Qu’est-ce que l’oecuménisme?

Firenze, chiesa della Sacra Famiglia (59).jpgBonne question. Qu’est-ce que l’œcuménisme d’après Vatican II ?

Voyons d’abord ce que dit S.S. Pie XI dans son encyclique Mortalium animos (de la mort des âmes) :

« On comprend donc, Vénérables Frères, pourquoi ce Siège Apostolique n’a jamais autorisé ses fidèles à prendre part aux congrès des non-catholiques : il n’est pas permis, en effet, de procurer la réunion des chrétiens autrement qu’en poussant au retour des dissidents à la seule véritable Église du Christ, puisqu’ils ont eu jadis le malheur de s’en séparer.

Il est vrai, ces panchrétiens qui cherchent à fédérer les églises, semblent poursuivre le très noble dessein de promouvoir la charité entre tous les chrétiens; mais comment la charité pourrait-elle tourner au détriment de la foi?

Personne sans doute n’ignore que saint Jean lui-même, l’Apôtre de la charité, que l’on a vu dans son Evangile, dévoiler les secrets du Cœur Sacré de Jésus et qui ne cessait d’inculquer dans l’esprit de ses fidèles le précepte nouveau:  » Aimez-vous les uns les autres « , interdisait de façon absolue tout rapport avec ceux qui ne professaient pas la doctrine du Christ, entière et pure: « Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne le saluez même pas » (Jean. II, 10).

C’est pourquoi, puisque la charité a pour fondement une foi intègre et sincère, C’EST L’UNITE DE FOI QUI DOIT ÊTRE LE LIEN PRINCIPAL UNISSANT LES DISCIPLES DU CHRIST. »

File:Pietro Antonio Novelli Sakramente Eucharistie.jpg« Qu’ils sont magnifiques tes pavillons, ô Eglise du Christ ! Qu’ils sont aimables tes tabernacles, ô Jésus ! Ils sont comme une vallée ombragée, comme un jardin arrosé de cours d’eau, comme le cèdre planté le long du fleuve (Nb 24,5). Ils sont le refuge assuré du prêtre, l’asile des grandes âmes dans l’amour et dans la douleur, la forteresse d’où s’élancent les champions de la vérité et de la vertu pour combattre, en cette vallée de larmes et de misères, les combats de Dieu contre les enfants des ténèbres, contre ceux qui s’égarent dans les voies de l’erreur, contre les impies, les ignorants, les ennemis du Christ et de son Eglise. » DISCOURS de Pie XII AU III CONGRÈS NATIONAL DE L’ASSOCIATION DES PRÊTRES-ADORATEURS D’ITALIE
(28 avril 1939)

D’après Vatican II, il faut prier en commun avec des hérétiques en communio in sacris, se laisser contaminer l’esprit par leurs différentes erreurs, hérésies, schismes en se mettant en cas d’occasion dangereuse (dialogue oecuménique) au contact des sectaires! On peut voir ci-dessous ce qu’en pense l’Eglise catholique, la vraie, qui garde avec un soin jaloux l’intégrité de la foi, la pureté de la véritable doctrine du Christ! Les chrétiens qui professent une fausse religion, une quelconque hérésie, n’ont pas la foi et ne sont pas incorporées au Corps Mystique de l’Eglise ! Et pourtant, leur « catéchisme » officiel ose dire qu’ils sont incorporés au Christ par la foi. Ils ne savent pas davantage quelles sont les exigences pour revenir à l’unité :

« L’Église est prête à adopter toutes les mesures qu’on lui présentera et qui sont efficaces pour ramener dans l’unique bercail du Christ ses enfants éloignés d’elle

— soit par les schismes et les hérésies anciennes,

— soit par les événements récents.

Il n’y a qu’un seul point, sur lequel l’Église demeurera intransigeante : elle maintiendra intègre le dépôt de la foi:

Elle est prête à tout. A tout, excepté une seule chose : qu’on ne lui demande pas d’obtenir le retour des fils séparés d’elle — soit dans les temps passés, soit récemment — au prix de quelque diminution ou obscurcissement que ce soit du dépôt de la foi chrétienne confié à sa garde. » RADIOMESSAGE AU MONDE (24 décembre 1948.)

« Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu. » (Heb, XI, 6.) « L’Eglise est la société des vrais chrétiens, c’est-à-dire des baptisés qui professent la foi et la doctrine de Jésus-Christ, participent à ses sacrements et obéissent aux Pasteurs établis par Lui. L’Eglise est une parce que tous ses membres, formant tous ensemble un seul corps, le corps mystique de Jésus-Christ, ont eu et auront toujours la même foi, le même sacrifice, les mêmes sacrements et le même Chef visible, le Pontife romain, successeur de saint Pierre. »

Oui, les vrais chrétiens professent la Foi mais qu’est-ce que la Foi? Voilà ce que répond le Catéchisme de la doctrine chrétienne :

La foi est cette vertu surnaturelle par laquelle nous croyons, sur l’autorité de Dieu, les vérités qu’il a révélées et qu’il nous propose à croire par le moyen de l’Eglise.

233. Où sont conservées les vérités que Dieu a révélées et qu’il nous propose à croire par le moyen de l’Eglise?
Les vérités que Dieu a révélées et qu’il nous propose à croire par le moyen de l’Eglise sont conservées dans l’Ecriture Sainte et dans la Tradition.

234. Qu’est-ce que l’Ecriture Sainte ?
L’Ecriture Sainte est l’ensemble des livres écrits sous l’inspiration de Dieu, dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament, et que l’Eglise reconnaît comme l’oeuvre de Dieu même.

235. Qu’est-ce que la Tradition?
La Tradition est l’enseignement de Jésus-Christ et des Apôtres fait de vive voix, et transmis par l’Eglise jusqu’à nous sans altération.

236. Qui peut, avec autorité, nous faire connaître, entièrement et dans le vrai sens, les vérités contenues dans l’Ecriture Sainte et dans la Tradition?
L’Eglise seule peut, avec autorité, nous faire connaître entièrement et dans le vrai sens les vérités contenues dans l’Ecriture Sainte et dans la Tradition, car à elle seule Dieu a confié le dépôt de la Foi et envoyé l’Esprit-Saint qui l’assiste continuellement et l’empêche d’errer.

237. Suffit-il de croire en général les vérités révélées par Dieu?
Il ne suffit pas de croire en général les vérités révélées par Dieu, mais il faut en croire quelques-unes par un acte de foi explicite. Telles sont l’existence de Dieu rémunérateur et les deux principaux mystères.

Certains de bonne foi font partie de l’esprit, et non du corps de l’Eglise comme le prétend le CEC (Catéchisme de l’Eglise Catholique), mais nous qui ne voyons pas les cœurs, nous ne pouvons pas savoir qui est de bonne foi ou non :

« Celui-là est hors de la communion des saints qui est hors de l’Eglise, tels les damnés, les infidèles, les Juifs, les hérétiques, les apostats, les schismatiques et les excommuniés. Etre hors de l’Eglise est un très grand dommage, car on ne trouve hors de l’Eglise ni les moyens établis ni le guide sûr pour parvenir au salut éternel qui, pour l’homme, est l’unique chose vraiment nécessaire. Celui qui est hors de l’Eglise par sa propre faute et meurt sans la contrition parfaite ne se sauve pas, mais celui qui s’y trouve sans sa propre faute et mène une vie bonne peut se sauver par l’amour de charité qui unit à Dieu, et unit aussi, en esprit, à l’âme de l’Eglise. » Catéchisme de la doctrine chrétienne.

Il ne suffit pas d’être baptisé et croire en Jésus-Christ pour être un vrai chrétien ayant la foi ; il faut encore que « nous croyons, sur l’autorité de Dieu, les vérités qu’il a révélées et qu’il nous propose à croire par le moyen de l’Eglise. »

AVERTISSEMENT (1) DE LA SUPREME CONGRÉGATION DU SAINT-OFFICE concernant les réunions communes entre catholiques et non-catholiques (5 juin 1948)
1. Notons que c’est à tort qu’on a parlé de « Décret du Saint-Office ». Il s’agit, non d’un décret, mais d’un « avertissement » qui, au fond, n’est essentiellement que le rappel de mesures prises antérieurement. Le Monitum ne prétend apporter en cette question aucun élément nouveau et renvoie expressément aux prescriptions du Droit canonique.
2. D’après le texte latin des A. A. S., 40, 1948, p. 257.

Le Monitum comporte trois parties réparties en trois paragraphes : réunions ou conférences doctrinales avec des non-catholiques — réunions oecuméniques — actes de culte entre catholiques et non-catholiques.

On a constaté que des réunions mixtes de catholiques avec des acatholiques dans lesquelles on a traité de choses regardant la foi, ont eu lieu, en divers endroits, à l’encontre des prescriptions canoniques et sans autorisation préalable du Saint-Siège. On rappelle à tous que, conformément au canon CIS 1325, § 3 3 il est interdit aux laïques comme aux clercs tant séculiers que réguliers, d’assister à ces sortes de réunions. Il est encore beaucoup moins permis aux catholiques d’organiser ces rencontres et d’y convoquer du monde. En conséquence, que les Ordinaires de lieux poussent fortement à l’observance par tous de ces prescriptions canoniques.

3. Le paragraphe 3 du canon CIS 1325 est ainsi conçu : « Les catholiques doivent prendre garde à éviter toute discussion ou conférence, surtout publique, avec les acatholiques sans l’autorisation du Saint-Siège, ou, en cas d’urgence, de l’Ordinaire du Lieu. »

Ces dernières doivent être à plus forte raison respectées quand il s’agit de réunions qu’on appelle « oecuméniques ».

Sans le consentement préalable du Saint-Siège, les catholiques, tant les laïques que les clercs, ne peuvent d’aucune façon y assister 1.

Comme assez souvent même des actes de culte mixte ont été célébrées soit pendant ces réunions, soit en dehors d’elles, tous les fidèles sont de nouveau prévenus que conformément aux canons CIS 1258 et CIS 731, § 2, toute communication in sacris est absolument défendue.

1. La date de parution (5 juin) indique assez que c’est la participation à la conférence d’Amsterdam (22 août-5 septembre) que le Monitum avait tout spécialement en vue dans son paragraphe second.
2. Voici le canon CIS 1258, §§ 1 et 2 : « Il n’est pas permis aux catholiques d’assister ou de participer activement, d’une manière quelconque, aux cérémonies cultuelles des non-catholiques. On peut seulement tolérer une présence passive ou purement matérielle aux funérailles, aux mariages et autres solennités de même genre, à titre d’honneur et de civilité, lorsque cette présence est motivée par une raison grave qui devra en cas de doute être soumise à l’approbation de l’Évêque; et encore faut-il qu’il n’y ait pas à craindre de danger de perversion et de scandale. »

Celui qui malgré le canon 1258, communique in divinis avec les hérétiques est « suspect d’hérésie » déclare le canon 2316.

Le canon 731, § 2 dit qu’il est défendu de conférer les sacrements de l’Église aux hérétiques et aux schismatiques, même de bonne foi, qui les demanderaient, si ce n’est qu’après l’abjuration de leurs erreurs et leur réconciliation avec l’Église.

Certains font précisément grief à l’Église de ces attitudes qu’ils estiment purement négatives. Les temps, disent-ils, ont changé. Pourquoi éterniser une polémique stérile, de suspicion et de combat ? Pourquoi devant la bonne volonté dont témoignent nos frères séparés se limiter à la défensive au lieu de soutenir et d’encourager ? Une telle attitude ne saurait qu’irriter vainement les uns et décourager les autres.

Une réponse loyale ne saurait ignorer les raisons qui ont justifié le Monitum, qu’il s’agisse : a) des réunions doctrinales; b) des réunions oecuméniques; c) des actes de culte entre catholiques et non catholiques.

a) Réunions ou conférences d’ordre doctrinal.

Le Monitum réprouve non les réunions en elles-mêmes mais bien le fait qu’elles aient parfois eu lieu sans l’autorisation préalable exigée par le Saint-Siège.
Le canon 1325 § 3 auquel le Monitum renvoie a précisément pour objet cette autorisation. L’Encyclique Orientalis Ecclesiis (9 avril 1944) prône au contraire ces réunions doctrinales. (Voir J. Gonsette : Monitum du 5 juin 1948 sur les réunions interconfessionnelles dans Nouvelle Revue Théologique, mai 1949, PP 524 et seq.)
D’autre part, depuis la parution du Monitum, le Saint-Office a autorisé de semblables réunions.
En somme, si l’Église se refuse à reconnaître pour utiles et sans dangers toutes les réunions interconfessionnelles d’ordre doctrinal, si elle met en garde l’enthousiasme souvent candide de certains, si elle exige des garanties de sérieux et subordonne ces réunions à son autorisation préalable, il serait faux de prétendre qu’elle les rejette toutes.

b) Réunions oecuméniques.

Ce qui rend a priori impossible toute participation de l’Église de Rome en qualité de membre à ce genre de réunions c’est leur présupposé théologique selon lequel l’Église serait une fédération de communautés chrétiennes aux doctrines souvent divergentes mais égales en droit et à la recherche d’une plus grande unité.

Mais Rome devait-elle se refuser à envoyer à Amsterdam des observateurs qui, sans représenter leur Église eussent exposé sa doctrine, éclairé les esprits, répondu aux questions? Certes rien ne s’y opposait? Pourquoi ne le fit-elle pas? Bien que réduits en ce domaine aux conjectures, nous pouvons à la suite du P. Gonsette, indiquer comme raisons problématiques le désir de Rome d’affirmer une fois encore les dures exigences de l’Unité, que d’aucuns dans leur zèle, semblent oublier parfois; sans doute voulut-on éviter toute confusion dans les esprits et éviter de créer l’équivoque; enfin peut-être le choix des candidats fut-il jugé épineux et les susceptibilités en présence par trop vives.

c) Actes de culte entre catholiques et non-catholiques.

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Jean-Paul embrassant le Coran en 1999, au mur des lamentations en 2000, dans une mosquée en 2001. »Participer de manière active à un culte non-catholique équivaut à reconnaître la légitimité de ce culte et donc de la foi qu’il exprime. » Il s’agit donc clairement d’une apostasie, ce qui annule toute tentative de soutenir une Thèse materialiter-formaliter. Les hérétiques sont les baptisés qui s’obstinent à ne pas croire quelque vérité révélée de Dieu et enseignée par l’Eglise ; tels sont les protestants.Les apostats sont les baptisés qui renient, par un acte extérieur, la foi catholique jusqu’alors professée.

Rappel des canons 1258 et 731, § 2. La raison en est qu’on ne saurait séparer le culte de la croyance, le culte étant comme l’expression et le couronnement de celle-ci. Participer de manière active à un culte non-catholique équivaut à reconnaître la légitimité de ce culte et donc de la foi qu’il exprime. Sur le cas si douloureux et nullement imaginaire, étant donné l’afflux depuis la guerre de nombreux réfugiés de religion orthodoxe, de non-catholiques au lit de mort — en l’absence de prêtre de leur Église — recourant au ministère du prêtre catholique, voir P. Hiirth Monitum de conventibus mixtis acatholicorum cum catholicis dans Periodica de re morali, canonica, liturgica, 15 junii 1948. (Ibidem, p. 529, note 20.)

1. D’après le texte latin des A. A. S., 40, 1949, p. 342.

2. Cf. Abbé Oesterreicher, Pro Perfidis Judaeis, dans Theologica! Studies, mars 1947 (Manhattanville, États-Unis); traduction française dans Cahiers Sioniens, Ier octobre 1947.

On peut voir aussi François qui, oubliant le terrible dommage de ne pas être dans la vraie religion, explique tranquillement : « Cela a développé nos propres identités et c’est vraiment très beau. Et personne n’a essayé de convertir l’autre ». Source : https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/video-pape-souligne-lenrichissement-dialogue-interreligieux-2017-06-16-1200855570

Et qu’en pense ste Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne des missionnaires? Que les missionnaires ne devraient pas exister et essayer de convertir les âmes? L’Eglise aurait-elle oublié sa mission, en particulier le Pape même ? « La conversion et le rassemblement des peuples au sein du royaume de Dieu ne sont-ils pas le but suprême de l’Eglise et de la hiérarchie ecclésiastique ? »  ALLOCUTION de Pie XII AUX DIRIGEANTS DE L’ACTION CATHOLIQUE ITALIENNE (4 septembre 1940)

« Dans les trésors de l’héritage que Nous a laissé Notre glorieux prédécesseur Pie XI, de sainte mémoire, brille comme une pierre précieuse, que Nous aurons toujours à coeur de conserver fidèlement, sa particulière affection pour l’Action catholique, qu’il a énergiquement développée et inculquée comme moyen très efficace pour l’Eglise de remplir sa mission dans le monde ; mission sublime qui réunit en elle le magistère de la foi, le baptême pour toutes les nations et le magistère de la morale à l’égard de tous les croyants dans l’enseignement de tout ce que le Christ a ordonné selon sa parole : « Allez donc, enseignez toutes les nations, baptisez-les… enseignez-leur à garder tous mes commandements » (Mt 28,19-20). La divine mission du Christ passait dans les mains de Pierre et des apôtres et produisait autour d’eux, chez les disciples et les fidèles, ce ferment de sincérité et de vérité, de grâce et de vertus, qui était la conversion et la rénovation des âmes et, aux côtés des évêques et du clergé, inaugurait l’aurore de l’Action catholique. » ALLOCUTION AUX ÉTUDIANTS D’UNIVERSITÉ DE L’ACTION CATHOLIQUE ITALIENNE (20 avril 1941) « Que votre foi soit une foi qui ne se renferme pas dans sa tour d’ivoire, mais qui s’efforce avec une aimable camaraderie de se concilier autour d’elle les cœurs et les âmes pour les gagner à Jésus-Christ. ALLOCUTION de Pie XII AUX JEUNES DE L’ACTION CATHOLIQUE ITALIENNE (10 novembre 1940)

Le Pape aurait donc failli à sa mission suprême : convertir le monde au Christ? confirmer ses frères dans la foi et non donner des exemples d’apostasie en embrassant le Coran tout en disant : « Que st Jean-Baptiste bénisse l’islam? », des exemples de prières avec des hérétiques suspectes d’hérésie… Jean-Paul II fut canonisé par François, ce qui montre que ce « pape » a adhéré à aux erreurs de son prédécesseur dans la voie « des faux frères, qui se glissent dans l’Eglise, pour corrompre l’Evangile. » (Catéchisme de Trente.) Il est impossible que le Pape, garant du dépôt de la Foi qu’il doit conserver intact, puisse être coupable de destruction de la Foi et opposé à la mission divine que Dieu a imposé à l’Eglise : convertir le monde au Christ.

Le Pape Pie XII s’est lui-même anathémisé s’il osait s’opposer à l’Evangile. « Cependant, de quel droit les hommes interpréteraient-ils selon leur propre gré et différemment suivant les nations cet Evangile que Notre-Seigneur Jésus-Christ nous a divinement révélé ? Ceci ne peut pas se concevoir sans quelque absurdité. Aux Evêques qui sont les successeurs des Apôtres, et aux prêtres qui remplissent avec zèle leur rôle de coopérateurs des Evêques, il est confié la charge d’annoncer et d’enseigner cet Evangile que Notre-Seigneur lui-même et ses Apôtres les tout premiers ont annoncé et enseigné. Ce Siège Apostolique, avec tous les Evêques qui lui sont unis, l’ont conservé en entier et transmis, au cours des siècles, dans son intégrité. Ces saints Pasteurs ne sont pas des innovateurs, ni les auteurs de cet Evangile. Ils en ont été établis seulement les gardiens autorisés et les hérauts, mais ils le sont de droit divin.

Puisque nous sommes certains que cette doctrine dont nous devons défendre l’intégrité avec l’aide de l’Esprit Saint, a été divinement révélée, nous redisons ces paroles de l’Apôtre : « eh bien ! même si quelqu’un — fût-ce nous-même, fût-ce un ange venu du ciel — vous annonçait un Evangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème » 18 ! Vous voyez donc, vénérables frères et chers fils, qu’ils ne peuvent pas être considérés ni honorés comme catholiques ceux qui professent ou enseignent différemment les vérités que Nous avons exposées brièvement.  » LETTRE ENCYCLIQUE A L’ÉPISCOPAT AU CLERGÉ ET AUX FIDÈLES DE CHINE (octobre 1954)

« …les brebis reconnaissent la voix de leur vrai pasteur, « mais elles ne suivent pas un étranger ; elles le fuient même parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers » (Jn 10,5). » Et la voix des étrangers se reconnaît aisément quand elle essaye de tromper les brebis en matière de Foi, quand cette voix étrangère ose s’élever contre les Saintes Écritures commentées par les Papes eux-mêmes, aussi bien que contre le catéchisme de l’enfant et du simple fidèle.

J’affirme donc à la fin de cet exposé, sans pour autant ne pas avoir de dévotion au Pape ou refuser la papauté, et croyant que si le Saint-Siège est vacant (même depuis longtemps) comme il arrive à la mort de chaque Pape, il sera occupé de nouveau et qu’il faut continuer à écouter l’enseignement des vrais Papes comme celui de l’Eglise : les « papes » qui ont osé promouvoir l’œcuménisme et Vatican II ne sont pas papes et ne l’ont jamais été car jamais l’Eglise ne faillira, surtout en la personne de ses papes, comme dit le vénéré Pape Pie XI :

« Le retour à l’unique véritable Eglise, disons-Nous, bien visible à tous les regards, et qui, par la volonté de son Fondateur, doit rester perpétuellement telle qu’il l’a instituée lui-même pour le salut de tous. Car JAMAIS au cours des siècles, l’Epouse mystique du Christ n’a été souillée, et elle ne pourra jamais l’être, au témoignage de saint Cyprien:  » L’Epouse du Christ ne peut commettre un adultère: elle est intacte et pure. Elle ne connaît qu’une seule demeure; par sa chaste pudeur, elle garde l’inviolabilité d’un seul foyer  » (De cath. Ecclesiae unitate, VI).

Et le saint martyr s’étonnait vivement, et à bon droit, qu’on pût croire  » que cette unité provenant de la stabilité divine, consolidée par les sacrements célestes, pouvait être déchirée dans l’Église et brisée par le heurt des volontés discordantes  » (ibid.). Le corps mystique du Christ, c’est-à-dire l’Eglise, étant un (I Cor., XII, 12), formé de parties liées et coordonnées (Eph. IV, 16) à l’instar d’un corps physique, il est absurde et ridicule de dire qu’il peut se composer de membres épars et disjoints; par suite, quiconque ne lui est pas uni n’est pas un de ses membres et n’est pas attaché à sa tête qui est le Christ (Eph.V, 30; 1,22).

Or, dans cette unique Eglise du Christ, personne ne se trouve, personne ne demeure, si, par son obéissance, il ne reconnaît et n’accepte l’autorité et le pouvoir de Pierre et de ses LEGITIMES successeurs. N’ont-ils pas obéi à l’Evêque de Rome, Pasteur suprême des âmes, les ancêtres de ceux qui, aujourd’hui, sont enfoncés dans les erreurs de Photius et des novateurs ?

Des fils ont – hélas ! – déserté la maison paternelle, laquelle ne s’est point pour cela effondrée et n’a pas péri, soutenue qu’elle était par l’assistance perpétuelle de Dieu. Qu’ils reviennent donc au Père commun, qui oubliera les insultes proférées jadis contre le Siège Apostolique et les recevra avec la plus grande affection. Si, comme ils le répètent, ils désirent se joindre à nous et aux nôtres, pourquoi ne se hâteraient-ils pas d’aller vers l’Eglise, « mère et maîtresse de tous les fidèles du Christ » (Conc. Latran IV, c. 5).

Qu’ils écoutent Lactance s’écriant: « Seule… l’Eglise catholique est celle qui garde le vrai culte. Elle est la source de vérité, la demeure de la foi, le temple de Dieu; qui n’y entre pas ou qui en sort, se prive de tout espoir de vie et de salut. Que personne ne se flatte d’une lutte obstinée. Car c’est une question de vie et de salut; si l’on n’y veille avec précaution et diligence, c’est la perte et la mort » (Divin. Instit., IV. 30, 11-12). » Pie XI.

« S’il faut en croire les signes des temps, l’avenir encore exigera de vous une lutte généreuse pour la liberté de l’Église, pour votre droit et le droit des parents sur l’enfant, sur l’éducation et sur l’école. Dans certaines régions du pays, ce combat peut même devenir une lutte à mort. L’hostilité à l’Église change d’étiquette et de forme, mais les buts poursuivis par les adversaires demeurent essentiellement les mêmes.

Protestants et catholiques ont connu durant le régime nazi des épreuves semblables; ensemble, ils ont souffert et lutté; d’une plus grande estime des uns pour les autres est né un désir plus grand de se réunir. Quelle doit être l’attitude des catholiques devant ces efforts de réunion 1?

1. Une vaste organisation vouée à la réunion des chrétiens a pris de l’extension durant la guerre en Allemagne, avec l’approbation de l’autorité ecclésiastique, sous le nom de Una sancta, Union pour l’entente des confessions chrétiennes. Le Dr Laros, curé de Kappellen-Stolzenfelds est le président actuel de l’Una sancta.
Sur ce même sujet, on lira p. 220, l’Avertissement du Saint-Office du 5 juin 1948.

Tout d’abord une grande charité envers les non-catholiques :

Nous savons combien est chez beaucoup de vos concitoyens, catholiques et non-catholiques, l’aspiration vers l’unité dans la foi. Chez qui ce désir pourrait-il être plus vivement ressenti que chez le Vicaire du Christ? Ces croyants séparés, l’Église les entoure d’une affection sincère, faisant des prières ardentes pour qu’ils reviennent à leur Mère, et Dieu sait que beaucoup d’entre eux s’en trouvent éloignés sans aucune faute de leur part.

Ensuite une grande fermeté sur les principes :

Si l’Église se montre inflexible à l’égard de tout ce qui pourrait éveiller même l’apparence d’un compromis, d’un accommodement de la foi catholique avec d’autres croyances religieuses, ou d’une confusion, elle agit ainsi parce qu’elle sait qu’il n’y a jamais eu et qu’il n’y aura jamais qu’un seul dépôt absolument sûr de la vérité et de toutes les grâces apportées par le Christ, et que, suivant la volonté expresse de son divin Fondateur, elle est elle-même ce dépôt2.

2. De son côté S. Em. le Cardinal Frings, archevêque de Cologne disait :
« Quant aux relations entre catholiques et non-catholiques, ce qu’il faut louer c’est la tolérance sur le plan civil et non sur le plan dogmatique. Il faut encourager le respect des convictions d’autrui et la collaboration pour la défense des libertés chrétiennes. Mais là ne se bornent pas nos obligations. Celui qu’anime la vraie charité fraternelle l’amour de la vérité, celui-là fera tout son possible pour que ceux qui sont dans l’erreur reconnaissent la vérité catholique. Il priera pour eux, il leur donnera l’exemple, il leur parlera aussi à l’occasion. Il n’y a en effet, qu’une seule Église oecuménique, c’est l’Église catholique fondée par Notre Seigneur Jésus-Christ sur la « pierre » et à cette Église tous doivent revenir comme toutes les eaux éparses sur la terre reviennent à la mer d’où elles sortent. » (Lettre Pastorale du 21 novembre 1946.)

Il faut surtout dans l’oeuvre de renaissance spirituelle faire appel à l’Action Catholique:

Les tâches du ministère des âmes, aujourd’hui, et demain, ne pourront pas s’accomplir si, dans une mesure plus grande encore que dans le passé, les laïques ne mettent pas leur aide à la disposition de l’apostolat hiérarchique. Les expériences du ministère, dans les circonstances troublées et souvent inextricables de ces dernières années, ont précisément démontré combien souvent le prêtre, malgré sa meilleure bonne volonté, est incapable d’accomplir son oeuvre sans la collaboration des laïques. Ce que Nous avons exposé en 1938, au Congrès de Magdebourg touchant l’Action Catholique est peut-être aujourd’hui encore plus approprié que jadis. » RADIOMESSAGE AU CONGRÈS CATHOLIQUE DE MAYENCE (5 septembre 1948)

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Les Saints

« Les vicissitudes de la vie des saints sont le terrain de lutte de leurs vertus, elles sont pour nous un enseignement et un avertissement : Dieu les suscite afin que leur exemple resplendisse comme une lumière et éperonne nos pas.

Dans les événements et les circonstances de sa vie terrestre qui ressemblent à ceux de notre temps, votre bienheureuse Mère fut envoyée par Dieu pour être le modèle, si nécessaire alors comme à présent, d’une vie entièrement dominée par la charité, d’une charité tendre sans doute, mais aussi forte, solide, entreprenante, ne reculant devant rien ni personne.

On se faisait alors un devoir de remettre en honneur la vraie charité surnaturelle, de l’entourer d’une lumière candide et douce en face de la philanthropie orgueilleuse, marque de cette sensibilité du philosophisme incrédule qui, dans tant d’esprits révolutionnaires de l’époque, s’alliait étrangement aux pires cruautés, comme elle s’était unie auparavant au plus dur despotisme.

Elle avait rêvé d’avoir la charité comme mère, elle la vit personnifiée en Marie, la « Mère du bel amour » dont on ne peut vivre sans douleur, et c’est filles de cette charité qu’elle voulut appeler ses filles, les mettant sous la spéciale protection de la Mère des douleurs, debout au pied de la Croix, avec le cœur transpercé, magnanime et forte dans l’amour en qui elle unissait son divin Fils et tous ceux dont Jésus dans Jean son disciple bien-aimé la fit mère.

Le Golgotha, dans la contemplation de la mère d’un Dieu crucifié pour l’amour des âmes, voilà le secret de la vie de Madeleine de Canossa, de cette vie vibrante de charité ardente et courageuse qu’elle voulut terminer debout, comme autrefois les vierges martyres du Christ dans les amphithéâtres, et pour finir tombant à genoux dans les bras de ses filles, au jour consacré aux douleurs de Marie.

La hardiesse de sa charité, puisant son courage et sa vigueur dans sa condition de grande dame, la poussera à entreprendre contre les modes extravagantes et sans pudeur de la fin du XVIIIe siècle une habile et vive campagne pour la modestie féminine. « Je ne veux, écrivait-elle, ni choses indécentes ni sans goût, mais des choses charmantes et gentilles… La réforme de la mode, je la retiens comme une oeuvre des plus essentielles pour attirer les bénédictions divines sur nos Etats et éviter tant d’offenses à Dieu. »

Ce zèle pour l’honneur de Dieu, qui se dégageait de la flamme de sa large et active charité, se transformera en Madeleine en un généreux et industrieux amour du prochain ; en effet, une fois accomplis tous ses devoirs de famille, elle sortira de ses appartements confortables pour donner sans compter son temps, ses forces, ses biens, son cœur, aux pauvres, aux jeunes filles abandonnées, aux blessés, aux malades, à toutes les misères et à toutes les afflictions que la guerre et l’invasion multipliaient autour d’elle. » DISCOURS A L’OCCASION DE LA BÉATIFICATION DE MADELEINE DE CANOSSA (9 décembre 1941)

La vie des Saints indique quelles grâces on peut obtenir d’eux. Par exemple, St François-Xavier aimait à dire : O Très Sainte Trinité ! en voyant l’état des âmes des pécheurs et des infidèles où l’image de Dieu est horriblement défigurée. On peut donc l’invoquer pour obtenir la Foi ou rétablir en nous-mêmes et les autres cette image de Dieu, puisqu’il s’en préoccupait tant. Saint François de Sales a triomphé d’une terrible tentation qui lui faisait croire qu’il n’aimait pas Dieu : il peut être invoqué pour obtenir l’amour de Dieu. St Alphonse de Liguori a été tenté de désespoir dont il a triomphé par son amour de Marie : on peut l’invoquer pour obtenir l’espérance et la confiance dans le patronage de la Vierge. St Philippe de Néri a pratiqué un grand nombre d’humiliations pour éviter les louanges : il peut être invoqué (et l’est dans la liturgie) pour obtenir l’humilité.

Pour ramener certains esprits égarés qui ont perdu leur bon sens, st Thomas d’Aquin, ste Catherine d’Alexandrie et st Justin peuvent être invoqués pour leur obtenir de connaître et comprendre quelques principes philosophiques de base (principe de raison suffisante : « Rien n’existe sans raison suffisante de son existence », principe de causalité : « Tout être qui pourrait ne pas exister, est produit par une cause », donc il faut arriver à l’être nécessaire : Dieu (et non la matière qui pourrait ne pas exister).)

« Alors même que la matière serait éternelle, — ce qui n’est pas prouvé, et ne le sera jamais par les matérialistes, qui procèdent par expérimentation — il ne s’ensuivrait pas que cette matière puisse être la raison suffisante ou la cause des magnificences de l’univers, et encore moins de la vie et de l’intelligence. En effet, la cause totale d’un être doit posséder, au moins d’une manière équivalente, la perfection de ces êtres. Sans cela, comment lui donnerait-elle ce qu’elle ne possède pas? Comment donnerait-elle la vie à la plante, la sensation à l’animal, et surtout l’intelligence à l’homme, toutes choses incomparablement supérieures à la matière brute.

C’est inutilement que, pour éluder la conclusion, on supposerait à la matière je ne sais quelle force d’évolution. Débarrassée du vernis scientifique dont on essaie de la revêtir, cette hypothèse revient, en définitive, à faire sortir le plus du moins, le plus parfait du moins parfait, et par suite, elle se brise inévitablement contre le principe de raison suffisante. Notre critique — la chose va de soi, n’atteint que l’évolutionisme athée : dès qu’on admet une impulsion, une direction intelligente divine, on assigne aux êtres contingents une cause vraiment suffisante. » P. W. Devivier.

La pureté de ste Agnès, l’esprit de pénitence de ste Madeleine, l’esprit de pauvreté et de renoncement de st François d’Assise, la dévotion au Pape de ste Catherine de Sienne, l’esprit d’oraison de ste Thérèse d’Avila (invoquée pour cette raison par Liguori), le courage face aux tentations de st Antoine, celui des martyrs face au respect humain, les recommandent pour obtenir ces mêmes vertus. Si on manque particulièrement de telle vertu, il faut la demander (par les Saints appropriés) tous les jours et essayer de la pratiquer tous les jours.

