Simone Veil, les féministes, les droits et les devoirs des femmes.

Un embryon humain âgé d'environ 7 semaines« …sauf les cas de défense privée légitime, de guerre juste menée par des moyens légitimes, de peine de mort infligée par l’autorité publique pour des délits très graves déterminés et prouvés, la vie humaine est intangible. » Pie XII.

DISCOURS AUX MEMBRES DE L’UNION MÉDICO-BIOLOGIQUE SAINT-LUC D’ITALIE (12 novembre 1944) « Le cinquième commandement — non occides (Ex 20,13) — synthèse des devoirs qui regardent la vie et l’intégrité du corps humain, est fécond en enseignements, aussi bien pour le maître qui enseigne du haut d’une chaire universitaire que pour le médecin praticien. Tant qu’un homme n’est pas coupable, sa vie est intangible ; est donc illicite tout acte tendant directement à la détruire, que cette destruction soit comprise comme fin ou comme moyen en vue de cette fin, qu’il s’agisse d’une vie embryonnaire ou dans son plein développement, ou bien déjà arrivée à son terme.

Dieu seul est maître de la vie d’un homme qui n’est pas coupable d’une faute entraînant la peine de mort. Le médecin n’a pas le droit de disposer de la vie du petit enfant ni de celle de sa mère ; et nul au monde, aucune personne privée, aucun pouvoir humain ne peuvent l’autoriser à détruire directement cette vie. Sa tâche n’est pas de détruire les vies, mais de les sauver. Principes fondamentaux et immuables que l’Eglise, au cours des dernières décennies, s’est vue dans la nécessité de proclamer à plusieurs reprises et avec toute la clarté requise contre les opinions et les méthodes contraires.  »

DISCOURS AUX PARTICIPANTS DU CONGRÈS DE L’UNION CATHOLIQUE ITALIENNE DES SAGES-FEMMES (29 octobre 1951) « La vie d’un innocent est intangible, et tout attentat direct ou agression contre elle viole une des lois fondamentales, sans lesquelles n’est pas possible la sécurité de la société humaine. Nous n’avons pas besoin de vous exposer en détail la signification et la portée, dans votre profession, de cette loi fondamentale. Mais, ne l’oubliez pas, au-dessus de toute loi humaine et au-dessus de toute « indication », se dresse, indéfectible, la loi de Dieu.

L’apostolat de votre profession vous impose ce devoir de faire partager aussi aux autres la connaissance, l’estime et le respect de la vie humaine, que vous nourrissez dans votre coeur par conviction chrétienne ; d’en prendre au besoin hardiment la défense et de protéger quand cela est nécessaire et en votre pouvoir, la vie encore cachée et sans protection de l’enfant en vous appuyant sur la force du précepte de Dieu : « Tu ne tueras point. » Ce service de défense se présente parfois comme le plus nécessaire et le plus urgent. » S.S. Pie XII.

Simone Veil, morte aujourd’hui à quasi 90 ans, a mérité et démérité de la condition féminine en France. Elle est connue pour son oeuvre de vie et son oeuvre de mort : oeuvre de vie pour que la mémoire de la Shoah ne soit pas effacée (elle gardera d’ailleurs toute sa vie, sur son bras gauche, le matricule 78651 d’Auschwitz infligé par les nazis) et continue d’épouvanter et de prévenir les générations futures à propos de la barbarie humaine ; elle a contribué à l’Europe, qui en soi est un beau projet s’il est bien mené ; oeuvre de mort avec le soutien qu’elle apporta à l’infanticide des enfants, des embryons dans le sein de leur mère, en particulier avec la loi maudite de 1974, appelée « loi Veil ».

Mme Veil s’oppose avec raison, le 15 février 2008, à l’idée de confier la mémoire d’un enfant juif de France mort dans la shoah à chaque élève de CM2 : « C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste ».

Dans un discours devant les députés, elle soutient que « l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue ». Mais le fait qu’un enfant soit issu d’un viol, malade mental, bossu, aveugle ou boiteux ne doit pas le prédestiner à la mort par sa mère, ou alors on approuve l’eugénisme et le meurtre.  Elle refusera d’entrer dans l’Eglise catholique, où elle ne voulait rester « que sur le seuil », comme si cela était possible, et rester juive. Où est-elle à présent? On peut craindre qu’elle est plutôt probablement en enfer, car hors de l’Eglise, point de salut, et elle n’était pas dans le cas d’ignorance invincible.

Elle a « soutenu » les femmes qui ont été méprisées de tout temps.

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus eût cette douloureuse plainte : « Je ne puis encore comprendre pourquoi les femmes sont si facilement excommuniées en Italie, à chaque instant on nous disait :  » N’entrez pas ici… N’entrez pas là, vous seriez excommuniées !…  » Cependant elles aiment le bon Dieu en bien plus grand nombre que les hommes et pendant la Passion de Notre Seigneur les femmes eurent plus de courage que les apôtres, (Lc 23,27) puisqu’elles bravèrent les insultes des soldats et osèrent essuyer la Face adorable de Jésus,..

C’est sans doute pour cela qu’Il permet que le mépris soit leur partage sur la terre, puisqu’Il l’a choisi pour Lui-même… Au Ciel, Il saura bien montrer que ses pensées ne sont pas celles des hommes, (Is 55,8-9) car alors les dernières seront les premières… (Mt 20,16) Plus d’une fois pendant le voyage, je n’ai pas eu la patience d’attendre le Ciel pour être la première… » Histoire d’une âme.

Plainte encore de sainte Thérèse d’Avila, Chemin de la perfection : « Je mets ma confiance, ô mon Seigneur, en vos servantes ici rassemblées, car je sais qu’elles ne veulent ni ne prétendent rien d’autre que de vous contenter ; pour vous elles ont abandonné le peu qu’elles avaient, et elles auraient voulu avoir beaucoup plus pour vous en faire don.

Car vous, ô mon Créateur, vous n’êtes pas ingrat, et je n’ai aucun motif de penser que vous donnerez moins qu’il ne vous est demandé, vous accorderez plutôt beaucoup plus ; vous n’avez pas non plus, Seigneur de mon âme, abhorré les femmes lorsque vous viviez dans ce monde, au contraire, vous les avez toujours favorisées et traitées avec beaucoup de miséricorde, et vous avez trouvé en elles autant d’amour et plus de foi que chez les hommes ; L’une d’entre elles – dont nous portons l’habit – fut votre Très Sainte Mère, et ses mérites nous valent de mériter ce que nous avons démérité par nos péchés.

N’est-il pas suffisant, Seigneur, que le monde nous tienne à l’écart… [Les points de suspension indiquent quelques mots illisibles], que nous ne fassions rien qui vaille pour vous en public, et que nous n’osions parler de quelques vérités que nous pleurons en secret ? faudrait-il encore que vous n’écoutiez pas une aussi juste requête ? Je ne puis le croire, Seigneur, de votre bonté et de votre justice car vous êtes un juge juste, vous n’êtes pas comme les juges du monde qui, étant fils d’Adam et, enfin, tous des hommes, tiennent pour suspecte n’importe quelle vertu de femme.

