se présente parfois comme le plus nécessaire et le plus urgent. » S.S. Pie XII.

Simone Veil, morte aujourd’hui à quasi 90 ans, a mérité et démérité de la condition féminine en France. Elle est connue pour son oeuvre de vie et son oeuvre de mort : oeuvre de vie pour que la mémoire de la Shoah ne soit pas effacée (elle gardera d’ailleurs toute sa vie, sur son bras gauche, le matricule 78651 d’Auschwitz infligé par les nazis) et continue d’épouvanter et de prévenir les générations futures à propos de la barbarie humaine ; elle a contribué à l’Europe, qui en soi est un beau projet s’il est bien mené ; oeuvre de mort avec le soutien qu’elle apporta à l’infanticide des enfants, des embryons dans le sein de leur mère, en particulier avec la loi maudite de 1974, appelée « loi Veil ».

Mme Veil s’oppose avec raison, le 15 février 2008, à l’idée de confier la mémoire d’un enfant juif de France mort dans la shoah à chaque élève de CM2 : « C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste ».

Dans un discours devant les députés, elle soutient que « l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue ». Mais le fait qu’un enfant soit issu d’un viol, malade mental, bossu, aveugle ou boiteux ne doit pas le prédestiner à la mort par sa mère, ou alors on approuve l’eugénisme et le meurtre.  Elle refusera d’entrer dans l’Eglise catholique, où elle ne voulait rester « que sur le seuil », comme si cela était possible, et rester juive. Où est-elle à présent? On peut craindre qu’elle est plutôt probablement en enfer, car hors de l’Eglise, point de salut, et elle n’était pas dans le cas d’ignorance invincible.

Elle a « soutenu » les femmes qui ont été méprisées de tout temps.

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus eût cette douloureuse plainte : « Je ne puis encore comprendre pourquoi les femmes sont si facilement excommuniées en Italie, à chaque instant on nous disait :  » N’entrez pas ici… N’entrez pas là, vous seriez excommuniées !…  » Cependant elles aiment le bon Dieu en bien plus grand nombre que les hommes et pendant la Passion de Notre Seigneur les femmes eurent plus de courage que les apôtres, (Lc 23,27) puisqu’elles bravèrent les insultes des soldats et osèrent essuyer la Face adorable de Jésus,..

C’est sans doute pour cela qu’Il permet que le mépris soit leur partage sur la terre, puisqu’Il l’a choisi pour Lui-même… Au Ciel, Il saura bien montrer que ses pensées ne sont pas celles des hommes, (Is 55,8-9) car alors les dernières seront les premières… (Mt 20,16) Plus d’une fois pendant le voyage, je n’ai pas eu la patience d’attendre le Ciel pour être la première… » Histoire d’une âme.

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La bienséance et la conversation chrétienne.

Description de cette image, également commentée ci-après
Gallicolombe poignardée. Le centre de la poitrine est rouge vif avec une raie verticale centrale rehaussant l’apparence d’un coup de poignard d’où le nom spécifique français.

La bienséance est devenue comme inconnue et interdite parmi les catholiques. Partout triomphe la politesse mondaine.

St Jean-Baptiste de la Salle a heureusement écrit un livre pour notre époque aussi bien que pour la sienne, à condition d’y faire les ajustements nécessaires pour bien le comprendre et l’appliquer correctement à notre époque.

Les règles de la bienséance et de la civilité chrétienne (Edition revue et corrigée)
par M. J.-B. de La Salle.

« C’est une chose surprenante que la plupart des chrétiens ne regardent la bienséance et la civilité que comme une qualité purement humaine et mondaine et que, ne pensant pas à élever leur esprit plus haut, ils ne la considèrent pas comme une vertu qui a rapport à Dieu, au prochain et à nous-mêmes.