De plus, on peut faire son Ave Maria et son Angelus en union avec st Gabriel et ste Elisabeth qui l’ont si bien dit, son Credo en union avec les Apôtres qui l’ont enseigné… Il existe un grand nombre de pratiques de piété semblables dans les œuvres de st Jean Eudes (le Royaume de J. dans les âmes en particulier) sur Internet. St Jean Eudes a été recommandé pour sa piété par la liturgie de sa fête.

Le propre des Saints dans le Missel indique souvent la vertu particulière du Saint à imiter et les grâces qu’il obtient d’après la liturgie elle-même. Certains ajoutaient en privé dans les litanies des Saints leurs Saints préférés. La vie de St Stanislas nous apprend qu’il se choisissait un Saint du mois particulier.

Il ne faut pas oublier les Saints de la patrie, régionaux, du diocèse, de la paroisse ou de sa propre famille (par ex., les petits enfants baptisés morts avant l’âge de raison), de son métier et de son état de vie.

Nous sommes à l’époque où le bien est appelé mal et le mal bien : « Malheur à vous, dit le Seigneur par la bouche d’Isaïe, malheur à vous qui appelez mal ce qui est bien, et bien ce qui est mal, qui des ténèbres faites la lumière, et de la lumière les ténèbres, qui appelez amer ce qui est doux, et doux ce qui est amer ». (Isaïe, V, 20.)

A notre époque, il est terrible de négliger de prier les Saints en temps de calamité, comme cela s’est pourtant toujours fait. L’énumération des fléaux est longue : sept milliards d’êtres humains dans l’ignorance, l’erreur et le péché, dont beaucoup meurent ou vont mourir aujourd’hui, et dans quel état? et les ouvriers (prêtres et religieux) moins que jamais nombreux ; crise de l’Eglise où un faux pape prêche l’œcuménisme, soit le contraire de la mission, du Pape surtout, et de l’Eglise, où on obscurcit ou trahit la Foi au lieu de la propager et où on dialogue en mettant témérairement en danger sa propre foi, sans chercher à convertir son prochain ; société païenne légalisant avortements, divorces, punissant même parfois ceux qui luttent pour les droits de Dieu et contre la fausse laïcité, la luxure et la superstition tout en permettant la « liberté d’expression », soit la liberté d’empoisonner les âmes, et s’accaparant malgré les parents l’éducation des enfants pour les « laïciser »; la pauvreté, la peste, les maladies, la guerre, la famine, climat et temps qui se dérèglent (trop de pluie ou de sécheresse, tempêtes…), les ravageurs de culture, les parasites (moustiques…)….

Notre propre prière de pauvres pécheurs a besoin d’être appuyée de celle de tous les Saints unie au Très Précieux Sang de Jésus, offert chaque jour à l’autel, pour être écoutée. On ne peut pas voir la misère matérielle et spirituelle du monde sans prier pour tous ni tenter d’optimiser ses prières, de les rendre plus efficaces, avec une sainte habileté et prudence. Notre-Seigneur à Ste Brigitte : « Si un pécheur m’appelle, je cours à lui comme la mère à son fils qu’elle avait perdu et qu’elle retrouve. Ne vous épargnez donc pas, ô mes amis. Travaillez généreusement, aidez et portez avec moi mes brebis et je jure par mon Humanité-Sainte que vous M’aurez Moi-Même en récompense très précieuse, en joie indicible et en Gloire éternelle ! Notre-Seigneur à Ste Mechtilde : « L’amour brûlant de mon cœur m’a fait courir altéré après vous tous les jours de ma vie ; cet amour m’a toujours pressé, me disant : « cours, cours  de travaux en travaux, de ville en ville , de prédication en prédication », et jamais ne m’a laissé reposer que je n’eusse accompli jusqu’au bout tout ce qui était nécessaire pour vous sauver. » (Précieux Recueil de spiritualité, de A. Ponthaud)

On peut encore voir en ligne, pour obtenir encouragements et consolation : Les Divines Paroles, d’A. Saudreau, les Oeuvres de ste Gertrude, Ste Brigitte, ste Mechtilde, ste Catherine de Sienne, Ste Marguerite-Marie, Vade-Mecum de Sr Bénigna, Journal de Sr Marie de st Pierre, L’histoire d’une âme, de ste Thérèse de l’Enfant-Jésus… Mais, dans les bibliothèques mystiques, attention aux faux visionnaires comme Valtorta ou Picaretta condamnés par le st Office, et à la gourmandise spirituelle, car ces livres, remplis de consolations, attirent et captivent.

Il existe des moyens pour aider le Seigneur à sauver les âmes :

 – les plus importantes : la Ste Messe surtout ; l’aumône et les œuvres de miséricorde ; l’esprit de pénitence et de sacrifice ; actes de vertus et lutte contre la tentation ; aspirations, appelées aussi oraisons jaculatoires, méditation dans le sens chrétien, examens de prévoyance ou de conscience, lectures spirituelles comme le catéchisme (Foi), l’apologétique (protection de la Foi), la vie des Saints (Exemples) et les livres de piété excitant à l’Espérance et la Charité ;

– les prières : chemin de Croix, Rosaire, litanies, neuvaines, triduums, prières publiques, en famille, en commun… ; offrir les Messes, le Sacré-Cœur, le Précieux Sang, la Sainte Face, les Stes Plaies, la Passion, les mérites de la Vierge, de st Joseph et des Saints… ;

-les offrandes : l’offrande en union des actions de Jésus de son corps et de toutes ses actions même mécaniques ou même passées (voir l’offrande de larmes inutiles dans le Précieux Recueil de spiritualité, de A. Ponthaud, livre excellent, encourageant et consolateur), comme les battements de cœur ou les larmes, qui dans une sainte convention sont offerts comme autant d’actes d’amour et de repentir (voir pratiques de ste Gertrude) ; l’offrande de l’Apostolat de la prière ; agir en Marie, d’après sa volonté (st Louis-Marie Grignon) ; tout offrir par les mains de la Ste Vierge et de tous les Saints pour que nos pauvres actions soient relevées ; l’acte héroïque de charité en faveur des âmes du Purgatoire ; on peut aussi offrir toutes ses œuvres et pénitence pour ces saintes âmes en faveur de la conversion des pécheurs (Mélanie Calvat), la persévérance des justes, le clergé et de notre propre avancement : ainsi, on prie et on agit à la fois pour soi-même, les pécheurs, les justes, les prêtres et les Stes âmes.

Notre seigneur à Ste Mechtilde : « Que chacun s’unisse à moi dans tous ses désirs, ses actions, en telle sorte que, s’il veut manger ou dormir, il dise en son cœur : « Seigneur ! En union de cet Amour qui vous a fait créer pour moi cette commodité, je la prends pour votre éternelle louange et pour le besoin de mon corps. » Semblablement, quand il fait un travail quelconque : « Seigneur ! en union de cet amour qui vous à fait travailler de vos mains, et vous fait encore opérer sans relâche dans mon âme, je m’acquitte de mon travail à votre gloire éternelle et pour l’intérêt de tout l’univers. Je vous prie de l’unir et de le parfaire en votre très parfaite opération, pour lui donner une valeur infinie, comme une goutte d’eau tombée dans un grand fleuve fait tout ce que le fleuve fait lui-même. » Ainsi qu’un alliage précieux, après sa fusion au feu ne se sépare plus, ainsi cet homme devient un même esprit avec moi, ce qui est de la plus grande perfection et de la plus haute vertu en cette vie. »(Précieux Recueil de spiritualité, de A. Ponthaud)

Tous les Saints, et surtout la T. Ste Vierge, Mère de Miséricorde, ainsi que st Joseph, sont invoqués par l’Eglise pour obtenir leur protection auprès de Dieu, la Miséricorde divine et le pardon de nos péchés, ce qui est donc à demander en premier lieu. On peut lire avec profit sur ce site les vies des Saints du jour.

« Nous protestons que nous nous soumettons pleinement aux prescriptions du décret de Notre Très Saint-Père le Pape Urbain VIII, décret expédié à la Sacrée Congrégation de l’Inquisition universelle de l’Église romaine, le 13 mars 1625, et confirmé le 5 juillet 1634. Nous protestons encore de notre parfaite soumission au jugement de la sainte Église romaine. » A. Saudreau.

« Il faut savoir que l’approbation donnée par l’Eglise à une révélation privée n’est pas autre chose que la permission accordée, après un examen attentif, de faire connaître cette révélation pour l’instruction et le bien des fidèles. A de telles révélations, même approuvées par l’Eglise, on ne doit pas et on ne peut pas accorder un assentiment de foi ; il faut seulement, selon les lois de la prudence, leur donner l’assentiment de la croyance humaine, pour autant que de telles révélations soient probables et croyables pour la piété. […] En conséquence, on peut ne pas accorder son assentiment à de telles révélations et s’en détourner, pourvu qu’on le fasse avec la modestie convenable, pour de bonnes raisons et sans intention de mépris. » Benoît XIV, « De servorum Dei beatificatione », livre II, chap.XXXII, n°11.

« Je ne doute point que les esprits forts et critiques de ce temps, qui liront les histoires de ce petit traité, ne les révoqueront en doute, comme ils ont toujours fait, quoique je n’aie fait autre chose que les transcrire de très bons auteurs contemporains et en partie dans un livre nouvellement composé par le Révérend Père Antonin Thomas, de l’ordre des frères prêcheurs, intitulé: « Le Rosier mystique ». Tout le monde sait qu’il y a trois sorte de foi aux histoires différentes.

Nous devons aux histoires de l’Ecriture sainte une foi divine ; aux histoires profanes qui ne répugnent point à la raison et écrites par de bons auteurs, une foi humaine ; et aux histoires pieuses rapportées par de bons auteurs et nullement contraires à la raison, à la foi ni aux bonnes mœurs, quoiqu’elles soient quelquefois extraordinaires, une foi pieuse ; j’avoue qu’il ne faut être ni trop crédule ni trop critique, et qu’il faut tenir le milieu en tout pour trouver le point de la vérité et de la vertu; mais aussi je sais que, comme la charité croit facilement tout ce qui n’est point contraire à la foi ni aux bonnes mœurs: Charitas omnia credit, de même l’orgueil porte à nier presque toutes les histoires bien avérées, sous prétexte qu’elles ne sont point dans l’Ecriture sainte.

C’est le piège de Satan, où les hérétiques qui nient la tradition sont tombés, et où les critiques du temps tombent insensiblement, ne croyant pas ce qu’ils ne comprennent pas, ou ce qui ne leur revient pas, sans aucune autre raison que l’orgueil et la suffisance de leur propre esprit. » Le Secret admirable du T. S. Rosaire, St Louis-Marie Grignon.

Cork SS Peter and Paul's Church North Aisle Window Finding in the Temple 2017 08 25.jpgSAINTS DE L’ANNÉE D’APRÈS DEUX MISSELS (Imprimatur 1941 et 1955), LE PAPE, LE CATÉCHISME…

Abréviations : Ev. : Evêque ; Conf. : Confesseur ; V. : Vierge ; M. : Martyr(e) ; P. : Patron(ne).

NOVEMBRE

29 novembre : Vigile de la St André ; St Saturnin, Ev. et M.

Vertu du jour proposée à imiter : courage face au respect humain et dévotion à la doctrine de l’Eglise, contenue principalement dans le catéchisme.

« ne soyez plus des enfants ballottés et emportés à tout vent de doctrine, au gré de la malice des hommes et de leur astuce à machiner l’erreur » (Ep 4,14). Ayez une foi fidèle et ferme, ignorant les préjugés, méprisant les superstitions, victorieuse du respect humain, qui ne se laisse ni tuer par les menaces ou par les moqueries, ni allécher par des profits ou des honneurs passagers. S.S. Pie XII.

« Au milieu de votre couronne de frais et souriants visages, Notre âme paternelle semble rajeunir avec vous, parce que vous n’êtes pas une lugubre couronne de fleurs d’automne, mais une guirlande de fleurs en bourgeons croissant à la douce saison dans le jardin de l’Eglise du Christ, de ce Jésus que vous avez appris à connaître, à adorer, à aimer, à servir, à invoquer, de ce Jésus dont il est écrit qu’« il croissait en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes. »

Croître en âge, ce que vous faites maintenant, très chers jeunes gens, est une bénédiction et un don de Dieu ; mais croître en âge seulement dans son corps serait une croissance digne des plantes et des animaux sans raison, si l’homme, élevé au-dessus des animaux sans raison et des plantes et de toute la nature par l’image et la ressemblance divine qui sont imprimées sur son front par le Créateur, ne croissait pas aussi en âge dans son âme devant Dieu et devant les hommes.

Bienheureux êtes-vous, si vous croissez en cette sagesse qui imprime dans votre esprit comme un sceau indélébile et précieux et comme un rayon lumineux de vos vertes années, la foi en Dieu, l’espérance en Dieu, l’amour de Dieu, avec la prière et les vertus chrétiennes, avec l’attachement filial à l’Eglise, votre Mère, avec ce courage qui ne craint pas le respect humain, qui procède de l’adhésion intime à son appel, de la vénération et de la conviction aux enseignements reçus d’elle, de cette profondeur du cœur où dans le cours de votre jeunesse vous êtes en train de poser les fondements de votre caractère de fils de Dieu et de l’Eglise conscients et dévoués.

Voilà la très haute sagesse de la culture religieuse : sagesse qui vous rend plus sages que les plus grands philosophes de l’antiquité païenne et que les philosophes et chercheurs aux opinions discordantes de l’âge moderne. Une vieille petite femme, écrivait le prince des théologiens, saint Thomas d’Aquin, en sait plus long aujourd’hui des choses de la foi que tous les philosophes en sauront un jour.

C’est dans cette sagesse chrétienne, chers fils, que vous êtes en train de croître grâce au concours annuel de culture religieuse. C’est un concours saint, une émulation sacrée, une course religieuse qui vous fait avancer vers la connaissance des mystères divins, de la vie du Rédempteur, des saints sacrements, de la maternité et de l’autorité de l’Eglise, de la paternité du Vicaire du Christ, des vertus et de la morale catholique, du chant sacré. C’est un concours et une course pour la couronne incorruptible de la vie éternelle du Ciel. Le grand Apôtre des gentils vous l’enseigne : « Ne savez-vous pas, s’écrie-t-il, que ceux qui courent dans le stade, courent vraiment tous, mais un seul remporte le prix ? Courez de manière à ce qu’il soit vôtre. Mais tous ceux qui luttent dans l’arène s’abstiennent de tout ; et eux c’est pour obtenir une couronne corruptible ; mais nous, pour une couronne incorruptible. »

Dans le stade des cours d’instruction catéchistique, toutes les associations paroissiales ont rivalisé et concouru par diocèses et par régions ; et Nous avons la joie de voir rassemblés autour de Nous les plus valeureux parmi les valeureux qui dans cette sainte course et dans ce concours de sagesse chrétienne se sont tellement mis en avant qu’ils ont cueilli la palme et ont pu se présenter à Nous, honorés du prix. » DISCOURS AUX JEUNES ÉPOUX ET A DES JEUNES DE L’ACTION CATHOLIQUE (8 novembre 1939)

« Aujourd’hui le vent du « laïcisme » a parcouru le monde, a pénétré en toute région et a commencé à s’insinuer si profondément dans l’âme des peuples, même de ceux les plus traditionnellement catholiques, que le jeune homme chrétien, vivant au sein de la société, a besoin pour conserver sa foi bien vivante, de posséder l’audace de naviguer contre un torrent de matérialisme, d’indifférence religieuse, de sensualisme païen, de frénésie du plaisir. Mais où une telle audace, qui n’est autre chose qu’une sainte témérité, prendra-t-elle de vigoureuses racines, sinon dans la jeunesse hardie de pensée et d’espoir, dans une jeunesse forte et sage, noble et pure comme la vôtre ? Tu ne cède malis, sed contra audentior ito.

Regardez autour de vous et dites si vous, qui êtes élevés jusqu’aux choses célestes, vous n’oserez pas pour le service et l’amour de Jésus-Christ ce que d’autres jeunes osent et endurent à cause d’un attachement passionné à un idéal terrestre et périssable. Regardez autour de vous et dites si ce ne serait pas indécent de voir la « jeunesse athée » penser plus souvent et avec tant d’ardeur à Dieu pour le nier et le faire nier, pour le haïr et le faire haïr, que vous, jeunes catholiques, pour l’aimer et pour le servir, pour le faire servir et aimer. Laissez-Nous, chers fils, répéter à chacun de vous ce qui fut dit à un jeune archer victorieux : Macte nova virtute, puer, sic itur ad astra.

Vous savez certainement, même si votre jeune âge ne vous a valu d’en être les témoins, avec quelle ardente sollicitude Notre vénéré prédécesseur Pie X a fait connaître d’une façon lumineuse la divine dignité et les fruits salutaires de la communion fréquente et comment à son appel a répondu partout, depuis un quart de siècle, l’accroissement du nombre de fidèles, spécialement parmi les jeunes catholiques, qui s’approchent souvent, certains tous les jours, de la table sainte. Il convient que les hommes, que les jeunes catholiques qui nourrissent en eux la même foi et la même espérance et qui ont a combattre et à soutenir dans leur cœur, en face des dangers du monde, des luttes semblables et même ordinairement plus dures, n’aient pas et ne montrent pas une dévotion et un amour moindres à l’égard du Dieu des tabernacles.

Eux également doivent avancer d’un pas ferme et courageux dans ce grand et universel mouvement eucharistique. Beaucoup ont avancé ou progressent ; d’autres s’arrêtent à Pâques ou aux grandes fêtes. De quelle catégorie voulez-vous être, chers jeunes gens ? Sans aucun doute vous préférez être du nombre de ceux qui vont en avant, et aussi vous vous proposez en cette voie noble et sainte de les précéder comme des « entraîneurs des âmes » pour les éclairer, les encourager, les pousser à communier au moins une fois par mois, en les réconfortant par le bon exemple et en les prémunissant contre les défections et les attaques du respect humain.

Grandissez donc, chers fils, vous dirons-Nous avec l’apôtre Pierre, grandissez dans la grâce avec la volonté du bien et avec l’intelligence dans la connaissance de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ : Crescite in gratia et in cognitione Domini Nostri et Salvatoris Jesu Christi (n Pierre, 3, 18). Plus vous croîtrez dans la grâce et plus vous le connaîtrez ; vous l’aimerez d’autant plus que vous le connaîtrez davantage ; dans la grâce et dans la connaissance du Christ se trouve la vie éternelle. Connaissez-le toujours davantage dans son Evangile, dans sa doctrine, dans ses sacrements, dans son Eglise, dans ses préceptes et sachez gré à vos maîtres, comme Nous leur donnons Notre éloge bien mérité.

Grandissez en âge, mais aussi en sagesse et en vertu devant Dieu et les hommes ; et n’oubliez pas qu’il n’y a pas de science si vous ne retenez pas ce que vous avez entendu. Vous lirez beaucoup, vous étudierez beaucoup, vous apprendrez beaucoup ; mais au déclin de la vie, vous reconnaîtrez la suprême et essentielle importance du catéchisme, code de la vérité apportée du ciel sur la terre par le divin Rédempteur pour vous élever dans le bien jusqu’au ciel.

Votre concours de culture religieuse a été un très noble et très digne concours de catéchisme ; avec un paternel contentement Nous Nous réjouissons de couronner les vainqueurs, avant-garde de tant de légions d’ardents et de vaillants champions. » ALLOCUTION de S. S. Pie XII AUX JEUNES DE L’ACTION CATHOLIQUE ITALIENNE (10 novembre 1940)

« Rosaire du jeune homme, apprenti, étudiant ou agriculteur, qui se prépare par un travail courageux à gagner un jour son pain et celui des siens ; chapelet qu’il garde précieusement sur soi, comme une protection de cette pureté qu’il veut porter intacte à l’autel de ses noces ; chapelet qu’il récite sans respect humain dans les loisirs favorables au recueillement et à la prière ; rosaire qui l’accompagne sous l’uniforme du soldat, au milieu des fatigues et des périls de la guerre ; rosaire qu’il serrera une dernière fois le jour où peut-être la patrie lui demandera le suprême sacrifice, et que ses compagnons d’armes découvriront avec émotion entre ses doigts glacés et couverts de sang. » DISCOURS AUX JEUNES ÉPOUX (8 octobre 1941)

« Comme Jean Bosco, Joseph Sarto, Marie Goretti, la Bienheureuse Bertille Boscardin, des Soeurs Enseignantes de Sainte Dorothée, Filles des Sacrés-Coeurs de Vicence, est une humble paysanne de notre terre bénie d’Italie. Dans la splendide gerbe de fleurs sylvestres que nos campagnes chrétiennes offrent sans cesse au Père céleste, elle vient s’ajouter, encore plus simple que toutes les autres, mais non moins agréable à Dieu, non moins influente sur Son cœur, non moins attirante pour les âmes, que la grâce aide constamment à devenir meilleures.

Quelle joie cela a été pour Nous, hier, d’élever aux honneurs des autels cette figure si pure de perfection chrétienne ! Puisse-t-elle réaliser en vous et par vous le vœu de son cœur : « Que je me fasse sainte et que je conduise beaucoup d’âmes à Jésus ! ». S’il est en effet un modèle qui n’effraie point, c’est bien la nouvelle Bienheureuse. Dans son humilité, elle a défini « sa route la voie charretière, la plus ordinaire », celle du catéchisme.

Vous savez bien l’amour que cette candide enfant a eu pour son petit livre de catéchisme. Non seulement elle prenait plaisir à en écouter l’explication, mais, dès l’âge de dix ans, la jeune Annette commença à l’enseigner aux autres. Alors qu’elle n’avait pas l’esprit ouvert aux matières scolaires, elle assimilait avec un sûr instinct surnaturel la doctrine chrétienne. Celle-ci l’intéressait au-dessus de tout, et elle comprenait avec l’intelligence d’un cœur pur les choses de Dieu. Elle lisait souvent le catéchisme chez elle, spécialement le dimanche à son retour des cérémonies religieuses.

Lorsqu’elle fut obligée durant la première guerre mondiale d’abandonner Trévise et ses chers malades, la Bienheureuse, plus soucieuse des autres que d’elle-même, ne prit rien de ses affaires personnelles, mais demanda la grâce d’emporter avec elle le catéchisme. Ce petit livre précieux, quoique froissé par l’usage, serait resté avec elle dans sa tombe, si, alors que les sœurs veillaient la dépouille, la Supérieure Générale n’avait fait changer par un habit neuf son pauvre vêtement usé, dans la poche duquel fut trouvé ce petit livre qui l’avait suivie jusqu’à la mort.

Puissiez-vous tous, chers fils et filles, qui Nous écoutez, tirer profit de cet exemple ! Spécialement vous, les mères de famille et les catéchistes, qui expliquez la doctrine chrétienne aux enfants. Puissiez-vous la faire aimer comme elle doit l’être, l’aimer vous-mêmes et l’expliquer avec le respect et la ferveur que méritent les choses de Dieu ! Ce tout petit livre a par lui-même une plus grande valeur qu’une ample encyclopédie ; il contient les vérités qu’on doit croire, les devoirs qu’on doit accomplir, les moyens pour la sanctification personnelle. Qu’y a-t-il de plus important sur terre ? Il est le livre de la sagesse, l’art de bien vivre, la paix de l’âme, la sécurité dans l’épreuve. Il nous enseigne comment plaire à Dieu : la Bienheureuse Bertille l’avait compris et ce fut sa félicité.

Non seulement elle avait compris son catéchisme, mais elle vivait par lui. La grâce abondante de Dieu, favorisée par l’exemple d’une mère profondément chrétienne, développa dans son âme un amour intense de la prière : elle priait chez elle, elle désirait ardemment accompagner sa mère à l’église, et quand elle put y aller seule, on la vit souvent passer recueillie dans les rues du village pour se rendre à la maison du Père céleste. Le jour béni où ses parents la conduisirent à Vicence pour la présenter à la Maîtresse des postulantes de l’Institut Farina, dès qu’elle fut entrée dans le couvent, elle alla tout de suite, sans dire un mot, s’agenouiller au pied de l’autel. Comme l’aiguille aimantée cherche le nord, de même elle se tournait, comme par instinct, vers la présence de Dieu.

On ne nota rien d’extraordinaire dans cette humble novice, si ce n’est un amour de Dieu de plus en plus intense, de plus en plus impérieux et lucide. Elle résumera sa félicité d’être religieuse dans ces simples paroles : « Je veux du bien à tous, spécialement aux Supérieurs, et plus qu’à tous au Seigneur, pour lequel j’ai quitté mon père et ma mère… » « Oh ! quel plaisir de faire la volonté de Dieu !… » « Oh ! si vous saviez combien de gloire on peut rendre à Dieu en un seul instant ! »

L’esprit large, simple et solide que le pieux fondateur inculqua aux Religieuses Enseignantes de Sainte Dorothée, Filles des Sacrés-Coeurs, n’exige d’elles qu’une vie intérieure intense et pure, un véritable amour de Dieu qui s’épanche au service du prochain dans les oeuvres dictées par l’obéissance. C’est l’esprit que notre Bienheureuse poussa jusqu’à la perfection.

Avant tout, l’union avec Dieu : Soeur Bertille fut un modèle de recueillement et de prière dans la vie religieuse, comme elle l’avait été dans sa famille et dans sa paroisse : « Quand je me tais, s’écriait-elle, je prie bien et je me trouve bien. » Elle agissait pour Dieu, uniquement pour Lui : « Mon Jésus, écrivit-elle, je vous en conjure par vos saintes plaies, faites-moi plutôt mourir mille fois, que de faire une seule action pour être vue. »

La sincère obéissance d’Annette l’avait fait parfois tourner en ridicule chez elle et au village ; et elle fut même méconnue, réprouvée et humiliée jusque par certaines compagnes de sa Congrégation ; mais elle était prête à tout pour rendre gloire au Seigneur : « Jésus Crucifié est mon modèle » disait-elle. Elle supporta jusqu’à l’extrême limite un mal intérieur, qu’avec son expérience d’infirmière elle avait dû reconnaître depuis longtemps. Quand elle ne put plus le cacher, il était déjà trop tard : elle avait tout donné !

Voici jusqu’où le petit catéchisme de la Bienheureuse Bertille Boscardin l’avait conduite par « la voie charretière ». Point d’extases, point de miracles dans sa vie ; mais une union avec Dieu sans cesse plus profonde, dans le silence, dans le travail, dans la prière, dans l’obéissance. De cette union venait l’exquise charité qu’elle manifestait aux malades, aux médecins, aux supérieurs, à tous. Elle avait si bien cherché le royaume de Dieu en elle-même, que tout le reste lui fut donné par surcroît. Quel exemple et combien digne d’être imité et suivi ! » ALLOCUTION AUX PÈLERINS VENUS A ROME POUR LA BÉATIFICATION DE SOEUR MARIE BERTILLE BOSCARDIN (9 juin 1952)

« L’ignorance de la doctrine religieuse ainsi que les graves dommages qui en découlent pour les âmes ont été très sauvent déplorés et dénoncés au monde par Nos vénérés prédécesseurs ; c’est pourquoi l’Action catholique toujours docile à la voix des pontifes romains, considère comme un de ses buts essentiels, outre la formation religieuse et morale de ses membres, leur préparation pédagogique à l’enseignement du catéchisme, livre fondamental de la science et de la vie chrétiennes. Pour cela Nous saluons avec joie les lauréates du concours national de culture religieuse. Toutes sont jeunes, certaines très jeunes. Leur vue nous rappelle l’aimable sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui, étant encore la petite Thérèse Martin, avait mérité d’être appelée par le prêtre catéchiste « son petit docteur » 3. Les jeunes qui désirent ardemment aujourd’hui fonder une famille chrétienne (et n’est-ce pas le rêve de beaucoup d’entre vous ?) doivent se préparer et se former à être, sinon des docteurs, au moins des professeurs de religion ; plus d’une d’entre vous s’apercevra un jour qu’elle devra, avec une délicatesse infinie et une sage patience, rappeler à son mari les vérités de la foi et les préceptes de la morale évangélique. De toute façon, elles devront remplir cette charge à l’égard de leurs enfants ; mais un aussi grand devoir ne leur causera ni hésitation ni crainte, si elles en ont acquis de bonne heure dans l’Action catholique l’expérience et la pratique.

Enseigner, instruire une âme c’est en même temps donner et se donner ; chose qui correspond à l’une des belles aspirations de votre sexe et de votre âge. La jeune fille, la femme, devenue institutrice du vrai et du bien, donne aux autres quelque chose des trésors de son esprit et de son cœur ; grâce à sa parole, elle se donne elle-même et se donne pour une vie spirituelle, à l’instar d’une mère qui sait se dévouer à la vie corporelle de son enfant, parfois jusqu’au sacrifice héroïque de sa propre vie. » ALLOCUTION AUX JEUNES FILLES DE L’ACTION CATHOLIQUE (6 octobre 1940)

30 novembre : Saint André, Apôtre. Patron des pêcheurs, poissonniers, cordiers et valets de ferme.

Vertu du jour proposée à imiter : la Foi.

« Ayez enfin une foi courageuse et militante, comme de quelqu’un qui a confiance dans le Christ vainqueur du monde. L’heure présente a besoin de pareils jeunes gens, de pareils lutteurs. » S.S. Pie XII.

« Ce que les Chrétiens doivent savoir tout d’abord, ce sont les vérités que les Saints Apôtres, nos maîtres et nos guides dans la Foi, inspirés par l’Esprit de Dieu, ont renfermées dans les douze articles du Symbole. Après avoir reçu de Notre-Seigneur l’ordre d’aller remplir pour lui les fonctions d’ambassadeurs, et de se répandre dans le monde entier pour prêcher l’Evangile à toute créature, 2 Cor., 5, 20, Marc., 16, 15ils jugèrent convenable de composer une formule de Foi chrétienne, afin que tous eussent la même croyance et le même langage, qu’il n’y eût ni division ni schisme parmi ceux qu’ils allaient appeler à la même Foi, et que tous fussent consommés dans un même esprit et un même sentiment. Et cette profession de Foi et d’Espérance chrétienne qu’ils avaient composée, ils l’appelèrent Symbole, soit parce qu’ils la formèrent de l’ensemble des vérités différentes que chacun d’eux formula, soit parce qu’ils voulurent s’en servir comme d’une marque, et d’un mot d’ordre, qui leur ferait distinguer aisément les vrais soldats de Jésus-Christ des déserteurs et des faux frères, qui se glissaient dans l’Eglise, pour corrompre l’Evangile. » Catéchisme de Trente.

« Ayez avant tout cette foi, par laquelle « par le coeur on croit à la justice et avec les lèvres on fait profession pour arriver au salut » (Rm 10,10) ; cette foi éclairée, rationabile obsequium vestrum (Rm 12,1), qui a dans le coeur la flamme et dans la raison la lumière ; lumière capable de démontrer à vous-mêmes et aux autres non certes la vérité ineffablement cachée des mystères révélés par Dieu, mais les motifs raisonnables de crédibilité, parce qu’on ne croirait pas si la raison ne croyait pas devoir croire.

Ayez une foi large et cordiale, amie de toute lumière de la nature, qui bien loin d’être hostile aux progrès des sciences et des arts, s’élance vers les vastes champs ouverts à l’intelligence pour collaborer avec elle à la recherche du Vrai, du Bien, du Beau, en la prémunissant contre les dangereuses déviations. Vous êtes jeunes, mais comme disait l’apôtre Paul aux Ephésiens, « ne soyez plus des enfants ballottés et emportés à tout vent de doctrine, au gré de la malice des hommes et de leur astuce à machiner l’erreur » (Ep 4,14). Ayez une foi fidèle et ferme, ignorant les préjugés, méprisant les superstitions, victorieuse du respect humain, qui ne se laisse ni tuer par les menaces ou par les moqueries, ni allécher par des profits ou des honneurs passagers. Ayez une foi joyeuse et fraternelle et qu’avec votre foi, qui fait de plus en plus de progrès, abonde en chacun de vous la charité (2Th 1,3). Que votre foi soit une foi qui ne se renferme pas dans sa tour d’ivoire, mais qui s’efforce avec une aimable camaraderie de se concilier autour d’elle les cœurs et les âmes pour les gagner à Jésus-Christ. Ayez enfin une foi courageuse et militante, comme de quelqu’un qui a confiance dans le Christ vainqueur du monde. L’heure présente a besoin de pareils jeunes gens, de pareils lutteurs. » ALLOCUTION de Pie XII AUX JEUNES DE L’ACTION CATHOLIQUE ITALIENNE (10 novembre 1940)

Vitré (35) Église Notre-Dame Baie 11.JPGDÉCEMBRE (Indulgences pour les fidèles qui font des exercices en l’honneur de Marie Immaculée)

Prières : Ô très doux Enfant Jésus, qui, renfermé pendant neuf mois dans les entrailles de votre Mère, avez attendu le moment de naître, qui avez enflammé les cœurs de la Très Sainte Vierge et de saint Joseph de désirs très ardents, et qui vous êtes offert à Dieu le Père pour le salut du monde, ayez pitié de nous. St Enfant-Jésus, bénissez-nous !

Ô Marie Immaculée, Vierge puissante, Vous, grande et illustre citadelle de l’Église; Vous, secours merveilleux des chrétiens; Vous, forte comme une armée rangée en bataille; Vous qui seule avez détruit toutes les hérésies dans le monde; dans nos angoisses, dans nos luttes, dans nos tristesses, défendez-nous contre l’ennemi, et à l’heure de notre mort accueillez notre âme au paradis. Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous !

1 décembre : St Eloi, Ev. et Conf. P. des orfèvres, bourreliers, carrossiers, ouvriers en métaux et cultivateurs.

Vertu du jour proposée à imiter : la fuite du luxe et le détachement des richesses.

« Le métier d’orfèvre répond à des nécessités permanentes.

Certains pourraient croire que votre art est le fruit d’une civilisation trop raffinée dans laquelle il n’aurait qu’une part tout à fait accessoire et superficielle. Et cependant n’a-t-on point découvert dans certains dépôts de l’âge néolitique de petits ornements d’or travaillés grossièrement avec des instruments de pierre ?

Qu’il s’agisse d’un objet d’ornement ou bien d’un instrument destiné au service de l’homme, leur caractère rare et parfois unique confère une splendeur spéciale aux personnes qui s’en servent ou aux circonstances dans lesquelles ils sont employés. N’est-il donc pas vrai que, dans la vie des individus et des sociétés, il existe des conjonctures exceptionnelles dans lesquelles la beauté de l’apparat extérieur doit correspondre à la vivacité intérieure des sentiments ?