Oui, ô mon Roi, il arrivera un jour où tous seront connus. Je ne parle pas pour moi, car le monde connaît déjà ma misère- et je me réjouis qu’elle soit notoire – mais, je le vois, les temps sont tels qu’il me semble irraisonnable de rejeter des esprits vertueux et forts, même si ce sont des esprits de femmes, Quand nous vous demanderons des honneurs, des richesses ou quoi que ce soit qui sente le monde, ô mon Seigneur, ne nous écoutez pas ; mais lorsqu’il s’agit de l’honneur de votre Fils, pourquoi n’écouteriez-vous pas, Père Éternel, celles qui, pour vous, perdraient mille honneurs et mille vies ? Et non à cause de nos mérites, Seigneur, car nous n’en avons aucun, mais à cause du Sang et des mérites de votre Fils. »

On remarque donc que certains ecclésiastiques se méfiaient de la « vertu des femmes », ou encore les menaçaient d' »excommunication » de manière abusive. Il s’agit là d’une incompréhension des femmes que Mgr Gaume, dans son Traité au Saint-Esprit, met également sur le compte de la haine du diable pour la femme : « Dans tous les pays où il a régné, où il règne encore, la femme est la plus malheureuse créature qu’il y ait sous le ciel. Esclave-née, bête de somme, battue, vendue, outragée de toute manière, accablée des plus rudes travaux, son histoire ne peut s’écrire qu’avec des larmes, du sang et de la boue. Pourquoi cet acharnement du Dragon contre l’être le plus faible, et dont il semble par conséquent avoir moins à craindre ? D’où vient cette prédilection à choisir la femme, et surtout la jeune fille, pour medium, pour organe de ses mensonges, pour instrument de ses manifestations ridicules ou coupables ? (L’histoire est pleine de ces honteuses préférences). Nous n’en saurions douter, c’est une vengeance du Dragon. » Que le diable se serve même d’ecclésiastiques pour sa basse besogne, quoi d’étonnant ? Inspirer même à des ecclésiastiques de juger sévèrement les femmes, de les menacer et de les mépriser est proprement son oeuvre.

Ne lit-on pas dans Fénelon, L’Education des Filles, qui pourtant voulait aider la condition féminine : « Les femmes ont d’ordinaire l’esprit encore plus faible et plus curieux que les hommes; aussi n’est-il point à propos de les engager dans des études dont elles pourraient s’entêter. Elles ne doivent ni gouverner l’Etat, ni faire la guerre, ni entrer dans le ministère des choses sacrées; ainsi elles peuvent se passer de certaines connaissances étendues, qui appartiennent à la politique, à l’art militaire, à la jurisprudence, à la philosophie et à la théologie. La plupart même des arts mécaniques ne leur conviennent pas: elles sont faites pour des exercices modérés. Leur corps aussi bien que leur esprit, est moins fort et moins robuste que celui des hommes; en revanche, la nature leur a donné en partage l’industrie, la propreté et l’économie, pour les occuper tranquillement dans leurs maisons. » De l’Education des Filles.

La vérité se lit au milieu des préjugés, dans cet extrait fort intéressant. Même les ecclésiastiques n’échappent pas aux préjugés d’époque ou de milieu. « …les juges du monde qui, étant fils d’Adam et, enfin, tous des hommes, tiennent pour suspecte n’importe quelle vertu de femme. » disait ste Thérèse d’Avila. « Les femmes n’ont pas de cerveau. » Ce qui est faux car les femmes ont le même cerveau que les hommes, même s’il est généralement câblé différemment et complémentairement. Alors pourquoi les femmes avaient-elles un esprit plus faible à cet époque ? Parce qu’elles n’étaient pas instruites et livrées, comme le dit Fénelon, « à la conduite des mères ignorantes et indiscrètes. » Le constat de Fénelon était hélas réel : on avait abandonné les filles quant à leur éducation intellectuelle. Aussi, elles ne savaient pas éduquer leurs propres filles et cherchaient à se cultiver elles-mêmes, par exemple avec des romans ou en apprenant des arts inutiles, voir nuisibles (les Précieuses ridicules).

Les femmes « s’entêtent », d’après Fénelon : la force de l’entraînement au mal et l’inutilité, l’habitude, le mauvais exemple sont pour tous, hommes ou femmes, un danger. Etant rendues ignorantes et indiscrètes, faute d’éducation, peut-on s’en étonner à cette époque ? Mais je ne suis pas d’accord pour dire qu’il s’agit d’un trait typiquement féminin, mais seulement d’époque, et plutôt même équitablement partagé à divers degrés entre les deux sexes à notre époque…

Fénelon explique : « La science des femmes, comme celle des hommes, doit se borner à s’instruire par rapport à leurs fonctions; la différence de leurs emplois doit faire celle de leurs études. Il faut donc borner l’instruction des femmes aux choses que nous venons de dire. »

Cependant, Pie XII dit ceci :

« Les matières inutiles ont une grande importance

a) Dans ce but, gardez-vous surtout d’évaluer l’importance de l’étude selon le critère de l’utilité immédiate. Vous ne savez pas encore ce que la vie vous réserve ; et vous ne savez guère vers où s’orientera effectivement votre carrière.

C’est un fait bien connu que l’on prescrit aux futurs capitaines de marine et aux officiers des navires de guerre la manoeuvre des voiles. Personne n’imaginerait à première vue qu’elle puisse être nécessaire à la solution des problèmes techniques compliqués concernant la route d’un transatlantique et le tir d’un cuirassé. Mais si vous demandez aux experts pourquoi les futurs navigateurs doivent apprendre la manoeuvre des voiles et s’y perfectionner, ils vous répondront que les marins acquièrent ainsi plus facilement ce sixième sens, appelé précisément le « sens marin ».

L’application à votre cas Nous semble naturelle et facile. Chaque fois que vous ouvrez un livre, que commence une leçon, que se déroule un examen, vous ne devez pas vous demander : à quoi cela me sert-il ? Ne dites pas : je serai ingénieur ; à quoi me sert la philosophie ? Je serai avocat ; à quoi me sert la physique ? Je serai médecin ; à quoi me sert l’étude de l’art ? La vérité est que certaines notions et informations, un certain bagage de connaissances et un certain ordre mental, le sens de la mesure et de l’harmonie intellectuelle — en un mot, la plus grande ampleur et profondeur des bases — aident toujours dans la vie et sont souvent utiles d’une façon inattendue et inespérée : ce qui vaut généralement pour deux matières, le latin et l’histoire. » DISCOURS AUX ÉLÈVES DES LYCÉES DE ROME (24 mars 1957) .

Les femmes, selon Fénelon, « ne doivent ni gouverner l’Etat, ni faire la guerre, ni entrer dans le ministère des choses sacrées; ainsi elles peuvent se passer de certaines connaissances étendues, qui appartiennent à la politique, à l’art militaire, à la jurisprudence, à la philosophie et à la théologie. » Gouverner l’état : les reines qui ont régné seules ont existé, ou encore les dames, les princesses… Les femmes de pouvoir ou de science ne sont pas légions, mais rien n’empêche qu’elles le soient. Rien n’interdit à une femme d’être reine. Faire de la politique ne sera pas l’apanage de toutes les femmes. Faire la guerre ne convient pas à une femme, d’ailleurs plus sensible, dont la fonction est celle des prêtres : donner la vie. Mais des femmes pompiers, gendarmes ou militaires peuvent être très utiles quand on a affaire à des femmes… (fouilles au corps, s’occuper d’une femme blessée…) Qu’il y en ait donc dans ces professions n’est pas une mauvaise chose, au contraire, mais il s’agira d’une minorité puisque ces professions exigent un physique puissant. En philosophie, rien n’empêche une femme d’être philosophe ou en sciences qu’elle soit une scientifique.