C’est ce qui fait bien connaître le peu de christianisme qu’il y a dans le monde, et combien il y a peu de personnes qui y vivent et se conduisent selon l’Esprit de Jésus-Christ (Galat. 5, v. 10).

C’est cependant ce seul Esprit qui doit animer toutes nos actions pour les rendre saintes et agréables à Dieu, et c’est une obligation dont saint Paul (Ga 5, 25) nous avertit en nous disant en la personne des premiers chrétiens que, comme nous devons vivre par l’Esprit de Jésus-Christ, nous devons aussi nous conduire en toutes choses par le même Esprit (Galat. 5, v. 25).

Comme il n’y a aucune de vos actions, selon le même Apôtre (Rm 12, 1, Col 3, 17), qui ne doive être sainte, il n’y en a aussi pas une qui ne doive être faite par des motifs purement chrétiens, et ainsi toutes nos actions extérieures – qui sont les seules qui peuvent être réglées par la bienséance – doivent toujours avoir et porter avec soi un caractère de vertu.

C’est ce que les pères et les mères sont obligés de considérer dans l’éducation de leurs enfants, et c’est à quoi les maîtres et maîtresses, chargés de l’instruction des enfants, doivent faire une attention particulière. – Ici, c’est surtout la morale, la formation à la vie chrétienne.

Ils ne doivent jamais, en leur donnant des règles de bienséance, oublier de leur enseigner qu’il ne faut les mettre en pratique que par des motifs purement chrétiens, et qui regardent la gloire de Dieu et le salut ;

et, bien loin de dire aux enfants dont ils ont la conduite, que s’ils ne font pas une telle chose on les blâmera, qu’on n’aura pas d’estime pour eux, qu’on les tournera en ridicule

– qui sont toutes manières qui ne sont bonnes qu’à leur inspirer l’esprit du monde et à les éloigner de celui de l’Évangile –

lorsqu’ils voudront les porter à des pratiques extérieures qui regardent le maintien du corps et la seule modestie, ils auront soin de les y engager par le motif de la présence de Dieu, dont se sert saint Paul (Ph 4,5) pour le même sujet en avertissant les fidèles de son temps, que leur modestie devait paraître à tous les hommes parce que le Seigneur était proche d’eux, c’est-à-dire par respect pour la présence de Dieu devant qui ils étaient ;

s’ils leur apprennent et leur font faire des pratiques de bienséance qui ont rapport au prochain, ils les engageront à ne donner ces témoignages de bienveillance, d’honneur et de respect que comme à des membres de Jésus-Christ et à des temples vivants, et animés du Saint-Esprit. »

Le Pape et la pureté.

ALLOCUTION AUX JEUNES FILLES DE L’ACTION CATHOLIQUE DE ROME MEMBRES DE LA CROISADE DE LA PURETÉ
(22 mai 1941)

La jeunesse féminine d’Action catholique italienne ayant entrepris en 1940, en Italie, une « croisade de la pureté » contre l’immoralité de la mode, le Saint-Père félicita la délégation de 3000 de ses membres et leur rappela les principes chrétiens qui doivent présider à la parure féminine et l’attitude que doivent avoir les jeunes filles chrétiennes en face de l’immoralité.

Notre joie est vive, chères filles, de bénir à nouveau en vous la sainte « croisade de la pureté » que vous avez si opportunément entreprise et que vous poursuivez courageusement sous la puissante protection de la Vierge toute pure, Marie immaculée.

La « croisade de la pureté »

Le digne et heureux nom de croisade que vous avez choisi et imposé à votre belle et grande campagne arbore une croix brillante, phare de salut pour le monde, et évoque les glorieux souvenirs historiques des Croisades des peuples chrétiens, saintes expéditions et batailles livrées sous les drapeaux sacrés pour la conquête des Lieux saints et pour la défense des pays catholiques contre les invasions et les menaces des infidèles. Vous aussi vous entendez défendre un domaine catholique, la terre de la pureté, y conquérir et conserver ces lis qui, comme un nuage chargé de la bonne odeur du Christ, répandent leur parfum dans les familles, les réunions d’amis, les rues, les assemblées, les spectacles, les divertissements publics et privés.