Trop souvent, malgré les limites qu’une conscience droite fixe à l’usage des richesses, on voit certains faire étalage d’un luxe provocant, privé de toute signification raisonnable et destiné seulement à la satisfaction d’une vanité qui ignore et par cela même insulte les souffrances et les besoins des pauvres. Mais, d’autre part, il serait injuste de condamner la production et l’usage d’objets précieux, chaque fois qu’ils correspondent à une fin honnête et conforme aux préceptes de la loi morale. Tout ce qui contribue à l’embellissement de la vie sociale, c’est-à-dire tout ce qui met en relief les aspects heureux et solennels, tout ce qui fait resplendir dans les choses matérielles la pérennité et la noblesse de l’esprit, mérite d’être respecté et apprécié.

Ces objets précieux ont même souvent une fonction sacrée à remplir.

L’Eglise catholique n’a-t-elle donc pas donné souvent aux orfèvres l’occasion d’exercer sous les formes les plus variées leur art ? Dans le trésor des grandes cathédrales et souvent également dans de modestes églises, on admire des calices, des ostensoirs, des croix, des reliquaires, ornés parfois de pierres précieuses, d’émaux, ouvrages d’artistes renommés ou de simples artisans, qui ont prodigué toute leur habileté, toute la virtuosité de leur technique, mais aussi toute leur piété et qui ont voulu exprimer par le travail de leurs mains, une offrande de la plus haute valeur, celle de leur cœur. L’Eglise et les fidèles estiment que rien n’est trop beau pour recevoir et conserver la divine Eucharistie et sont souvent disposés aux plus lourds renoncements pour acquérir les vases sacrés dignes de la grandeur de Dieu. Mais ils savent également s’en priver quand c’est nécessaire pour secourir la misère des pauvres.

Pour vous exhorter à cultiver en vous des sentiments dignes de la noblesse de votre art. Nous ne pourrions conclure Nos brèves paroles sans vous proposer l’exemple de votre Patron saint Eloi, que vous honorez particulièrement à Rome dans l’église qui lui est consacrée. Après avoir excellé dans l’exercice de l’orfèvrerie et dirigé l’Hôtel royal des Monnaies de Marseille sous Dagobert Ier, il fut hautement estimé comme conseiller du Roi et vénéré pour son dévouement envers les hommes les plus misérables, les détenus et les esclaves. Il employa son crédit et ses richesses à des œuvres de bien et fonda des églises et des monastères pour les âmes aspirant à la perfection. Après la mort de Dagobert, il quitta la cour et consacra toute sa personne aux intérêts spirituels de ses contemporains ; il reçut les ordres sacrés et quand, ensuite, il fut nommé évêque de Noyon, il se voua avec un zèle ardent à l’évangélisation des païens de la Frise et de la Flandre.

A l’imitation de votre saint Patron, vous saurez joindre à l’amour de votre art, le souci des nécessités temporelles et spirituelles de ceux qui vous entourent et vous unirez à l’intelligence et à la capacité tous les dons d’un cœur large et désintéressé. » ALLOCUTION AUX PARTICIPANTS DU IVe CONGRÈS NATIONAL DE LA CONFÉDÉRATION ITALIENNE DES ORFÈVRES (10 novembre 1953)

2 décembre : Ste Bibiane, V. et M. Invoquée pour conserver la chasteté malgré la séduction et « unir à Dieu nos âmes dans la charité » (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter : conserver la pureté malgré la séduction.

« Les vertus domestiques et sociales

La terre de Rome est terre de héros et d’apôtres de la vérité. Les vertus domestiques et sociales qui ont fait la grandeur de la Ville éternelle et qui font la vraie grandeur de tous les peuples, sont certainement de toutes les époques et de toutes les conditions sociales. Vous les trouvez chez les anciennes matrones romaines dont la dignité, cette vertu, fut respectée et honorée au sein de la civilisation païenne. Vous les voyez resplendir, ces vertus domestiques, à l’aube rose et rougeoyante du sang des confesseurs de la foi, dans les annales de l’Eglise, dans la figure des martyres chrétiennes, patriciennes ou esclaves, comme Agnès et Blandine, comme Perpétue et Félicité. Vous les voyez, à travers les siècles, briller dans la vie de famille et dans l’exercice de la charité communicative de Galla, de Françoise Romaine, d’Anne-Marie Taïgi.

doivent adapter leur expression extérieure à la vie moderne.

Toutefois ces vertus, qui demeurent toujours essentiellement les mêmes, prennent, au cours des générations, des modalités et des degrés divers. Leur expression extérieure arrive d’ordinaire à se modifier et à se transformer par l’effet d’une lente et peu sensible évolution, sous l’influence et les variations des époques. Au contraire, aujourd’hui comme aux temps des grandes crises, cette évolution semble douée d’une rapidité foudroyante qui déconcerte celui qui s’arrête à en observer la marche. Pour Nous, les grandes crises, ce ne sont pas seulement les calamités, les guerres, les révolutions, les troubles civils, économiques, sociaux, politiques, mais en particulier, également voudrions-Nous dire, toute rupture d’équilibre entre les conditions de vie subitement transformées ou détruites et les traits immuables de la nature humaine.

Considérez le mouvement et l’acheminement de la vie et de la civilisation moderne. N’observez-vous pas comment les progrès merveilleux de la science dans tous les domaines, les découvertes et les inventions bienfaisantes ou dangereuses dans tous les secteurs de l’industrie ont introduit, pour ainsi dire automatiquement, de profonds changements dans la vie matérielle et, par conséquent, dans toutes les manifestations de l’activité de l’homme ? Et ces changements n’ont-ils pas, à leur tour donné naissance à une transformation qu’il vaudrait mieux appeler renversement ou complet renouvellement des conditions sociales ? Il est superflu de vous indiquer de multiples exemples de ces changements à vous qui les avez continuellement sous les yeux.

Sources et moyens de loisirs, de bien-être, de commodités, qui insinuent, allument, excitent le plaisir ou la jouissance des uns en exaspérant la convoitise des autres. Domaines innombrables ouverts à la curiosité des sens et de l’esprit. Foule de problèmes débattus qui séduisent, excitent, troublent et captivent la raison et la conscience. Variété et suite sans fin de distractions, d’amusements, de divertissements, de plaisirs, depuis les plus nobles de l’esprit jusqu’aux plus vulgaires et sensuels. Vertigineuse rapidité des communications qui supprime la distance ou l’espace et se joue du temps. Cent autres dons de l’époque moderne plus ou moins utiles à la vie et à la conduite, offerts au regard et à la main de tous, sinon pour en jouir, au moins pour en connaître ou en sentir les réactions dans l’âme.

Tout cela appelle et met en mouvement de multiples et diverses activités de la nature humaine, fait naître des professions et des arts nouveaux, de nouvelles façons de vivre et d’agir, de nouvelles tendances et affections, de nouveaux desseins, de nouvelles préférences du cœur. Pratiquement, tout cela invite à une activité plus prompte et plus directe la femme et la jeune fille elles-mêmes, les saisit et les entraîne dans le tourbillon qui pousse en avant et emporte le monde.

Comportement de la jeune fille dans le monde actuel.

Avec le nouvel aspect de la vie, nouveau devient aussi le comportement de la jeunesse féminine. Le contact permanent et continuel avec le monde, et avec le monde tel qu’il est, mêlé comme il est, arrive à donner à cette jeunesse quelque chose de plus libre, de plus décidé, de plus viril, dirait-on. La conscience de ses devoirs et de ses responsabilités lui confère en même temps plus d’assurance et de hardiesse.

Cette nouvelle physionomie de la vie est-elle un mal ? Elle n’est pas un mal en elle-même ; mais d’ordinaire, elle n’est pas exempte de dangers. De même le nouveau comportement de la jeune fille n’est pas, en lui-même, un mal. Cette espèce de désinvolture, conséquence des conditions actuelles de la vie, lorsqu’elle est bien réglée et comprise, est, à sa façon, une force ; maintenue en de justes limites et bien dirigée, elle peut devenir une arme : arme de défense en face des dangers personnels ; arme de conquête en face des périls des autres ; elle peut devenir une attitude sage, réservée, courtoise, qui, semblable à la vertu, n’humilie pas et n’offense pas, mais concilie l’estime, l’admiration, l’affection.

L’état de choses actuel est ce qu’il est, vous ne pouvez le changer ; serait-il même désagréable, il serait vain de se perdre en lamentations stériles. S’il a ses dangers, il faut les regarder en face pour s’en défendre et pour les surmonter. Mais d’où viennent ces dangers ? D’où vient la crise moderne elle-même ? Elle vient, Nous l’avons déjà dit, de ce que, au milieu des circonstances extérieures qui changent et nonobstant le changement d’allure qui en résulte, la nature, le caractère, le tempérament ne changent pas substantiellement ; s’ils se modifient, leur fond demeure immobile et immuable ; seule leur surface est remuée ; ils ne marchent pas au même rythme que l’air et le vent qui soufflent autour d’eux et leur caressent le front.

La nature féminine ne change pas.

Bien que, pour avoir acquis un air dégagé, de la force et de la fierté de pensée, la femme ou la jeune fille ne refera pas pour autant sa propre nature ; elle restera toujours sensitive, impressionnable, souvent sans douter ou se défier d’elle-même ; parfois elle se laissera d’autant plus conduire par les mouvements impulsifs de son esprit et de son cœur qu’il y aurait plus de raison de prendre des précautions, d’être réservée. Dans sa constitution elle garde cette générosité instinctive qui l’incline et la pousse au don total d’elle-même, qui la pousserait, si elle n’était pas vigilante et attentive, aux enthousiasmes irréfléchis, aux élans passionnés, aux imprudences fatales.

Dans ce monde où elle passe et où elle vit, malheur si elle oublie que chez les autres non plus la nature humaine ne change pas, qu’elle n’a nullement perdu les stigmates et les blessures de sa chute première au paradis terrestre. Les rejetons d’une si mauvaise racine n’ont jamais cessé de dominer dans le cœur des hommes : l’orgueil et la superbe, la sensualité hardie, la convoitise toujours avide, la concupiscence brûlante ; le scandale voulu, calculé des séducteurs, des corrupteurs et des corrompus ; le scandale involontaire, mais non moins dangereux, des passionnés, des fragiles, des nonchalants, des étourdis, qui ne pèsent pas les conséquences d’une parole, d’un regard, d’une démarche, et de leur arc, comme les enfants ou les gamins de la rue, décochent un trait qui donnera peut-être la mort, ou pour le moins blessera un cœur pour toute la vie.

Et cependant, il est inévitable, il est souvent obligatoire de fouler ce chemin, d’avancer au milieu de ces ronces, de vivre dans un tel monde et de traiter avec lui. A la dernière Cène, Notre-Seigneur priant pour ses apôtres, disait à son Père : « Je ne vous demande pas de les enlever du monde, mais de les garder du mauvais » (Jn 17,15). Il savait bien qu’il les envoyait dans le monde « comme des agneaux au milieu des loups » (Lc 10,3).

Le monde n’est pas essentiellement changé : Dieu le gouverne et le dirige, il ne peut se soustraire à son autorité ni à celle du Christ au pouvoir de qui sont le ciel et la terre. Aujourd’hui, beaucoup de barrières qui existaient autrefois entre le bien et le mal sont tombées ; vous ne pouvez plus, chères filles, attendre d’elles votre défense. La barrière qui reste n’est pas hors de vous, mais en vous. Saint Vincent de Paul disait gracieusement aux premières Filles de la Charité : « Vous n’avez pas et ne pouvez avoir le genre de vie des anciennes religieuses : vous aurez pour cloître les rues de la ville ; pour clôture l’obéissance ; pour grille, la crainte de Dieu ; pour voile, la sainte modestie.

Qualités et vertus nécessaires à la jeune fille chrétienne d’aujourd’hui

Ces paroles du saint ne s’appliquent-elles pas, d’une certaine façon, à vous également, jeunes filles et femmes chrétiennes ? Vous devrez parcourir les rues de la ville ; vous devrez vous défendre par vous-mêmes au moyen de la barrière et de l’arme qu’est votre vertu ; votre décision, votre franchise et votre attitude pourront aussi vous aider à vous défendre. Dans la rue, dans les réunions, dans les magasins, dans les ateliers, dans les bureaux, dans les universités, dans les bibliothèques, une parole cinglante, si besoin est, vous débarrassera d’un insolent ; un rire franc découragera un amoureux importun ; dans un geste aimable votre main jettera au feu ou dans la boue le dessin, le périodique, le livre venu de la boue d’où il n’aurait jamais dû sortir.

Toutefois, cela ne suffit pas. Ces belles qualités qui se manifestent à l’extérieur doivent jaillir de l’intérieur de votre âme ; c’est de là qu’elles acquièrent et reçoivent leur force. La prudence et l’humilité intérieures enseignent la modération dans les actes et les sentiments, la juste mesure dans la gracieuseté des paroles et de la personne. Elles font reconnaître et comprendre que la docilité est sagesse, que l’obéissance apprend à commander, que le silence est l’éducateur de la parole et plus d’une fois une véritable éloquence.

… pour lutter contre les dangers

Si les belles qualités extérieures ne proviennent pas de celles du dedans, moins brillantes, mais non moins nécessaires, elles finissent par montrer le revers de leur médaille. On se crée la conscience (ô l’illusion) de s’être élevées au-dessus de cette vulgarité qu’on effleure à chaque pas, de cheminer dignement et vertueusement au milieu des tentations et des séductions de tout genre. La fierté qui naît de cette conscience se change facilement en secret orgueil. On attribue volontiers à soi-même, à sa force propre, à l’élévation de caractère, la dignité de sa vie personnelle et la conservation de la vertu.

On oublie qu’on est faible ; on ne prend pas assez garde à la complaisance dans l’estime que cette vertu elle-même et cette dignité font naître. En un mot, on ne se souvient pas qu’on est filles d’Ève, et dans une témérité imprudente on se croit en sécurité contre n’importe quelle attaque de l’ennemi (cf. Ps. Ps 29,7). Alors, insouciante du danger qui menace l’esprit, la foi, le cœur, la pureté, la jeune fille d’Ève est fascinée devant le serpent ; elle se laisse, au début, effleurer la vue par une page légère ou sceptique, par un sourire, une déclaration ou un aveu agréable, par une parole flatteuse ou présomptueuse, par une invitation à une promenade charmante.

Prudence et humilité. Combien l’humilité est nécessaire pour être prudents ! Combien elle aide à trouver, à demander le secours divin et le secours humain, à reconnaître aussi le besoin qu’on en a ! Malheureuses ces jeunes filles qui ne ressentent pas un pareil besoin et qui ne demandent pas un pareil secours, sinon à l’heure de l’expérience douloureuse et humiliante de la chute, d’un faux pas, d’une situation délicate, d’un danger imminent, d’un lien qui déjà est sur le point d’être fortement serré.

… avec l’aide de Dieu

Non, chères filles, ne tardez pas à invoquer le secours divin et le secours humain. Dans n’importe quelle épreuve, calamité, douleur, rien au monde n’est véritablement puissant comme la religion et la foi, comme la prière qui sauve du désastre. Tout autant que l’homme, la femme a besoin de croire en Dieu ; au pied de l’arbre défendu, la première faute du genre humain est celle d’Ève qui croit davantage à la trompeuse promesse du serpent qu’au précepte et à la menace du Seigneur.

La femme a besoin de prier, comme de connaître et d’aimer Jésus-Christ et la Vierge Immaculée, sa Mère ; elle a besoin de la religion qui a fait de ses joies familiales une sanctification, de ses larmes une supplication et une hymne, qui l’a exaltée dans l’amour de son cœur au foyer et dans l’église. Approfondissez votre connaissance de la vie et de la doctrine du Sauveur ; elle vous révélera la nécessité et l’aimable puissance du secours divin ; la prière et la réception des sacrements vous l’assureront. Quant au secours humain, est-il besoin de vous indiquer à vous les « Azzurre » d’Alba, où le chercher et le trouver, alors que l’amour, la délicatesse d’esprit et de cœur de Celle qui vous est comme une Mère vous comprend et vous aime ? Sa bonté et sa sagesse sont lumière, conseil, réconfort pour chacun de vos pas.

. pour aider les autres jeunes filles.

Vous marchez sur les routes où le monde marche : chaque jour vous respirez l’air et vous êtes dans le tourbillon de la vie réelle ; dans la foule qui passe, qui se presse, s’agite, s’amuse, rit, vous rencontrez encore trop souvent des gens qui pleurent, que les larmes et les plaintes suffoquent. Vous apercevez et reconnaissez un très grand nombre de jeunes filles, sorties récemment de la maison, timides, saisies de peur, perdues ; vous en reconnaissez d’autres, déjà ébranlées, vacillantes sur le bord de l’abîme, d’autres encore qui, courbées sous l’humiliation d’une surprise, découragées, effleurant le bord du précipice, du désespoir et de l’abandon, prêtes à se jeter pour oublier, pour s’étourdir, dans le gouffre d’une situation humainement irréparable.

N’abandonnez aucune de ces malheureuses. Elles sont vos sœurs. Le Christ est venu également pour elles. Ne les méprisez pas, ne les repoussez pas loin de vous. Ayez pitié. Aimez, priez, soutenez, consolez, aidez ; faites aux autres, moins bien favorisées que vous, un peu de ce bien qui vous a été fait à vous-mêmes.

En cette heure qui s’écoule si cruelle et si triste pour les peuples, les dangers sont aussi plus grands et plus pressants. Que votre cœur s’agrandisse dans l’amour du Christ et dans l’amour du prochain ! Que votre prière demande la miséricorde, le pardon, la grâce, pour le monde entier, pour les frères et les sœurs, pour tous ceux qui souffrent, combattent, pour tous ceux qui pleurent dans les maisons et pour tous ceux qui versent leur sang sur les champs de bataille ! » ALLOCUTION AUX LECTRICES DE LA REVUE FÉMININE ITALIENNE « ALBA » (17 mai 1942)

3 décembre : St François-Xavier, Conf. P. des Missionnaires et de l’Oeuvre de la Propagation de la Foi. Neuvaine de la grâce.

Vertu du jour proposée à imiter : zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.

Prière : Ô Jésus, notre très aimable Sauveur, qui avez racheté le monde au prix de votre Sang très précieux, jetez un regard miséricordieux sur l’humanité déchue, encore plongée en grande partie dans les ténèbres de l’erreur et assise à l’ombre de la mort, et faites resplendir sur elle la pleine lumière de la vérité.

Multipliez, Seigneur, les Apôtres de votre Évangile; enflammez, fécondez et bénissez par votre grâce leur zèle et leurs fatigues, afin que par leur apostolat tous les infidèles vous connaissent et se retournent vers vous, leur Créateur et leur Rédempteur. Ramenez à votre bercail les brebis égarées et les âmes rebelles au sein de votre unique et véritable Église.

Hâtez, ô très aimable Sauveur, l’heureux avènement de votre règne sur la terre; attirez tous les hommes à votre Cœur très doux, afin que tous participent aux incomparables bienfaits de votre Rédemption dans l’éternelle félicité du Paradis. Ainsi soit-il.

« La conversion et le rassemblement des peuples au sein du royaume de Dieu ne sont-ils pas le but suprême de l’Eglise et de la hiérarchie ecclésiastique ? »  ALLOCUTION de Pie XII AUX DIRIGEANTS DE L’ACTION CATHOLIQUE ITALIENNE (4 septembre 1940)

« C’est de nouveau Notre vif désir que l’Union missionnaire du clergé portugais, encore à ses débuts, prenne son plein développement au plus tôt. Car c’est surtout des prêtres membres de cette association que Nous espérons voir venir ce travail attentif pour lequel sont soigneusement choisies et cultivées ces tendres plantes (les vocations missionnaires) que le Seigneur Jésus-Christ fait germer dans sa vigne pour les transplanter un jour dans le champ sacré des missions.

Bien plus, Dieu lui-même attend de ses ministres ce travail premier et fondamental, à savoir qu’ils préparent soigneusement et cultivent les champs dans lesquels pourront pousser ces arbustes que sont les vocations missionnaires. En effet, le devoir des prêtres est de répandre parmi les fidèles la connaissance des choses missionnaires et d’allumer dans les âmes la flamme de cet apostolat ; comme Notre prédécesseur d’heureuse mémoire, Pie XI, nous en avertit : il ne doit pas exister un seul prêtre qui ne se sente enflammé d’amour pour les missions catholiques.

« Priez donc le Maître de la moisson ». En premier lieu demandez au Seigneur qu’il daigne, dans sa bonté, appeler par son inspiration à ce ministère de l’apostolat, tant au Portugal que parmi les populations indigènes soumises à votre domination, le plus grand nombre possible de prêtres, de frères coadjuteurs, de religieuses et enfin de catéchistes.

Que cette sainte et très haute intention ait la part principale dans les prières de chaque prêtre ; que pour cette intention particulière prient ceux qui appartiennent à des ordres contemplatifs ; que les fidèles, surtout quand ils récitent le rosaire tant recommandé par la bienheureuse Vierge Marie à Fatima, n’oublient pas de supplier la Vierge Mère de Dieu d’obtenir de Dieu la vocation missionnaire, avec des fruits abondants, au plus grand nombre d’âmes possible.

Encouragements aux missionnaires

Mais, traitant avec soin ce sujet, Nous ne vous avons pas oubliés, fils très aimés qui avez déjà obéi à l’ordre du divin Maître : « Gagnez le large » (Lc 5,4). A vous tous qui déjà en pleine mer luttez et vous fatiguez pour étendre les limites du royaume de Dieu vont Notre sollicitude et Nos salutations. Nous vous encourageons et soutenons. Après vous avoir dit de reprendre courage, Nous vous exhortons tous et chacun en vous disant les paroles de l’Apôtre des nations : « Efforce-toi de te comporter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier irréprochable » (2Tm 2,15). « Sois pour les fidèles un modèle de parole, de conduite, de charité, de foi, de chasteté » (1Tm 4,12). Désirant avec le même apôtre vous suggérer les moyens nécessaires pour mettre en pratique ces exhortations, Nous vous recommandons uniquement mais par-dessus tout ceci : « Recherche… la piété » (1Tm 6,11).

En effet, si la grâce divine imprègne vos âmes, elle exercera infailliblement son influence sur tout ce qui est autour de vous, puisque le royaume de Dieu est régi par cette loi ; car « le royaume des cieux est semblable au levain qu’une femme prend et mêle à trois mesures de farine jusqu’à ce que le tout ait fermenté » (Mt 13,33).

L’histoire de vos missions atteste éloquemment la vérité de cette loi divine. De fait, tandis que les missions laïques (c’est ainsi qu’on les appelle), que certains se sont efforcés de substituer aux missions catholiques, ne produisent presque aucun fruit, au contraire, les apôtres, comme François-Xavier, Jean de Britto, contribuèrent puissamment non seulement au salut des âmes, mais augmentèrent aussi beaucoup le prestige national du Portugal. Suivez-les donc par une digne émulation !

à l’exemple de saint François-Xavier.

Comme vous le savez, le 15 mars de cette année, s’est terminé le quatrième centenaire de l’appel divin de saint François-Xavier aux missions des Indes portugaises. Cette vocation divine lui fut manifestée par la lettre que Jean III, roi du Portugal, écrivit à son ambassadeur à Rome, pour lui demander de chercher en vue d’un départ pour les Indes des missionnaires éprouvés et foncièrement vertueux.

On peut affirmer sans aucun doute que saint François-Xavier, patron des missions, a récompensé très abondamment votre nation de l’aide très précieuse qu’elle a fournie à ce missionnaire afin qu’il puisse répondre librement et de grand coeur à l’appel de Dieu. Il n’aurait certainement pas pu faire davantage en faveur du Portugal, s’il eût été Portugais de naissance. Vous voyez, fils bien-aimés, combien grande et combien bienfaisante est la puissance de la sainteté. C’est d’elle principalement qu’il est permis d’espérer de bons résultats également pour votre apostolat.

C’est pourquoi, faites vôtres le but et le plan de conduite que saint François-Xavier, saint Jean de Britto et les autres missionnaires portugais ont adoptés dans leur apostolat missionnaire, pour le plus grand bien tant de la religion que du Portugal ; ce programme est renfermé dans ces paroles du divin Maître : « Je me sanctifie pour eux, afin qu’ils soient sanctifiés dans la vérité » (Jn 17,19). ENCYCLIQUE « SAECULO EXEUNTE » AUX ÉVÊQUES DU PORTUGAL (13 juin 1940)

4 décembre : Ste Barbe, V. et M., P. des mineurs, artilleurs, arquebusiers, artificiers, armuriers et pompiers. Invoquée contre la foudre et la mort subite, pour obtenir les derniers Sacrements (voir collecte du jour).

Vertu du jour proposée à imiter : prudence temporelle et spirituelle.

Loué sois-tu, mon Seigneur, par frère feu
par lequel tu illumines dans la nuit,
et il est beau et joyeux et robuste et fort.

« Nous sommes heureux, en vous recevant ici, de vous assurer de Notre bienveillance et de souhaiter que ce congrès donne une impulsion puissante à la collaboration internationale dans le domaine de la lutte contre le feu.

Les incendies furent de tout temps pour les cités un danger redoutable. L’histoire conserve le souvenir de nombreuses catastrophes spectaculaires, qui détruisirent des quartiers, et même parfois des villes entières. Si les matériaux de construction modernes rendent en général les immeubles moins inflammables qu’autrefois, par contre la multiplication des appareils de chauffage ou d’éclairage, qui utilisent le gaz, l’électricité, l’huile lourde, augmente naturellement les causes possibles d’incendie. Aussi s’avère-t-il nécessaire d’étendre de manière parallèle les mesures de prévention et d’entraîner des corps spéciaux permanents, munis des équipements les plus perfectionnés et aptes à faire face aux situations les plus critiques avec le maximum d’efficacité.

C’est avec plaisir que Nous accueillons à l’occasion de ce congrès les délégations de ces formations d’élite, si souvent appelées à déployer leur valeur dans les circonstances les plus difficiles. Car, si des prescriptions légales sévères ont rendu obligatoires certaines mesures de précaution, par exemple dans la construction des salles de spectacle et dans le maniement de matières inflammables, il n’est pas possible de supprimer totalement les sinistres, qui relèvent de phénomènes d’auto-combustion, de la malveillance, de défauts techniques dans les appareils ou les installations et surtout de la négligence. C’est ici peut-être que s’impose l’action la plus constante et la plus difficile, mais aussi la plus nécessaire, puisque selon certaines statistiques, plus de la moitié des sinistres sont dus à ce dernier motif. Le touriste insouciant, qui laisse tomber dans la forêt une allumette enflammée, ou l’usager qui entreprend une réparation de fortune à son installation électrique, ne se doutent pas des conséquences tragiques que peut entraîner un geste en apparence inoffensif.

Aussi faut-il constamment tenir en éveil l’attention du public, l’avertir du danger que comportent ces négligences et lui inculquer inlassablement les règles essentielles de la prudence en ce domaine. Pour onéreuse qu’elle soit, une telle action reste la condition indispensable d’une prévention efficace de l’incendie.

Lorsque malgré toutes les précautions, le feu éclate, le corps spécialisé doit entrer en action avec le maximum de rapidité, puisque de là dépend souvent le succès de son intervention. Vous savez quel travail de préparation est requis à cet effet, et les qualités physiques et morales, qui sont exigées des chefs responsables comme de leurs hommes. Bien souvent il y va du salut de vies humaines, que l’audace, la décision, le mépris de la mort peuvent seuls arracher aux flammes. Et même quand il n’y a pas de danger mortel, le pompier est souvent exposé aux accidents graves provoqués par les explosions ou l’écroulement des murailles. Ces interventions, exigées par l’intérêt de la communauté, sont rarement exemptes de péril sérieux et demandent chez ceux, qui y sont destinés, beaucoup d’habileté et de courage, ainsi qu’un sens inné du dévouement. Nous nous réjouissons de pouvoir en cette occasion féliciter le « Corpo Nazionale dei Vigili dei Fuoco », dont le drapeau recevra la médaille d’or, qui récompense des services civils éminents et l’héroïsme déployé par cette valeureuse formation.

Nous sommes persuadé que ce congrès encouragera tous ceux qui, sur le plan international, s’intéressent à la prévention et à l’extinction des incendies. Avec les améliorations techniques, que provoquera l’échange des expériences et des informations sur les travaux accomplis dans divers pays, ira de pair un approfondissement des principes moraux qui justifient et encouragent cette forme de service public. Il est aussi une leçon tirée de la vie quotidienne, à laquelle Nous fait penser l’apôtre saint Paul, quand il avertit que « le feu éprouvera la qualité de l’oeuvre de chacun. Si l’oeuvre bâtie sur le fondement résiste, son auteur recevra une récompense ; si son oeuvre est consumée, il en subira la perte » (1Co 3, 13, 14).

Que de fois, Messieurs, en participant à une bataille acharnée contre l’élément déchaîné, n’avez-vous pas éprouvé un sentiment semblable ! De quel prix considérable se paie parfois le refus d’observer les normes dictées par la prudence et d’utiliser pour une construction des matériaux résistants ! N’en va-t-il pas de même au point de vue moral, dans la vie des individus, des familles, des sociétés ? Nous songeons en particulier au sort de tant de foyers, qui ont cru pouvoir bâtir une vie entière sur des sentiments d’un jour, ou faire fi des sages principes que dictent la raison et la foi chrétienne ; à tant de jeunes gens, qui subissent les suites regrettables d’une éducation négligée ; aux risques graves, auxquels s’exposent ceux qui, dans les institutions sociales et politiques, se fient à des théories fausses et incomplètes, ou qui font bon marché des droits essentiels de la personne humaine et de ses aspirations religieuses.

Que non seulement dans votre vie professionnelle, mais aussi sur tous les plans de votre activité, vous puissiez toujours employer des matériaux capables de résister à des épreuves souvent plus rudes que celle du feu, en particulier celles de la souffrance et de la mort, et toutes celles qui placent votre conscience devant le choix décisif du bien et du mal ! Si vous abordez cette lutte avec fermeté et constance, si grâce à l’aide divine vous en sortez vainqueurs, vous accéderez sans aucun doute à la plénitude du bonheur et de la joie promise aux cœurs sincères et fidèles. » ALLOCUTION de Pie XII AU CONGRÈS INTERNATIONAL POUR LA PRÉVENTION ET L’EXTINCTION DU FEU (octobre 1956)

6 décembre : St Nicolas, Ev. et Conf., P. de la jeunesse, de ceux qui ont à se plaindre de la justice, des marins, des pécheurs, bateliers, débardeurs, tonneliers, tripiers et tourneurs de chaises. Invoqué pour être « préservé des feux de l’enfer » (liturgie).

Vertu du jour proposée à imiter : vertus de l’enfance, maîtresse d’humilité, règle d’innocence, modèle de douceur.

« Nous ne pouvons cacher la peine amère que Nous cause le souvenir de tant d’innocents enfants qui, loin de leurs foyers, ont été transportés en des terres étrangères, avec risque parfois d’apostasie et de perversion, et Nous ne désirons rien si ardemment que de les voir rendus à leurs propres familles pour y jouir à nouveau de la chaude et chrétienne affection des leurs. » RADIOMESSAGE A LA NATION ESPAGNOLE (16 avril 1939)

« Parmi tous ceux qui souffrent, Nous attirons l’attention sur les enfants ; en ces jours, ils évoquent, dans leur personne, l’Enfant de Bethléem, l’ami des enfants et de l’innocence. Le Christ, qui, pour les défendre du mal s’élève avec sévérité contre toutes les formes du scandale à leur égard, prend aujourd’hui Notre voix et les défend des maux de cette terre. Pour eux, il tend la main, pour eux qui sont les premiers entre les moindres de ses frères, il répète avec douleur : « J’avais faim et vous m’avez donné à manger ; j’étais sans toit et vous m’avez reçu… ; j’étais nu et vous m’avez revêtu » (Mt 25,35).

Notre cœur se serre à la pensée du malheur de ces tendres petits : à peine entrés dans la vie, ils sont ainsi bientôt condamnés à n’en goûter que les amertumes et à éprouver la dureté de cœur d’hommes dont la gloire devrait être de rendre heureuse l’enfance. » LETTRE AU SECRÉTAIRE D’ÉTAT POUR ENCOURAGER LES OEUVRES DE CHARITÉ EN FAVEUR DES VICTIMES DE LA GUERRE (21 décembre 1940)

« Mais, de même que Dieu est la source et le soutien du droit, il est aussi l’inspirateur et la récompense de la vertu : personne ne l’égale parmi les législateurs (cf. Jb 36,22). Telle est, au témoignage de tous les hommes de bon sens, la racine amère et prolifique des maux du monde : la méconnaissance de la divine Majesté, l’abandon des lois divines ou une détestable inconstance, qui fait balancer entre le licite et l’illicite, entre la justice et l’iniquité.

De là découlent l’égoïsme aveugle et effréné, la soif de plaisirs, l’alcoolisme, la mode impudique et dispendieuse, la criminalité qui n’est pas rare même chez les mineurs, l’ambition d’arriver au pouvoir, l’incurie à l’égard des pauvres, les désirs d’iniques richesses, la désertion des campagnes, la légèreté dans la conclusion des mariages, les divorces, la désagrégation des familles, le refroidissement du mutuel amour entre parents et enfants, la limitation des naissances, l’affaiblissement de la race, la baisse du respect dû aux autorités, ou le servilisme, ou la rébellion, l’abandon des devoirs envers la patrie et l’humanité.

En outre, Nos plaintes se font plus vives encore, de ce que souvent dans tant d’écoles, on méprise ou on ignore le Christ, on ramène toute l’explication de l’univers et du genre humain au domaine du naturalisme et du rationalisme, et de ce que l’on cherche à établir de nouveaux systèmes d’éducation, qui dans la vie intellectuelle et morale de la nation ne pourront pas ne pas porter de tristes fruits.

La famille chrétienne. Les enfants, heureux gages d’amour.

Il en est ainsi de la vie domestique. De même que, dans l’observation de la loi du Christ, elle s’épanouit en une vraie félicité, de même, en répudiant l’Evangile, elle dépérit misérablement, ravagée par le vice : « Celui qui scrute la loi en est rassasié, mais pour l’hypocrite, elle est un scandale » (Si 32,15). Que peut-il y avoir sur la terre de plus agréable et de plus heureux que la famille chrétienne ? Prenant son origine devant l’autel du Seigneur, où l’amour a été proclamé un lien sacré indissoluble, elle se consolide et s’accroît dans ce même amour, qu’entretient la grâce d’en haut.