Voilà ce que disait donc Pie XII dans son RADIOMESSAGE AUX FEMMES ITALIENNES EN PÈLERINAGE A NOTRE-DAME DE LORETTE (14 octobre 1956) « Au sujet de son extension et de son efficacité, la force du milieu féminin se manifestera dans une action décisive, exercée sans exclusion de terrain — donc également dans le domaine politique et juridique — afin que les institutions, les lois et les coutumes reconnaissent et respectent les exigences particulières de la femme. Il est vrai, certes, que les Etats modernes ont accompli des progrès notables en répondant aux aspirations substantielles de la femme ; mais il subsiste encore une certaine négligence à l’égard des exigences que Nous appellerons psychiques et de sentiment, comme si elles ne méritaient point une sérieuse considération.

Ces exigences, bien qu’indéfinissables et échappant pour ainsi dire au calcul et à la statistique, sont pourtant de réelles valeurs ; elles ne peuvent être négligées, parce qu’elles sont fondées dans la nature et visent à tempérer dans la société humaine l’âpreté des lois, à modérer les tendances extrêmes dans les grandes résolutions, à fixer une répartition plus juste des avantages et des sacrifices entre tous les citoyens. Comme le sentiment de la femme a un grand rôle dans la famille et, souvent, en détermine le cours, il devrait exercer aussi son influence, en une plus grande mesure, dans la vie de la nation et de l’humanité elle-même. Il ne serait pas raisonnable que dans la grande famille humaine, seule une partie de celle-ci — les hommes — trouve le complet épanouissement de sa vie psychologique.

En réalité, si l’on respectait davantage les anxiétés du sentiment féminin, l’oeuvre de consolidation de la paix serait plus active, les peuples mieux pourvus de biens seraient plus hospitaliers et généreux à l’égard de ceux qui en sont privés ; les administrateurs de la richesse publique seraient souvent plus prudents ; les organes chargés d’aider les communautés ayant besoin de maisons, d’écoles, d’hôpitaux, de travail, plus empressés et prévoyants. Derrière toutes ces déficiences évoquées, se cachent souvent, en effet, les douleurs indicibles de mères et d’épouses, qui voient leurs êtres chers languir dans la misère, lorsque les éloignements forcés et même la mort prématurée ne les ont pas déjà enlevés à leur affection. »

« Les femmes ne peuvent pas faire de philosophie ou de latin. » On retrouve cela chez les meilleurs auteurs catholiques. Il s’agit encore là de préjugés dont même les Évêques ne sont pas exempts, car Dieu a choisi la part de l’humiliation pour la femme et le diable s’acharne sur elle. Ne raconte-t-on pas qu’une femme ne doit pas parler ou se mêler de politique? Ce n’est pas ce que dit Pie XII. Heureusement, Mgr Landriot permet la philosophie aux femmes aussi bien que Pie XII qui y voit un préjugé d’époque (discours posthume sur Benoit XIV), tandis que Fénelon le leur interdit. Fénelon et Mgr Landriot accepteront que les femmes apprennent le latin tandis que le cardinal Silvio Antoniano, dans son « livre d’or » (appelé ainsi par Pie XI) sur l’éducation, le leur interdit formellement.

Voici ce que dit Pie XII, montrant combien les préjugés d’époque mènent la vie dure aux femmes : « On pouvait également s’attendre à ce qu’un homme qui avait consacré toute sa vie à l’étude, une fois Pontife suprême, se fît le promoteur des sciences, spécialement de celles qui lui étaient les plus chères, celle de l’histoire ecclésiastique et celle de la liturgie, pour lesquelles il créa des chaires spéciales, soit à l’Université de Coïmbre13, soit au collège romain, et érigea les quatre Académies : des Conciles, d’Histoire ecclésiastique pontificale, de Liturgie et de l’Histoire et Antiquité romaines 14. Le Pape Lambertini donna le départ aux sciences mathématiques, physiques, à l’anatomie, ou tout au moins les renouvela. Il est significatif, de sa part, qu’il n’ait pas refusé son consentement à l’Université de Bologne, qui entendait avoir recours à l’enseignement de deux femmes érudites : la célèbre mathématicienne Maria Gaetana Agnesi, qui toutefois refusa l’invitation, et Laura Caterina Bassi, renommée comme philosophe. »

Aussi bien le Cardinal Antoniano qui refusait le latin aux femmes, que les Evêques d’Italie qui les excommuniaient pour un oui ou pur un non, que les hommes d’Eglise qui refusaient aux femmes espagnoles comme ste Thérèse d’Avila d’enseigner l’oraison ou d’avoir de l’esprit, que Fénelon qui interdisait la philosophie ou les sciences, n’ont pas compris l’importance de la bonne culture générale (je ne parle pas de sa contrefaçon qui consiste à connaître des mauvaises œuvres, de mauvais auteurs ou de mauvais films…), qui est toujours utile dans la vie et permet de ne pas être d’un ennui intolérable pour son conjoint. Mgr Landriot parle toujours de la « supériorité des hommes » en philosophie mais cite ste Catherine d’Alexandrie, patronne des philosophes et ste Monique, mère de St Augustin.

Rappelons que c’est parce que l’homme a davantage de temps, qu’il a souvent été mieux éduqué, qu’il a pu en faire sa profession et qu’il s’y intéresse souvent plus que la femme qu’il est meilleur en philosophie. Il ne s’agit pas d’esprit plus faible mais simplement d’affinités ou d’éducation différentes. Par ailleurs, l’éducation, l’art des arts, exercée depuis toujours par la femme, est l’art le plus noble qui soit, et les sciences qui s’y rapportent également. Il ne s’agit pas de s’occuper de grandes idées mais d’êtres vivants, les plus nobles qui soient et les anges de la terre : les enfants. Ce sont eux qui doivent être le centre de la famille et qui interdisent à leurs parents le divorce, la désunion ou les disputes conjugales, qui mettent en péril leur éducation en les livrant à l’instabilité.

Voici ce que dit Mgr Landriot à ce sujet (La Femme forte), sans pour autant perdre le préjugé qui veut que les femmes aient l’esprit plus faible que les hommes (ce qui est faux puisqu’elles ont le même cerveau que les hommes) : « Je méprise le jugement des orgueilleux et des sots, reprend saint Augustin ; soyez sûre , ma mère, que plusieurs seront enchantés d’apprendre que vous faites de la philosophie avec moi : ils en seront plus satisfaits que si nous nous livrions à toute autre occupation sérieuse ou récréative ; car chez les anciens les femmes faisaient de la philosophie, et la vôtre en particulier me plaît beaucoup… Saint Augustin continue et montre à sa mère tout ce qu’il y avait de fort, d’élevé et de philosophique dans son caractère. »

« Une femme, après avoir accompli tous ses autres devoirs, peut très bien s’occuper de sciences élémentaires, de littérature, de philosophie même, et se perfectionner à tous ces contacts pleins de charmes et de lumières. Les sciences ont différentes régions , et si on ne va toujours au sommet, on peut gravir un peu la côte pour jouir d’un admirable coup d’œil : rien n’est beau comme la philosophie, et surtout la philosophie chrétienne, quand elle est convenablement présentée. L’étude a de grands avantages , elle élève l’esprit; par son influence secrète la femme arrive à ne plus vivre au milieu de ses chiffons comme dit M. de Tocqueville; elle ne conserve plus cette petite personnalité qui s’enveloppe au milieu de pensées infiniment petites.