C’est une croisade contre les ennemis de la morale catholique, contre les périls que créent dans le calme courant des bonnes moeurs des peuples les flots puissants de l’immoralité qui débouchent par les rues du monde et envahissent toutes les classes sociales.

rendue nécessaire par l’immoralité actuelle

Qu’aujourd’hui un tel péril existe partout, l’Eglise n’est pas seule à le dire. Même parmi les hommes étrangers à la foi chrétienne, les esprits les plus clairvoyants et les plus soucieux du bien public en dénoncent hautement les menaces terribles pour l’ordre social et pour l’avenir des nations. Ces excitations à l’impureté qui se multiplient à l’heure actuelle empoisonnent les racines de vie, alors que le frein du mal est encore plus affaibli par l’indulgence, qu’on appellerait mieux une négation, d’une partie de plus en plus étendue de la conscience publique qui se montre aveugle en face des désordres moraux les plus répréhensibles.

Cette immoralité est-elle plus grande aujourd’hui qu’à d’autres époques antérieures ? Il serait peut-être imprudent de l’affirmer, en tout cas, c’est là une question oiseuse. Déjà, l’auteur de 1’« Ecclé-siaste » écrivait cet avertissement : « Ne dis pas : d’où vient que les jours anciens étaient meilleurs que ceux-ci ? car une telle question est sotte. Toutes les choses sont difficiles. Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera ; et il n’y a rien de nouveau sous le soleil » (Qo 7,11 i, Qo 8-10).

La vie de l’homme sur terre — même dans les siècles chrétiens — est toujours une bataille. Nous devons sauver nos âmes et celle de nos frères dans notre temps et, aujourd’hui, le péril est certainement plus grand car les artifices qui excitent les passions ont extraordi-nairement augmenté, alors qu’en d’autres temps ils étaient confinés dans des cercles restreints. Le progrès de la presse, les livres à bon marché comme les livres de luxe, les photographies, les illustrations, les reproductions artistiques de toute espèce et de toute couleur et de tout prix, les cinémas, les spectacles de variétés et cent autres moyens trompeurs et secrets propagent les attraits du mal et les mettent dans les mains de tous, grands et petits, femmes et filles. N’y a-t-il pas une mode qui s’étale aux yeux de tous, audacieuse et malséante à une jeune fille élevée chrétiennement ? Le cinéma ne fait-il pas assister à des représentations qui, autrefois, se réfugiaient dans des enceintes où l’on n’aurait jamais osé mettre le pied ?

En face de ces périls, les pouvoirs publics ont pris en plusieurs

pays des dispositions d’ordre législatif ou administratif pour endiguer le débordement de l’immoralité. Mais, dans le domaine des moeurs, l’action extérieure des autorités, même les plus puissantes, pour louable, utile et nécessaire qu’elle soit, ne réussira jamais à obtenir à elle seule ces fruits sincères et salutaires qui guérissent les âmes sur lesquelles doit opérer une force plus puissante.

… dans de nombreux domaines.

L’Eglise doit travailler sur les âmes, et à son service l’Action catholique, votre action, en étroite union et sous la direction de la hiérarchie ecclésiastique, en combattant les périls de l’inconduite dans tous les domaines qui vous sont ouverts : dans celui de la mode, du vêtement et de l’habillement, de l’hygiène et du sport, dans le domaine des relations sociales et des divertissements. Vos armes seront votre parole et votre exemple, votre amabilité et votre maintien, armes qui témoignent aussi auprès des autres et rendent possible et louable le comportement qui vous honore et honore votre activité.