Là « le mariage est honoré de tous et le lit conjugal exempt de souillures » (He 13,4) ; les murs de ces foyers tranquilles ne retentissent pas de querelles ; ils ne sont pas témoins de secrets martyres causés par la révélation d’hypocrites manœuvres d’infidélité. Une solide confiance éloigne l’aiguillon du soupçon ; dans un mutuel amour de bienveillance s’apaisent les douleurs, s’accroissent les joies. Là, les enfants ne sont pas considérés comme de pesants fardeaux, mais comme de doux objets de tendresse.

Là, ni de honteux motifs utilitaires ni la recherche de voluptés stériles ne font que soit empêché le don de la vie et que ne tombent en désuétude les doux noms de frères et sœurs. Avec quel zèle les parents ne mettent-ils pas toute leur sollicitude pour que leurs enfants ne grandissent pas seulement en vigueur physique, mais qu’ils suivent aussi les traces de leurs aïeux fréquemment évoqués, afin d’être auréolés de cette lumière que procurent la profession d’une foi très pure et l’honnêteté morale.

Touchés de tant de bienfaits, les enfants regardent comme leur suprême devoir d’honorer leurs parents, de seconder leurs désirs, de les soutenir d’une aide fidèle dans leur âge avancé, de charmer leur vieillesse par une affection qui, survivant à la mort, sera rendue encore plus glorieuse et plus complète dans le royaume du ciel. Les membres de la famille chrétienne, sans murmure dans l’adversité, sans ingratitude dans la prospérité, sont toujours remplis de confiance en Dieu, ils obéissent à son autorité suprême, se reposent sur sa volonté et n’attendent pas en vain son secours.

Indissolubilité du mariage. Maux causés par le divorce.

Pour constituer et maintenir les familles conformément aux sages enseignements de l’Évangile, les fidèles doivent être souvent exhortés à cet égard par ceux qui, dans les églises, assument une charge d’enseignement ou de direction. Qu’ainsi leurs soins assidus s’ingénient à préparer au Seigneur un peuple parfait. Pour ce même motif, il est souverainement important de veiller à ce que le dogme de l’unité et de l’indissolubilité de droit divin du lien matrimonial soit religieusement considéré et saintement sauvegardé par ceux qui contractent mariage.

Que ce point capital de la doctrine catholique ait une puissante efficacité pour une forte cohésion de la famille, pour le progrès et la prospérité de la société civile, pour la vie saine du peuple, pour une civilisation dont la lumière ne soit pas fausse et vaine, de nombreux esprits même éloignés de notre foi le reconnaissent, grâce à leur remarquable sens politique. Oh ! si votre patrie avait pu seulement connaître, par l’expérience des autres et non point par des exemples personnels, la grande quantité de maux engendrés par l’autorisation du divorce !

Que l’attachement à la religion, l’amour pour le noble peuple américain, poussent à combattre et à extirper ce mal funeste et grandissant dont les conséquences ont été décrites par le pape Léon XIII en des termes énergiques et exacts : « Par le divorce, les engagements du mariage deviennent révocables ; l’affection réciproque est affaiblie ; l’infidélité reçoit de pernicieux stimulants ; la protection et l’éducation des enfants sont compromises ; il donne occasion à la dissolution de la société domestique ; il sème des germes de discorde entre les familles ; il amoindrit et avilit la dignité de la femme qui court le risque d’être abandonnée après avoir servi aux passions de l’homme. Et comme rien ne contribue davantage à détruire les familles et à affaiblir les Etats que la corruption des mœurs, il est facile de reconnaître que le divorce est extrêmement nuisible à la prospérité des familles et des peuples ». » ENCYCLIQUE « SERTUM LAETITIAE » AUX ÉVÊQUES DES ÉTATS-UNIS
(1er novembre 1939)

« Mais, à cette croisade de prières, il Nous plaît de stimuler de façon spéciale ceux, qu’à l’exemple du divin Rédempteur, dont Nous tenons la place sur terre, Nous aimons avec la plus vive tendresse et affection : Nous voulons parler des enfants qui dans la fleur de l’âge font rayonner autour d’eux l’innocence, la douceur et la grâce. Par une pieuse coutume, les pères et mères de famille conduisent chaque jour leurs jeunes enfants, même les plus petits, à l’autel de la Vierge, les lui offrant avec les fleurs de leurs jardins et de leurs champs, et avec leurs prières et celles de leurs enfants. Et comment cette Mère du ciel n’accueillerait-elle pas tant de voix suppliantes, implorant la paix pour les citoyens, les peuples, les nations ? Comment pourrait-elle ne pas les accueillir, si aux prières des anges du ciel s’unissent celles des enfants, qui sont bien les anges de cette terre ? Assurément, invoquée par tant de prières, la Vierge Marie prendra en main cette question qui angoisse aujourd’hui le monde entier, et fléchissant son divin Fils, gravement offensé par tant de péchés, obtiendra de lui, dans une situation plus calme, la paix des coeurs et la concorde fraternelle entre les peuples.

Et Jésus, qui durant sa vie mortelle aimait d’une façon spéciale l’âge innocent, et qui par les paroles : « Laissez venir à moi les petits enfants, parce que le royaume de Dieu leur appartient » (Mc 10,14) reprochait aux apôtres d’arrêter les enfants qui venaient s’offrir à ses baisers, Jésus pourrait-il trouver des prières plus faciles à exaucer que celles des enfants qui, en un geste suppliant, lèvent vers lui et sa Mère leurs mains candides et innocentes ?

Le pape Léon le Grand, Notre prédécesseur d’immortelle mémoire, disait : « Le Christ aime l’enfance, lui qui fut d’abord enfant par le corps et l’âme ; le Christ aime l’enfance, maîtresse d’humilité, règle d’innocence, modèle de douceur »2. Si donc, dans toutes les villes, dans les bourgs, dans les plus lointains villages, partout où brille la lumière de l’Évangile, des groupes d’enfants vont prier dans les églises, Nous voulons espérer que, les inimitiés étant apaisées, les âmes pacifiées, et éteintes les discordes entre peuples, l’humanité, guidée par la Vierge Marie, verra lui sourire des temps meilleurs. » LETTRE AU SECRÉTAIRE D’ÉTAT POUR UNE GRANDE CROISADE DE PRIÈRES DANS LE MONDE ENTIER POUR DEMANDER LA PAIX (20 avril 1939)

« De plus, il y a pour Nous un autre motif de confiance et d’espérance. Nous avons auprès du trône du Très-Haut, pleine de bonté, la Mère de Dieu, qui est aussi notre Mère à tous, et qui par sa toute-puissante intercession peut certainement tout nous obtenir de Lui. Confions-nous, par conséquent, à son patronage, nous-mêmes et tout ce qui est nôtre. Qu’elle accueille nos prières et nos vœux ; qu’elle accueille les actes de pénitence chrétienne et les aumônes que nous offrons en abondance pour nous rendre propice la divine Majesté. Qu’elle sèche tant de larmes, réconforte tant d’afflictions, adoucisse tant de douleurs et nous les rende plus légères et plus supportables par l’espérance des biens éternels. Que si, nous souvenant de nos fautes, nous ne nous estimons pas dignes de sa maternelle tendresse, conduisons fréquemment et nombreux à son saint autel, surtout pendant le prochain mois de mai, pour y plaider notre cause, nos petits enfants dont les âmes candides, les lèvres innocentes et les yeux limpides semblent reproduire et refléter quelque chose de la lumière céleste. Unis à nous dans la prière, qu’ils nous obtiennent que partout où s’insinue aujourd’hui l’envieuse convoitise vienne se poser bientôt l’amour ; que là où font rage aujourd’hui les échanges d’injures règne le pardon ; que là où la discorde divise les âmes, succède la concorde qui les rapproche et cimente leur union ; que là enfin où s’excitent de furieuses inimitiés qui bouleversent tout misérablement, se nouent de nouveaux pactes d’amitié rétablie qui apportent aux esprits la sérénité et à toutes choses la tranquillité et le rétablissement de l’ordre.

Que ces petits implorent de la bonté de la Mère de Dieu le céleste réconfort pour tous ceux qui sont dans le malheur et, en particulier, pour les réfugiés, les exilés, les prisonniers et les blessés qui souffrent dans les hôpitaux ; qu’ils lui demandent avec insistance, de leurs voix innocentes, que soit abrégée la durée de ce si terrible fléau, en sorte qu’après avoir été « justement affligés pour nos péchés, nous respirions enfin, consolés par la grâce divine », et qu’ainsi revienne au plus tôt briller dans notre ciel une paix pleine, solide et durable, qui, inspirée et pénétrée par la majesté sacrée de la justice et par la vertu de charité, ne recèle pas des germes cachés de discorde et de rancœurs et ne contienne pas des semences de guerres futures, mais qui, faisant fraterniser toutes les nations dans les liens de l’amitié et les aidant à jouir dans une tranquille liberté des fruits de leur travail, les accompagne et les dirige, confiantes, par les sentiers du pèlerinage terrestre vers la patrie céleste. » LETTRE AU SECRÉTAIRE D’ÉTAT POUR PRESCRIRE DES PRIÈRES PUBLIQUES EN FAVEUR DE LA PAIX (20 avril 1941)

7 déc. : St Ambroise, Ev., Conf. et Docteur de l’Eglise, P. des apiculteurs et brasseurs.

Vertu du jour proposée à imiter : force et lutte contre le respect humain, l’esprit de « tolérance » et le paganisme ambiant.

« Rome, qui conserve dans l’insigne basilique dédiée à Ambroise et à Charles Borromée les marbres sacrés et éternels qui rappellent la piété de Pie XI et votre vénération envers lui, se réjouit avec vous dans cette commémoration centenaire d’Ambroise et se joint à Milan pour saluer, applaudir et louer cet astre romain de prudence humaine et de sagesse chrétienne, dont les rayons ont répandu assez de lumière et de chaleur sur la métropole lombarde pour donner son nom à l’ardeur religieuse de son peuple et à l’hommage liturgique du culte divin.

Derrière l’abside de ce grand édifice qui leur est dédié, Ambroise et Charles, grâce à votre munificence, se dresseront à découvert en face des ruines récemment découvertes du tombeau d’Auguste et de l’autel de la paix, monuments que le jeune Ambroise put autrefois admirer dans leur splendeur, et en présence de leurs ruines majestueuses il montrera à Charles la caducité de toutes les grandeurs humaines en face de Dieu. Tous deux furent des géants de la foi et de la discipline ecclésiastique ; tous deux sont la gloire de l’Eglise de Milan, semblables et différents dans le temps et l’activité, dans la hardiesse et le zèle, dans les luttes et les victoires, mais toujours égaux par le regard qu’ils fixent sur Pierre, parce que dans Charles se trouve l’âme d’Ambroise, et ce dernier est le précurseur de Charles.

L’action de saint Ambroise.

Les abeilles de la Moselle déposèrent sur les lèvres enfantines d’Ambroise le miel de la divine éloquence. Il reçut aussi de son sang romain l’austère et forte empreinte du caractère des Quirites, caractère que Dieu harmonisa avec les aspirations et les besoins de son temps. A la place de l’épée, au lieu des victoires des armes et du barreau, le ciel lui destinait le pallium des évêques et la sublime victoire de l’éloquence évangélique.

Sa jeunesse vit les luttes de l’arianisme, l’effort éphémère de Julien l’Apostat pour ranimer un instant le paganisme mourant ; parvenu à l’âge d’homme, il fut témoin du nouveau partage de l’Empire romain au temps de Valentinien et de Valens, des guerres continuelles contre les barbares envahisseurs qui triomphèrent des légions romaines dans les plaines d’Andrinople. Evêque, il fut le tuteur des fils de Valentinien, vaincu et tué, et l’ami sans faiblesse du grand Théodose.

Lui aussi fut grand, à l’égal des Pères et Docteurs de l’Eglise les plus célèbres. Vous pourrez le célébrer comme un vigoureux champion qui sut unir en lui, à un haut degré, la force du Romain et l’esprit du Christ, résister aux Césars eux-mêmes pour défendre les droits de la foi et de la morale. Vous pouvez admirer en lui le sage conseiller et le soutien politique et religieux de trois empereurs et de leur trône ; le champion de la liberté et de l’indépendance de l’Eglise ; le Docteur de la primauté de Pierre et le marteau de l’hérésie ; l’ascète à l’abnégation héroïque, le père des pauvres, la Bouche d’or de l’Occident, le consolateur de Monique et celui qui baptisa Augustin ; le poète des hymnes sacrées, le prêtre de l’autel, le modèle des pasteurs et des évêques, le saint qui est le sel de la terre et la lumière du monde.

L’exemple de sa jeunesse vertueuse.

Mais en outre il Nous plaît d’attirer votre attention sur un aspect particulier de la figure de ce saint. En effet, de son berceau, de son enfance et de sa jeunesse se dégage une lumière capable d’illuminer aussi notre siècle et la société moderne, au milieu du paganisme renaissant — très peu différent de celui qui entourait le jeune Ambroise — où grandit aujourd’hui la jeunesse ; c’est l’exemple admirable d’une âme qui, même avant d’être baptisée, demeura forte et ferme dans la vertu, sans jamais se laisser souiller par le culte et la morale du paganisme, constante et imperturbable dans ses nobles idées et desseins, toujours inébranlable malgré le vent des amitiés païennes.

Vous tous, chers fils, vous n’ignorez pas les périls que rencontre aujourd’hui la jeunesse chrétienne, pour laquelle l’exemple d’Ambroise se présente comme une invitation pressante à la vigilance, à la force et à la dignité de caractère, aux yeux de l’Eglise et de la patrie, à l’égard de cette empreinte et de ce sceau de romanité que revêt aussi la foi dans le Christ et qui fait que partout où se trouve un chrétien catholique, là se trouve Rome. La Rome de Pierre se trouve et vit aussi dans votre ville de Milan, puisque la foi ambrosienne est la foi de Rome, puisque Ambroise avec la foi de Rome, par laquelle là où est Pierre, là est l’Eglise, a fait la grandeur de Milan.

Votre pèlerinage en est un témoignage manifeste et, dans votre esprit, les souvenirs et les gloires semblent alterner, puisque vous êtes venus prier sur la tombe d’un glorieux pontife donné à Rome par Milan, pendant qu’à Milan vous vénérez la châsse d’un grand évêque, Docteur de l’Eglise, votre Père, qui vous a été donné par Rome. Ceci n’est-il pas le lien sacré de l’unité de l’Eglise ?

Et Nous qui vous embrassons tous dans l’universelle charité du Christ et dans la sollicitude de Pierre pour toutes les Eglises, Nous sommes profondément heureux de vous voir à Nos côtés ; Nous Nous réjouissons vivement de vous voir multiplier les efforts pour honorer, toujours avec une plus noble émulation, votre maître le plus sage et le plus ancien, votre plus illustre évêque et patron. Il fut, en un siècle non moins agité et troublé que le Nôtre, un promoteur et un défenseur de paix et de concorde entre les Césars et les prétendants à l’Empire.

Au début de sa magistrature civile, au milieu du peuple de Milan divisé au sujet de l’élection de l’évêque, il apparut en pacificateur des partis, se révélant le sage médiateur de la paix ; si bien que la paix elle-même se fortifiait en lui et changeait ses insignes consulaires pour l’habit sacré et plus digne de métropolitain du vicariat d’Italie. Aussi, Nous n’hésitons pas à le vénérer et à l’invoquer comme un grand protecteur de la paix de l’Eglise et du monde, vous exhortant à faire en sorte que les honneurs rendus à sa mémoire soient aussi une fervente prière « pour tous les hommes, pour les rois et pour tous les dépositaires de l’autorité, afin que nous passions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. Cela est bon et agréable aux yeux de Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1Tm 2,1-2). DISCOURS AUX PÈLERINS MILANAIS POUR LE PREMIER ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE PIE XI (11 février 1940)

8 déc. : Immaculée Conception de la Ste Vierge. Invoquée pour obtenir la pureté parfaite.

Vertu du jour proposée : la dévotion à Marie.

« Nous souhaitons que vous tourniez aujourd’hui vos regards vers la très douce Vierge Marie, dont l’Eglise après-demain célébrera la fête sous le titre de l’Immaculée Conception. Titre suave, prélude de toutes les autres gloires de Marie, privilège unique, au point de sembler quasi identifié avec sa personne même : « Je suis, dit-elle à sainte Bernadette dans la grotte de Massabielle, je suis l’Immaculée Conception ».

Une âme immaculée ! Lequel d’entre vous, au moins en ses meilleurs moments, n’a pas désiré l’être ? Qui n’aime point ce qui est pur et sans tache ? Qui n’admire la blancheur des lys qui se mirent dans le cristal d’un lac limpide, ou les cimes neigeuses qui reflètent l’azur du firmament ? Qui n’envie l’âme candide d’une Agnès, d’un Louis de Gonzague, d’une Thérèse de l’Enfant-Jésus ?

L’homme et la femme étaient immaculés lorsqu’ils sortirent des mains créatrices de Dieu. Souillés par le péché, ils durent commencer par le sacrifice expiatoire de victimes sans tache l’oeuvre de purification que seul « le précieux Sang du Christ, celui de l’Agneau sans défaut et sans tache » (1P 1,19), rendit efficacement rédemptrice. Et pour continuer son oeuvre, Jésus-Christ voulut que l’Eglise, sa mystique épouse, « fut sans tache, sans ride… sainte et immaculée » (Ep 5,27). Chers époux, tel est précisément le modèle que le grand apôtre Paul vous propose : « Maris, écrit-il, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l’Eglise » (Ep 5,25), car ce qui fait la grandeur du sacrement de mariage, c’est son rapport avec l’union du Christ et de l’Eglise (Ep 3,32).

Vous penserez peut-être que l’idée d’une pureté sans tache s’applique exclusivement à la virginité, idéal sublime auquel Dieu appelle non pas tous les chrétiens, mais seulement des âmes d’élite. Vous connaissez de ces âmes, mais, tout en les admirant, vous n’avez pas cru que telle fût votre vocation. Sans tendre vers le sommet du renoncement total aux joies terrestres, vous avez, en suivant la voie ordinaire des commandements, le légitime désir de vous voir entourés d’une glorieuse couronne d’enfants, fruits de votre union. Et pourtant l’état de mariage, voulu par Dieu pour le commun des hommes, peut et doit avoir sa pureté sans tache.

Est immaculé devant Dieu quiconque accomplit ses devoirs d’état avec fidélité et sans faiblesse. Dieu n’appelle pas tous ses enfants à l’état de perfection, mais Il invite chacun d’eux à la perfection de son état. « Soyez parfaits, disait Jésus, comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48). Vous connaissez les devoirs de la chasteté conjugale. Ils exigent un réel courage, héroïque parfois, et une confiance filiale en la Providence ; mais la grâce du sacrement vous a été donnée précisément pour faire face à vos devoirs. Ne vous laissez donc pas dérouter par des prétextes trop en vogue et des exemples malheureusement trop fréquents.

Ecoutez plutôt les conseils de l’ange Raphaël au jeune Tobie qui hésitait à prendre pour épouse la vertueuse Sara : « Ecoutez-moi, et je vous apprendrai quels sont ceux sur qui le démon peut prévaloir : ce sont ceux qui entrent dans le mariage en bannissant Dieu de leur coeur et de leur pensée » (Tb 6,16-17). Et Tobie éclairé par cette exhortation angélique dit à sa jeune épouse : « Nous sommes les enfants des saints et nous ne pouvons pas nous unir comme les païens qui ignorent Dieu » (Tb 8,5). N’oubliez jamais que l’amour chrétien a un but bien supérieur à une fugitive satisfaction.

Ecoutez enfin la voix de votre conscience, qui répète au fond de vous-mêmes l’ordre donné par Dieu au premier couple humain : « Soyez féconds et multipliez-vous » (Gn 1,22). Alors, selon l’expression de saint Paul, « le mariage sera honoré de tous et le lit conjugal exempt de souillure » (He 13,4). Demandez cette grâce spéciale à la Sainte Vierge au jour de sa prochaine fête.

Pour devenir la digne Mère de Dieu, Marie fut immaculée dès sa conception. Aussi l’Eglise prie-t-elle dans sa liturgie, où résonne l’écho de ses dogmes : « Dieu, qui par la conception immaculée de la Vierge avez préparé à votre Fils une demeure digne de Lui… ». Cette Vierge Immaculée, devenue Mère par un autre unique et divin privilège, saura donc comprendre vos désirs de pureté intérieure et les joies familiales auxquelles vous aspirez. Plus votre union sera sainte et exempte de péché, plus Dieu et sa Mère très pure vous béniront, jusqu’au jour où la Bonté suprême unira à jamais dans le ciel ceux qui se seront chrétiennement aimés sur la terre. » DISCOURS AUX JEUNES ÉPOUX (6 décembre 1939)

« Le XIXe siècle devait pourtant, après la tourmente révolutionnaire, être à bien des titres le siècle des prédilections mariales. Pour ne citer qu’un fait, qui ne connaît aujourd’hui la « médaille miraculeuse » ? Révélée, au coeur même de la capitale française, à une humble fille de S. Vincent de Paul que Nous eûmes la joie d’inscrire au catalogue des saints, cette médaille frappée à l’effigie de « Marie conçue sans péché » a répandu en tous lieux ses prodiges spirituels et matériels. Et quelques années plus tard, du 11 février au 16 juillet 1858, il plaisait à la Bienheureuse Vierge Marie, par une faveur nouvelle, de se manifester sur la terre pyrénéenne à une enfant pieuse et pure, issue d’une famille chrétienne, laborieuse dans sa pauvreté. « Elle vient à Bernadette, disions-Nous jadis, elle en fait sa confidente, la collaboratrice, l’instrument de sa maternelle tendresse et de la miséricordieuse toute-puissance de son Fils, pour restaurer le monde dans le Christ par une nouvelle et incomparable effusion de la Rédemption ».

Dans une société, qui n’a guère conscience des maux qui la rongent, qui voile ses misères et ses injustices sous des dehors prospères, brillants et insouciants, la Vierge Immaculée, que jamais le péché n’effleura, se manifeste à une enfant innocente. Avec une compassion maternelle, elle parcourt du regard ce monde racheté par le sang de son Fils, où hélas le péché fait chaque jour tant de ravages, et, par trois fois, elle lance son pressant appel : « Pénitence, pénitence, pénitence ! » Des gestes expressifs sont même demandés : « Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs. » Et au geste il faut joindre la supplication : « Vous prierez Dieu pour les pécheurs. »

Ainsi, comme au temps de Jean-Baptiste, comme au début du ministère de Jésus, la même injonction, forte et rigoureuse, dicte aux hommes la voie du retour à Dieu : « Repentez-vous ! » (Matth, ni, 2 ; iv, 17). Et qui oserait dire que cet appel à la conversion du cœur a, de nos jours, perdu de son actualité ?

Mais la Mère de Dieu pourrait-elle venir vers ses enfants, si ce n’est en messagère de pardon et d’espérance ? Déjà l’eau ruisselle à ses pieds : Omnes sitientes, venite ad aquas, et haurietis salutem a Domino 18. A cette source, où Bernadette docile est allée la première boire et se laver, afflueront toutes les misères de l’âme et du corps. « J’y suis allé, je me suis lavé et j’ai vu » (Jean ix, 11), pourra répondre, avec l’aveugle de l’Evangile, le pèlerin reconnaissant. Mais, comme pour les foules qui se pressaient autour de Jésus, la guérison des plaies physiques y demeure, en même temps qu’un geste de miséricorde, le signe du pouvoir que le Fils de l’Homme a de remettre les péchés (Mc 11,10). Auprès de la grotte bénie, la Vierge nous invite, au nom de son divin Fils, à la conversion du coeur et à l’espérance du pardon. L’écouterons-nous ? » LETTRE ENCYCLIQUE A L’OCCASION DU CENTENAIRE DES APPARITIONS DE LA TRÈS SAINTE VIERGE A LOURDES (2 juillet 1957)

« Le Saint-Père honore Dominique Savio.

4. — Alors que les trois héros que nous venons de commémorer avaient prodigué toutes leurs forces viriles dans le dur combat contre les forces du mal, voici qu’apparaît à notre regard l’image de Dominique Savio, fragile adolescent, au corps faible, mais à l’âme tendue dans une pure oblation de soi à l’amour surhumainement délicat et exigeant du Christ. A un âge si tendre, on s’attendrait plutôt à trouver de bonnes et aimables dispositions d’esprit ; en revanche, on découvre en lui avec stupeur les merveilleuses voies des inspirations de la grâce, une adhésion constante et sans réserve aux choses du ciel que sa foi percevait avec une rare intensité. A l’école de son Maître spirituel, le grand saint Don Bosco, il apprit que la joie de servir Dieu et de le faire aimer par les autres peut devenir un puissant moyen d’apostolat.

Le 8 décembre 1854 le vit élevé en une extase d’amour envers la Vierge Marie, et, peu après, il réunissait quelques-uns de ses amis dans la « Compagnie de l’Immaculée Conception », afin d’avancer à grands pas sur le chemin de la sainteté et d’éviter jusqu’au plus petit péché. Il incitait ses compagnons à la piété, à la bonne conduite, à la fréquentation des sacrements, à la récitation du chapelet, à l’éloignement du mal et des tentations. Sans se laisser intimider par de mauvais accueils et par des réponses insolentes, il intervenait avec fermeté, mais charitablement, pour rappeler au devoir les écervelés et les pervers. Comblé déjà en cette vie de la familiarité et des dons du doux Hôte de l’âme, il quitta bientôt la terre pour recevoir, avec l’intercession de la Reine céleste, la récompense de son amour filial. » ALLOCUTION LORS DE LA CANONISATION DES SAINTS PIERRE CHANEL, GASPARD DEL BÚFALO JOSEPH PIGNATELLI, DOMINIQUE SAVIO MARIE CRUCIFIÉE DI ROSA (12 juin 1954)

Après la mort du saint, Don Bosco revit st Dominique Savio dans une vision, à la tête d’une foule innombrable de jeunes gens, de prêtres et d’abbés. Dominique s’avança seul de quelques pas. « Pourquoi as-tu une robe si blanche et si brillante ? »Le chœur répondit, accompagné de tous les instruments : « Ils ceignirent leurs reins et blanchirent leur robe dans le sang de l’Agneau.– Pourquoi portes-tu autour des reins cette ceinture de pourpre ? » Don Alassonati, prêtre ayant secondé Don Bosco, se mit à chanter : « Ils sont vierges et accompagnent l’Agneau partout où il va. » Je compris que cette ceinture était le symbole des sacrifices que Dominique avait faits pour garder la chasteté, sacrifices si grands qu’on peut les comparer au martyre. Cependant, voyant la foule de jeunes gens derrière Dominique :« Et ceux-ci, demandai-je, qui sont-ils ? »Ils se mirent tous à chanter : « Ils sont comme les anges de Dieu dans le ciel. »

Or, Savio avait évidemment la prééminence sur tous les autres. Je lui dis : « Comment se fait-il que toi, le plus jeune de ceux qui moururent dans nos maisons, tu es le premier ? Pourquoi parles-tu tandis qu’ils se taisent ?– C’est que je suis le plus âgé de tous ceux-ci… Et puis, je m’acquitte d’une ambassade de la part de Dieu.– Eh bien ! dis-je résolument, parle-moi du passé, du présent et de l’avenir de notre Oratoire. Dis-moi quelque chose de mes chers fils, parle-moi de la Congrégation salésienne.– Sur tous ces points j’aurais beaucoup de choses à vous révéler.

« Et le présent » demandai-je. Savio me montra alors un magnifique bouquet qu’il tenait à la main. Il était fait de violettes, de roses, de tournesols, de gentianes, de lis et d’immortelles avec, çà et là, quelques épis de blé. Il me le présenta en disant :« Ce bouquet, présentez-le à vos fils ; faites en sorte que tous l’aient et que personne ne le leur enlève. Il fera leur bonheur… Ces fleurs symbolisent les vertus qui plaisent le plus au Seigneur. – Et quelles sont ces vertus ? – La rose est le symbole de la charité, la violette de l’humilité, le tournesol de l’obéissance, la gentiane de la pénitence et de la mortification, les épis de blé, de la communion fréquente et les lis, de cette belle vertu dont il est écrit : « Ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel » ; enfin l’immortelle signifie que ces vertus doivent durer toujours, elle est le symbole de la persévérance.

– Eh bien ! Mon cher Dominique, toi qui as pratiqué toutes ces vertus, dis-moi ce qui t’a le plus consolé à l’heure de la mort ? – Et vous, qu’en pensez-vous ? me dit Savio.– C’est peut-être d’avoir conservé sans tache la vertu de pureté…, ou la paix d’une bonne conscience…, ou l’espérance du Paradis… ou le trésor de tes bonnes œuvres ?– Non, non. Il y a mieux… Ce fut l’assistance de l’aimable et puissante Mère de Dieu. Et cela, dites-le à vos fils, afin qu’ils ne cessent de la prier jusqu’à la fin de leur vie.

– Parlons donc de l’avenir. – Si vos prêtres se montrent dignes de leur haute mission, l’avenir sera magnifique et apportera le salut à un grand nombre d’âmes, à condition cependant que vos fils soient fidèles à la dévotion à Marie et qu’ils gardent la chasteté, cette vertu si belle aux yeux de Dieu.

– Encore une question. Mes jeunes gens sont-ils dans la voie du salut ?– On peut les distribuer en trois classes. Voyez-vous ces trois billets ?…Regardez. »– Encore une question. Mes jeunes gens sont-ils dans la voie du salut ?– On peut les distribuer en trois classes. Voyez-vous ces trois billets ?…Regardez. » J’ouvris le premier billet et je vis écrit invulnerati (sans blessure). Il contenait le nom de ceux qui avaient conservé sans tache leur innocence. Ils étaient nombreux et je les vis tous. J’en connaissais un grand nombre. Ils marchaient le corps droit malgré les flèches lancées contre eux.

Dominique me donna le second billet sur lequel je lus le mot vulnerati (blessés). Il contenait les noms de ceux qui avaient perdu la grâce de Dieu, mais qui avaient été guéris par le repentir et la confession. Ils étaient plus nombreux que les précédents.

Savio tenait encore le troisième billet ; on y lisait lassati in via iniquitatis (ceux qui ont persévéré dans la voie de l’iniquité). Là devaient figurer les noms de tous ceux qui vivaient dans le péché mortel. Savio me dit avec une certaine vivacité :« Attendez un moment. Quand vous ouvrirez ce billet, il en sortira une puanteur que vous ne pourrez supporter. Les anges et l’Esprit-Saint lui-même sentent la puanteur du péché et l’ont en horreur. » Il me donna le troisième billet et me dit : « Prenez-le et sachez en profiter pour vos jeunes gens ; mais n’oubliez pas le bouquet que je vous ai montré. Ayez soin que tous l’aient et le conservent. »

J’ouvris le billet. Il ne portait aucun nom, mais à l’instant je vis tous ceux qui s’y trouvaient comme s’ils eussent été présents sous mes yeux. Je les vis avec une grande amertume de cœur, car j’en reconnus la plus grande partie. J’en vis beaucoup qui passaient pour bons ou étaient même considérés comme des meilleurs.

À peine eus-je ouvert le billet qu’il s’en exhala une puanteur tellement insupportable que je crus en mourir. L’air s’obscurcit et la merveilleuse vision disparut. J’entendis un grand coup de tonnerre et je m’éveillai rempli d’épouvante. Cette puanteur pénétra jusqu’aux murailles et s’attacha si bien à mes vêtements que, longtemps après, je croyais encore la sentir.Même aujourd’hui, rien qu’en y pensant, j’ai des nausées et j’éprouve une envie de vomir. » Songe de Don Bosco, la nuit du 6 décembre 1876, « Mémoires biographiques ».

10 déc. : Translation de la maison de la T. S. Vierge Marie à Lorette. Fête patronale des aviateurs.

Vertu du jour proposée à imiter :

12 déc. : St Aubert, Ev, et Conf., P. des Boulangers. Invoqué pour augmenter « la piété et le désir du salut » (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

13 déc. : Ste Lucie, Vierge et M., P. des couturières. Invoquée contre maux de gorge et maladies contagieuses, pour obtenir « la ferveur d’une ste dévotion » (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

14 déc. : Ste Odile, V. P. des aveugles. Invoquée contre l’aveuglement matériel et spirituel (collecte).

21 déc. : St Thomas, Apôtre. P. des architectes et maçons. Invoqué pour imiter « sa foi avec une piété convenable » (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

JANVIER (Indulgences pour ceux qui font un exercice spécial en l’honneur du T. S. Nom de Jésus) On peut consulter le Manuel de la Confrérie du St Nom. « Nous déplorons particulièrement trois maux : l’impiété du blasphème, l’inobservance des jours de fête, et le manque de respect à la maison de Dieu. » Pie IX.

Prière : Père Éternel, par le Sang très précieux de Jésus-Christ, glorifiez son très saint Nom, selon l’intention et les désirs de son Cœur adorable. Qu’à jamais soit loué, béni, aimé, adoré, glorifié, le très saint et adorable Nom de Jésus, au ciel et sur la terre, par toutes les créatures sorties des mains de Dieu. O Jésus, dont le très doux Nom signifie Sauveur, soyez-nous Jésus et sauvez-nous ! Doux Cœur de Marie, soyez notre salut. Que votre très doux Nom, o aimable Marie, et celui de votre divin Fils Jésus, soient sanctifiés, et toujours sur nos lèvres.

3 janvier : Ste Geneviève, V. Invoquée contre la fièvre et pour obtenir son esprit de connaissance et d’amour de Dieu afin d’imiter la sainte (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

14 janvier : St Félix de Nole, Prêtre et M. . P. des tisserands.

Vertu du jour proposée à imiter :

15 janv. : St Paul, 1er Ermite, P. des vanniers.

St Maur, P. des dinandiers et batteurs de cuivre.

Vertu du jour proposée à imiter :

17 janvier : St Antoine, Abbé. P. des charcutiers, bouchers, marchands de porcs, corroyeurs, jardiniers et potiers. Invoqué contre les maladies de troupeaux et de bestiaux.

Vertu du jour proposée à imiter :

18 janvier : Fête de la Chaire de st Pierre à Rome. St Paul, Apôtre et Ste Prisque, V. et M.