Je n’exclurais pas même le latin de cette éducation complète, et si quelqu’un me reprochait trop de concessions à la femme savante, j’invoquerais deux autorités dont personne ne suspectera la compétence, celles de Fénelon et de Madame Swetchine ; je cite cette dernière : « Votre latin , écrit-elle à une de ses amies, m’a fait au moins autant de plaisir que le reste. La langue de la foi ne devrait être exclue d’aucune éducation religieuse, pas plus de celle qu’on se donne à votre âge, où l’on apprend encore tout ce qu’on veut. Ce n’est pas ce qu’on sait qui rend pédant , et je vous réponds qu’on l’est par toute autre chose que ce que vous êtes 1. » 1 Lettres , t. I , p. 474. — V. Fénelon , Éducat. des filles , p. 12. L’Archevêque de Cambrai demande, pour l’étude du latin , qu’on ait « le jugement ferme et, une conduite modeste. »

Une femme ainsi formée n’ennuiera pas son mari ; et parmi les qualités des femmes , je ne mets pas en dernière ligne celle de ne point ennuyer leurs maris. Or, de toutes les sources d’ennui, je n’en connais guère , surtout pour un mari qui n’a pas fait vœu de patience, de plus abondante, de plus intarissable , qu’une vertu très-étroite et assez sotte, pour répéter la parole de M. de Tocqueville. La sottise, surtout quand on a le talent malheureux de la doubler avec une piété mal comprise , la sottise a le privilège de tout gâter, même les meilleures choses. Les qualités physiques, quand elles sont seules, ont une influence temporaire et très-promptement usée ; après la vertu, je ne sache rien de plus propre à vous conserver l’estime et le cœur de vos maris, que les qualités d’un esprit cultivé, délicat , saisissant en toute chose le point de vue élevé, aimable, gracieux, divin.

Pour en arriver là, il n’est point du tout nécessaire d’être un génie : on ne saurait croire avec quelle facilité cette manière d’envisager les choses se développe naturellement , instinctivement , chez les natures où la vertu et une instruction convenable se donnent la main pour marcher ensemble. C’est un sol où vous avez déposé la terre que les jardiniers ont en très-grande vénération et qu’ils nomment la terre de bruyère ; les plus belles fleurs y viennent spontanément. — Le nombre des femmes qui ont perdu le cœur et plus tard la vertu de leurs maris en les ennuyant, est peut-être assez considérable. Aussi, en paraissant ne vous donner que des conseils littéraires, j’ai la pensée et le désir d’atteindre un autre but, et, en réalité, je vous donne des conseils religieux.

Un auteur païen [Plutarque] engage les femmes à lire les ouvrages des philosophes et les traités de science. Alors, dit-il , elles ne songeront plus aux danses ni aux choses frivoles , quand elles auront l’âme pleine des grandes idées que renferment les livres de nos célèbres écrivains ; elles seront sous l’influence d’un charme spirituel »

Il ne faut pas croire que Mgr Landriot soit condescendant en parlant de plaire à son mari. L’union conjugale veut qu’on se donne l’un à l’autre, ce qui fait qu’on doit se plaire l’un à l’autre et se préparer à plaire l’un à l’autre. Ici, on donne l’impression qu’une femme doit être élevée en vue de son mari. Il faut répondre qu’effectivement, l’éducation des filles et des garçons doit les axer davantage sur leurs vocations supposées. Souvent, la vocation des filles comme des garçons est le mariage, et ils doivent donc être tous élevés en vue de leur futur conjoint et de leurs futurs enfants. Comme la femme s’occupera davantage des enfants, de la cuisine et du ménage (a-t-on déjà vu une femme enceinte travailler et rappelons que les familles nombreuses sont le but du mariage, ce qui signifie qu’une mère de famille nombreuse gère chez elle toute une garderie, soit une entreprise…), il est normal de préparer les filles à tenir leur maison, ce qui est certainement plus difficile que lorsqu’on n’a égoïstement qu’un seul enfant.

Ce qui est rigoureusement interdit, ce sont des filles dans le chœur, des filles prêtres, des filles qui enseignent publiquement dans l’Eglise, qui lisent l’Évangile dans l’Eglise, des femmes Docteurs de l’Eglise, Papesses, Evêquesses, Prêtresses, les femmes qui président des prières publiques (et non privées)… C’est ce que saint Paul interdit expressément, et non un enseignement privé. Combien ont consulté de saintes femmes en théologie, comme la vénérable Mère Marie de Sales Chappuis ou sainte Angèle de Mérici ! Qui ne lit pas les révélations privées de sainte Catherine de Sienne, ou des livres pieux écrits par des femmes comme ceux de sainte Thérèse d’Avila ? La Samaritaine convertie n’enseignait-elle pas sur la place « publique » ?

« Venez voir, s’écrie-t-elle, un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-ce point le Messie ? » Elle ne doute pas, mais elle veut engager doucement ses compatriotes à venir le voir. Apôtre aussitôt que néophyte, la Samaritaine eut la consolation de voir sa prédication couronnée d’un grand succès. « Les habitants de Sichar sortirent donc de la ville et vinrent à Jésus; plusieurs crurent en lui à cause de la parole de cette femme, qui avait rendu ce témoignage : Il m’a dit tout ce que j’ai fait. Quand donc les Samaritains furent venus vers lui, ils le prièrent de demeurer avec eux, et il y demeura deux jours. Et un beaucoup plus grand nombre crurent en lui à cause de ses discours, et ils disaient à la femme: Ce n’est déjà plus pour ta parole que nous croyons, car nous l’avons entendu, et nous savons qu’il est véritablement le Sauveur du monde. » Mgr Gaume, Biographies évangéliques.

Le fait d’être une femme n’empêche donc pas l’enseignement « privé » de vive voix, « privé » car en dehors d’un cadre officiel de l’Eglise. Et même une femme peut dispenser un enseignement à des hommes, quoique l’apostolat féminin soit surtout pratiqué entre femmes, et en particulier à son époux. « Toute femme, par conséquent, sans exception, a, entendez bien, le devoir, le strict devoir de conscience de ne pas rester absente, d’entrer en action (dans les formes et de la manière qui conviennent à la condition de chacune), pour contenir les courants qui menacent le foyer, pour combattre les doctrines qui ébranlent ses fondements, pour préparer, ordonner et mener à bien sa restauration. » Pie XII, DISCOURS AUX DIRIGEANTES FÉMININES DE L’ACTION CATHOLIQUE ITALIENNE (21 octobre 1945)

Mais cependant, chaque vocation doit être vue au cas par cas, et le meilleur moyen de la connaître, c’est précisément, outre révélation de Jeanne d’Arc ou attrait irrésistible fort rare, agir selon les exercices spirituels de St Ignace et avoir de la culture générale, qui aura révélé l’homme ou la femme à lui-même :

Voir l’Art d’arriver au vrai, Chapitre III, Le Choix d’une carrière : chapitre très important pour se rendre compte de ses propres aptitudes.

« Faites passer sous les yeux des enfants les produits divers, les œuvres remarquables de l’industrie et de l’intelligence humaine ; conduisez-les en des lieux où l’instinct de chacun puisse être mis en présence de l’objet de son choix. Cette méthode vous sera très-utile ; elle est très sûre. La nature prise sur le fait révèle des aptitudes que l’étude la plus attentive n’aurait peut-être jamais su découvrir. » Art d’arriver au vrai, Balmès.