Nous ne Nous proposons pas de retracer ici le triste tableau trop connu des désordres qui se présentent à vos yeux : vêtements si exigus ou tels qu’ils semblent faits plutôt pour mettre davantage en relief ce qu’ils devraient voiler ; parties de sport qui se déploient dans des conditions de vêtements, d’exhibition et de camaraderie, inconciliables avec la modestie même la moins exigeante ; danses, spectacles, auditions, lectures, illustrations, ornements, où le désir du divertissement et du plaisir accumule les périls les plus graves. Nous entendons plutôt vous rappeler et remettre sous vos yeux les principes de la foi catholique qui, en ces matières, doivent éclairer votre jugement, guider votre conduite et vos pas, inspirer et soutenir votre lutte spirituelle.

La pureté ne se garde que par la lutte contre les tentations

Car c’est bien d’une lutte qu’il s’agit. La pureté des âmes vivant de la grâce surnaturelle ne se conserve ni ne se conservera jamais sans combat. Heureuses êtes-vous d’avoir reçu dans vos familles, à l’aube de votre vie, depuis le berceau, avec le baptême, une vie plus élevée, la vie divine. Enfants inconscientes d’un si grand don et d’un si grand bonheur, vous n’avez alors point eu à combattre — comme des âmes plus mûres, moins heureuses que vous — pour la conquête d’un si haut bien ; mais vous-mêmes ne le conserverez point sans lutte.

Si la grâce purifiante et sanctifiante qui vous a réconciliées avec Dieu comme filles d’adoption et héritières du ciel, a effacé dans votre âme le péché originel, elle n’en a pas moins laissé en vous le triste héritage d’Adam, qui est ce déséquilibre intérieur, la lutte que sentait même le grand apôtre saint Paul qui, tout en prenant plaisir à la loi de Dieu selon l’homme intérieur, voyait dans ses membres une autre loi du péché (Rm 7,22-23), loi des passions et des inclinations désordonnées, qui ne se laissent jamais pleinement dompter, et avec lesquelles, allié de la chair et du monde, conspire un ange de Satan, dont les tentations molestent les âmes. Telle est la guerre qui se livre entre l’esprit et la chair si ouvertement attestée par la Révélation divine qu’à l’exception de la Vierge bienheureuse il est vain d’imaginer une vie humaine qui puisse être à la fois pure et vécue sans vigilance et sans combat. Ne donnez point dans l’illusion de croire votre âme insensible aux excitations, invincible aux attraits et aux périls. Il est vrai que l’habitude souvent réussit à rendre l’esprit moins sujet à de telles impressions, surtout lorsqu’il en est détourné, absorbé dans ses forces vives par l’exercice d’une activité professionnelle ou intellectuelle plus élevée. Mais s’imaginer que toutes les âmes, si enclines aux passions, puissent se rendre insensibles aux excitations provoquées par les images qui, colorées des attraits du plaisir, attisent et retiennent sur elles l’attention, serait supposer et estimer que la maligne complicité que ces périlleuses instigations trouvent dans les instincts de la nature humaine déchue et désordonnée puisse jamais cesser ou diminuer.

… que l’action de la « croisade » a pour but de soutenir.

Cette lutte inévitable, vous l’accepterez courageusement et chrétiennement. Le but de votre action commune ne peut donc être de la supprimer totalement, mais elle doit tendre à obtenir que ce combat spirituel nécessaire ne soit pas rendu pour les âmes plus difficile et plus périlleux par les circonstances extérieures, par l’atmosphère dans laquelle les coeurs qui en souffrent les assauts doivent le soutenir et le poursuivre. Sur les champs de bataille de l’Eglise, ou s’affrontent la vertu et le vice, vous rencontrerez toujours quelques caractères auxquels Dieu a donné une trempe intrépide, héroïque. Soutenus par la grâce, ils ne se laissent ni ébranler ni renverser par aucune impulsion ; ils savent ouvertement se maintenir sans corruption et purs au milieu de la fange qui les entoure, pareils à un levain de bonne fermentation et de régénération pour ce grand nombre d’âmes — rachetées, elles aussi, par le sang du Christ — qui font masse autour d’eux. Dès lors, le but de votre lutte est que la pureté chrétienne, condition de salut pour les âmes, devienne moins ardue pour toutes les bonnes volontés, de sorte que les tentations, nées de contingences extérieures, ne dépassent pas les limites de cette résistance qu’avec la grâce de Dieu, la médiocre vigueur de beaucoup d’âmes est capable d’opposer.