Vertu du jour proposée à imiter :

 A l’occasion de la fête de la Chaire de saint Pierre, le Souverain Pontife rappelle aux jeunes époux la présence toujours réelle de saint Pierre et les exhorte à la fidélité et la fermeté dans la foi.

Rome connaît l’antique et pieuse coutume (dont d’augustes personnages ont eux-mêmes donné plus d’une fois l’exemple) que les nouveaux mariés fassent une visite à la patriarcale basilique du Vatican, pour y redire leur Credo catholique et y implorer la persévérance dans la foi. Vous-mêmes, chers fils et filles, vous voilà par une circonstance particulièrement heureuse, venus ici à la veille même du jour où l’Eglise célèbre la fête de la Chaire de saint Pierre à Rome.

Vous irez donc, si vous ne l’avez déjà fait, ou vous retournerez avec une ferveur accrue, vous prosterner et prier dans le plus grand temple de la chrétienté, non seulement sur le tombeau du Prince des apôtres, mais aussi au fond de l’abside, devant la grandiose custode de bronze où le génie du Bernin a renfermé la chaire que la la tradition attribue à saint Pierre.

La chaire est un siège, plus ou moins élevé, plus ou moins solennel, où enseigne le maître. Regardez la chaire d’où le premier pape adressait la parole aux premiers chrétiens, comme Nous-même en ce moment. C’est là qu’il les excitait à la vigilance contre le diable qui, tel un lion rugissant, rôde autour de Nous et cherche qui dévorer (1P 5,8-9) ; c’est là qu’il les exhortait à la fermeté dans la foi, pour ne pas être entraînés par les erreurs des faux prophètes (2P 2,1 2P 3,17). Cet enseignement de Pierre continue dans ses successeurs, et il continuera, immuable, à travers les temps, parce que telle est la mission que le Christ lui-même a donnée au chef de l’Eglise.

Pour relever le caractère universel et indéfectible de cet enseignement, le siège de la primauté spirituelle a été, après une providentielle préparation, fixé dans la ville de Rome. Dieu, selon la remarque de Notre grand prédécesseur Léon Ier, amena par sa Providence les peuples à se réunir en un seul empire, dont Rome était la capitale, afin que d’elle la lumière de la vérité, révélée pour le salut de tous les peuples, se répandit plus efficacement dans tous ses membres 2.

Les successeurs de Pierre, mortels comme tous les hommes, passent eux aussi, plus ou moins rapidement. Mais la primauté de Pierre subsistera toujours, grâce à l’assistance spéciale qui lui fut promise quand Jésus le chargea de confirmer ses frères dans la foi (Lc 22,32). Qu’importe le nom, le visage, les origines humaines de chaque pape ; c’est toujours Pierre qui vit en lui, c’est Pierre qui dirige et gouverne, c’est Pierre surtout qui enseigne et qui répand sur le monde la lumière de la vérité libératrice. Cela faisait dire à un grand orateur sacré que Dieu a établi à Rome une chaire éternelle : « Pierre vivra dans ses successeurs ; Pierre parlera toujours dans sa chaire. » 3

Or, voici le grand avertissement — nous l’avons déjà mentionné — que saint Pierre adressait aux chrétiens de son temps : « Il y eut dans le peuple choisi des faux prophètes, comme il y aura parmi vous des maîtres de mensonge… Vous voilà prévenus : tenez-vous sur vos gardes et veillez à ce que l’erreur des sots ne vous fasse pas déchoir de votre fermeté » (cf. n Pierre).

A vous aussi, chers jeunes mariés, bien que vous viviez dans notre Italie profondément catholique, où notre sainte religion est « la seule religion de l’Etat » et où « une dignité conforme aux traditions catholiques du peuple » est reconnue au mariage, « base de la famille » 4, à vous aussi il pourra arriver de rencontrer des propagateurs de doctrines hostiles à la foi.

Vous pourrez entendre autour de vous traiter parfois la religion de chose accessoire, sinon nuisible, au regard des urgentes préoccupations de la vie matérielle. On vantera peut-être devant vous une sentimentalité religieuse sans dogmes ; on soutiendra des erreurs et des préjugés contraires à ce que le catéchisme vous enseigne touchant le mariage, son unité, son indissolubilité ; vous entendrez dire que le mariage chrétien impose aux époux des obligations excessives, impossibles à remplir. Impossibles, oui, aux seules forces humaines ; mais c’est pour cette raison que le sacrement a mis et conserve en vous, avec l’état de grâce, des forces divines.

Rien de ce que Dieu prescrit n’est au-dessus de ces forces surnaturelles, présentes et coopérantes en vous. « Toutes les choses me sont possibles en Celui qui est ma force » (Ph 4,13), s’écrie l’Apôtre des gentils. « Non pas moi, mais la grâce de Dieu qui est avec moi » (1Co 15,10).

N’ayez donc pas peur de vos devoirs, si lourds qu’ils puissent vous paraître. Souvenez-vous que le jour où Pierre, pêcheur de Galilée, après avoir fondé l’Eglise d’Antioche et parcouru beaucoup de pays, vint, sans aide humaine, fixer définitivement à Rome sa chaire et celle de ses successeurs, il était, selon la comparaison de Léon le Grand, comme un homme entrant dans une forêt pleine de bêtes frémissantes, ou comme un voyageur s’aventurant sur un océan agité par les nombreux courants du paganisme, qui de tous les coins de l’Empire coulaient vers Rome ; néanmoins il marcha sur cette mer avec plus d’assurance que sur le lac de Genesareth, parce que sa foi était désormais divinement affermie.

Demandez à saint Pierre cette fermeté dans la foi, et vos devoirs d’époux chrétiens ne vous sembleront plus trop ardus. Au contraire, vous les pratiquerez avec joie et vous suivrez, en plein XXe siècle, les avis que le premier pape donnait aux époux de son temps : « Que les femmes soient soumises à leurs maris, afin que, s’il en est qui ne croient pas à la parole, ils soient gagnés sans la prédication, par la conduite de leurs femmes, rien qu’en voyant leur vie chaste et pleine de respect… Vous, de votre côté, maris, vivez en commun sagement avec vos femmes, comme à l’égard d’êtres plus faibles, les traitant avec honneur, puisqu’elles sont avec vous héritières de la grâce qui donne la vie » (i Pierre, ni, 1-2 et 7). Rien ne saura mieux vous préserver des vains désirs de changement, des frivoles inconstances et des dangereuses expériences, que la conscience d’être unis pour toujours l’un à l’autre dans l’état que vous avez librement choisi.

Pierre aujourd’hui vous a répété ses enseignements ; Pierre lui-même, par la main de son successeur, vous donne sa paternelle bénédiction. DISCOURS AUX JEUNES ÉPOUX (17 janvier 1940)

20 janvier : St Fabien, Pape et M., St Sébastien, M., Patron des archers.

Vertu du jour proposée à imiter :

21 janvier : Ste Agnès, V. et M. , P. des vierges et fiancés. Invoquée contre les périls de la mer.

Vertus du jour proposée à imiter : pureté et force.

ALLOCUTION AUX ENFANTS DE MARIE
(25 octobre 1942)1

A l’occasion du LXXV anniversaire de la fondation des Enfants de Marie à Rome (1867) par l’abbé Passeri, chanoine du Latran, le Saint-Père a reçu en audience les déléguées d’Italie et leur a adressé l’allocution suivante :

C’est avec une joie particulière que Nous vous accueillons et saluons, chères filles, réunies autour de Nous en cette célébration du LXXVe anniversaire de votre pieuse union. Vous êtes désireuses de recevoir la bénédiction du Vicaire du Christ, bénédiction qui vous aidera à marcher avec fidélité — mieux encore, à avancer toujours davantage dans une sainte ardeur d’édification et de piété — dans le chemin que vous indiquent vos célestes patronnes, la Vierge Immaculée, Mère de Dieu, et Agnès, la martyre.

Nécessité de la force et de la pureté chez la jeune fille.

Pureté et force : ces deux vertus, nécessaires en tous temps, mais plus que jamais dans le nôtre, sont, les deux ensemble, le véritable charme et la protection de la jeune fille qui réunit en elle la grâce et la dignité, la retenue pleine de modestie et la franche et audacieuse activité.

L’exemple de Marie Immaculée.

Pure, incomparablement plus pure que tous les anges, dont elle est la Reine, l’Immaculée est aussi la femme forte, active, fidèle à tous ses devoirs, empressée à les accomplir en toutes circonstances, fussent-elles dures et terribles. A peine l’ange Gabriel lui a-t-il apporté le divin message que vous pouvez la contempler, servante du Seigneur qui contemple l’éminente dignité et la haute charge où elle est appelée : Mère glorieuse du Christ, au pied de la croix Mère douloureuse du Rédempteur, Mère de l’humanité souffrante et misérable, secours des chrétiens, refuge des pécheurs, consolatrice des affligés. Consciente de tant de grandeur et d’un tel fardeau, la Vierge, sans hésiter, répond oui à l’ange.

Alors qu’elle était renfermée dans le recueillement du Temple, dans la solitude de sa petite demeure de Nazareth, la voici maintenant qui marche d’un pas rapide par les sentiers montagneux, impatiente de visiter et d’assister sa parente Elisabeth ; au début de la vie publique du Christ, nous la voyons, aux noces de Cana, veiller à ce que rien ne manque à la joie des époux et des convives ; perdue dans la foule, elle attend patiemment le moment de parler à Jésus ; le cœur transpercé d’un glaive, elle se tient debout au pied de la croix de son divin Fils ; au milieu des apôtres, elle prie et les prépare à recevoir la force d’en haut pour la diffusion de la Bonne Nouvelle.

Vous, chères filles, qui, réunies en ce moment devant Nous, semblez être comme une grande nuée toute blanche, sillonnée par vos rubans d’azur pareils à un ciel serein et resplendissant, n’oubliez pas que cette pureté et cette candeur doivent vous préparer aux devoirs de demain, vous soutenir, d’ores et déjà, dans les rudes devoirs d’aujourd’hui. Ce n’est pas tout d’un coup que Marie se trouva prête à dire sont Fiat ; elle s’y était préparée par sa force d’âme non moins que par sa pureté.

Jeunes femmes et jeunes filles de notre temps, vous aussi vous devez regarder vers l’avenir ; vous entraîner dans la pureté et dans la force, vous rendre franchement promptes à passer du repos de la famille et de votre pieuse union à la vie sainte et joyeuse, mais aussi difficile, d’épouses et de mères chrétiennes. Dès maintenant, employez-vous à faire alterner les heures de liesse et de tranquillité de vos réunions avec l’activité extérieure, qui exige de vous un énergique et joyeux dévouement, dans l’oubli de vous-mêmes, dans l’accomplissement des devoirs de votre état, dans les fécondes entreprises de la charité.

Comme Marie Immaculée, vous devez marcher, sinon à travers les montagnes, du moins par les rues et les places publiques, et, agiles, alertes, mais circonspectes comme dans les excursions montagneuses, vous rendre là où vous appellent vos occupations ; vous devez, dans votre vie sociale, parmi vos parents, amis et connaissances, porter avec vous la gentillesse et l’aisance, l’honnête agrément d’une courtoisie aimable et empressée ; vous devez en toute simplicité et prudence, vous mêler à une foule si diverse, affligée ou frivole, indifférente ou hostile !

Debout au pied de la croix, vous avez à dominer vos impressions de peine ou de découragement, à vous maintenir fermes dans les épreuves de la vie pour compatir aux malheurs d’autrui, pour consoler et fortifier les autres. Ne voyez-vous pas quelle pureté et quelle force tout cela requiert, si vous voulez vraiment avoir le courage de faire chaque jour votre devoir, si vous voulez, parmi tant d’immondices, garder intacte la blancheur de votre voile, l’azur céleste de votre ruban ?

Les temps actuels sont bien différents des temps passés.

Les temps sont révolus, chères enfants, où il était donné à la jeune fille de conserver la fraîcheur de sa pureté, comme le lis conserve la neige de ses pétales et l’or de son pistil, à l’abri du vent et de la poussière, dans le jardin fermé de la famille et de l’école, de l’église et de la pieuse union. Il suffisait alors de la bonne volonté, avec le soutien du sentiment de la vertu, pour grandir, fleurir, et s’épanouir dans une adolescence et une jeunesse toutes de pureté, de piété, de candeur, ignorant jusqu’à l’erreur et le mal.

Le monde d’aujourd’hui est bien différent ! Tous ceux qui se penchent avec une plus grande attention et perspicacité sur les âmes de notre temps, pour discerner les causes et les manifestations de la crise intellectuelle et morale qui agite l’humanité, sont unanimes à signaler, parmi les formes les plus périlleuses d’un tel trouble, l’irréligiosité et Pamoralité qui ont pénétré une notable partie du monde féminin ; ils montrent avec quelle facilité, dès qu’on a banni de l’esprit et du coeur toute pensée et tout sentiment religieux, la femme adhère facilement aux plus funestes erreurs et, dans l’entraînement de la passion, se trouve incapable de s’arrêter et d’hésiter devant les conséquences extrêmes, fussent-elles les plus déraisonnables et les plus répugnantes, des doctrines qui l’ont séduite, et comment alors, pour elle, si riche de sensibilité, il n’est plus de frein qui puisse la retenir, soit dans le domaine des idées, soit dans le domaine de la conduite morale.

C’est ainsi que dans l’atmosphère troublée d’aujourd’hui la plus délicate enfant — jusqu’ici si jalousement gardée et défendue — se trouve, en sortant de sa maison ou de sa famille, exposée par nécessité à se sentir le front brûlé par un air embrasé, ou fouetté d’un vent glacial et les yeux aveuglés et endoloris par la poussière soulevée sur le chemin.

Dangers et tentations d’aujourd’hui.

Oui, vos yeux voient et verront, même sans le vouloir, des obscénités morales ; ils en seront comme éblouis, ils en éprouveront la morsure ; ils doivent pourtant s’habituer à réprimer et à mortifier la curiosité malsaine qui est complice des séductions du monde. Comme un vent de tempête, vous sentirez siffler à vos oreilles la tentation séduisante ou narquoise : il faut que, sans l’écouter, sans y prendre garde, vous passiez outre, dédaigneuses d’une parole ou d’un regard.

Le vent tiède viendra, tôt ou tard, caresser votre front, enjôler votre coeur, ou peut-être même le vent brûlant viendra l’embraser d’une flamme trop vive et trop précoce ; conservez-le fidèle à Dieu, à la famille, aux bonnes amitiés. Quant à l’autre amour, attendez dans la sérénité l’heure fixée par la Providence, où un coeur vierge se donne entièrement et pour toujours.

Mais, parmi les vents, la poussière et la boue, ne vous attristez pas, ne vous découragez pas. Le même divin Esprit, qui chante dans le Cantique des Cantiques, le mystique jardin où il se plaît à cueillir des lis (Ct 6,2) exalte aussi l’humble lis des vallées, qui se dresse parmi les ronces (Ct 2,2).

L’exemple de sainte Agnès.

Votre Mère Immaculée, chères enfants, n’a pas connu la tentation, sinon en dehors d’elle, et, avec une incomparable acuité, dans le coeur de ses pauvres enfants en proie aux tentations. Mais, par contre, votre seconde patronne, sainte Agnès, l’a éprouvée, et sa vertu en retira, non certes un préjudice ni même une ombre, mais une nouvelle et plus brillante splendeur. Car sa pureté n’était pas un lis éclos d’une innocence ignorante et tranquille, mais la flamme d’un amour ardent, héroïque, plus fort que la mort. Rappelez-vous ce que dit d’elle saint Maxime dans son éloge de votre aimable patronne : « Elle regarde en face qui la flatte et elle le repousse ; qui la menace, et elle le méprise… Elle aime tant sa pureté que ni les railleries, ni les flammes, ni les tourments, ni les bourreaux ne l’effrayent. » 2.

Mais n’allez pas croire que cette force d’âme se soit manifestée subitement d’elle-même devant la tentation ou l’assaut. Elle s’était depuis longtemps accumulée dans le cœur. « Agnès, écrit saint Grégoire le Grand, n’aurait pu soutenir pour le Seigneur la mort du corps si d’abord son âme n’avait été morte aux désirs terrestres. » 3 Héroïne d’amour pour le Christ, elle était morte d’abord à elle-même et au monde, pour vivre en Jésus-Christ.

Force et pureté : voilà ce que Nous demandons pour vous à la Vierge Immaculée et à la martyre sainte Agnès, comme les deux plus précieux ornements de votre cœur. Et pour mieux obtenir de Dieu, par leur intercession, cette grâce signalée, Nous vous donnons, d’un cœur paternel, la Bénédiction apostolique.

22 janvier : Sts Vincent et Anastase, M. St Vincent patron des vignerons.

Vertu du jour proposée à imiter :

27 janvier : St Jean Chrysostome, E., Conf. et Docteur de l’Eglise. Patron des orateurs et des apiculteurs.

Vertu du jour proposée à imiter :

28 janv. : St Pierre Nolasque, Conf., Patron des prisonniers.

Vertu du jour proposée à imiter :

29 janvier : St François de Sales, E., Conf. et Docteur de l’Eglise. Patron des journalistes, des publicistes et des écrivains catholiques. Invoqué pour obtenir la « douceur de la charité » de Dieu, être éclairé par ses écrits et secouru par ses mérites (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter : douceur de la charité.

« COMME IL FAUT FORTIFIER SON CŒUR CONTRE LES TENTATIONS

Considérez de temps en temps quelles passions dominent le plus en votre âme; les ayant découvertes, prenez une façon de vivre qui leur soit toute contraire, en pensées, en paroles et en oeuvres.

Par exemple, si vous vous sentez inclinée à la passion de la vanité, faites souvent des pensées de la misère de cette vie humaine; combien ces vanités seront ennuyeuses à la conscience, au jour de la mort; combien elles sont indignes d’un coeur généreux; que ce ne sont que badineries et amusements de petits enfants, et semblables choses. Parlez souvent contre la vanité; et encore qu’il vous semble que ce soit à contrecoeur, ne laissez pas de la bien mépriser, car par ce moyen vous vous engagerez même de réputation au parti contraire; et à force de dire contre quelque chose, nous nous émouvons à la haïr, bien qu’au commencement nous lui eussions de l’affection. Faites des oeuvres d’abjection et d’humilité le plus que vous pourrez, encore qu’il vous semble que ce soit à regret; car par ce moyen vous vous habituez à l’humilité et affaiblissez votre vanité, en sorte que quand la tentation viendra, votre inclination ne la pourra pas tant favoriser, et vous aurez plus de force pour la combattre.

Si vous êtes inclinée à l’avarice, pensez souvent à la folie de ce péché qui nous rend esclaves de ce qui n’est créé que pour nous servir; qu’à la mort aussi bien faudra-t-il tout quitter, et le laisser entre les mains de tel qui le dissipera, ou auquel cela servira de ruine et de damnation, et semblables pensées. Parlez fort contre l’avarice, louez fort le mépris du monde, violentez-vous à faire souvent des aumônes et des charités, et à laisser écouler quelques occasions d’assembler [ndr : laisser passer quelques occasions d’amasser des biens].

Si vous êtes sujette à vouloir donner ou recevoir de l’amour, pensez souvent combien cet amusement est dangereux, tant pour vous que pour les autres ; combien c’est une chose indigne de profaner et employer à passe-temps la plus noble affection qui soit en notre âme; combien cela est sujet au blâme d’une extrême légèreté d’esprit. Parlez souvent en faveur de la pureté et simplicité de cœur, et faites aussi le plus qu’il vous sera possible des actions conformes à cela, évitant toutes afféteries [coquetteries] et muguetteries [ndr : conter fleurette].

En somme, en temps de paix, c’est-à-dire lorsque les tentations du péché, auquel vous êtes sujette, ne vous presseront pas, faites force actions de la vertu contraire, et si les occasions ne se présentent, allez au-devant d’elles pour les rencontrer; car par ce moyen vous renforcerez votre cœur contre la tentation future. »

« DE LA DOUCEUR ENVERS LE PROCHAIN ET REMÈDE CONTRE L’IRE

Le saint chrême, duquel par tradition apostolique on use en l’Eglise de Dieu pour les confirmations et bénédictions, est composé d’huile d’olive mêlée avec le baume, qui représente entre autres choses les deux chères et bien aimées vertus qui reluisaient en la sacrée personne de Notre-Seigneur, lesquelles il nous a singulièrement recommandées, comme si par icelles. notre cœur devait être spécialement consacré à son service et appliqué à son imitation:

« Apprenez de moi, dit-il, que je suis doux et humble de coeur.« L’humilité nous perfectionne envers Dieu, et la douceur envers le prochain. Le baume (qui, comme j’ai dit ci-dessus, prend toujours le dessous parmi toutes les liqueurs) représente l’humilité, et l’huile d’olive, qui prend toujours le dessus, représente la douceur et débonnaireté, laquelle surmonte toutes choses et excelle entre les vertus comme étant la fleur de la charité laquelle, selon saint Bernard, est en sa perfection quand non seulement elle est patiente, mais quand outre cela elle est douce et débonnaire.

Mais prenez garde, Philothée, que ce chrême mystique composé de douceur et d’humilité soit dedans votre coeur; car c’est un des grands artifices de l’ennemi de faire que plusieurs s’amusent aux paroles et contenances extérieures de ces deux vertus, qui n’examinant pas bien leurs affections intérieures, pensent être humbles et doux et ne le sont néanmoins nullement en effet; ce que l’on reconnaît parce que, nonobstant leur cérémonieuse douceur et humilité, à la moindre parole qu’on leur dit de travers, à la moindre petite injure qu’ils reçoivent, ils s’élèvent avec une arrogance nonpareille.

On dit que ceux qui ont pris le préservatif que l’on appelle communément la grâce de saint Paul, n’enflent point étant mordus et piqués de la vipère, pourvu que la grâce soit de la fine: de même, quand l’humilité et la douceur sont bonnes et vraies, elles nous garantissent de l’enflure et ardeur que les injures ont accoutumé de provoquer en nos cœurs. Que si étant piqués et mordus par les médisants et ennemis nous devenons fiers, enflés et dépités, c’est signe que nos humilités et douleurs ne sont pas véritables et franches, mais artificieuses et apparentes.

Ce saint et illustre patriarche Joseph, renvoyant ses frères d’Egypte en la maison de son père, leur donna ce seul avis : « Ne vous courroucez point en chemin. » Je vous en dis de même, Philothée cette misérable vie n’est qu’un acheminement à la bienheureuse; ne nous courrouçons donc point en chemin les uns avec les autres, marchons avec la troupe de nos frères et compagnons doucement, paisiblement et amiablement. Mais je vous dis nettement et sans exception, ne vous courroucez point du tout, s’il est possible, et ne recevez aucun prétexte quel qu’il soit pour ouvrir la porte de votre coeur au courroux; car saint Joseph dit tout court et sans réserve, que « l’ire de l’homme n’opère point la justice de Dieu »

Il faut voirement résister au mal et réprimer les vices de ceux que nous avons en charge, constamment et vaillamment, mais doucement et paisiblement. Rien ne mate tant l’éléphant courroucé que la vue d’un agnelet, et rien ne rompt si aisément la force des canonnades que la laine. On ne prise pas tant la correction qui sort de la passion, quoiqu’accompagnée de raison, que celle qui n’a aucune autre origine que la raison seule : car l’âme raisonnable étant naturellement sujette à la raison, elle n’est sujette à la passion que par tyrannie; et partant, quand la raison est accompagnée de la passion, elle se rend odieuse, sa juste domination étant avilie par la société de la tyrannie. Les princes honorent et consolent infiniment les peuples quand ils les visitent avec un train de paix; mais quand ils conduisent des armées, quoique ce soit pour le bien public, leurs venues sont toujours désagréables et dommageables, parce qu’encore qu’ils fassent exactement observer la discipline militaire entre les soldats, si ne peuvent-ils jamais tant faire qu’il n’arrive toujours quelque désordre par lequel le bon homme est foulé. Ainsi, tandis que la raison règne et exerce paisiblement les châtiments, corrections et répréhensions, quoique ce soit rigoureusement et exactement, chacun l’aime et l’approuve, mais quand elle conduit avec soi l’ire, la colère et le courroux, qui sont, dit saint Augustin, ses soldats, elle se rend plus effroyable qu’amiable, et son propre cœur en demeure toujours foulé et maltraité. « Il est mieux, dit le même saint Augustin écrivant à Profuturus, de refuser l’entrée à l’ire juste et équitable que de la recevoir, pour petite qu’elle soit, parce qu’étant reçue, il est malaisé de la faire sortir, d’autant qu’elle entre comme un petit surgeon, et en moins de rien elle grossit et devient une poutre. Que si une fois elle peut gagner la nuit et que le soleil se couche sur notre ire (ce que l’Apôtre défend), se convertissant en haine, il n’y a quasi plus moyen de s’en défaire; car elle se nourrit de mille fausses persuasions, puisque jamais nul homme courroucé ne pensa son courroux être injuste.

Il est donc mieux d’entreprendre de savoir vivre sans colère que de vouloir user modérément et sagement de la colère, et quand par imperfection et faiblesse nous nous trouvons surpris d’icelle, il est mieux de la repousser vitement que de vouloir marchander avec elle ; car pour peu qu’on lui donne de loisir, elle se rend maîtresse de la place et fait comme le serpent, qui tire aisément tout son corps où il peut mettre la tête. Mais comment la repousserai-je, me direz-vous ? Il faut, ma Philothée, qu’au premier ressentiment que vous en aurez, vous ramassiez promptement vos forces, non point brusquement ni impétueusement, mais doucement et néanmoins sérieusement ; car, comme on voit ès audiences de plusieurs sénats et parlements, que les huissiers criant « Paix là ! » font plus de bruit que ceux qu’ils veulent faire taire, aussi il arrive maintes fois que voulant avec impétuosité réprimer notre colère, nous excitons plus de trouble en notre cœur qu’elle n’avait pas fait, et le cœur étant ainsi troublé ne peut plus être maître de soi-même.

Après ce doux effort, pratiquez l’avis que saint Augustin, déjà vieil, donnait au jeune évêque Auxilius: «Fais, dit-il, ce qu’un homme doit faire; que s’il t’arrive ce que l’homme de Dieu dit au psaume : Mon œil est troublé de grande colère, recours à Dieu, criant : Aie miséricorde de moi, Seigneur, afin qu’il étende sa dextre pour réprimer ton courroux. » Je veux dire qu’il faut invoquer le secours de Dieu quand nous nous voyons agités de colère, à l’imitation des Apôtres tourmentés du vent et de l’orage emmi les eaux ; car il commandera à nos passions qu’elles cessent, et la tranquillité se fera grande. Mais toujours je vous avertis que l’oraison qui se fait contre la colère présente et pressante doit être pratiquée doucement, tranquillement, et non point violemment; ce qu’il faut observer en tous les remèdes qu’on use contre ce mal. Avec cela, soudain que vous vous apercevrez avoir fait quelque acte de colère, réparez la faute par un~acte de douceur, exercé promptement à l’endroit de la même personne contre laquelle vous vous serez irritée. Car tout ainsi que c’est un souverain remède contre le mensonge que de s’en dédire sur le champ, aussitôt que l’on s’aperçoit de l’avoir dit, ains est-ce un bon remède contre la colère de la réparer soudainement par un acte contraire de douceur; car, comme l’on dit, les plaies fraîches sont plus aisément remédiables.
Au surplus, lorsque vous êtes en tranquillité et sans aucun sujet de colère, faites grande provision de douceur et débonnaireté, disant toutes vos paroles et faisant toutes vos actions petites et grandes en la plus douce façon qu’il vous sera possible, vous ressouvenant que l’Epouse au Cantique des Cantiques, n’a pas seulement le miel en ses lèvres et au bout de sa langue, mais elle l’a encore dessous la langue, c’est-à-dire dans la poitrine ; et n’y a pas seulement du miel, mais encore du lait; car aussi ne faut-il pas seulement avoir la parole douce à l’endroit du prochain, mais encore toute la poitrine, c’est-à-dire tout l’intérieur de notre âme. Et ne faut pas seulement avoir la douceur du miel, qui est aromatique et odorant, c’est-à-dire la suavité de la conversation civile avec les étrangers, mais aussi la douceur du lait entre les domestiques et proches voisins : en quoi manquent grandement ceux qui en rue semblent des anges, et en la maison, des diables »

« DE LA DOUCEUR ENVERS NOUS-MÊMES

L’une des bonnes pratiques que nous saurions faire de la douceur, c’est celle de laquelle le sujet est en nous-mêmes, ne dépitant jamais contre nous-mêmes ni contre nos imperfections; car encore que la raison veut que quand nous faisons des fautes nous en soyons déplaisants et marris, si faut-il néanmoins que nous nous empêchions d’en avoir une déplaisance aigre et chagrine, dépiteuse et colère. En quoi font une grande faute plusieurs qui, s’étant mis en colère, se courroucent de s’être courroucés, entrent en chagrin de s’être chagrinés, et ont dépit de s’être dépités; car par ce moyen ils tiennent leur coeur confit et détrempé en la colère: et si bien il semble que la seconde colère ruine la première, si est-ce néanmoins qu’elle sert d’ouverture et de passage pour une nouvelle colère, à la première occasion qui s’en présentera ; outre que ces colères, dépits et aigreurs que l’on a contre soi-même tendent à l’orgueil et n’ont origine que de l’amour-propre, qui se trouble et s’inquiète de nous voir imparfaits.

Il faut donc avoir un déplaisir de nos fautes qui soit paisible, rassis et ferme; car comme un juge châtie bien mieux les méchants faisant ses sentences par raison et en esprit de tranquillité, que non pas quand il les fait par impétuosité et passion, d’autant que jugeant avec passion, il ne châtie pas les fautes selon qu’elles sont, mais selon qu’il est lui-même; ainsi nous nous châtions bien mieux nous-mêmes par des repentances tranquilles et constantes, que non pas par des repentances aigres, empressées et colères, d’autant que ces repentances faites avec impétuosité ne se font pas selon la gravité de nos fautes, mais selon nos inclinations. Par exemple, celui qui affectionne la chasteté se dépitera avec une amertume nonpareille de la moindre faute qu’il commettra contre icelle, et ne se fera que rire d’une grosse médisance qu’il aura commise. Au contraire, celui qui hait la médisance se tourmentera d’avoir fait une légère murmuration, et ne tiendra nul compte d’une grosse faute contre la chasteté, et ainsi des autres; ce qui n’arrive pour autre chose, sinon d’autant qu’ils ne font pas le jugement de leur conscience par raison, mais par passion.

Croyez-moi, Philothée: comme les remontrances d’un père faites doucement et cordialement, ont bien plus de pouvoir sur un enfant pour le coriiger que non par les colères et courroux; ainsi, quand notre coeur aura fait quelque faute, si nous le reprenons avec des remontrances douces et tranquilles, ayant plus de compassion de lui que de passion contre lui, l’encourageant à l’amendement, la repentance qu’il en concevra entrera bien plus avant et le pénétrera mieux que ne ferait pas une repentance dépiteuse, ireuse et tempétueuse.

Pour moi, si j ‘avais par exemple grande affection de ne point tomber au vice de la vanité, et que j’y fusse néanmoins tombé d’une grande chute, je ne voudrais pas reprendre mon coeur en cette sorte :

« N’es-tu pas misérable et abominable, qu’après tant de résolutions tu t’es laissé emporter à la vanité ? meurs de honte, ne lève plus les yeux au ciel, aveugle, impudent, traître et déloyal à ton Dieu », et semblables choses; mais je voudrais le corriger raisonnablement et par voie de compassion : « Or sus! mon pauvre coeur, nous voilà tombés dans la fosse, laquelle nous avions tant résolu d’échapper; ah! relevons-nous et quittons-la pour jamais, réclamons la miséricorde de Dieu et espérons en elle qu’elle nous assistera pour désormais être plus fermes, et remettons-nous au chemin de l’humilité; courage! soyons meshui sur nos gardes, Dieu nous aidera, nous ferons prou ». Et voudrais sur cette répréhension bâtir une solide et ferme résolution de ne plus tomber en la faute, prenant les moyens convenables à cela, et mêmement l’avis de mon directeur.

Que si néanmoins quelqu’un ne trouve pas que son coeur puisse être assez ému par cette douce correction, il pourra employer le reproche avec une répréhension dure et forte pour l’exciter à une pro. fonde confusion, pourvu qu’après avoir rudement gourmandé et courroucé son coeur, il finisse par un allégement, terminant tout son regret et courroux en une douce et sainte confiance en Dieu, à l’imitation de ce grand pénitent qui voyant son âme affligée la relevait en cette sorte : « Pourquoi es-tu triste, o mon âme, et pourquoi me troubles-tu? Espère en Dieu, car je le bénirai encore comme le salut de ma face et mon vrai Dieu. »

Relevez donc votre cœur quand il tombera, tout doucement, vous humiliant beaucoup devant Dieu pour la connaissance de votre misère, sans nullement vous étonner de votre chute, puisque ce n’est pas chose admirable que l’infirmité soit infirme, et la faiblesse faible, et la misère chétive. Détestez néanmoins de toutes vos forces l’offense que Dieu a reçue de vous, et avec un grand courage et confiance en la miséricorde d’icelui, remettez-vous au train de la vertu que vous aviez abandonnée. » Introduction à la vie dévote, St François de Sales.

31 janvier : St Jean Bosco, Conf. Patron des éducateurs et des guides de la jeunesse.

Vertu du jour proposée à imiter :

FÉVRIER.

2 février : Purification de la Bse Vierge Marie. Fête patronale des ciriers. Fête de l’Archiconfrérie de Marie, Reine du clergé. Invoquée pour obtenir la pureté de l’âme.

Vertu du jour proposée à imiter :

3 février : St Blaise, Ev. et M., P. des peigneurs de laine et des tisserands. Invoqué contre les maux de gorge.

Vertu du jour proposée à imiter :

6 février :  Ste Dorothée, V. et M. P. des horticulteurs, des fleuristes et des fruitiers.

Vertu du jour proposée à imiter :

St Gaston (ou Vaast), Ev. et Conf., P. des ciriers.

Vertu du jour proposée à imiter :

9 février :  Ste Apolline, V. et M. Invoquée contre les maux de dents.