« Premier mode pour faire une bonne et sage élection Il comprend six points. Premier point. Le premier point consiste à me représenter l’objet qui est la matière de l’élection. C’est un emploi ou un bénéfice que je puis accepter ou refuser, ou toute autre chose qui tombe sous l’élection variable. Second point. Dans le second point, je dois me mettre devant les yeux la fin pour laquelle je suis créé, savoir: louer Dieu, notre Seigneur, et sauver mon âme. Je dois en outre me trouver dans une entière indifférence, et sans aucune affection désordonnée; de sorte que je ne sois pas plus porté ni affectionné à choisir l’objet proposé qu’à le laisser; ni plus à le laisser qu’à le choisir, gardant l’équilibre de la balance, et prêt à suivre le parti qui me semblera le plus propre à procurer la gloire de Dieu et le salut de mon âme. Troisième point. Dans le troisième point, je demanderai à Dieu, notre Seigneur, qu’il daigne toucher ma volonté, et mettre lui-même dans mon âme ce que je dois faire relativement au choix qui m’occupe, à sa plus grande louange et à sa plus grande gloire, réfléchissant de mon côté avec attention et fidélité, au moyen de l’entendement, afin de faire un choix conforme à sa très sainte volonté et à son bon plaisir. Quatrième point. Dans le quatrième point, je considérerai avec attention, d’un côté, l’utilité et les avantages qui doivent résulter pour moi de l’acceptation de cet emploi ou de ce bénéfice, sous le rapport unique de la louange de Dieu, notre Seigneur, et du salut de mon âme; et, de l’autre, je considérerai les inconvénients et les dangers. Ensuite j’examinerai, avec la même diligence, d’abord l’utilité et les avantages, puis les inconvénients et les dangers du refus. Cinquième point. Dans le cinquième point, après avoir ainsi examiné la question sous ses divers points de vue, je considérerai de quel côté la raison incline davantage; et, ne suivant que sa lumière, sans consulter aucunement les sens, je fixerai mon choix sur la matière que je viens de discuter. Sixième point. L’élection ainsi terminée, je m’empresserai de me mettre en prière en la présence de Dieu, notre Seigneur, et de lui offrir le choix que je viens de faire, afin que sa divine Majesté daigne le recevoir et le confirmer, s’il est conforme à son plus grand service et à sa plus grande gloire.

Second mode pour faire une bonne et sage élection Il comprend quatre règles et une remarque. Première règle. L’amour qui me porte et me détermine à choisir tel objet doit venir d’en haut, et descendre de l’amour de Dieu même. Je dois donc, avant d’arrêter mon élection, sentir intérieurement que l’affection plus ou moins grande que j’éprouve pour cet objet est uniquement en considération de mon Créateur et Seigneur. Seconde règle. Je me représenterai un homme que je n’ai jamais vu ni connu; et, lui désirant toute la perfection dont il est capable, j’examinerai ce que je lui dirais de faire et de choisir pour la plus grande gloire de Dieu, notre Seigneur, et pour la plus grande perfection de son âme; puis, me donnant à moi-même les mêmes conseils, je ferai ce que je lui dirais de faire. Troisième règle. Je considérerai, comme si j’étais à l’article de la mort, de quelle manière et avec quel soin je voudrais m’être conduit dans l’élection présente; et, me réglant sur ce que je voudrais avoir fait alors, je le ferai fidèlement maintenant. Quatrième règle. Je considérerai avec attention quelles seront mes pensées au jour du jugement; je me demanderai comment je voudrais avoir délibéré dans l’élection actuelle; et la règle que je voudrais alors avoir suivie est celle que je suivrai à cette heure, afin de me trouver en ce jour dans un entier contentement et dans une grande joie. Remarque. Après avoir exactement observé ces quatre règles, et pourvu ainsi au repos et au salut éternel de mon âme, je ferai mon élection et mon oblation à Dieu, notre Seigneur, comme il a été dit dans le sixième point du premier mode d’élection. » Exercices spirituels de St Ignace.

Pour certains féministes (hommes ou femmes), une femme peut disposer de son corps comme elle l’entend. La femme peut s’habiller comme elle veut, d’après elle, oubliant les lois de la pudeur. On peut aussi bien lire à ce lien ce que dit Saint Cyprien au sujet de la pudeur, des parures et du maquillage… Si on avait suivi ce mauvais principe (« s’habiller comme on le souhaite ») de manière étendue, on n’aurait jamais dialogué à propos des burkinis, signes ostentatoires (qui après tout font partie de la façon de s’habiller), ou encore le port du voile, mais passons… Au moins, les voiles n’ont rien d’impudiques et ne blessent pas la loi de Dieu…

« Dignité et liberté de la femme qui ne se fait jamais esclave, pas même de la mode ! C’est un sujet délicat, mais urgent, où votre action incessante se promettra d’heureux et bienfaisants succès. Cependant, votre zèle contre les vêtements et la tenue immodestes ne doit pas seulement être une réprobation, mais une édification, montrant pratiquement au monde féminin comment une jeune fille peut bien harmoniser dans sa toilette et son comportement les lois supérieures de la vertu avec les normes de l’hygiène et de l’élégance. » Pie XII, DISCOURS AUX JEUNES FILLES DE L’ACTION CATHOLIQUE ITALIENNE (24 avril 1943).

Disposer de son corps, pour certains féministes, c’était par exemple s’habiller à la plage ou dans les bains publiques de manière scandaleuse. C’était aussi s’exhiber nues dans des manifestations publiques. Pie XII parle à ce sujet de scandale : « Certaines jeunes filles diront peut-être que telle façon déterminée de se vêtir est plus commode et aussi plus hygiénique ; mais si elle devient pour le salut de l’âme un péril grave et prochain, elle n’est certainement pas hygiénique pour votre esprit et il est de votre devoir d’y renoncer.

La volonté de sauver leur âme a rendu héroïques les martyres, telles les Agnès et les Cécile, au milieu des tourments et des lacérations de leur corps virginal. Vous, leurs sœurs dans la foi, dans l’amour du Christ et dans l’estime de la vertu, vous ne trouveriez pas au fond de votre cœur le courage et la force de sacrifier un peu de bien-être, un avantage physique, si l’on veut, pour garder saine et pure la vie de vos âmes ?

Et si, pour un simple plaisir personnel, nul n’a le droit de mettre en péril la vie corporelle des autres, n’est-il pas encore moins permis de compromettre le salut, donc la vie même de leurs âmes ?

Si, comme le prétendent certaines, une mode audacieuse ne produit sur elles aucune impression mauvaise, que savent-elles de l’impression que les autres en ressentent ? Qui les assure que les autres n’en retirent pas de mauvaises incitations ?

Vous ne connaissez pas le fond de la fragilité humaine ni de quel sang corrompu ruissellent les blessures laissées dans la nature humaine par le péché d’Adam avec l’ignorance dans l’intelligence, la malice dans la volonté, l’avidité du plaisir et la faiblesse à l’égard du bien ardu dans les passions des sens, à tel point que l’homme, souple comme la cire pour le mal, « voit ce qui est mieux et l’approuve, et s’attache au pire », à cause de ce poids qui toujours, comme du plomb, l’entraîne au fond.

Oh ! combien justement on a observé que si certaines chrétiennes soupçonnaient les tentations et les chutes qu’elles causent chez les autres par leur toilette et les familiarités auxquelles, dans leur légèreté, elles accordent si peu d’importance, elles s’épouvanteraient de leur responsabilité !

A quoi Nous n’hésitons pas d’ajouter : O mères chrétiennes, si vous saviez quel avenir d’angoisses et de périls intérieurs, de doutes mal réprimés, de hontes mal contenues vous préparez à vos fils et à vos filles, en les accoutumant imprudemment à vivre à peine couverts, en leur faisant perdre le sens délicat de la modestie, vous rougiriez de vous-mêmes et vous redouteriez la honte que vous vous faites à vous-mêmes et le tort que vous causez à ces enfants que le ciel vous a confiés pour les élever chrétiennement. Et ce que Nous disons aux mères, Nous le répétons à nombre de femmes croyantes et même pieuses qui, en acceptant de suivre telle ou telle mode audacieuse, font tomber par leur exemple les dernières hésitations qui retiennent une foule de leurs sœurs loin de cette mode qui pourra devenir pour elles une cause de ruine spirituelle.