Pour réaliser des résolutions aussi saintes et aussi vertueuses, il convient d’agir sur les milieux et les courants d’idées que peut influencer assez efficacement une action commune, alors qu’une action individuelle et isolée a une efficacité limitée ou nulle. Si l’union fait la force, seul un groupe compact et aussi nombreux que possible d’esprits chrétiens résolus et sans crainte, saura, là où leur conscience parle et l’exige, secouer le joug de certains milieux sociaux, se libérer de la tyrannie, plus forte aujourd’hui que jamais, des modes de toute sorte, modes du vêtement, modes dans les usages et les relations sociales.

Conception chrétienne de la mode.

La mode n’a, en elle-même, rien de mauvais. Elle naît spontanément de la sociabilité humaine, suivant l’impulsion qui incline à se mettre en harmonie avec ses semblables et avec les habitudes des personnes parmi lesquelles ont vit. Dieu ne vous demande point de vivre en dehors de votre temps, de rester indifférentes aux exigences de la mode au point de vous rendre ridicules en vous habillant à l’encontre des goûts et des usages communs de vos contemporaines, sans vous préoccuper jamais de ce qui leur plaît. Ainsi, l’angélique saint Thomas d’Aquin affirme-t-il que dans les choses extérieures dont l’homme fait usage il n’y a pas de vice, mais que le vice vient de l’homme qui en use immodérément par rapport aux usages de ceux avec lesquels il vit, en se distinguant d’une façon étrange d’avec les autres, ou en usant des choses d’une façon conforme ou non conforme aux usages établis, mais avec un sentiment désordonné, par surabondance de vêtements superbement ornés, ou portés avec complaisance ou recherchés avec une sollicitude exagérée, alors que la modestie et la simplicité suffiraient à satisfaire au décorum nécessaire 2. Le même saint docteur ajoute enfin qu’il y a acte méritoire

2 Summa IheoL, lia Hae, q. 169, a. 1.

de vertu dans la parure féminine quand elle est conforme à l’usage, conforme à l’état de la personne et dans une bonne intention. Lorsque les femmes portent des ornements décents en harmonie avec leur état et leur dignité, lorsqu’elles suivent en cela avec mesure les coutumes de leur pays, alors se parer est aussi un acte de cette vertu de la modération qui imprime une mesure à la démarche, à l’attitude, au vêtement et à tous les mouvements extérieurs. 3

Attitude qu’elle commande aux jeunes filles

Dans l’attitude à observer à l’égard de la mode, la vertu tient le juste milieu. Ce que Dieu vous demande est de vous souvenir toujours que la mode n’est pas ni ne peut être la règle suprême de votre conduite, qu’au-dessus de la mode et de ses exigences, il y a des lois plus hautes et impérieuses, des principes supérieurs et immuables qui, en aucun cas, ne peuvent être sacrifiés au gré du plaisir ou du caprice et devant lesquels l’idole de la mode doit savoir abaisser sa fugitive toute-puissance. Ces principes ont été proclamés par Dieu, par l’Eglise, par les saints et les saintes, par la raison et par la morale chrétienne. Ce sont des signaux qui marquent les limites au-delà desquelles ne fleurissent pas les lis et les roses, où la pureté, la modestie, la dignité et l’honneur féminins n’exhalent plus leurs parfums, mais où souffle et règne un air malsain de légèreté, de langage équivoque, de vanité audacieuse, de fatuité dans le cœur tout autant que dans l’habillement. Ce sont ces principes que saint Thomas d’Aquin énonce et rappelle touchant la toilette de la femme 4 en indiquant quel doit être l’ordre de notre charité et de nos affections : le bien de notre âme l’emporte sur celui de notre corps, et nous devons préférer à l’avantage de notre propre corps le bien de l’âme de notre prochain 5. Dès lors, ne voyez-vous pas qu’il existe une limite qu’aucune forme de mode ne peut permettre de dépasser, une limite au-delà de laquelle la mode se fait source de ruines pour l’âme de la femme et pour l’âme d’autrui ?