Vertu du jour proposée à imiter :

11 février : Apparition de la Bse Vierge Marie à la Grotte de Lourdes. Invoquée pour obtenir « le salut de l’âme et du corps » (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

14 fév. : St Valentin, Prêtre et M., P. des apiculteurs.

Vertu du jour proposée à imiter :

Le 24 ou 25 février : St Matthias, Apôtre, P. des charpentiers.

Vertu du jour proposée à imiter :

27 fév. : St Gabriel de l’Addolorata, Conf. Modèle parfait des adolescents. Invoqué contre la phtisie et pour obtenir une plus grande dévotion envers la Mère des Douleurs (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

MARS. (Indulgences pour ceux qui font des exercices publics en l’honneur de st Joseph, ou qui ont fait ces mêmes exercices en privé si il n’y avait pas d’exercices publics.)

7 mars : St Thomas d’Aquin, Conf. et Docteur de l’Eglise, P. des théologiens, P. universel des écoles catholiques. Invoqué pour comprendre son enseignement (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

8 mars : St Jean de Dieu, Patron des infirmes et des hospitaliers. Invoqué pour obtenir le feu de la charité qui purifie de nos péchés (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

12 mars : St Grégoire 1er, Pape, Conf. et Docteur de l’Eglise, P. des chantres-écoliers.

Vertu du jour proposée à imiter :

19 mars : St Joseph, Époux de Marie, P. de l’Eglise universelle, des charpentiers, menuisiers, charrons, fossoyeurs et carillonneurs. Invoqué pour la bonne mort, pour obtenir la pureté, pour toutes les grâces spirituelles et temporelles (selon le témoignage de ste Thérèse d’Avila et de bien d’autres qui ont éprouvé le patronage de st Joseph).

Vertu du jour proposée : dévotion à st Joseph, Père adoptif des chrétiens et Protecteur de l’Eglise.

« De même qu’il y avait entre Marie et Joseph un véritable mariage, sans que la convoitise n’y eût aucune part, pourquoi le fils, que la virginité de Marie a produit, ne serait-il pas reçu comme un fils par le chaste Joseph ? Il est chaste mari comme elle est chaste épouse ; pourquoi ne serait-il point père, tout vierge qu’il est, de même que Marie a mérité d’être mère, sans cesser d’être vierge ? Celui donc qui prétend qu’on ne doit point donner à Joseph le nom de père, parce qu’il n’a pas engendré de fils, cherche dans la génération des enfants la satisfaction de la concupiscence, et non la tendresse de l’affection. Joseph réalisait bien plus parfaitement dans son cœur ce que d’autres désirent accomplir d’une manière charnelle. Considérez, mes frères, considérez les droits que confère l’adoption, comment un homme devient le fils de celui qui ne l’a point engendré » St Augustin, d’après Les origines de la dévotion à saint Joseph.

« Chers nouveaux mariés, vous échangiez, il y a quelques jours, sous le regard de Dieu et en présence du prêtre, vos solennels et libres engagements ; devenus vous-mêmes les ministres du grand sacrement que vous receviez, vous vous engagiez à une indissoluble communauté de vie. Vous avez senti alors au fond de votre coeur que vous étiez et que vous agissiez dans des conditions de parfaite égalité ; le contrat matrimonial était conclu par vous en pleine indépendance, comme entre personnes jouissant de droits strictement égaux ; votre dignité humaine s’y manifestait dans toute la grandeur de sa libre volonté.

Mais à ce moment même, vous avez fondé une famille ; or, toute famille est une société, et toute société bien ordonnée réclame un chef, tout pouvoir de chef vient de Dieu. Donc la famille que vous avez fondée a aussi son chef, un chef que Dieu a investi d’autorité sur celle qui s’est donnée à lui pour être sa compagne, et sur les enfants qui viendront par la bénédiction de Dieu accroître et égayer la famille tels des rejetons verdoyants autour du tronc de l’olivier.

Dans la vie de la famille, Dieu a soumis l’épouse au mari.

Oui, l’autorité du chef de famille vient de Dieu, de même que c’est de Dieu qu’Adam a reçu la dignité et l’autorité de premier chef du genre humain et tous les dons qu’il a transmis à sa postérité. Aussi est-ce Adam qui fut formé le premier et Eve ensuite. Ce ne fut pas non plus Adam, observe saint Paul, qui fut trompé, mais la femme qui se laissa séduire et qui prévariqua (1Tm 2,13-14). La curiosité d’Eve à regarder le beau fruit du paradis terrestre et son entretien avec le serpent, oh ! quel dommage n’ont-ils pas causé à Adam, à Eve, à tous leurs enfants et à nous ! Or à Eve Dieu imposa, outre de multiples peines et souffrances, d’être assujettie à son mari (Gn 3,16).

C’est le christianisme qui a rétabli la famille, par la restauration de la hiérarchie naturelle

Rétablir dans la famille la hiérarchie indispensable aussi bien à son unité qu’à son bonheur, rétablir l’amour conjugal dans sa première et authentique grandeur, ce fut une des plus grandes entreprises du christianisme, depuis le jour que le Christ proclama à la face des pharisiens et du peuple : Quod ergo Deus coniunxit, homo non separet, « que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni » (Mt 19,6).

Voici l’essentiel de la hiérarchie naturelle dans la famille, telle que l’exige l’unité du mariage et telle que la Providence l’a marquée par les qualités spéciales, différentes et complémentaires dont il a doté l’homme et la femme : « Ni l’homme n’est dans le Seigneur sans la femme, ni la femme sans l’homme », écrit saint Paul (1Co 11,11). A l’homme la primauté dans l’unité, la vigueur corporelle, les dons nécessaires au travail qui assurera l’entretien de sa famille ; c’est à lui qu’il a été dit : « C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain » (Gn 3,19). A la femme Dieu a réservé les douleurs de l’enfantement, les peines de l’allaitement et de la première éducation des enfants, pour qui les meilleurs soins de personnes étrangères ne vaudront jamais les affectueuses sollicitudes de l’amour maternel.

… et de l’amour conjugal.

Mais, tout en maintenant cette dépendance de la femme à l’égard de son mari, dépendance sanctionnée aux premières pages de la Révélation (Gn 3,16), le Christ, qui n’est que miséricorde pour nous et pour la femme, a adouci, comme nous le rappelle saint Paul, ce reste de dureté qui demeurait au fond de la loi ancienne.

Dans sa divine union avec l’Eglise, il a montré comment l’autorité du chef et la sujétion de l’épouse peuvent, sans se diminuer, se transfigurer dans la force de l’amour, d’un amour qui imite celui dont il s’unit à son Eglise ; il a montré que la constance du commandement et la docilité respectueuse de l’obéissance peuvent et doivent, dans un amour sincère et mutuel, s’élever jusqu’à l’oubli et au don généreux de soi-même : sentiments qui, eux aussi, contribuent à faire naître et à consolider la paix domestique, laquelle, fruit à la fois de l’ordre et de l’affection, est définie par saint Augustin l’union harmonieuse du commandement et de l’obéissance de personnes qui vivent ensemble : ordinata imperandi obediendique concordia cohabitantium8. Tel doit être le modèle de vos familles chrétiennes.

Maris, vous avez été investis de l’autorité. Dans vos foyers, chacun de vous est le chef, avec tous les devoirs et toutes les responsabilités que comporte ce titre. N’hésitez donc point à exercer cette autorité ; ne vous soustrayez point à ces devoirs, ne fuyez point ces responsabilités. La barre de la nef domestique a été confiée à vos mains : que l’indolence, l’insouciance, l’égoïsme et les passe-temps ne vous fassent pas abandonner ce poste.

Mais, envers la femme que vous avez choisie pour compagne de votre vie, quelle délicatesse, quel respect, quelle affection votre autorité ne devra-t-elle pas témoigner et pratiquer en toutes circonstances, joyeuses ou tristes ! « Que vos ordres, ajoutait saint Augustin cité tout à l’heure, aient la douceur du conseil, et l’obéissance tirera du conseil courage et réconfort. Au foyer du chrétien, qui vit de la foi et se sait pèlerin en marche vers la cité céleste, ceux-là mêmes qui commandent sont les serviteurs de ceux à qui ils paraissent commander ; ils commandent non pour dominer, mais pour conseiller, non par orgueil qui veut prévaloir, mais par la bonté qui veut pourvoir ».

Suivez l’exemple de saint Joseph. Il contemplait devant lui la Très Sainte Vierge, meilleure, plus sainte, plus élevée que lui ; un souverain respect lui faisait vénérer en elle la Reine des anges et des hommes, la mère de son Dieu ; et pourtant, il restait à son poste de chef de famille et ne négligeait aucune des obligations que lui imposait ce titre. » DISCOURS de Pie XII AUX JEUNES ÉPOUX (10 septembre 1941)

« Or, Vénérables Frères, vous connaissez le caractère des temps où nous vivons : ils ne sont guère moins féconds en calamités pour la Religion chrétienne que ceux qui, dans le passé, furent les plus malheureux. Dans un grand nombre d’âmes, nous voyons s’éteindre la foi, principe de toutes les vertus chrétiennes ; la charité se refroidit ; la jeunesse grandit dans la dépravation des mœurs et des doctrines ; l’Eglise de Jésus-Christ est attaquée de toutes parts par la violence et par l’astuce ; une guerre acharnée est dirigée contre le souverain Pontificat ; les fondements mêmes de la Religion sont ébranlés avec une audace chaque jour croissante. A quel point on en est venu, en ces derniers temps, et quels nouveaux desseins on médite encore, cela est trop connu pour qu’il soit besoin de le dire.

Dans une situation si critique et si malheureuse, les remèdes humains étant tout à fait disproportionnés au mal, il ne reste qu’à solliciter la puissance divine afin d’en obtenir la guérison. C’est pourquoi Nous avons cru nécessaire de Nous adresser à la piété du peuple chrétien pour l’exciter à implorer avec plus de zèle et de constance le secours de Dieu tout-puissant. Aussi, à l’approche du mois d’octobre, que Nous avons précédemment prescrit de consacrer à la Vierge Marie sous le titre de Notre-Dame du Rosaire, Nous exhortons vivement les fidèles à accomplir les exercices de ce mois avec le plus de religion, de piété et d’assiduité possible.

La dévotion à la Vierge

Nous savons qu’un refuge nous a été préparé dans la bonté maternelle de la Vierge et Nous tenons pour absolument certain que Nous ne plaçons pas vainement Nos espérances en elle. Si tant de fois elle a manifesté son assistance dans les grandes épreuves subies par le monde chrétien, pourquoi douter qu’elle en renouvelle les témoignages de sa puissance et de sa faveur, lorsque d’humbles et constantes prières lui sont adressées ? Bien plus, Nous croyons que son intervention sera d’autant plus éclatante qu’elle aura voulu se laisser plus longtemps implorer.

La dévotion à saint Joseph

Mais Nous avons un autre dessein que, selon votre coutume, Vénérables Frères, vous seconderez de tout votre zèle, afin que Dieu se montre plus favorable à nos prières et que, les intercesseurs étant plus nombreux, il vienne plus vite et plus complètement au secours de son Eglise. Nous jugeons très utile que le peuple chrétien s’habitue à invoquer avec une vive piété et une grande confiance, en même temps que la Vierge, Mère de Dieu, son très chaste époux, le bienheureux Joseph. Par là, Nous avons la certitude de répondre aux vœux de la Vierge elle-même et de faire une chose qui lui sera agréable.

Les motifs qui font de Joseph le patron de l’Eglise

Pour quelles raisons spéciales saint Joseph a-t-il été nominativement déclaré Patron de l’Eglise ? Pour quels motifs, en retour, l’Eglise espère-t-elle beaucoup de sa protection et de son patronage ?

Les voici : saint Joseph a été l’époux de Marie et il a été réputé le père de Jésus-Christ.

De là, sa dignité, sa faveur, sa sainteté, sa gloire. Certes, la dignité de la Mère de Dieu est si élevée qu’elle ne peut être surpassée par aucune autre. Toutefois, Joseph ayant été uni à la bienheureuse Vierge par le lien du mariage, il n’est pas douteux qu’il n’ait approché plus que personne de la dignité suréminente au nom de laquelle la Mère de Dieu surpasse de si haut toutes les natures créées.

En effet, de tous les genres de société et d’union, le mariage est le plus intime, et il entraîne essentiellement la communauté de biens entre les deux conjoints. Aussi, en assignant Joseph pour époux à la Vierge, Dieu lui donna non seulement d’être le compagnon de sa vie, le témoin de sa virginité, le gardien de son honneur, mais encore, en vertu même du pacte conjugal, d’avoir part à sa sublime dignité.

De même, Joseph brille entre tous par la dignité la plus auguste, parce que, de par la volonté divine, il a été établi le gardien du Fils de Dieu et regardé par les hommes comme son père. D’où il résultait que le Verbe de Dieu était humblement soumis à Joseph, qu’il lui obéissait et qu’il lui rendait tous les devoirs que lesenfants sont obligés de rendre à leurs parents.

De cette double dignité découlaient d’elles-mêmes les charges que la nature impose aux pères de famille ; ainsi, Joseph était le gardien, l’administrateur et le défenseur légitime et naturel de la maison divine dont il était le chef. Il exerça de fait ces charges et ces fonctions pendant tout le cours de sa vie mortelle. Il s’appliqua à protéger avec un souverain amour et une sollicitude quotidienne son épouse et le divin Enfant ; il gagna régulièrement par son travail ce qui était nécessaire à l’un et à l’autre pour la nourriture et le vêtement ; il préserva de la mort l’Enfant menacé par la jalousie d’un roi, en lui procurant un refuge ; dans les incommodités des voyages et les amertumes de l’exil, il fut constamment le compagnon, l’aide et le soutien de la Vierge et de Jésus.

Or, la famille, que Joseph gouvernait avec un pouvoir en quelque sorte paternel, contenait en elle-même les prémices de l’Eglise naissante. De même que la Très Vierge est la mère de Jésus-Christ, elle est aussi la mère de tous les chrétiens qu’elle a enfantés sur la montagne du Calvaire, au milieu des suprêmes souffrances du Rédempteur crucifié ; Jésus-Christ est aussi comme le premier-né des Chrétiens, lesquels, par l’adoption et par la rédemption, sont ses frères. Telles sont les raisons pour lesquelles le bienheureux Patriarche regarde comme lui étant particulièrement confiée la multitude des Chrétiens dont se compose l’Eglise, à savoir cette immense famille répandue par toute la terre, sur laquelle, en sa qualité d’époux de Marie et de père de Jésus-Christ, il possède une autorité quasi paternelle. Il est donc naturel et très digne du bienheureux Joseph que, de même qu’il subvenait autrefois à tous les besoins de la famille de Nazareth et l’entourait de sa très protection, il couvre maintenant de son céleste patronage et défende l’Eglise de Jésus-Christ. » Léon XIII, Encyclique Quamquam pluries.

24 mars : St Gabriel Archange. P. des facteurs, des télécommunications. Invoqué pour obtenir la dévotion à Marie.

Vertu du jour proposée à imiter : garder ses sens et sa langue, et les utiliser à bon escient.

« Tout don excellent, toute grâce parfaite descend d’en haut, du Père des lumières.2 » « C’est pourquoi il faut admirer la sagesse divine qui a permis aux hommes, grâce aux nombreuses inventions nées du génie de notre époque, de pouvoir, par le moyen de l’électricité, télégraphier aux absents avec une merveilleuse rapidité, téléphoner à des distances extraordinaires, envoyer des messages par les ondes aériennes et enfin contempler la vision des choses et des faits qui se trouvent très loin des lieux où ils habitent.

C’est pourquoi, notre Mère la Sainte Eglise ne s’est jamais opposée à ce progrès de la civilisation humaine, mais elle a eu et elle a encore le souci de le soutenir, de le développer et de l’encourager dans la plus large mesure, étant donné que tout ce qu’on peut découvrir de vrai et de neuf doit être considéré comme une trace de l’intelligence divine et un signe de sa puissance.

Aussi croyons-Nous très opportun d’assurer à ces sciences merveilleuses et à ceux qui les mettent en oeuvre ou qui les exploitent, le bienfait spécial d’une protection céleste. A la demande faite par plusieurs personnes remarquables qui, en beaucoup de nations, exercent leur activité dans cette branche, de leur donner à eux et à leurs collègues, comme céleste patron auprès de Dieu, l’archange saint Gabriel qui apporta au genre humain, plongé dans les ténèbres et désespérant presque de son salut, l’annonce longtemps souhaitée de la Rédemption des hommes, Nous décidons d’accueillir favorablement, vu son importance et sa gravité, cette requête qui est selon Notre propre pensée et qui correspond à Nos propres désirs. » Pie XII, LETTRE PROCLAMANT S. GABRIEL ARCHANGE PATRON CÉLESTE DES TÉLÉCOMMUNICATIONS (12 janvier 1951).

« La radiodiffusion apporte des bienfaits immenses à l’humanité :

On entend parfois formuler des plaintes au sujet des méfaits de la radio et de son rôle dans la perversion des esprits et des mœurs. Faudrait-il donc, parce que la malice de quelques-uns abuse des dons de Dieu et des découvertes de l’homme, se frustrer soi-même et les autres du bénéfice qui en était la fin providentielle ? A coup sûr, il faut condamner et flétrir les abus ; mieux encore, il faut prendre pour les réprimer les mesures les plus efficaces. Quant aux acquisitions dont chaque génération s’enrichit, il faut, au contraire, les valoriser et faire en sorte que le bien qui en résulte, grâce à l’action des hommes de science et de conscience, surpasse et neutralise le mal fait par d’indignes exploiteurs. » DISCOURS A LA CONFÉRENCE MONDIALE DE LA RADIODIFFUSION A HAUTE FRÉQUENCE (5 mai 1950)

« L’été est d’habitude la saison des vacances. Les vacances ! Ce nom chante à bien des oreilles comme le son d’une cloche joyeuse, parce qu’il annonce après de longs mois de travail une période de repos. Vous goûtez ce repos, chers jeunes époux, dans ce voyage de noces, peut-être bien court, qui vous a conduits dans la Ville éternelle. Les vacances offrent à quelques familles l’occasion d’un séjour dans une contrée hospitalière du voisinage, dans les montagnes ou sur les plages d’Italie. Pour d’autres familles, qui, moins aisées, ne peuvent quitter leur demeure, les vacances sont au moins le temps où parents et enfants se retrouvent plus longuement unis dans la paix du sanctuaire domestique.

La paix ! Que de familles aujourd’hui soupirent après elle ! Que d’épouses, de mères, de fiancées — fermement résolues pourtant et prêtes aux derniers sacrifices dans l’accomplissement de leurs devoirs patriotiques — ont le coeur déchiré par le départ d’un être cher pour une destination lointaine, peut-être inconnue et souvent périlleuse ! Il y en a d’autres qui ont le coeur plus tourmenté encore : leur pensée s’agite et se perd dans la nuit d’une angoissante incertitude ; elles interrogent terre et ciel, en quête d’un renseignement digne de foi sur le sort, tragique peut-être, de l’être bien-aimé dont elles n’ont plus de nouvelles. La paix ! Blanche colombe qui, ne trouvant où poser le pied sur une terre couverte de cadavres et submergée par un déluge de violence, semble avoir regagné l’arche de la Nouvelle Alliance, le Coeur de Jésus (Cor, arca legem contitiens, etc.. : « Coeur, arche qui contenez la Loi » 2), pour n’en sortir que le jour où elle pourra enfin cueillir, sur l’arbre de l’Evangile, le vert rameau de la charité fraternelle entre les hommes et entre les peuples.

Malgré les tristesses de l’heure présente, il y en a plus d’un parmi vous, Nous le souhaitons du fond du coeur, qui ne laissera pas de goûter quelque repos. Mais l’homme ne saurait se contenter d’étendre mollement ses membres fatigués et de s’abandonner à un sommeil réparateur ; le repos de l’homme comprend aussi de saines distractions et, pour l’ordinaire, des lectures. Et comme il n’existe plus de notre temps, pour ainsi dire, une seule famille où n’entrent point le livre, la brochure et le journal, et que les loisirs des vacances multiplient les occasions de lecture, Nous voudrions vous adresser quelques paroles à ce sujet.

L’influence des lectures.

Le premier homme qui, désireux de communiquer à d’autres sa pensée sous une forme plus durable que le son fugitif des paroles, grava, peut-être avec un grossier silex sur la paroi d’une caverne, des signes conventionnels dont il fixa et expliqua l’interprétation, cet homme inventa par le fait même l’écriture et l’art de la lecture. Lire, c’est entrer à travers des signes graphiques plus ou moins compliqués dans la pensée d’autrui. Or, puisque « les pensées des justes sont l’équité, et les conseils des méchants la fraude », il s’ensuit que certains livres comme certaines paroles, sont des sources de lumière, de force, de liberté intellectuelle et morale, tandis que d’autres ne font qu’apporter périls et occasions de péché. Tel est l’enseignement de l’Ecriture sainte : Cogitationes justorum judicia, et consilia impiorum fraudulenta. Verba impiorum insidiantur sanguini ; os justorum liberabit eos. « Les pensées des justes sont l’équité, et les conseils des méchants, la fraude. Les paroles des méchants sont des pièges de mort, mais la bouche des hommes droits les sauve » (Pr 12,5-6). Il y a donc de bonnes et de mauvaises lectures comme il y a de bonnes et de mauvaises paroles.

La parole n’est souvent qu’un éclair. Dans la nuit et la tempête l’éclair peut suffire à remettre le voyageur sur le bon sentier ; et, même sur le chemin le plus sûr, un éclair, un seul, suffit à foudroyer l’imprudent. Tels sont les effets de la bonne ou de la mauvaise parole. Quant au livre, son action est moins rapide, mais elle se prolonge dans le temps. C’est une flamme qui peut couver sous la cendre ou une faible lueur dans la nuit, une lueur qui tout à coup se rallume, bienfaisante ou dévastatrice. Le livre sera la lampe du sanctuaire, toujours prête à signaler au fidèle qui s’avance le saint tabernacle et son hôte divin, ou ce sera le volcan dont les terribles éruptions jettent des cités entières dans la désolation et la mort. Vous désirez les agréables conversations, les paroles sages et réconfortantes ; vous haïssez non sans raison le blasphème et les propos corrupteurs ; cherchez donc de même les bons livres et détestez les mauvais.

Nous n’entendons pas vous décrire en cette allocution les dommages causés par la mauvaise presse ; Nous aimons mieux vous montrer, pour vous exhorter à les aimer et à les répandre, l’heureuse influence des bonnes lectures, comme Nous en trouvons un éclatant exemple dans la vie du saint que l’Eglise fête aujourd’hui, Ignace de Loyola.

L’exemple de saint Ignace.

Capitaine assoiffé de renom et de gloire, défenseur intrépide de Pampelune contre les soldats du roi de France, Ignace avait été frappé par le projectile d’une bombarde et il en avait eu la jambe gauche cassée et la droite grièvement atteinte. Estimant à sa juste valeur l’héroïque courage qu’il avait montré, les Français, lors de la prise de la citadelle, le traitèrent d’une manière chevaleresque et le firent transporter sur un brancard au château de Loyola. Entré en convalescence après des opérations extrêmement douloureuses, il se serait volontiers jeté, pour chasser l’ennui, sur des livres de chevalerie, des romans d’amour et de prouesses alors en vogue, comme Amadis de Gaule ; mais il ne s’en trouva aucun dans cet austère château. On lui offrit par contre la Vie du Christ par Ludolphe de Saxe et les Légendes des Saints par Jacques de Voragine. Faute d’autres livres, Ignace se résigne à lire ceux-là. Mais, bien vite, insensiblement, dans son âme loyale, d’abord surprise, puis subjuguée, se glisse une lumière plus pure, plus douce et plus brillante que le vain éclat des cours d’amour, des tournois de chevaliers et des actes de bravoure sur les champs de bataille.

Devant ses yeux encore brûlants de fièvre, la vision jusqu’alors tant admirée des grands gentilshommes aux armures damasquinées pâlissait ; d’autres héros se levaient à leur place, jusqu’alors à peine entrevus d ins quelques instants de prière. Et peu à peu, dans les longues nuits sans sommeil, sous le pinceau de Jacques de Voragine, les ombres des martyrs couverts de sang, des moines à la cagoule grise, des vierges aux vêtements de lys, prenaient corps. Leurs froides figures s’animaient ; leurs gestes acquéraient expression et relief. Et au-dessus d’elles l’image d’un Roi généreux surgissait des pages de Ludolphe, l’image d’un Roi qui appelait à sa suite, pour conquérir la terre des infidèles, des légions de soldats obéissants et une petite troupe de chevaliers enthousiastes, désireux de se signaler à son service. Mais ce Roi souverain et Seigneur éternel ne parlait plus d’héroïques épopées ni de sanglantes mêlées où l’on frappait d’estoc et de taille. Il disait : « Qui veut me suivre, il faut qu’il souffre avec moi, afin que, m’ayant suivi dans mes labeurs, il me suive également dans la gloire. » L’âme d’Ignace, éclairée par cette lumière nouvelle, se détachait ainsi de plus en plus de ses fallacieux songes terrestres et commençait son oblation totale au Seigneur de toutes choses 3.

Conseils du Saint-Père.

Bien-aimés fils et filles, rentrez en vous-mêmes, recueillez-vous un instant et recherchez avec sincérité d’où vient ce qu’il y a de meilleur en vous. Pourquoi croyez-vous en Dieu, en son Fils incarné pour la Rédemption du monde, en sa Mère dont il a fait votre Mère ? Pourquoi obéissez-vous à ses commandements ? Pourquoi aimez-vous vos parents, votre patrie, votre prochain ? Pourquoi êtes-vous résolus à fonder un foyer qui ait Jésus pour Roi et où vous puissiez transmettre à vos enfants le trésor familial des vertus chrétiennes ? Il est certain que c’est parce que la foi vous a été donnée dans le baptême ; parce que vos parents, votre curé, vos maîtres et maîtresses d’école vous ont enseigné par la parole et par l’exemple à faire le bien et à éviter le mal. Mais examinez vos souvenirs mieux encore ; parmi les meilleurs et les plus décisifs, vous trouverez probablement celui d’un livre bienfaisant : le catéchisme, l’histoire sainte, l’Evangile, le missel, le bulletin paroissial, l’Imitation de Jésus-Christ, la vie d’un saint ou d’une sainte. Vous reverrez des yeux de l’esprit un de ces livres, qui n’est peut-être ni le plus beau, ni le plus riche, ni le plus savant, mais sur les pages duquel votre lecture, un soir, s’est tout à coup arrêtée, votre cœur a battu plus fort, vos yeux se sont mouillés de larmes. Et alors, sous l’irrésistible action du Saint-Esprit, s’est creusé dans votre âme un sillon profond qui, malgré les ans, malgré les écarts plus ou moins longs, peut encore vous servir de guide dans le chemin qui vous mène à Dieu.

Si, du moins les plus jeunes, vous n’avez pas encore tous fait cette expérience, vous en sentirez probablement un jour la pénétrante douceur quand vous retrouverez sur une étagère encombrée ou dans une vieille armoire un petit livre de vos premières années, et que vous découvrirez avec émotion dans les pages jaunies, comme une fleur desséchée dans le jardin de votre enfance, l’histoire édifiante, la maxime, la pieuse prière que vous aviez laissée ensevelie sous la poussière des occupations et préoccupations de la vie quotidienne, mais qui tout de suite reprendra le même parfum, la même saveur, la même vigueur de coloris qu’au temps où elle avait enchanté et réconforté votre âme.

C’est là un des grands avantages du bon livre. Si vous dédaignez les sages avertissements et le juste blâme d’un ami, il vous abandonne ; mais le livre que vous abandonnez vous restera fidèle négligé ou repoussé à plus d’une reprise, il est toujours prêt à vous redonner l’aide de ses enseignements, la salutaire amertume de ses reproches, la claire lumière de ses conseils. Ecoutez donc ses avis aussi discrets que directs. Il vous adresse un blâme trop souvent mérité peut-être, il vous rappelle un devoir trop souvent oublié, comme il l’a fait à bien d’autres avant vous ; mais il ne vous découvrira pas leur nom, et il ne dévoilera pas le vôtre. Tandis que, sous la lampe silencieuse, le livre par vos yeux entre en vous et qu’il vous réprimande ou vous réconforte, personne n’entendra sa voix, hormis votre propre cœur. DISCOURS AUX JEUNES ÉPOUX (31 juillet 1940)

Lorsque sous le radieux soleil du mois d’août, l’enfant quitte sa famille pour la colonie de vacances, son père jugerait superflu de lui dire : « Mon cher enfant, n’emporte point de serpent dans ta petite valise ; et si jamais tu en rencontres un dans tes promenades, garde-toi de le prendre dans tes mains pour l’examiner. »

Toutefois l’amour paternel Nous inspire à votre adresse un conseil semblable. Nous avons à l’audience de mercredi dernier exposé brièvement l’utilité des bonnes lectures. Aujourd’hui Nous voudrions vous rappeler le péril des mauvaises ; péril contre lequel l’Eglise n’a jamais cessé d’élever la voix, mais dont néanmoins nombre de chrétiens méconnaissent ou contestent la gravité.

Les mauvaises lectures

Vous devez donc vous persuader qu’il y a de mauvais livres, des livres mauvais pour tous, comme il y a des poisons contre lesquels personne ne saurait se dire assuré. En tout homme la chair est sujette aux faiblesses et l’esprit prompt aux rébellions ; ainsi de pareilles lectures constituent un danger pour n’importe qui. Durant la prédication de saint Paul à Ephèse, racontent les Actes des Apôtres, nombre d’auditeurs qui s’étaient adonnés aux pratiques superstitieuses, apportèrent leurs livres et les brûlèrent devant tout le peuple ; en estimant la valeur de ces livres de magie ainsi réduits en cendres, on trouva cinquante mille pièces d’argent (Ac 19,19).

Plus tard, durant le cours des siècles, les papes prirent soin de faire publier un catalogue, ou Index, des livres dont la lecture est interdite aux fidèles, et ils ajoutent en même temps que beaucoup d’autres livres, dont l’index ne contient aucune mention expresse, tombent sous la même condamnation et prohibition, parce que nuisibles à la foi et aux moeurs. Qui donc s’étonnerait de voir les gardiens de la santé spirituelle des fidèles recourir à une pareille défense ? La société civile ne travaille-t-elle point, elle aussi, par de sages mesures législatives et prophylactiques, à empêcher dans l’économie domestique et industrielle l’action délétère des substances toxiques ? N’entoure-t-elle pas de mesures de précautions la vente et l’usage des poisons, et tout spécialement des plus nocifs ?

Si Nous vous rappelons ce grave devoir, c’est que Nous y sommes poussé par l’extension du mal, extension que favorisent actuellement l’incessant développement de la librairie et la liberté que beaucoup s’attribuent de lire n’importe quoi. Or, il ne saurait exister une liberté de lire tout, pas plus que n’existe la liberté de manger et de boire tout ce qui vous tombe sous la main, fût-ce de la cocaïne ou de l’acide prussique.

… en dépit des raisons alléguées

Chers époux, cette mise en garde s’adresse spécialement à vous, qui vous trouvez pour la plupart dans l’âge et l’état d’esprit où l’on se complaît aux récits romanesques, où la foule des désirs trouve une pâture en des bonheurs parfois imaginaires et où la douceur des rêves atténue la rudesse de la réalité. Certes, il ne vous est pas interdit de goûter le charme des récits de pure et saine tendresse humaine ; l’Ecriture Sainte elle-même offre des scènes de ce genre, qui ont conservé à travers les siècles leur fraîcheur idyllique : telles la rencontre de Jacob et de Rachel (Gn 29,9-12), les fiançailles du jeune Tobie (Tob., vu), l’histoire de Ruth (Ruth, m). Et il y a eu même des auteurs de grand talent qui ont écrit de bons et honnêtes romans ; qu’il suffise de citer notre Manzoni. Mais à côté de ces fleurs pures, quelle végétation de plantes vénéneuses dans le vaste domaine des oeuvres d’imagination ! Or, trop souvent les hommes cueillent ces plantes vénéneuses, plus accessibles et plus voyantes ; trop souvent ils préfèrent aux fleurs pures le parfum pénétrant et enivrant de ces plantes vénéneuses.

« Je ne suis plus une enfant — dit cette jeune femme — et je connais la vie. Il me faut donc la connaître encore mieux, et j’en ai le droit. » Pauvre jeune femme ! Elle ne remarque point qu’elle tient le langage d’Eve en face du fruit défendu ! Croit-elle peut-être que, pour mieux connaître et aimer la vie, et pour en tirer profit, il soit nécessaire d’en scruter tous les abus et déformations ?

« Je ne suis plus un enfant — dira également ce jeune homme — et à mon âge les descriptions sensuelles et les scènes voluptueuses ne font plus rien. » En est-il bien sûr, tout d’abord ? Et puis, s’il en était ainsi, ce serait l’indice d’une inconsciente perversion, fruit de mauvaises lectures antérieures. Ainsi, racontent certains historiens, Mithridate, roi du Pont, cultivait des herbes vénéneuses ; il préparait et expérimentait sur lui-même des poisons auxquels il voulait s’habituer ; d’où le nom de mithridatisme.

… sont plus dangereuses que les mauvaises compagnies.

Mais n’allez pas croire, jeunes hommes et jeunes femmes, que si vous vous laissez parfois entraîner à lire, en cachette peut-être, des livres suspects, n’allez pas croire que le poison de ces ouvrages ne produise plus d’effet sur vous ; craignez plutôt que pour n’être pas immédiat, cet effet n’en soit que plus malfaisant. Il existe dans les pays tropicaux de l’Afrique des insectes diptères connus sous le nom de mouches tsé-tsé ; leur piqûre ne cause point la mort aussitôt mais une simple et passagère irritation locale. Cependant elle inocule dans le sang des trypanosomes délétères, et, lorsque les symptômes du mal apparaissent clairement, il est parfois trop tard pour y porter remède par les médicaments de la science. Pareillement les images impures et les pensées dangereuses que produit en vous un mauvais livre semblent parfois entrer dans votre esprit sans causer de blessure. Vous serez sujets alors à récidiver, et vous ne vous rendrez pas compte qu’ainsi, par la fenêtre de vos yeux, la mort pénètre dans la maison de votre âme (cf. Jér. Jr 9,21) ; à moins d’une réaction immédiate et vigoureuse, votre âme, tel un organisme engourdi par la « maladie du sommeil » glissera, languissante, dans le péché mortel et dans l’inimitié de Dieu.