Tant que certaines toilettes provocantes demeurent le triste privilège de femmes de réputation douteuse et comme le signe qui les fait reconnaître, on n’osera pas les adopter pour soi. Mais le jour où ces toilettes apparaissent portées par des personnes au-dessus de tout soupçon, on n’hésitera plus à suivre le courant, un courant qui entraînera peut-être aux pires chutes. »

On peut dire que la mouvance féministe a soutenu la Vénus impudique et adultère.

Le « féminisme » ne se contenta pas de contribuer à déshabiller les femmes et à les faire se produire comme des prostituées. Il contribua pour le droit des femmes. Il lutta contre le mariage forcé, pour que les femmes jouent un plus grand rôle politique, pour leur droit de vote, pour que les femmes n’aient pas à subir des pratiques dégradantes et ne soient pas les esclaves des hommes, pour qu’elles soient payées à travail égal avec un même salaire que les hommes. Simone Veil s’est opposée à l’homoparentalité et au mariage homosexuel selon certains. Tout cela est à son honneur.

Le combat féministe pour la contraception, le divorce et pour permettre une dissolution plus facile de la famille a été très fâcheux pour la morale et les enfants. On promet pour toujours, on garde soit disant ses promesses et on ne garde pas une promesse qui doit engager la vie entière.

A peine rentrée des camps de concentration, Simone Veil s’inscrit à Sciences Po, se marie, élève trois garçons et décide d’appliquer sans délai le principal enseignement de sa mère : pour être indépendante, une femme doit travailler. Ce principe est un non-sens : pour être « indépendante », on se fait dépendant de son patron… Le travail des femmes peut être dangereux pour elles et pour leur famille :

« Au sujet du travail également la conformation physique et morale de la femme exige une sage discrimination aussi bien dans la quantité que dans la qualité. La conception de la femme aux chantiers, aux mines, aux travaux lourds, telle qu’elle est exaltée et pratiquée dans certains pays, qui voudraient s’inspirer du progrès, est bien loin d’être une conquête moderne ; elle est, au contraire, un triste retour vers des époques que la civilisation chrétienne avait ensevelies depuis longtemps. La femme est bien une force considérable dans l’économie de la nation, mais à la condition que ce soit dans l’exercice des hautes fonctions qui lui sont propres ; elle n’est certainement pas une force « industrielle », comme on a l’habitude de dire, égale à l’homme, dont on peut réclamer un plus grand emploi d’énergie physique. La sollicitude empressée qu’un homme bien né manifeste à l’égard de la femme en toute circonstance, devrait être également observée par les lois et les institutions d’une nation civilisée. » Pie XII,

Le travail multiplie les occasions dangereuses pour les femmes en les mettant davantage en danger d’être corrompues. Ne parle-t-on pas d’ailleurs de harcèlement ? L’impureté ne s’est-elle pas immiscée à une bonne place dans les conversations de ce monde paganisé ? La femme, si puissante sur la marche morale de sa famille, détruit son foyer elle-même si elle est corrompue.

« 1° Avant tout, un péril concernant la femme. Indiquons-le tout de suite dans sa forme extrême. Vous connaissez le sort des jeunes filles qui, spécialement dans les grandes villes, laissent leur famille, au moment de l’adolescence, pour trouver une place. Le mirage est hallucinant : indépendance de toute sujétion, possibilité de faire montre de luxe, liberté sans réserve, facilité de nouer des amitiés, de fréquenter les cinémas, de faire du sport, de partir le samedi en joyeuse compagnie en revenant le lundi et en échappant toujours aux regards de la famille. Le gain élevé qu’elles réalisent fréquemment est le plus souvent le prix de la perte de leur innocence et de leur pureté.

Les forces de la nature qui étaient réservées en elles pour fonder plus tard une famille où vont-elles finir ? Elles se dissipent dans les plaisirs et dans le péché. Naturellement, à côté de ce cortège de jeunes étourdies et infortunées, il en est une catégorie d’autres qui sont toujours moins la proie d’un si grand mal, jusqu’à celles qui, parmi tous les périls, savent se maintenir pures et fortes. Ce serait cependant une illusion de croire que la catégorie extrême n’existe que dans de lointaines régions et villes du monde. Vous la trouverez malheureusement au milieu de notre bon peuple et vous en voyez le fatal cheminement.

2° De cela, naît un autre danger pour le mariage. Des jeunes femmes, comme celles qu’on vient de décrire, ne sont pas ordinairement choisies pour le mariage, encore moins pour le mariage selon la loi du Christ. Ce sont elles-mêmes, souvent, qui le repoussent comme une chaîne. Et combien d’autres, quoique dans un moindre degré, sont contaminées par le même mal ! D’autre part, comment l’homme qui dans la vigueur de sa jeunesse a mené une vie dissolue pourrait-il réaliser ensuite dans la fidélité conjugale un saint et « chaste mariage » ? »Pie XII, DISCOURS AUX JEUNES FILLES DE L’ACTION CATHOLIQUE ITALIENNE (24 avril 1943)

Etre femme au foyer est plus sain pour la vie spirituelle de la femme, à moins qu’elle ne profite d’être au foyer pour passer leur temps à « jouer au bridge », à hanter les forums d’Internet, à papoter au téléphone, faire des visites inutiles à droite et à gauche, ou encore à être des maniaques de la propreté et du chiffon à meuble au point d’incommoder tout le monde.

Normalement, une femme au foyer s’occupe de ses enfants en bas âge, a une famille nombreuse et profite des commodités modernes qui ont allégé son travail traditionnel (couture, machine à laver, à vaisselle, robots ménagers, aspirateurs, fer à repasser, etc…) pour par exemple s’occuper davantage de fabriquer des habits plus décents que ceux du commerce, s’occuper des autres ou du jardin, si les courses, le ménage et les enfants ne l’occupent pas assez : La femme ne peut-t-elle pas trouver à aider les autres dans différentes œuvres de bienfaisance ? La Bible nous dit que sans la femme, le pauvre est malheureux.

Et ne parle-t-on pas de la femme forte qui a acheté un champ et augmente la force de son bras en le cultivant ?

Cultiver des produits frais et biologiques pour ses enfants n’est sans doute pas une mauvaise idée et permet de faire des économies. La Bse Anne-Marie Taïgi refusa un poisson de mauvaise qualité et en fit racheter un autre pour ses enfants. Pourquoi? Parce que les enfants ont le droit à une boisson et nourriture saine, équilibrée, sans produits chimiques cancérigènes et allergogènes. En cultivant un jardin, l’épouse peut en profiter pour donner à ses enfants des occupations utiles, les responsabiliser… En faisant les courses, il faut acheter des vêtements de qualité, de source sûre et éviter les produits toxiques dans la maison : désodorisants et détergents toxiques, peintures, colles, meubles traités… Tout cela n’est que du bon sens voulant, qu’autant que possible, on ne donne à ses enfants que des bonnes choses, et non même légèrement empoisonnées.

Voici un extrait de catéchisme pour les mères, montrant qu’on doit répondre aux besoins de ses enfants et de sa famille :

« CHAPITRE II

Les moyens de l’Education physique

« Soyez pour les enfants, que vous élevez, comme la providence paternelle et maternelle de Dieu. » Mgr Dupanloup, De l’Education.

Quels sont les moyens de l’éducation physique ?

Ce sont : les précautions que la mère doit prendre avant la naissance (art. I); la nourriture de l’enfant (art. II); le bon air et la lumière (art. III); le vêtement (art. IV) ; les jeux et exercices (art. V); le sommeil (art. VI) ; la propreté (art. VII); les soins médicaux (art. VIII). » Catéchisme de l’éducation, Abbé Bethléem.