… qui doivent connaître les tentations qu’elles peuvent provoquer.

Certaines jeunes filles diront peut-être que telle façon déterminée de se vêtir est plus commode et aussi plus hygiénique ; mais si elle

3 Saint Thomas, Expositio in Isaiam prophetam, ch. III in fine.

4 Summa Theol., lia Hae, q. 169, a. 2.

5 Ibid., lia Hae, q. 26, a. 4-5.

devient pour le salut de l’âme un péril grave et prochain, elle n’est certainement pas hygiénique pour votre esprit et il est de votre devoir d’y renoncer. La volonté de sauver leur âme a rendu héroïques les martyres, telles les Agnès et les Cécile, au milieu des tourments et des lacérations de leur corps virginal. Vous, leurs soeurs dans la foi, dans l’amour du Christ et dans l’estime de la vertu, vous ne trouveriez pas au fond de votre coeur le courage et la force de sacrifier un peu de bien-être, un avantage physique, si l’on veut, pour garder saine et pure la vie de vos âmes ? Et si, pour un simple plaisir personnel, nul n’a le droit de mettre en péril la vie corporelle des autres, n’est-il pas encore moins permis de compromettre le salut, donc la vie même de leurs âmes ? Si, comme le prétendent certaines, une mode audacieuse ne produit sur elles aucune impression mauvaise, que savent-elles de l’impression que les autres en ressentent ? Qui les assure que les autres n’en retirent pas de mauvaises incitations ? Vous ne connaissez pas le fond de la fragilité humaine ni de quel sang corrompu ruissellent les blessures laissées dans la nature humaine par le péché d’Adam avec l’ignorance dans l’intelligence, la malice dans la volonté, l’avidité du plaisir et la faiblesse à l’égard du bien ardu dans les passions des sens, à tel point que l’homme, souple comme la cire pour le mal, « voit ce qui est mieux et l’approuve, et s’attache au pire » 6, à cause de ce poids qui toujours, comme du plomb, l’entraîne au fond. Oh ! combien justement on a observé que si certaines chrétiennes soupçonnaient les tentations et les chutes qu’elles causent chez les autres par leur toilette et les familiarités auxquelles, dans leur légèreté, elles accordent si peu d’importance, elles s’épouvanteraient de leur responsabilité !

Conseils aux mères chrétiennes…

A quoi Nous n’hésitons pas d’ajouter : O mères chrétiennes, si vous saviez quel avenir d’angoisses et de périls intérieurs, de doutes mal réprimés, de hontes mal contenues vous préparez à vos fils et à vos filles, en les accoutumant imprudemment à vivre à peine couverts, en leur faisant perdre le sens délicat de la modestie, vous rougiriez de vous-mêmes et vous redouteriez la honte que vous vous faites à vous-mêmes et le tort que vous causez à ces enfants que le ciel vous a confiés pour les élever chrétiennement. Et ce que Nous disons aux mères, Nous le répétons à nombre de femmes croyantes

6 Cf. Ovide, Métamorphoses, 7, 20-21.

et même pieuses qui, en acceptant de suivre telle ou telle mode audacieuse, font tomber par leur exemple les dernières hésitations qui retiennent une foule de leurs soeurs loin de cette mode qui pourra devenir pour elles une cause de ruine spirituelle. Tant que certaines toilettes provocantes demeurent le triste privilège de femmes de réputation douteuse et comme le signe qui les fait reconnaître, on n’osera pas les adopter pour soi. Mais le jour où ces toilettes apparaissent portées par des personnes au-dessus de tout soupçon, on n’hésitera plus à suivre le courant, un courant qui entraînera peut-être aux pires chutes.

et aux membres de la « croisade ».