Sous certains aspects, le danger des mauvaises lectures est plus funeste que celui des mauvaises compagnies : à la façon d’un traître, le mauvais livre sait se rendre familier. Que de jeunes filles et de jeunes femmes, seules dans leur chambre avec le livre en vogue, se laissent dire crûment par lui des choses qu’elles ne permettraient à personne de murmurer en leur présence, ou se laissent décrire des scènes dont pour rien au monde elles ne voudraient être les actrices ou les victimes ! Hélas ! Elles se préparent à le devenir demain ! D’autres, chrétiens ou chrétiennes qui dès leur enfance ont marché dans la bonne voie, gémissent parfois de voir se multiplier soudain les tentations qui les oppriment et devant lesquelles ils se sentent toujours faibles. S’ils interrogeaient avec sincérité leur conscience, ils devraient peut-être reconnaître qu’ils ont lu un roman sensuel, parcouru une revue immorale, attaché le regard sur des illustrations indécentes. Les pauvres âmes ! Peuvent-elles, en toute loyauté et logique, se plaindre qu’un flot de fange menace de les submerger, quand elles ont ouvert les digues d’un océan de poison ?

Au surplus, chers jeunes époux, vous préparez maintenant votre avenir et implorez de Dieu entre autres la bénédiction de la fécondité sur votre union ; songez que l’âme de vos enfants sera le reflet de la vôtre. Vous êtes certes résolus à leur donner une éducation chrétienne et à ne leur inspirer que de bons principes. Excellente résolution. Mais suffira-t-elle toujours ? Hélas non ! Il arrive parfois que des parents ont donné à un fils ou à une fille une éducation soignée, les ont tenus à l’écart des plaisirs dangereux et des mauvaises compagnies, et qu’ils les voient, à l’âge de 18 ou 20 ans, victimes de chutes misérables ou même scandaleuses ; l’ivraie a étouffé le bon grain semé par les parents. Quel est l’initnicus homo, l’ennemi qui a fait pareil mal ? Le rusé tentateur s’est furtivement introduit au foyer domestique lui-même, dans ce petits paradis terrestre, et il a trouvé déjà cueilli, pour l’offrir à ces mains innocentes, le fruit corrupteur : un livre laissé par négligence sur le bureau du père a miné dans le fils la foi baptismale ; un roman oublié par la mère sur le sofa ou le fourneau a terni dans la fille la pureté de la première communion. Et le mal se découvre, avec épouvante, d’autant plus difficile à guérir que la tache faite à la candeur d’une âme vierge est plus tenace.

Les écrits mensongers.

Mais à côté des écrits qui propagent l’impiété et l’inconduite, Nous ne pouvons omettre de mentionner ceux qui répandent le mensonge et provoquent la haine. Le mensonge, abominable aux yeux de Dieu et détesté de tout homme droit (Pr 6,17 et Pr 13,5), l’est encore davantage lorsqu’il propage la calomnie et sème la discorde parmi les frères (Pr 6,19). Comme les maniaques des lettres anonymes ruinent par leur plume trempée de fiel et de fange la félicité des familles et l’union des foyers, une certaine presse semble avoir pris à tâche de détruire, dans la grande famille des peuples, les relations fraternelles entre les fils du même Père céleste. OEuvre de haine qui s’accomplit par le livre, et plus souvent encore, par le journal.

Que dans la hâte fiévreuse du travail quotidien il échappe une erreur à un écrivain, qu’il accepte une information peu sûre, qu’il émette une appréciation injuste, tout cela bien souvent peut paraître et peut être légèreté plutôt que faute. Qu’il pense pourtant que de pareilles légèretés et inadvertances peuvent suffire, surtout en des époques de tensions aiguës, à produire de graves répercussions. Plaise à Dieu que l’histoire n’enregistre aucune guerre provoquée par un mensonge habilement propagé !

Un publiciste conscient de sa mission et de sa responsabilité se sent le devoir, s’il a répandu l’erreur, de rétablir la vérité. Il s’adresse à des milliers de lecteurs sur qui ses écrits peuvent produire un effet, et il est tenu de ne point ruiner en eux et autour d’eux le patrimoine sacré de vérité libératrice et de pacifiante charité que dix-neuf siècles de christianisme, dix-neuf siècles de labeur, ont apporté au genre humain. On a dit que la langue a tué plus d’hommes que Pépée (cf. Si 28,22). Pareillement la littérature mensongère peut devenir plus homicide que les chars blindés et les bombardiers.

L’Evangile de la Transfiguration du Seigneur que nous avons lu hier à la sainte messe, raconte comment, pour révéler sa gloire à ses trois apôtres préférés, le divin Maître commença par les conduire seuls, à l’écart, sur une haute montagne (Mc 9,1). Si vous voulez assurer à vos foyers la bénédiction de Dieu, la protection spéciale de son Coeur, les grâces de paix et d’union promises à qui l’honore, séparez-vous de la foule en repoussant les publications mauvaises et corruptrices. Cherchez le bien en ce domaine comme dans les autres, prenez l’habitude de vivre sous le regard de Dieu et dans la fidélité à sa loi : vous ferez alors de votre foyer un Thabor intime et inaccessible aux miasmes de la plaine et où vous pourrez dire avec saint Pierre : « Maître, il nous est bon d’être ici ! (Mc 9,4) ». DISCOURS AUX JEUNES ÉPOUX (7 août 1940)

25 mars : Annonciation de la Bse Vierge Marie. Invoquée pour persévérer dans l’imitation du Christ (postcommunion, Angelus).

Vertu du jour proposée à imiter :

La maternité de Marie.

La Mère de Dieu ! Quel titre ineffable ! La grâce de la maternité divine est la clé qui ouvre à nos faibles désirs humains les richesses inexprimables de l’âme de Marie ; elle est également un appel réclamant pour elle la plus haute révérence de la part de toute créature. « Elle seule, par sa dignité, surpasse les cieux et la terre. Aucun être créé, visible ou invisible, ne peut être comparé à elle dans son excellence. Elle est en même temps la servante et la Mère de Dieu, elle est Vierge et en même temps Mère ».

Mais quand la jeune fille de Nazareth prononça son fiat en réponse au message de l’ange, et quand le Verbe se fit chair dans son sein, elle devint non seulement la Mère de Dieu dans l’ordre physique de la nature, mais encore elle devint dans l’ordre surnaturel de la grâce, la Mère de tous ceux qui par le Saint-Esprit sont unis sous un même chef : son divin Fils. La Mère de la Tête devient la Mère des membres. La Mère du tronc de la vigne serait la Mère des sarments.

Que l’âme pécheresse reprenne courage et sache qu’un cœur de Mère rempli de miséricorde plaide devant son divin Fils pour obtenir l’octroi des grâces nécessaires au repentir et au pardon. Que la jeunesse des deux sexes sachent que les yeux de cette Mère aimante sont toujours fixés sur elle. Aucun sentier, aucune occasion n’échappe à ses soins vigilants. Allez donc de l’avant avec décision, chers jeunes gens et chères jeunes filles, et affirmez la gloire de votre Mère Immaculée. En face d’un monde vicieux, prouvez que de jeunes cœurs peuvent rester chastes. Oh ! combien dépend d’un foyer catholique authentique et rayonnant !

Réjouissez-vous, oh ! toute pure Mère de Dieu, dans les saints désirs et résolutions de vos chers enfants. Ils sont vôtres ; ils veulent se cramponner pour toujours à votre main directrice. Protégez-les sous les ailes de votre affection et de votre miséricorde. Défendez-les contre les périls qui menacent la famille humaine et qui mettent en danger tout particulièrement ceux qui veulent rester fidèles à votre Fils et à son Eglise.

AVRIL.

16 avril : St Benoit-Joseph Labre, Conf., P. des pèlerins. Invoqué pour obtenir le mépris des biens terrestres et rechercher les biens célestes (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

23 avril : St Georges, M., P. des soldats chrétiens et des scouts. Invoqué contre les maladies dartreuses.

Vertu du jour proposée à imiter :

24 avril : St Fidèle de Sigmaringen, M., P. de la Propagation de la Foi. Invoqué pour obtenir l’affermissement dans la foi et la charité (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

25 avril : st Marc, Évangéliste, P. des écrivains et des notaires. Invoqué pour profiter de ses enseignements.

Vertu du jour proposée à imiter :

28 avril : St Paul de la Croix, Conf., Modèle de pénitence. Invoqué pour obtenir la dévotion à la Passion.

Vertu du jour proposée à imiter :

30 avril : Ste Catherine de Sienne, Vierge. P. primaire de l’Italie et des lessiveuses.

Vertu du jour proposée à imiter : dévotion au Pape légitime et à l’Eglise.

« Bien que Nous ait été confiée par le Dieu Rédempteur la sollicitude de toutes les Eglises qui Nous engage fermement à promouvoir spontanément le bien des fidèles du monde entier, la Chaire romaine de saint Pierre a été placée par la divine Providence en Italie. C’est très volontiers qu’à l’occasion Nous cherchons à promouvoir de façon très particulière les intérêts spirituels des Italiens, et que Nous décidons avec un soin très attentif les choses qui paraissent utiles à l’obtention de cette fin.

C’est pourquoi, dans les si grandes difficultés actuelles dont l’Italie est entourée de toutes parts, rien ne peut être plus conforme à Notre charge pastorale et aussi à l’affection dont Nous entourons Nos concitoyens, que de leur donner des patrons particuliers auprès de Dieu pour être leur garde et leur secours. Qui peut douter, en effet, qu’il n’est aidé chaque jour auprès de Dieu par le patronage des saints, surtout quand, placé dans la difficulté, il invoque Dieu, soutenu par l’intercession des bienheureux du ciel, et que Dieu immédiatement l’exauce ? Et ceci peut être à très juste titre affirmé du patronage dont les saints protègent les nations et les pays, et ceux-là principalement auxquels par patriotisme ils se sont efforcés d’être utiles pour des raisons et dans des circonstances particulières lorsqu’ils étaient encore sur cette terre.

Sans nul doute, ceci doit être affirmé de saint François d’Assise et de sainte Catherine de Sienne qui, tous deux Italiens, ont, lorsqu’ils vivaient, non seulement illustré leur patrie et la nôtre, terre toujours féconde en saints, par l’admirable splendeur de leurs actes et de leurs vertus, mais encore par l’abondance de leurs bienfaits dans des temps particulièrement difficiles et extraordinaires. »

« Catherine, vierge forte et pieuse, a pris soin par un travail efficace de favoriser et d’établir la concorde dans les cités et les villes de sa patrie, de ramener dans la ville de Pierre par ses conseils, par ses prières et par son effort inlassable, les pontifes romains qui vivaient en France presqu’en exil. Aussi paraît-elle à juste titre comme la gloire de la patrie et la protectrice de la religion. » LETTRE DE LA SECRÉTAIRERIE D’ÉTAT DÉCLARANT SAINT FRANÇOIS D’ASSISE ET SAINTE CATHERINE DE SIENNE PATRONS PRIMAIRES DE L’ITALIE (18 juin 1939)

« Dans ce service de de l’Eglise, vous comprenez bien, chers fils, comment Catherine devance notre époque par une action qui agrandit l’âme catholique et la place à côté des ministres de la foi, docile collaboratrice dans la diffusion et la défense de la vérité et dans la rénovation morale et sociale de la société civile. « Maintenant, c’est le temps des nouveaux martyrs, s’écriait-elle, parce que, en servant l’Eglise et le Vicaire du Christ, vous servez le Christ crucifié. »3 Et l’héroïque vierge de Sienne, soutenue par la vision et par l’ordre de son doux Jésus, combattait pour l’Eglise et pour le Vicaire du Christ ; nouvelle Debora, libératrice de sa nation (Jug., iv-v) ; nouvelle Judith, sans l’épée. » SERMON EN L’HONNEUR DE SAINT FRANÇOIS D’ASSISE ET DE SAINTE CATHERINE DE SIENNE PATRONS PRIMAIRES DE L’ITALIE (5 mai 1940)

MAI. (Indulgences à celui qui assiste aux exercices publics en l’honneur de la Vierge ou pour l’exercice en particulier si on en est empêché)

1er mai : SS. Philippe et Jacques, Apôtres. P. des foulons. St Joseph Artisan.

Vertu du jour proposée à imiter : la justice sociale.

« Non ce n’est pas dans la révolution, chers fils et chères filles, que vous trouverez votre salut ; et il est contraire à l’authentique et sincère profession chrétienne de tendre — préoccupé du seul avantage personnel, exclusif et matériel, au reste bien précaire — à une révolution qui procède de l’injustice et de l’insubordination civile en se chargeant la conscience du sang des concitoyens et de la destruction des biens communs. Malheur à qui oublie qu’une véritable société nationale comporte la justice sociale, exige une juste et convenable participation de tous aux biens du pays ! Autrement, vous le comprenez, la nation finirait par n’être plus qu’une fiction sentimentale, une vague excuse servant d’alibi à certains milieux pour se dérober aux sacrifices indispensables à l’établissement de l’équilibre et de la tranquillité publics. Vous verriez alors comment, une fois disparue du concept de société nationale la noblesse que celle-ci tient de Dieu, les rivalités et les luttes intestines deviendraient pour tous une menace redoutable.

. mais dans une bienfaisante évolution.

Ce n’est pas dans la révolution, mais dans une évolution harmonieuse que résident le salut et la justice. La violence n’a jamais fait que détruire, jamais construire ; exaspérer les passions, jamais les calmer ; accumuler les haines et les ruines, jamais unir fraternellement les adversaires. Elle a précipité hommes et partis dans la dure nécessité de reconstruire lentement, après des épreuves douloureuses, sur les ruines amoncelées par la discorde. Seule une évolution progressive et prudente, courageuse et conforme à la nature, éclairée et guidée par les saintes lois chrétiennes de la justice et de l’équité, peut conduire à la satisfaction des désirs et des besoins légitimes de l’ouvrier.

Donc, ne pas détruire, mais bâtir et consolider ; ne pas abolir la propriété privée, fondement de la stabilité de la famille, mais en promouvoir la diffusion, comme fruit du labeur conscient de tout ouvrier ou ouvrière de telle sorte que disparaîtront progressivement ces masses populaires agitées et audacieuses qui, tantôt par l’effet d’un sombre désespoir, tantôt sous l’impulsion d’instincts aveugles, se laissent emporter à tout vent de doctrines illusoires ou entraîner par les habiles manœuvres de meneurs dégagés de toute morale. » DISCOURS de S.S. Pie XII AUX TRAVAILLEURS D’ITALIE (13 juin 1943)

3 mai : Invention de la Ste Croix.

Vertu du jour proposée à imiter :

4 mai : Ste Monique, Veuve. Modèle des épouses et des mère. P. des mères affligées. Invoquée avec st Augustin pour pleurer ses péchés (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

« Et lorsque Dieu dans sa bonté aura donné à l’épouse la dignité de mère auprès d’un berceau, loin de diminuer ou de détruire le bonheur du foyer, les vagissements du nouveau-né l’augmenteront, ils le transfigureront dans l’auréole divine dont les anges resplendissent dans le ciel, car il descendra de là-haut un rayon de vie surnaturelle qui transformera les enfants des hommes en enfants de Dieu.

Telle est la sainteté du lit conjugal. Telle est la dignité de la maternité chrétienne. Voilà le salut de la femme mariée. Car, écrit saint Paul, c’est en devenant mère que la femme se sauvera, pourvu qu’elle persévère dans la foi, dans la charité et dans la sainteté, unies à la modestie (cf. 1Tm 2,15). Vous comprenez maintenant que la piété soit utile à tout, puisqu’elle a des promesses pour la vie présente et pour la vie à venir (1Tm 4,8), et qu’elle est, au dire de saint Ambroise, le fondement de toutes les vertus 3. Un berceau consacre la mère de famille ; plusieurs berceaux la sanctifient et la glorifient devant son mari et ses enfants, devant l’Eglise et la patrie.

Elles s’ignorent elles-mêmes et ce sont de malheureuses insensées, ces mères qui se lamentent lorsqu’un nouvel enfant se presse contre leur sein pour y puiser un aliment de vie. Ce n’est pas aimer le bonheur de son foyer que de gémir sur la bénédiction de Dieu, alors que Dieu est là qui l’entoure et le développe. L’héroïsme de la maternité est la fierté et la gloire de l’épouse chrétienne. Quand sa maison est vide, quand il y manque la joie d’un petit ange, sa solitude se tourne en prière et en invocation à l’adresse du Ciel ; ses larmes se mêlent aux pleurs d’Anne qui, à la porte du Temple, supplie le Seigneur de lui faire don de son Samuel (i Rois, i) . » DISCOURS AUX JEUNES ÉPOUX (25 février 1942)

7 mai : St Stanislas, Ev. et M. Invoqué dans les affaires désespérées et contre les palpitations de cœur.

Vertu du jour proposée à imiter :

12 mai : SS. Nérée et Achillée, M., Ste Domitille, V. et M., St Pancrace, M., Patron de la fidélité aux serments. Invoqué contre les faux témoignages.

Vertu du jour proposée à imiter :

15 mai : St Jean-Baptiste de la Salle, Conf., P. des instituteurs chrétiens. Invoqué pour obtenir le zèle de la gloire de Dieu et du salut des âmes (collecte).

St Isidore, Conf., Patron des laboureurs. Invoqué contre l’orgueil et pour toujours servir Dieu dans l’humilité (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

16 mai : St Jean Népomucène, Prêtre-Martyr. Invoqué contre l’indiscrétion, la calomnie et pour ne pas pécher par la langue (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

17 mai : St Pascal Baylon, Conf., P. des oeuvres eucharistiques. Invoqué pour obtenir l’amour de ce St Sacrement.

Vertu du jour proposée à imiter :

19 mai : St Yves, Conf., P. des hommes de loi : avocats, avoués… Invoqué pour obtenir la charité fraternelle et le mépris des biens temporels.

Vertu du jour proposée à imiter :

30 mai : Ste Jeanne d’Arc, V. P. secondaire de la France, de la jeunesse, des bergères et des soldats. Invoquée pour le triomphe durable de la ste Eglise face à ses ennemis (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

31 mai : Marie Médiatrice de toutes grâces. Marie Reine. Invoquée pour obtenir toutes les grâces et le règne de Jésus-Christ.

Vertu du jour proposée : dévotion à Marie.

« Dès les premiers âges de l’Eglise Catholique, le peuple chrétien fit monter vers la Reine du Ciel ses prières et ses chants de louange filiale, dans la sérénité des heures de joie et plus encore dans l’angoisse des périls menaçants. Jamais ne fut déçue l’espérance mise en la Mère du divin Roi Jésus-Christ ; jamais ne s’affaiblit la foi qui nous enseigne que la Vierge Marie Mère de Dieu règne sur l’univers entier avec un cœur maternel, tout comme elle est ceinte d’une royale couronne de gloire dans la béatitude céleste.

Or, après les calamités qui jusque sous Nos yeux ont couvert de ruines des villes florissantes et de nombreux villages, Nous voyons avec douleur déborder dangereusement les flots de profondes misères morales, vaciller parfois les bases mêmes de la justice, triompher un peu partout l’attrait des plaisirs corrupteurs et, dans cette conjoncture inquiétante, Nous sommes saisi d’une vive angoisse. Aussi est-ce avec confiance que Nous recourons à Marie notre Reine, lui manifestant non seulement Notre amour mais aussi celui de quiconque se glorifie du nom de chrétien.

Le 1er novembre de l’Année 1950, — il Nous plaît de le rappeler —, en présence d’une multitude de cardinaux, d’évêques, de prêtres et de fidèles accourus du monde entier, Nous avons Nous-même défini le dogme de l’Assomption de la Très Sainte Vierge dans le ciel, où, en corps et en âme elle règne avec son Fils unique parmi les chœurs des Anges et des Saints. En outre, à l’occasion du centenaire de la définition du dogme de l’Immaculée Conception par Pie IX, Notre prédécesseur d’immortelle mémoire, Nous avons promulgué la présente Année Mariale ; et ce Nous est aujourd’hui une grande consolation de voir à Rome, — à Sainte Marie-Majeure en particulier où les foules viennent manifester leur confiance et leur grand amour envers leur Mère du Ciel, — mais également dans le monde entier, la piété envers la Vierge Mère de Dieu refleurir toujours davantage et les principaux sanctuaires mariais recevoir sans cesse de nombreux et pieux pèlerinages.

Et l’on sait que, chaque fois que Nous en eûmes l’occasion, dans Nos allocutions d’audience ou Nos radio-messages, Nous avons exhorté tous les fidèles à aimer de tout leur cœur, comme des fils, leur Mère très bonne et très puissante. A ce sujet, Nous rappelons volontiers le message radiophonique adressé au peuple portugais lors du couronnement de la statue miraculeuse de Fatima et que Nous avons appelé Nous-même le message de la « Royauté de Marie ».

Pour mettre donc en quelque sorte le comble à ces marques de Notre piété envers la Mère de Dieu, que le peuple chrétien a accueillies avec tant de ferveur, pour conclure heureusement l’Année Mariale qui touche désormais à son terme, pour accéder enfin aux demandes instantes qui Nous parviennent de toutes parts, Nous avons décidé d’instituer la fête liturgique de « La Sainte Vierge Marie Reine ».

Nous n’entendons pas proposer par là au peuple chrétien une nouvelle vérité à croire, car le titre même et les arguments qui justifient la dignité royale de Marie ont déjà de tout temps été abondamment formulés et se trouvent dans les documents anciens de l’Eglise et dans les livres liturgiques.

La Tradition a toujours honoré la Sainte Vierge comme Reine.

Le peuple chrétien, même dans les siècles passés, croyait avec raison que celle dont est né le Fils du Très-Haut qui « régnera à jamais dans la maison de Jacob » , « Prince de la Paix » « Roi des rois et Seigneur des seigneurs » avait reçu plus que toute autre créature des grâces et privilèges uniques ; et considérant aussi les relations étroites qui unissaient la mère au fils, il a reconnu sans peine la dignité royale suprême de la Mère de Dieu.

C’est pourquoi il n’est pas étonnant que les anciens écrivains ecclésiastiques, forts de la parole de l’Archange Gabriel, prédisant que le Fils de Marie régnerait éternellement et de celle d’Elisabeth, qui en la saluant avec respect l’appelait « la Mère de mon Seigneur » , aient déjà appelé Marie, « la Mère du Roi », « la Mère du Seigneur », montrant clairement qu’en vertu de la dignité royale de son Fils elle possédait une grandeur et une excellence à part.

Aussi S. Ephrem dans l’ardeur de son inspiration poétique, la fait-il parler de la sorte : « Que le ciel me soutienne de son étreinte, car j’ai été honorée plus que lui. En effet, le ciel ne fut pas la mère, mais tu en as fait ton trône ! ». Et ailleurs, il la prie en ces termes : « …noble jeune fille et patronne, Reine, Maîtresse, garde-moi, protège-moi, de peur que Satan auteur de tout mal, ne se réjouisse à mon sujet et que le criminel adversaire ne triomphe de moi . »

Les Pasteurs suprêmes de l’Eglise ont estimé de leur devoir d’approuver et d’encourager par leurs exhortations et leurs éloges la piété du peuple chrétien envers sa Mère du ciel et sa Reine. Aussi, pour ne pas parler des documents des Papes récents, rappelons simplement ceux-ci : dès le septième siècle Notre Prédécesseur S. Martin I appelle Marie « Notre glorieuse Souveraine toujours Vierge » ; Saint Agathon, dans son épître synodale aux Pères du sixième Concile œcuménique dit d’elle « Notre Souveraine, vraiment Mère de Dieu au sens propre »; au huitième siècle, Grégoire II dans sa lettre au Patriarche S. Germain, qui fut lue aux acclamations de tous les Pères du septième Concile œcuménique, lui donne le titre de « Souveraine universelle et vraie Mère de Dieu », et de « Souveraine de tous les chrétiens ».

Rappelons en outre que Notre prédécesseur d’immortelle mémoire Sixte IV, mentionnant avec faveur la doctrine de l’Immaculée Conception de la Sainte Vierge dans sa Lettre apostolique Cum pro excelsa, commence par appeler Marie « Reine du ciel et de la terre » et affirme que le Roi suprême lui a en quelque sorte transmis son pouvoir.

C’est pourquoi S. Alphonse de Liguori rassemblant tous les témoignages des siècles précédents écrit avec grande piété : « Puisque la Vierge Marie a été élevée à la dignité si haute de Mère de Dieu, c’est à bon droit que l’Eglise lui a décerné le titre de Reine. » »

« La Sainte Liturgie, qui est comme le fidèle miroir de la doctrine transmise par les anciens et crue par le peuple chrétien à travers les âges, soit en Orient soit en Occident, a toujours chanté et chante encore sans cesse les louanges de la Reine des cieux. » « Les Pontifes Romains n’ont pas manqué de favoriser cette dévotion populaire en couronnant souvent, de leurs propres mains ou par l’intermédiaire de Légats pontificaux, les images de la Vierge déjà remarquables par le culte public qu’on leur rendait. »

Vraiment c’est avec un cœur maternel — comme dit encore Notre Prédécesseur Pie IX — que, traitant l’affaire de notre salut, elle se préoccupe de tout le genre humain, ayant été établie par le Seigneur Reine du ciel et de la terre et se trouvant exaltée au-dessus de tous les chœurs des Anges et de tous les Saints du ciel à la droite de son Fils unique, Jésus-Christ Notre-Seigneur ; elle obtient audience par la puissance de ses supplications maternelles, elle reçoit tout ce qu’elle demande et n’éprouve jamais de refus. A ce propos, un autre de Nos prédécesseurs, Léon XIII d’heureuse mémoire, déclara que la Bienheureuse Vierge Marie dispose d’un pouvoir « presque sans limites » pour concéder des grâces, et saint Pie X ajoute que Marie remplit cet office « pour ainsi dire par droit maternel ». Que tous les fidèles chrétiens se glorifient donc d’être soumis à l’empire de la Vierge Mère de Dieu qui dispose d’un pouvoir royal et brûle d’amour maternel.

Mais en traitant les questions qui regardent la Sainte Vierge, que les Théologiens et les Prédicateurs de la parole divine aient soin d’éviter ce qui les ferait dévier du droit chemin, pour tomber dans une double erreur ; qu’ils se gardent et des opinions privées de fondement, dont les expressions exagérées dépassent les limites du vrai, et d’une étroitesse d’esprit excessive quand il s’agit de cette dignité unique, sublime, et même presque divine de la Mère de Dieu, que le Docteur Angélique nous enseigne à lui attribuer « à cause du bien infini qu’est Dieu ».

Du reste, sur ce point de la doctrine chrétienne comme en d’autres, « la norme prochaine et universelle de la vérité » est, pour tous, le Magistère vivant de l’Eglise que le Christ a établi « également pour éclairer et expliquer ce qui, dans le dépôt de la foi, n’est contenu qu’obscurément et comme implicitement ».

Les monuments de l’antiquité chrétienne, les prières de la liturgie, le sens religieux inné du peuple chrétien, les œuvres d’art, nous ont fourni des témoignages qui affirment l’excellence de la Vierge Mère de Dieu en sa dignité royale ; Nous avons aussi prouvé que les raisons déduites par la théologie du trésor de la foi divine confirment pleinement cette vérité. De tant de témoignages cités, il se forme un concert dont l’écho résonne au loin pour célébrer le caractère suprême et la gloire royale de la Mère de Dieu et des hommes, « élevée désormais au royaume céleste au-dessus des chœurs angéliques ».

De longues et mûres réflexions Nous ayant persuadé que si cette vérité solidement démontrée était rendue plus resplendissante aux yeux de tous — comme une lampe qui brille davantage quand elle est placée sur le candélabre — l’Eglise en recueillerait de grands avantages ; par Notre autorité apostolique Nous décrétons et instituons la fête de Marie Reine, qui se célébrera chaque année dans le monde entier le 31 mai. Nous ordonnons également que, ce jour-là, on renouvelle la consécration du genre humain au Coeur Immaculé de la Bienheureuse Vierge Marie. C’est là en effet que repose le grand espoir de voir se lever une ère de bonheur où régneront la paix chrétienne et le triomphe de la religion.

Que tous s’approchent donc avec une confiance plus grande qu’auparavant, du trône de miséricorde et de grâce de notre Reine et Mère, pour demander le secours dans l’adversité, la lumière dans les ténèbres, le réconfort dans la douleur et les larmes ; qu’ils s’efforcent surtout de s’arracher à la servitude du péché et qu’ils offrent un hommage incessant, pénétré de la ferveur d’une dévotion filiale, à la royauté d’une telle Mère. Que ses Sanctuaires soient fréquentés et ses fêtes célébrées par la foule des fidèles ; que la pieuse couronne du Rosaire soit dans les mains de tous et que, pour chanter ses gloires, elle rassemble dans les églises, les maisons, les hôpitaux, les prisons, aussi bien de petits groupes que les grandes assemblées de fidèles. Que le nom de Marie plus doux que le nectar, plus précieux que n’importe quelle gemme soit l’objet des plus grands honneurs ; que personne ne prononce des blasphèmes impies, signe d’une âme corrompue, contre un nom qui brille d’une telle majesté et que la grâce rend vénérable, maternel ; qu’on n’ose même rien dire qui trahisse un manque de respect à son égard.

Que tous s’efforcent selon leur condition de reproduire dans leur coeur et dans leur vie, avec un zèle vigilant et attentif, les grandes vertus de la Reine du Ciel, Notre Mère très aimante. Il s’ensuivra en effet que les chrétiens, en honorant et imitant une si grande Reine, se sentiront enfin vraiment frères et, bannissant l’envie et les désirs immodérés des richesses, développeront la charité sociale, respecteront les droits des pauvres et aimeront la paix. Que personne donc ne se croie fils de Marie, digne d’être accueilli sous sa puissante protection, si, à son exemple, il ne se montre doux, juste et chaste, et ne contribue avec amour à la vraie fraternité, soucieuse non de blesser et de nuire, mais d’aider et de consoler.

En bien des régions du globe, des hommes sont injustement poursuivis pour leur profession de foi chrétienne et privés des droits humains et divins de la liberté ; pour écarter ces maux, les requêtes justifiées et les protestations répétées sont jusqu’à présent restées impuissantes. Veuille la puissante Souveraine des choses et des temps qui de son pied virginal sait réduire les violences, tourner ses yeux de miséricorde dont l’éclat apporte le calme, éloigne les nuées et les tempêtes vers ses fils innocents et éprouvés ; qu’elle leur accorde à eux aussi de jouir enfin sans retard de la liberté qui leur est due, pour qu’ils puissent pratiquer ouvertement leur religion, et que, tout en servant la cause de l’Évangile, ils contribuent aussi par leur collaboration et l’exemple éclatant de leurs vertus au milieu des épreuves, à la force et au progrès de la cité terrestre.

Nous pensons également que la fête instituée par cette Lettre Encyclique afin que tous reconnaissent plus clairement et honorent avec plus de zèle l’empire clément et maternel de la Mère de Dieu, peut contribuer grandement à conserver, consolider et rendre perpétuelle la paix des peuples, menacée presque chaque jour par des événements inquiétants. N’est-Elle pas l’arc-en-ciel posé sur les nuées devant Dieu en signe d’alliance pacifique ? « Regarde l’arc et bénis celui qui l’a fait ; il est éclatant de splendeur ; il embrasse le ciel de son cercle radieux et les mains du Très-Haut l’ont tendu ».

Quiconque donc honore la Souveraine des Anges et des hommes — et que personne ne se croie exempté de ce tribut de reconnaissance et d’amour — l’invoque aussi comme la Reine très puissante, médiatrice de paix : qu’il respecte et défende la paix qui n’est ni injustice impunie ni licence effrénée mais concorde bien ordonnée dans l’obéissance à la volonté de Dieu ; c’est à la conserver et à l’accroître que tendent les exhortations et les ordres maternels de la Vierge Marie. » LETTRE ENCYCLIQUE «AD COELI REGINAM » (11 octobre 1954)

JUIN (Indulgences à celui qui assiste aux exercices publics en l’honneur du Sacré-Cœur ou pour l’exercice en particulier si on en est empêché)

2 juin : SS. Erasme, Marcellin et Pierre, M. St Erasme P. des marins et gens de mer. Il est invoqué pour les maux d’entraille.

Vertu du jour proposée à imiter :

8 juin : St Médard, Ev. et Conf. Invoqué pour obtenir un temps favorable et servir Dieu « avec un esprit paisible » (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

10 juin : Ste Marguerite, Reine d’Ecosse, Veuve. Modèle des Mères chrétiennes. Invoquée pour augmenter en soi la charité envers les pauvres (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

11 juin : St Barnabé, Apôtre. Patron des faibles et des affligés.

Vertu du jour proposée à imiter :

13 juin : St Antoine de Padoue, Conf. et Docteur de l’Eglise. Patron des faïenciers. Invoqué pour retrouver les choses perdues et les biens de la grâce. En souvenir du miracle de la mule, on fait bénir les ânes et autres bêtes de somme.

Vertu du jour proposée à imiter : zèle pour la vérité.

Prière : Dieu tout-puissant et éternel, qui sauvez tous les hommes et ne voulez pas qu’aucun périsse, jetez les yeux sur les âmes séduites par les artifices du démon : afin que déposant toute la perversité de l’hérésie, leurs cœurs égarés viennent à résipiscence et retournent à l’unité de votre vérité. Par Notre Seigneur Jésus-Christ. Ainsi soit-il.

« De plus, Notre prédécesseur immédiat, Pie XI, d’heureuse mémoire, dans sa lettre apostolique Antoniana solemnia, publiée le 1er mars 1931, à l’occasion du VIIe centenaire de la mort du saint, et adressée à l’excellentissime Mgr Elie Dalla Costa, alors évêque de Padoue et maintenant cardinal de la sainte Eglise romaine et archevêque de Florence, célébra cette science divine que possédait abondamment le grand apôtre franciscain et dont il fit preuve dans la restauration de l’intégrité de la sainteté de l’enseignement évangélique.