Le travail des femmes représente un danger pour leur famille, en laissant leurs enfants dans des mains étrangères et en évitant d’avoir des enfants à cause de leur emploi qui les empêchent d’avoir du temps libre. Par ailleurs, la maison devient un lieu qui, faute d’entretien, peut devenir déplaisant.

« Voici l’essentiel de la hiérarchie naturelle dans la famille, telle que l’exige l’unité du mariage et telle que la Providence l’a marquée par les qualités spéciales, différentes et complémentaires, dont il a doté l’homme et la femme : « Ni l’homme n’est dans le Seigneur sans la femme, ni la femme sans l’homme », écrit saint Paul (1 Cor 11, 11). A l’homme la primauté dans l’unité, la vigueur corporelle, les dons nécessaires au travail qui assurera l’entretien de sa famille ; c’est à lui qu’il a été dit : « C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain » (Gen 3, 19). A la femme, Dieu a réservé les douleurs de l’enfantement, les peines de l’allaitement et de la première éducation des enfants, pour qui les meilleurs soins de personnes étrangères ne vaudront jamais les affectueuses sollicitudes de l’amour mater­nel. »

« « Mais, objectera-t-on peut-être encore, la structure sociale du monde moderne pousse un grand nombre de femmes, même mariées, à sortir du foyer et à entrer dans le champ du travail et de la vie publique. » Nous ne l’ignorons pas, chères filles, mais qu’un pareil état de choses constitue un idéal social pour la femme mariée, voilà qui est fort douteux. Cependant, il faut tenir compte de ce fait. La Providence, toujours vigi­lante dans le gouvernement de l’humanité, a mis dans l’esprit de la famille chrétienne des forces supérieures qui sont à même de tempérer et de vaincre la dureté de cet état social et de parer aux dangers qu’il cache indubitablement.

Avez-vous déjà considéré le sacrifice de la mère qui doit pour des motifs particuliers, en plus de ses obligations domestiques, s’ingénier à sub­venir par un travail quotidien à l’entretien de sa famille ? Lorsque le sentiment religieux et la confiance en Dieu constituent le fondement de la vie familiale, cette mère conserve, bien plus, elle nourrit et déve­loppe en ses enfants, par ses soucis et ses fatigues, le respect, l’amour et la reconnaissance qu’ils lui doi­vent.

Si votre foyer doit passer par là, ayez avant tout une pleine confiance en Dieu, si riche en bonté secou­rable pour ceux qui le craignent et le servent ; et, dans les heures et les jours où vous avez le loisir de vous donner entièrement aux vôtres, ajoutez-y, avec un redoublement d’amour, le souci d’assurer le minimum indispensable à la vraie vie de famille et, plus que cela, le souci de répandre dans le cœur de votre mari et de vos enfants de lumineux rayons de soleil qui affermissent, alimentent et fécondent, pour les temps de séparation corporelle, l’union spirituelle du foyer. »

« Et vous, épouses, élevez vos cœurs ! Ne vous contentez pas d’accepter et presque de subir l’autorité de votre époux à qui Dieu vous a soumises par les dispositions de la nature et de la grâce. Dans votre sin­cère soumission, vous devez aimer l’autorité de votre mari, l’aimer avec l’amour respectueux que vous por­tez à l’autorité même de Notre-Seigneur, de qui des­cend tout pouvoir de chef.

Nous savons bien que, de même que l’égalité dans les études, les écoles, les sciences, les sports et les concours fait monter dans bien des cœurs de femmes des sentiments d’orgueil, ainsi votre ombrageuse sen­sibilité de jeunes femmes modernes ne se pliera peut-être pas sans difficulté à la sujétion du foyer domes­tique. Nombre de voix autour de vous vous la repré­senteront, cette sujétion, comme quelque chose d’injuste ; elles vous suggéreront une indépendance plus fière, vous répéteront que vous êtes en toutes choses les égales de vos maris et que sous bien des aspects vous leur êtes supérieures. Prenez garde à ces paroles de serpents, de tentations, de mensonges : ne devenez pas d’autres Ève, ne vous détournez pas du seul che­min qui puisse vous conduire, même dès ici-bas, au vrai bonheur. La plus grande indépendance, une indé­pendance à laquelle vous avez un droit sacré, c’est l’indépendance d’une âme solidement chrétienne en face des exigences du mal. Lorsque le devoir se fait entendre et qu’il jette son cri d’alarme à votre esprit et à votre cœur, quand vous vous trouvez en face d’une demande qui va contre les préceptes de la loi divine, contre vos imprescriptibles devoirs de chrétiennes, d’épouses et de mères, conservez, défendez avec res­pect, avec calme, avec affection sans doute, mais avec une inébranlable fermeté la sainte et inaliénable indé­pendance de votre conscience. Il se rencontre dans la vie des jours où sonne l’heure d’un héroïsme ou d’une victoire qui ont les anges et Dieu pour seuls et invi­sibles témoins. » Pie XII. Le mari et la femme – Allocution aux jeunes mariés du 10 sept. 1941

« N’est-ce pas une vérité ancienne, et toujours nou­velle — vérité qui a son fondement dans la constitu­tion physique de la femme, vérité inexorablement proclamée par les expériences du passé le plus lointain et par les expériences plus récentes de notre époque d’industrialisation effrénée, de revendications égali­taires, de concours sportifs —, n’est-ce pas une vérité que c’est la femme qui fait le foyer et qui en a le soin, et que jamais l’homme ne saurait la remplacer dans cette tâche ? C’est la mission qui lui est imposée par la nature et par son union avec l’homme, pour le bien même de la société. Entraînez-la, attirez-la hors de sa famille par un de ces trop nombreux appâts qui s’efforcent à l’envi de la gagner et de la retenir : vous ver­rez la femme négliger son foyer, et qu’arrive-t-il sans cette flamme ? L’air de la maison se refroidira ; le foyer cessera pratiquement d’exister et il se changera en un précaire refuge de quelques heures ; le centre de la vie journalière se déplacera pour son mari, pour elle-même, pour les enfants. » La fée de la maison – Discours aux jeunes mariés du 25 février 1942

« Qui s’étonnera si le mari, faute de trouver au foyer un attrait, un lien, un réconfort, le délaisse le plus possible, provoquant par là la mère à s’en éloigner comme lui, à moins que ce ne soient les absences de l’épouse qui aient préparé celles du mari ? Ainsi l’un et l’autre vont chercher ailleurs — au grave péril de leur âme et au détriment de l’union de la famille — la tranquillité, le repos, le plaisir que ne leur donne pas leur propre maison. Quelles sont les plus malheureuses victimes d’un pareil état de choses, sinon, à n’en pas douter, les enfants ? » Le soleil du foyer – Discours aux jeunes mariés du 11 mars 1942

Et combien de féministes ne voient pas qu’en mettant sur un pied d’égalité hommes et femmes sur le marché du travail, on incite à plus d’inégalités, la condition physique des femmes n’étant pas la même que celle des hommes. Si les sexes sont séparés pour s’affronter lors de manifestations sportives, c’est également pour cette raison, un homme étant naturellement plus fort (habituellement) qu’une femme…

Le féminisme s’est illustré surtout par une mauvaise presse. Il aurait été bienheureux de suivre la bonne :

DISCOURS de Pie XII AU « CANADIAN WOMEN’S PRESS CLUB »
(2 juillet 1955) 1

Le samedi 2 juillet, le Saint-Père a reçu dans la Salle du Consistoire un important groupe de dames appartenant au « Canadian Women’s Press Club », qui accomplissaient un voyage en Europe. Sa Sainteté leur a adressé l’allocution suivante :

Le caractère hautement moral que vous vous efforcez, Mesdames du Club de la presse des Femmes canadiennes, d’obtenir et de maintenir dans le cadre de la noble profession à laquelle vous avez consacré votre vie, n’est pas un des derniers parmi les nombreux titres de votre pays à Notre attention paternelle. Ces récents contacts avec vos collègues d’Europe dans le délicat domaine de la grande information serviront, croyons-Nous, à approfondir votre conviction qu’une presse libre doit justifier sa prétention à l’approbation du public par son sincère respect des valeurs morales, plutôt que par son souci de la perfection technique de sa production.