S’il convient que toutes les femmes chrétiennes aient le courage de se mettre en face de si graves responsabilités morales, vous, chères filles, à cause de ce vif sentiment que vous avez puisé dans votre foi et dans la candeur de la vertu, vous avez la gloire de vous être unies, paladines de la pureté, dans votre sainte croisade. Isolées, votre hardiesse serait de peu de valeur pour s’opposer à l’invasion du mal qui vous entoure ; étroitement unies et encadrées, vous serez une légion suffisamment forte et puissante pour imposer le respect des droits de la modestie chrétienne. Votre sens de jeunes catholiques, sens affiné et soutenu par la sagesse de la foi et la pratique consciente d’une vie solidement pieuse, vous fera voir et discerner, à la lumière de l’Esprit de Dieu, avec l’aide de sa grâce obtenue par la prière et aussi avec le secours des conseils demandés à ceux que Jésus-Christ a placés comme guides et maîtres à vos côtés, ce qui, dans les modes, dans les usages et dans les bienséances sociales qui se présentent à vous, est pleinement acceptable, ce qui est seulement tolérable, ce qui est tout à fait inadmissible. La connaissance claire et profondément sentie de votre devoir vous rendra courageuses et loyales dans l’appui mutuel, pour l’accomplir sans hésitation, mais avec une résolution digne de votre ardeur juvénile.

Belle est la vertu de pureté et suave la grâce qui brille non seulement dans les faits, mais aussi dans la parole qui n’outrepasse jamais les règles de la bienséance et de la politesse et qui assaisonne d’amour l’avis et l’avertissement. La génération chaste est aussi éclatante de grâce devant Dieu que devant les hommes. Aux jours d’épreuves, de souffrances, de sacrifices et d’austères devoirs où nous sommes, elle ne craint pas de s’élever de tout son pouvoir à la hauteur des graves obligations que lui impose la Providence. Aujourd’hui, chères filles, la croisade pour vous n’est point dans l’épée, le sang ou le martyre, mais dans l’exemple, la parole et l’exhortation. Contre vos énergies et vos desseins se dresse, tel un ennemi capital, le démon de l’impureté et de la licence des moeurs. Levez hautement la tête vers le ciel, d’où le Christ et la Vierge immaculée, sa Mère, vous contemplent. Soyez fortes et inflexibles dans l’accomplissement de votre devoir de chrétiennes. Prenez la défense de la pureté en marchant contre la corruption qui amollit la jeunesse. Rendez à votre chère patrie ce service d’une valeur inappréciable en travaillant et en coopérant efficacement à répandre dans les âmes plus de pureté et de candeur ; par là, vous les rendrez plus prudentes, plus vigilantes, plus droites, plus fortes, plus généreuses.

De grâce, que la reine des anges, victorieuse du serpent insidieux, toute pure, toute forte de sa pureté, soutienne et dirige vos efforts dans cette croisade qu’elle vous a inspirée ! Qu’elle bénisse votre étendard et la couronne des candides trophées de vos victoires ! Nous la supplions dans ce sens, pendant qu’au nom de son divin Fils Nous vous accordons de grand coeur la Bénédiction apostolique, pour vous et pour toutes celles qui se sont unies et s’uniront à vous dans votre courageuse campagne.

Le Pape et la Vérité.

 » Vous connaissez la ligue criminelle de ces hommes qui font la guerre à la religion au nom d’une philosophie dont ils se proclament les docteurs, et à l’aide de vaines impostures appropriées aux maximes du monde ; c’est surtout contre le siège du bienheureux Pierre, dans lequel Jésus-Christ a établi la force de son Église, qu’ils dirigent leurs coups ; et par suite les liens de l’unité se relâchent de jour en jour : l’autorité de l’Église est méconnue ; les ministres des choses saintes sont un objet de haine et de mépris ; les préceptes les plus sacrés sont violés ; les pratiques saintes sont un sujet de moquerie ; et le pécheur ayant en exécration le culte du vrai Dieu, tous les enseignements de la religion sont assimilés à de vieilles fables et à de vaines superstitions.

Hélas ! il n’est que trop vrai, et nous ne pouvons le dire sans verser des larmes : « Les lions ont rugi contre Israël. Oui, ils se sont réunis contre le Seigneur et contre son Christ, et les impies se sont écriés : Détruisez-la, détruisez-la jusqu’aux fondements. »
Voilà où tend cette horrible conspiration des sophistes de ce siècle, qui n’admettent point de différence entre les diverses professions de foi ; pensent que chaque religion offre à tous un port de salut, et flétrissent d’une tache de légèreté et de folie ceux qui abjurant la religion dans laquelle ils ont été élevés en embrassent une autre, fût-ce même la religion catholique. Prodige horrible d’impiété, qui confond dans les mêmes hommages la vérité et l’erreur, la vertu et le vice, l’honneur et l’infamie ! Les seules lumières de la raison suffisent pour renverser ce système mortel d’indifférence en matière de religion, et nous avertissent que si deux religions diffèrent, et que l’une soit vraie, l’autre est nécessairement fausse, et qu’il ne peut exister aucun accord entre les ténèbres et la lumière.

Ayez soin, vénérables Frères, de vous opposer à ces faux docteurs, et enseignez aux peuples que la foi catholique est la seule véritable, qu’ainsi que le dit l’Apôtre, Il n’y a qu’un Seigneur, qu’une foi, qu’un baptême : que l’on est profane, suivant la parole de Saint Jérôme, si l’on mange l’agneau hors de cette maison, et que quiconque n’entrera pas dans l’arche de Noé périra dans le déluge ; car excepté le nom de JÉSUS « il n’est point de nom accordé aux hommes par lequel nous puissions être sauvés. Celui qui aura cru sera sauvé ; celui qui n’aura pas cru sera condamné. » S.S. Pie VIII.

TRADITI HUMILITATI NOSTRAE, Lettre encyclique de Sa Sainteté le Pape Pie VIII

TRADITI HUMILITATI NOSTRAE
LETTRE ENCYCLIQUE DE SA SAINTETÉ LE PAPE PIE VIII
À TOUS LES PATRIARCHES, PRIMATS, ARCHEVÊQUES ET ÉVÊQUES.

À nos vénérables Frères les Patriarches, Primats, Archevêques et Évêques.

PIE VIII, PAPE.

Vénérables Frères, Salut et Bénédiction Apostolique.

Au moment de prendre possession dans la basilique de Latran, suivant l’usage de nos prédécesseurs, du pontificat confié à notre faiblesse, nous vous ouvrons avec joie notre cœur, vénérables Frères, qui nous avez été donnés pour auxiliaires dans une si haute charge par celui qui dispose des emplois comme des événements. Ce n’est pas seulement pour nous une satisfaction et un plaisir de vous déclarer nos intentions et nos sentiments pour vous, mais il est très important pour la religion que nous nous entretenions ensemble pour rechercher les choses qui lui sont et doivent lui être les plus utiles.
En effet, c’est pour nous un devoir que le divin fondateur de l’Église nous a imposé dans la personne de Saint Pierre, de paître, de diriger et de gouverner non seulement les agneaux, c’est-à-dire le peuple chrétien, mais aussi les brebis, c’est-à-dire les pasteurs eux-mêmes.

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