L’édition et le journalisme sont beaucoup plus qu’une occupation et un commerce : un service spirituel, une carrière ou une vocation providentielle.

Ce n’est pas pour déprécier les strictes exigences de l’art — et même de la question financière — liées à l’oeuvre de la transmission de la vérité, du bien et de la beauté, de personne à personne, au moyen de la parole imprimée et de l’image. Mais c’est pour rappeler que l’édition et le journalisme sont beaucoup plus qu’une occupation ou un commerce. Comme Nous avons déjà eu l’occasion de le souligner fréquemment, des livres, magazines et journaux rendent aujourd’hui — à la famille, à l’Eglise et à l’Etat également — un service tout à fait indispensable.

Seulement, il faut qu’y soit conservé éveillé le sens de la solidarité humaine, dans la joie et dans la peine, et que ce service demeure exempt de toute contamination à sa source — c’est-à-dire l’esprit et le cœur de l’auteur, du reporter et de l’éditeur — et vous ne devez pas hésiter à appeler cela un service spirituel, la substance d’une carrière ou vocation providentielles à placer fièrement sur le même rang que « l’art des arts » de l’enseignement 2.

Et votre public ne sera-t-il pas, dans sa grande majorité, disposé à admettre que l’esprit et le coeur d’une femme, lorsqu’ils sont convenablement préparés, semblent devoir être vivement sensibles à cette nécessité d’intégrité morale chez ceux qui écrivent pour l’information, l’instruction, le divertissement des gens ? Certainement, elle sera la première à marquer la différence entre une honnête interprétation des informations et le mensonge subtilement inséré ou la cruelle insinuation ; entre une prose ou illustration attirantes ou bien provocantes ; entre la chronique sereine d’un fait aimable ou déplaisant et un bavardage plus ou moins malveillant. Qui pourrait être mieux placé qu’elle, au foyer ou au bureau, pour se rendre compte que le mal et le délit peuvent se propager dans la société depuis le fauteuil du directeur, la chronique de la ville, la page de la mode ou la tribune de la femme, le roman populaire et les récits empoisonnés, aussi rapidement, hélas, que la lumière de la vérité et la chaleur de la sympathie et de l’amitié humaines ? Qui est mieux doté qu’elle, par nature et par grâce, pour sentir ce danger et écarter ce désastre ?

Votre visite si bienvenue à la Rome éternelle, Mesdames de la Presse, coïncide avec la fête de la Visitation de Marie à Elisabeth. Les accents toujours encourageants du Magnificat (Lc 1,46-55) Nous rappellent une fois de plus que le rétablissement d’un haut niveau moral dans la vie, le travail et l’amour de la famille humaine par les mérites de Notre-Seigneur et Sauveur, fut tout d’abord et pour toujours accompli avec l’aide d’une femme, sans cesse humblement attentive aux responsabilités de sa mission maternelle parmi les fils des hommes. Puisse la bénédiction du Fils de Dieu, par l’intercession de sa Mère immaculée, accompagner tous vos efforts personnels ou collectifs pour respecter et servir Son image chez vos lecteurs et hâter l’avènement de son Règne dans tous les coeurs.

2 S Grégoire de Naziance ; Or. II, Apologética, no 16 ; Migne, P. G., 35, 425.

Que peut-on conclure du « féminisme » ? Il est une réaction licencieuse et mauvaise en bien des points, mais il contient une certaine légitimité en ce qu’il a de bon, de juste et de vrai. Comme d’habitude, les parcelles de grandeur et de vérité du féminisme aident à faire passer le mal qui s’y trouve, et les hommes aveuglés sont trompés par les sirènes des faux-semblants. Le féminisme a davantage dégradé la femme qu’il ne l’a élevé. A ce faux féminisme, doit s’opposer le vrai féminisme, qui prône les droits de Dieu et de l’Eglise, le droit des enfants à naître, le mariage, l’abstinence, la modestie, la pudeur, la pureté et la grandeur de la virginité. « La femme sans mari et la vierge ont souci des affaires du Seigneur » (1Co 7,34).

Saint Cyprien disait :

« Les femmes mariées sont soumises à des lois auxquelles elles ne peuvent se soustraire. Quant à la virginité, elle se place au-dessus de toutes les lois. Libre des soins du mariage, elle élève son front au-dessus des intérêts et des préoccupations d’ici-ci bas, et participe à l’auréole des anges. Je me trompe, elle leur est supérieure, car elle a remporté sur la nature une victoire que les anges ne connaissent pas.

La virginité est l’avant-goût de la vie éternelle. Elle n’a pas de sexe : c’est une enfance qui dure toujours. Maîtresse des passions, elle n’a pas d’enfants, elle dédaigne d’en avoir ; mais si elle est privée de la joie de les posséder, elle n’éprouve pas la douleur de les perdre. Heureuse d’éviter les angoisses de l’enfantement, plus heureuse d’éviter celle des funérailles. La virginité, c’est la liberté sans limites : pas de mari pour maître, pas de soins qui se disputent l’existence. Affranchie des liens du mariage, des convenances du monde, des soins des enfants, elle peut affronter sans crainte la persécution. »

Le vrai féminisme prône enfin le droit des enfants à être éduqués par des mères qui connaissent leur métier d’éducatrices et élèvent elles-mêmes, autant que possible, leurs enfants : « Quiconque, par vocation religieuse ou par libre choix professionnel, aspire à devenir éducateur, doit se persuader qu’il ne peut s’improviser tel ; il doit au contraire se préparer à sa tâche ardue par une formation appropriée. Comme il s’agit de la première enfance, il convient que l’éducation soit confiée principalement à la femme, qui doit par conséquent s’appliquer à enrichir ses dons innés d’intuition et de sentiment par un important bagage de connaissances et d’expériences tirées des sciences pédagogiques. C’est donc là la raison d’être de vos écoles normales.

Former une enseignante de l’enfance, c’est comme former spirituellement une mère, avec la différence que celle-ci devient éducatrice en vertu de la prévoyante nature — ce qui, toutefois, ne l’exempte pas, lorsque c’est possible, d’une préparation, également méthodique —, tandis que l’éducatrice de profession doit développer chez elle, par son effort et sa bonne volonté, l’âme maternelle. Former en soi une âme maternelle ; quel but sublime et bienfaisant pour une femme ! Peut-être le monde n’a jamais eu autant besoin qu’aujourd’hui de mères et d’âmes maternelles, qui détournent les hommes du trouble courant des violences, des abus, des grossièretés, où ils se débattent. La loi providentielle de la nature a bien disposé que toute génération passe par la douce école de la mère dans le but de ramener la sérénité et la bonté sur toute vie qui éclôt, et de briser de la sorte le triomphe du mal ; mais en réalité toutes les mères ne sont pas toujours en mesure de remplir convenablement leur mission réparatrice. » Pie XII.

 

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