De cette même lettre de Notre prédécesseur, il Nous plaît de rappeler encore les paroles suivantes tout à fait à leur place : « Le thaumaturge de Padoue a apporté à la société de son époque tourmentée et partout infectée de moeurs dissolues, les splendeurs de sa sagesse chrétienne et le suave parfum de ses vertus… [En Italie] en particulier se signala la puissance de son ardent apostolat ; ce fut là le théâtre de ses travaux exténuants. Mais ce fut aussi en de nombreuses provinces de la France. En effet, sans faire acception de races ou de nationalités, Antoine embrassait d’un même zèle actif tous les hommes, que ce fussent ses compatriotes portugais, les Africains, les Italiens, les Français, tous ceux enfin qui lui paraissaient avoir besoin de la vérité ou de l’enseignement catholique. Mais surtout, il engagea contre les hérétiques, Albigeois, Cathares et Patarins, qui, à cette époque, faisaient presque partout d’énormes ravages et s’efforçaient d’éteindre la lumière de la vraie foi dans les âmes chrétiennes, une lutte si véhémente et si fructueuse qu’il mérita d’être appelé « le marteau des hérétiques ». » LETTRE APOSTOLIQUE DÉCLARANT SAINT ANTOINE DE PADOUE DOCTEUR DE L’ÉGLISE UNIVERSELLE (16 janvier 1946)

« Parmi les saints écrivains qui, à cette époque, se sont servis des textes et de diverses similitudes ou analogies des Saintes Écritures pour illustrer ou confirmer la doctrine de l’Assomption, objet d’une pieuse croyance, le Docteur évangélique saint Antoine de Padoue occupe une place à part. C’est lui, en effet, qui, le jour de l’Assomption, expliquait ces paroles du Prophète Isaïe : « Je glorifierai le lieu où reposent mes pieds 27 », affirma d’une façon certaine que le divin Rédempteur a orné de la plus haute gloire sa Mère très chère, dont il avait pris sa chair d’homme. « Par là, vous savez clairement, dit-il, que la Bienheureuse Vierge dans son corps, où fut le lieu où reposèrent les pieds du Seigneur, a été élevée (au ciel). » C’est pourquoi le Psalmiste sacré écrit : « Lève-toi, Seigneur, au lieu de ton repos, toi, et l’arche de ta majesté. » De la même façon, comme il l’affirme lui-même, que Jésus-Christ est ressuscité en triomphant de la mort, et monté à la droite de son Père, ainsi pareillement « est ressuscitée aussi l’Arche de sa sanctification lorsqu’en ce jour, la Vierge Mère a été élevée dans la demeure céleste 28 ». » 28 S. Antoine de Padoue, Sermones dominicales et in solemnitatibus : In Assumptione S Mariae Virginis sermo. CONSTITUTION APOSTOLIQUE MUNIFICENTISSIMUS DEUS DÉFINISSANT LE DOGME DE L’ASSOMPTION (1er novembre 1950)

15 juin : SS. Vite (ou Guy), M. Invoqué contre la chorée (dans se st Guy), la léthargie, la morsure des bêtes venimeuses ou enragées. St Modeste et ste Crescence, M. Invoqués tous trois contre les sentiments d’orgueil (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

16 juin : St Jean-François-Régis, Conf. Patron de l’Oeuvre pour réhabiliter les unions illégitimes. Invoqué pour imiter son « admirable charité » et son « invincible patience » (collecte). Commencement de la Neuvaine aux SS. Pierre et Paul. Indulgences à qui prendra part à une neuvaine publique à ces Saints.

Vertu du jour proposée à imiter :

21 juin : St Louis de Gonzague, Conf. Patron des adolescents. Modèle de piété, de vigilance et de travail. Invoqué pour imiter sa pénitence (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

24 juin : Nativité de st Jean-Baptiste. Précurseur de N-S ; Patron des anti-alcooliques.

Vertu du jour proposée à imiter :

29 juin : S. Pierre, P. des pêcheurs, poissonnier, batelirs et skieurs. (Bénédiction de la mer) et S. Paul, P. des cordiers et des magasins d’articles de sport et de tourisme. Invoqués pour se conformer à la foi et à l’enseignement de l’Eglise (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter :

JUILLET (Indulgences à celui qui assiste aux exercices publics en l’honneur du Précieux Sang ou pour l’exercice en particulier si on en est empêché)

1er juillet : Fête du T. Précieux Sang de Jésus.

Vertu du jour proposée à imiter : pardon des offenses reçues.

« Comme vous le savez, chers fils et filles, l’Eglise, durant le mois de juillet, honore particulièrement le Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; et dans sa liturgie elle supplie le Père céleste, « qui a constitué son Fils unique Rédempteur du monde et a voulu se laisser apaiser par son sang » 2, de nous en faire sentir la bienfaisante efficacité.

« Ne dites point : Je lui ferai ce qu’il m’a fait, je rendrai à chacun selon sa conduite envers moi » (Pr 24,29). Car celui qui veut se venger subira la vengeance du Seigneur, qui tiendra un compte exact de ses péchés (Si 28,1). Quelle est grande, en effet, la folie de la rancœur dans une âme pécheresse qui a un si grand besoin d’indulgence ! L’écrivain sacré souligne ce contraste criant : « Un homme conserve de la colère contre un autre homme, et il demande à Dieu sa guérison !… Il n’a pas pitié d’un homme, son semblable, et il supplie pour ses propres fautes ! » (ib., 3-4).

Mais vous n’en devez pas moins vous tenir prêts chaque jour à pardonner les offenses reçues dans la vie familiale et sociale, selon cette parole que vous répétez chaque jour à genoux devant l’image du Crucifié : « Notre Père… pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » (Mt 6,12). Si alors vous ne voyez pas le Christ se pencher vers vous visiblement dans un sourire, la tête couronnée d’épines, vous saurez pourtant, dans la conviction de la foi et de la confiance, que de ce front divin, que des mains et des pieds du Sauveur Jésus, que de ce Cœur surtout à jamais ouvert, le sang rédempteur déversera ses flots de pardon dans votre âme avec d’autant plus d’abondance que vous aurez vous-même pratiqué le pardon des offenses avec plus de générosité. » DISCOURS AUX JEUNES ÉPOUX (10 juillet 1940)

2 juillet : Visitation de la Bse Vierge Marie. Invoquée pour obtenir la paix.

Vertu du jour proposée à imiter :

17 juillet : St Alexis, Conf., P. des pèlerins et mendiants.

Vertu du jour proposée à imiter :

18 juillet : St Camille de Lellis, Conf., Patron des infirmiers séculiers et de leurs associations. Invoqué pour obtenir l’esprit de l’amour de Dieu à l’heure de la mort (collecte).

Vertu du jour proposée à imiter : la charité envers les malades et les agonisants.

« Très clément Jésus, auteur des âmes ! Je Vous en supplie par l’agonie de Votre très saint Coeur, et par les douleurs de Votre Mère Immaculée, lavez dans Votre Sang les pécheurs du monde entier qui sont maintenant à l’agonie et qui mourront aujourd’hui. Ainsi soit-il. »
« Cœur de Jésus réduit à l’agonie, ayez pitié des mourants. »

« Il existe en certains pays la coutume de célébrer tous les ans une « semaine de la bonté » ou de « la charité ». Si cet usage devait s’étendre à toute la grande famille chrétienne, il se trouverait, semble-t-il, peu de dates plus favorables que la mi-juillet : les trois saints que fête alors la liturgie, Camille de Lellis, Vincent de Paul et Jérôme Émilien, sont des merveilles de bonté. Ils ont tous les trois pratiqué d’une manière admirable la loi d’or de la charité ; mais la splendeur de cet or brille en chacun d’eux d’un éclat tout spécial. Camille se consacra surtout aux infirmes, aux incurables, aux moribonds. Vincent, le grand organisateur de la bienfaisance, se voua aux misérables, aux délaissés de toute sorte, et fonda diverses associations charitables d’hommes et de femmes, parmi lesquelles les Filles de la Charité, dont chacun connaît les ailes blanches comme l’innocence, amples comme l’amour, palpitantes comme le zèle. Jérôme s’apitoya de préférence sur la misère des enfants du peuple, sur les orphelins privés d’affection, abandonnés dans les rues, dénués de tout. Tous les trois ont souffert avec ceux qui souffraient et pris part, oublieux de leurs propres douleurs, aux peines d’autrui pour en alléger le poids. » DISCOURS du Pape Pie XII AUX JEUNES ÉPOUX (17 juillet 1940)

19 juillet : St Vincent de Paul, Conf., P. des orphelins et des associations charitables.

Vertu du jour proposée à imiter : esprit apostolique.

« Soyez sourds à la tentation de sacrifier votre vie religieuse et votre sanctification personnelle à l’apostolat. Ce serait cueillir de l’arbre les fleurs épanouies pour en faire un bouquet et vouloir chercher ensuite du fruit sur les branches dépouillées. » DISCOURS AUX PÈLERINS A L’OCCASION DE LA CANONISATION DE MICHEL GARICOITS ET D’ELISABETH BICHIER DES AGES (7 juillet 1947)

« Erreurs à éviter dans l’apostolat.

Dans ce magnifique mouvement mondial d’apostolat laïque si cher à Notre coeur, il est nécessaire que soient évitées avec soin deux erreurs qui pourraient se glisser même dans des âmes de bonne volonté. L’une est le danger de l’exclusivisme qui exagère soit l’élément extérieur d’un travail superficiel et trop naturel que Nous avons désigné ailleurs sous le nom d’« hérésie de l’action » 2, soit l’élément intérieur, en se limitant d’une manière excessive et timide à la piété, ce qui s’accorderait peu avec les paroles du Seigneur : « Je suis venu jeter le feu sur la terre et que désiré-je, sinon qu’il s’enflamme » (Lc 12,49). En second lieu, il est nécessaire de prévenir l’erreur que certains, poussés par un zèle bien intentionné, pourraient partager et qui consiste en vue du bien des âmes à chercher l’uniformisation des activités et leur réduction à une forme commune, ce qui serait faire preuve d’une myopie intellectuelle entièrement étrangère aux traditions et au suave esprit de l’Eglise, héritière de la doctrine de saint Paul : « Les uns ont reçu un don, les autres un autre ; tous ont pourtant reçu le même esprit » (cf. 1Co 12,4). » RADIOMESSAGE AU CONGRÈS INTERNATIONAL DES CONGRÉGATIONS MARIALES, A BARCELONE (7 décembre 1947)

20 juillet : St Jérôme Émilien, Conf., P. des orphelins et de la jeunesse abandonnée. Invoqué pour garder « cet esprit d’adoption qui nous donne le nom et la qualité d’enfant de Dieu » (collecte).

22 juillet : Ste Marie-Madeleine, Pénitente, Modèle des Pénitents, P. des parfumeurs, coiffeurs, jardiniers, potiers et tonneliers.

« Laissez-Nous donner d’autres éloges encore à la mère et à la femme forte : l’éloge de l’héroïsme dans la douleur. L’épreuve, l’affliction et la peine la trouvent très souvent plus courageuse, plus intrépide et résignée que l’homme, parce qu’elle sait tirer de l’amour la science de la douleur. Considérez les saintes femmes de l’Évangile qui suivent le Christ et l’assistent de leur présence, qui l’accompagnent de leurs lamentations sur la voie du Calvaire et jusqu’à la croix (Lc 8,1-3 Lc 23,27). Le Cœur du Christ n’est que miséricorde pour les larmes de la femme : elles en ont fait l’expérience, les sœurs éplorées de Lazare, la veuve de Naïm, et Madeleine tout en larmes auprès de son sépulcre. Aujourd’hui même, en ces heures où le sang coule, Dieu sait à combien de veuves de Naïm le Rédempteur manifeste sa bonté : sans aller jusqu’à ressusciter leur fils tombé à la guerre, il verse au cœur de combien de mères le baume de sa parole réconfortante : Noli flere, « ne pleure pas » (Lc 7,13). »DISCOURS de Pie XII AUX JEUNES ÉPOUX (20 août 1941)

Dimanche : st Christophore, M., P. des voyageurs, automobilistes, portefaix, débardeurs. Bénédictions des voitures, motos, etc… Invoqué dans les orages, tempêtes, temps de peste et pour éviter les accidents du voyage. Invoqué pour obtenir la force dans l’amour de Dieu (collecte).

25 juillet : St Jacques, Apôtre, P. des pèlerins, des chapeliers, des tisserands, foulons, meuniers, bateliers et teinturiers en bleu.

26 juillet : Ste Anne, Mère de Marie. P. des provinces de Québec, Montréal et Ottawa au Canada et de la Bretagne en France. P. des marins, menuisiers, lingers(ères), couturiers, dentellières, des mères de famille et des faiseurs de balais. Invoquée contre la pauvreté.

Vertu du jour proposée à imiter : la dévotion à Marie.

« La Bretagne, Nous le savons, a toujours été une Terre de Marie, et elle veut le demeurer. Les signes de votre dévotion à la Très Sainte Vierge sont innombrables ; dans vos diocèses, combien d’églises lui sont dédiées ; dans les sanctuaires de vos pays, combien de Vierges couronnées reçoivent chaque jour l’hommage de vos prières; dans vos familles, combien ont reçu au saint baptême le nom de Marie ! Oh ! portez-le tous dans le cœur ce nom béni de la Mère de Dieu ! Honorez-le par votre piété, honorez-le plus encore par votre vie !

Que la consécration solennelle d’aujourd’hui soit pour vous un rempart contre les tentations, un motif de confiance dans la prière, un stimulant dans la lutte de tous les jours au service de Dieu. Quiconque s’est consacré à Marie lui appartient de façon spéciale. Il est devenu comme un sanctuaire de la Très Sainte Vierge ; l’image de Marie l’aide à écarter avec énergie toute pensée mauvaise ; l’amour de Marie lui donne le courage d’entreprendre de grandes choses, de vaincre le respect humain, de secouer l’égoïsme, de servir et d’obéir patiemment. Le regard fixé intérieurement sur elle, il s’affectionne à la pureté, à l’humanité, à la charité, dont l’âme de la Vierge était rayonnante ; il prend en haine le péché, il le combat en lui-même et lui fait la guerre de toutes ses forces. Quand il voit l’Immaculée fouler aux pieds le serpent infernal, quand il contemple la Mère de Dieu qui élève entre ses bras son divin Fils, sa volonté ne peut plus avoir aucune complaisance pour le mal ; au contraire, il est fier d’appartenir à Jésus et à Marie, il sait aussi que Marie le presse de faire tout ce que Jésus commande ou désire.

Mettez-vous donc avec confiance sous le manteau qu’elle ouvre de ses deux bras maternels pour accueillir tous ses enfants ; que tous les fils de Bretagne se retrouvent unis sous son patronage ; qu’ils lui fassent une cour et une garde d’honneur et se montrent partout et toujours de dignes fils d’une telle Mère.

Les exemples ne manquent pas, dans votre histoire, d’extraordinaire et très féconde dévotion à Marie. Nous n’en citerons qu’un seul, le plus remarquable sans doute, celui de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, que Nous avons eu le bonheur d’élever aux honneurs suprêmes de l’Eglise le 20 juillet 1047. Recevant le lendemain les nombreux pèlerins bretons, vendéens et poitevins venus à Rome en cette occasion, Nous déclarions : « Tous les saints, assurément, ont été grands serviteurs de Marie, et tous lui ont conduit les âmes ; il (saint Louis-Marie) est incontestablement un de ceux qui ont travaillé le plus ardemment et le plus efficacement à la faire aimer et servir ». Aujourd’hui, Nous adressant à tous ceux qui entendent faire de leur consécration au Coeur Immaculé de Marie un acte important et définitif, Nous leur disons : à l’imitation de saint Louis-Marie Grignion de Montfort et de tous les saints bretons, faites aimer et servir Marie.

Cela suppose avant tout que vous pratiquerez vous-mêmes les vertus de Marie : la délicatesse de son Coeur Immaculé ; le recueillement et l’esprit de prière, dont parle l’Evangile, quand il rappelle par deux fois 2 qu’elle conservait dans son coeur le souvenir des grâces de Dieu et des actions de l’Enfant Jésus ; l’amour de Dieu, humble, ardent et joyeux, qui éclate dans le Magnificat ; l’amour des autres également, de tous les autres, de ses parents, de ses amis, de tous les hommes, cette charité incomparable qui la fait voler au service de sa cousine Elisabeth dès qu’elle apprend sa prochaine maternité, qui la rend attentive à la gêne des époux quand le vin vient à manquer aux noces de Cana, qui l’unit enfin de façon si douloureuse et si profonde aux souffrances de son divin Fils pour le salut du genre humain.

Oui, la Très Sainte Vierge, dont la condition fut si humble, dont l’Evangile ne rapporte que si peu de choses, dont le silence remplit presque toute la vie, la Sainte Vierge a vu Dieu accomplir en elle les plus grandes choses sans perdre cette étonnante modestie qui remplit d’admiration. Et c’est pourquoi elle reste le modèle de tous les chrétiens. Avec le Sauveur lui-même elle est demeurée cachée à Nazareth, unie à Lui dans la douceur et l’humilité, dans l’accomplissement du devoir quotidien et des travaux domestiques, dans la patience et la prière. On ne connaît d’elle aucun miracle, aucune action extraordinaire, mais elle a aimé Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit et de toute sa force. C’est là le premier commandement. Et elle a aimé le prochain comme soi-même. « De plus grand que ceux-là il n’est aucun autre commandement. »

Vous seriez étonnés, chers fils et filles de Bretagne, si aujourd’hui, en cette fête de sainte Anne, et ici, à Auray, où elle est vénérée d’une manière si émouvante, Nous n’avions un souvenir pour celle que vous appelez à si juste titre la Bonne Mère. Aimez-la bien, cette bonne Sainte Anne. Continuez à placer vos foyers sous sa protection. En mettant Marie au monde, elle a donné à l’humanité la plus merveilleuse des créatures, la plus sainte des femmes, le chef-d’oeuvre de Dieu. N’est-ce pas assez pour que vous l’aimiez et l’honoriez d’une manière unique ? » RADIOMESSAGE de Pie XII AUX FIDÈLES DE BRETAGNE (26 juillet 1954)

27 juillet : St Pantaléon, Patron des médecins. Invoqué contre la tuberculose et les maladies de consomption, et pour « que nos corps soient délivrés de toute adversité et nos âmes purifiées de toute mauvaise pensée » (collecte).

29 juillet : Ste Marthe, Vierge, P. des servantes, aubergistes et cuisiniers. Invoquée pour recevoir « la ferveur d’une tendre dévotion » (collecte).

« Servir : n’est-ce pas le vrai bonheur et la réelle grandeur pour nous tous, disciples et membres de Celui qui vint au monde non pas pour être servi mais pour servir ? (Mt 20,28). Tous : Nous-même dont le titre en usage au commencement de Nos actes les plus solennels est celui de « Serviteur des serviteurs de Dieu », Servus servorum Dei ; vous, attachés de manière si intime et particulière au service de ce « Serviteur des serviteurs de Dieu » ; nous tous, au poste qui nous a été assigné par les desseins inscrutables de la Providence divine, servons ; et au travers des hommes servons Dieu devant lequel nous sommes tous conservi, compagnons de service, comme le rappelait l’ange à l’apôtre Jean (Ap 19,10 xxii Ap 9).

Servir : mot de bassesse ou de grandeur, selon la façon dont on l’entend. Servir par crainte, par peur, par intérêt ou par vil désir de gagner la faveur d’un grand diminue l’homme, devenu esclave au sens péjoratif du mot ; c’est la servilité adulatrice prête à tout en face de qui elle croit être plus puissante qu’elle-même ; c’est la crainte servile de l’animal qui se courbe sous le fouet, prêt à mordre dès qu’il se croira plus fort.

Au contraire, servir par devoir, par amour est déjà une chose magnifique lorsque pour une noble et grande cause, pour la défense du droit et de ceux qui nous sont légitimement chers, nous nous soumettons volontairement à une discipline sévère, renonçant à nos aises et à nos avantages personnels, nous sacrifiant, en cas de besoin, jusqu’à la suprême immolation ; servir ainsi, c’est nous élever, c’est nous surpasser soi-même pour s’élever à la hauteur de la cause que l’on sert.

Mais alors pour les vrais chrétiens qui, à travers les personnes les plus augustes, les causes les plus belles, voient avec les yeux de la foi apparaître la figure de Celui qu’en réalité ils servent en servant les hommes, Jésus-Christ, leur unique Seigneur, cette incomparable grandeur éclate dans leur service, quel qu’il soit, humble ou élevé ! » VŒUX DE NOËL de Pie XII A LA GARDE NOBLE PONTIFICALE (26 décembre 1940)

31 juillet : St Ignace de Loyola, Conf., P. des retraites spirituelles. Invoqué contre le choléra, les scrupules, pour bien mourir et être un bon soldat du Christ en combattant le bon combat (collecte).

AOÛT (Indulgences à qui durant ce mois fait des exercices de piété en l’honneur du Cœur Immaculé de Marie)

1er août : St Pierre aux liens. Fête patronale des serruriers et des chaînetiers. Invoqué pour briser les liens du péché et éloigner tous les maux.

Vertu du jour proposée à imiter : foi dans l’enseignement du Pape.

« Il ne faut pas estimer non plus que ce qui est proposé dans les encycliques ne demande pas de soi l’assentiment… A ce qui est enseigné par le magistère ordinaire, s’applique aussi la parole : » Qui vous écoute, m’écoute. » » Humani Generis, B. P., p. 10.
Un maître — vraiment digne de ce grand nom — n’a-t-il d’autre moyen, pour établir entre lui et ses disciples une cohésion entière, que de formuler des thèses précises qu’il sera nécessaire de professer sous peine de faire aussitôt figure de dissident ? C’est bien plus souvent et non moins efficacement qu’il parviendra à ce même résultat, par le seul exposé quotidien de sa doctrine, les explications données sur sa cohérence interne, sur ses implications dans les autres disciplines ou la conduite quotidienne de la vie. En un mot, c’est son enseignement ordinaire qui, aussi bien que le recours exceptionnel à d’éclatantes déclarations, formera autour de lui l’unité étroite d’une école.
Cet enseignement de chaque jour, ce retour continuel, tel est justement celui de ce Magistère ordinaire que le Souverain Pontife, comme Pie XII naguère encore nous le rappelait (3), exerce quotidiennement dans ses Discours, ses Lettres ou ses Messages, mais tout particulièrement dans ses encycliques.
(3) Allocution aux jeunes époux La gradita vostra Presenza, du 21 janvier 1942, Discorsi e Radiomessaggi di S. S. Pio XII, Milano, 1942, p. 355. »
« Ce n’est pourtant pas généralement une affirmation isolée dans une encyclique, mais bien plutôt un ensemble qui sera seul capable de réaliser nécessairement cette unité. Avec le Magistère ordinaire, en effet, nous ne nous trouvons plus, comme dans le cas de la définition, en présence d’un jugement solennellement formulé, mais devant un enseignement au sens courant du terme.
Hors le cas du jugement solennel, une seule affirmation n’est pas nécessairement, à elle seule, représentative d’une doctrine, l’enseignement pontifical n’y est pas engagé tout entier. Mais s’il s’agit du sujet directement visé dans une Lettre encyclique, si celle-ci surtout s’insère dans un ensemble et une continuité, si elle est l’objet d’un rappel et d’une insistance, comme il arrive si souvent pour les grandes Lettres doctrinales, aucun doute n’est plus désormais possible sur le contenu authentique de l’enseignement pontifical. Par suite, refuser de s’y rallier, cesser d’y adhérer par une communion étroite de pensée, c’est nécessairement briser l’union de doctrine, c’est introduire la dualité dans la foi.
Comment dès lors admettre pour cet enseignement, au moins dans cet ensemble que nous venons de définir, la possibilité de s’écarter de la vérité et de se tromper sur la règle de foi ? ou bien, pour demeurer fidèles à la vérité, pour y maintenir leurs troupeaux, les pasteurs devraient rompre cette unité, s’écarter dans leur enseignement de celui de Rome. Nous serions aux antipodes de la tradition qui lie irrévocablement la sécurité de la doctrine avec la communion réalisée autour du Pontife romain. » Dom PAUL NAU, Moine de Solesmes, UNE SOURCE DOCTRINALE : LES ENCYCLIQUES.

Il faut donc croire ou qu’un Pape ne peut pas se tromper dans l’ensemble, ou qu’il n’aurait jamais été Pape, mais un imposteur. Le Pape Pie XII s’est lui-même anathémisé s’il osait s’opposer à l’Evangile. « Cependant, de quel droit les hommes interpréteraient-ils selon leur propre gré et différemment suivant les nations cet Evangile que Notre-Seigneur Jésus-Christ nous a divinement révélé ? Ceci ne peut pas se concevoir sans quelque absurdité. Aux Evêques qui sont les successeurs des Apôtres, et aux prêtres qui remplissent avec zèle leur rôle de coopérateurs des Evêques, il est confié la charge d’annoncer et d’enseigner cet Evangile que Notre-Seigneur lui-même et ses Apôtres les tout premiers ont annoncé et enseigné. Ce Siège Apostolique, avec tous les Evêques qui lui sont unis, l’ont conservé en entier et transmis, au cours des siècles, dans son intégrité. Ces saints Pasteurs ne sont pas des innovateurs, ni les auteurs de cet Evangile. Ils en ont été établis seulement les gardiens autorisés et les hérauts, mais ils le sont de droit divin.

Puisque nous sommes certains que cette doctrine dont nous devons défendre l’intégrité avec l’aide de l’Esprit Saint, a été divinement révélée, nous redisons ces paroles de l’Apôtre : « eh bien ! même si quelqu’un — fût-ce nous-même, fût-ce un ange venu du ciel — vous annonçait un Evangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème » 18 ! Vous voyez donc, vénérables frères et chers fils, qu’ils ne peuvent pas être considérés ni honorés comme catholiques ceux qui professent ou enseignent différemment les vérités que Nous avons exposées brièvement.  » LETTRE ENCYCLIQUE A L’ÉPISCOPAT AU CLERGÉ ET AUX FIDÈLES DE CHINE (octobre 1954)

2 août : St Alphonse-Marie de Liguori, Ev., Conf., Docteur de l’Eglise, P. des futurs mères, confesseurs et maîtres en théologie morale.

« A l’exemple de Nos prédécesseurs, Nous-même, dès le début de Notre Souverain Pontificat, avons donné à des associations et instituts de Prêtres ou de fidèles plusieurs Patrons particuliers. Citons : S. Albert le Grand pour ceux qui s’adonnent aux sciences naturelles, S. François de Paule pour la marine italienne, les saintes Catherine, vierge de Sienne, et Catherine, veuve de Gênes pour les infirmières italiennes de service chez les malades et dans les hôpitaux ; S. Jean Bosco pour l’Association catholique des Editeurs d’Italie ; S. Joseph Calasance pour toutes les écoles populaires du monde entier ; la Bienheureuse Mère de Dieu sous le vocable de « Vierge Fidèle » pour les soldats italiens de la défense nationale ou « Carabinieri » ; l’Archange saint Michel pour les gardiens de l’ordre public en Italie.

Il en est résulté une sorte d’émulation louable parmi les autres associations : elles demandent que Nous assignions aussi à chacune d’elles un Saint dont la protection spéciale auprès de Dieu leur assure un appui et dont les vertus les animent à une imitation particulière.

Il s’est donc fait que plusieurs Pères Cardinaux de la Sainte Eglise Romaine, de très nombreux Archevêques et Évêques, des Supérieurs Généraux d’Instituts religieux et de très illustres Recteurs d’Instituts Supérieurs, et aussi des spécialistes et professeurs de théologie morale, ont exprimé le voeu de Nous voir constituer saint Alphonse-Marie de Liguori, Évêque, Confesseur et Docteur de l’Eglise, comme céleste Patron auprès de Dieu de tous les Prêtres qui remplissent la fonction très importante et très salutaire de confesseur, et aussi de ceux qui, par la parole ou les écrits, s’occupent de quelque manière de l’enseignement de la théologie morale 2.

Nous n’avons pas hésité à donner satisfaction à ces vœux, car personne n’ignore que saint Alphonse, comme semeur infatigable de la parole divine, a excellé merveilleusement par la doctrine, la prudence, l’assiduité, la patience, en recevant les confessions des fidèles, et comme Évêque, a parfaitement formé un très grand nombre de ministres du Sacrement de Pénitence dans son diocèse de Ste-Agathe des Goths, qu’il gouverna très saintement, et où il voulut siéger lui-même très fréquemment au saint tribunal, pour entendre les péchés à expier.

Bien plus, il confia comme charge principale aux Confrères du St-Rédempteur qu’il réunit en Congrégation, la fonction d’entendre les confessions. Il enseigna enfin de bouche et par ses écrits une doctrine morale et pastorale excellente, pour l’instruction et la direction des confesseurs, doctrine très appréciée dans tout le monde catholique et recommandée souvent et fortement par les Souverains Pontifes comme une règle sûre pour les ministres de la Pénitence et les directeurs d’âmes.

Notre prédécesseur Pie IX, dans le décret Urbi et Orbi, du 23 mars 1871, qui proclame saint Alphonse docteur de l’Eglise, n’hésita pas à affirmer en effet : « Il dissipa et éloigna les ténèbres des erreurs, largement répandues par les incrédules et les Jansénistes. » Et peu après, le même Pontife, dans sa Lettre Apostolique sous l’anneau du Pêcheur, du 7 juillet de la même année, qui traite du progrès du culte du Saint Docteur, écrivit ces paroles : « Ce n’est pas sans un très sage dessein du Dieu Tout-Puissant qu’au moment où la doctrine des novateurs jansénistes attirait sur elle les regards, en alléchant et égarant un grand nombre sous les beaux atours de l’erreur, se dressait par-dessus tout Alphonse-Marie de Liguori, qui… ferait en sorte par ses savants et laborieux écrits d’extirper radicalement et de bannir du champ du Seigneur cette peste suscitée par l’enfer».

Et Léon XIII, dans sa lettre aux Evêques d’Italie, du 8 décembre 1902, appelle saint Alphonse le plus illustre et le plus doux des théologiens moralistes, comme précédemment, au sujet de la doctrine morale enseignée par S. Alphonse, il avait déclaré « qu’elle était très célèbre par toute la terre et fournissait une règle sûre pour les directeurs de conscience ». Ce que confirma Pie X, dans la lettre qu’il écrivit en 1905 au Père Gaudé, éditeur de la Théologie Morale. Enfin Notre incomparable prédécesseur immédiat, lorsqu’il traite dans sa Lettre Encyclique : Ad catholici sacerdotii, de 1935, des qualités dont les confesseurs de Clercs doivent être abondamment pourvus, transcrit littéralement en la matière les mots et les avis de saint Alphonse.

Tous ces précédents Nous persuadent, et Nous provoquent en quelque sorte à joindre Notre voix à tant d’autres si graves qui chantent ensemble en quelque sorte un hymne à l’honneur de saint Alphonse. Saisissant donc l’occasion favorable de l’achèvement du deuxième centenaire de la première édition du très célèbre ouvrage de la Théologie Morale, consentant aux prières de Notre cher Fils le Supérieur Majeur actuel de la Congrégation du Très Saint Rédempteur3, et de tous ses confrères, ouï également Notre Vénérable Frère Clément Micara, Cardinal de la Sainte Eglise Romaine, Evêque de Velletri, Préfet de la S. Congrégation des Rites, de Notre pleine connaissance et mûre délibération, et dans la plénitude de Notre pouvoir Apostolique, Nous choisissons et constituons à perpétuité saint Alphonse-Marie de Liguori, Evêque, Confesseur et Docteur de l’Eglise, céleste Patron auprès de Dieu de tous les Confesseurs et Moralistes, avec tous et chacun des honneurs et privilèges liturgiques qui appartiennent régulièrement aux Patrons des groupements. » LETTRE PROCLAMANT SAINT ALPHONSE-MARIE DE LIGUORI PATRON DES CONFESSEURS ET MAÎTRES DE THÉOLOGIE MORALE (26 avril 1950)

C’est le nom de Jésus qui rend nos aspirations puissantes et efficaces auprès de Dieu ; c’est ce nom qui fait que nos bons désirs soient la cause de ce que Dieu, dans sa Providence, a disposé que nous obtiendrions par la prière ; car la prière ne change point l’ordre immuable établi par Dieu, mais elle l’accomplit, en tant que dans cet ordre providentiel Dieu a lié l’octroi des biens que nous lui demandons aux prières que nous lui offrons. De là, cette parole de saint Alphonse de Liguori, que qui prie se sauve, qui ne prie point se damne 7 ; et affirmer qu’il n’est pas nécessaire, puisque l’ordre de sa Providence est immuable, de prier pour obtenir une grâce de Dieu, ce serait affirmer, observe le Docteur angélique saint Thomas, qu’il n’est point nécessaire de marcher pour arriver à tel point, ni de manger pour se nourrir : assertions évidemment absurdes 8. DISCOURS AUX JEUNES ÉPOUX (2 juillet 1941)

4 août : St Dominique, Conf. Invoqué pour que l’Eglise ne soit pas privée des biens temporel et croisse toujours dans les biens spirituels (collecte).

5 août : N-D des Neiges, P. des dentellières.

6 août : Transfiguration de N.-S. Fête patronale des graissiers.

7 août : St Donat, Ev. et M. Invoqué contre l’orage et le tonnerre.

8 août : Sts Cyriaque, (invoqué pour les maladies des yeux et les possessions du démon), Large et Smaragde, M. Invoqués pour obtenir l’imitation de « leur courage dans leur passion » (collecte).

9 août : St Jean-Marie Vianney, Conf., P. de tous les prêtres ayant charge d’âmes. Invoqué pour gagner au Christ l’âme du prochain et parvenir avec lui au Ciel (collecte).

10 août : St Laurent, M., P. des comptables, commis, cuisiniers, pompiers et de l’Eglise spoliée. Invoqué contre l’incendie, les brûlures et le « feu des passions » (collecte).

12 août : Ste Claire, V. Patronne des laveuses, des blanchisseuses et de la télévision. Invoquée pour demander le beau temps.

« Aidé par la Sagesse divine, l’esprit humain à notre époque produit des merveilles qui forcent l’admiration. Loin de refuser les progrès de la technique, l’Eglise, dans la mesure où on les utilise pour le bien, non seulement les encourage, mais elle s’en sert pour étendre les vérités de la foi.

De toutes ces inventions, la moindre n’est pas la télévision, qui « permet en effet de participer par l’ouïe et par la vue, à l’instant même où ils se passent, aux événements lointains, d’une façon suggestive, qui s’apparente à un contact personnel » 2.

Elle a, Nous l’avons dit, de grands avantages et de terribles inconvénients. Elle s’empare des esprits jusque sous le toit familial. C’est pourquoi Nous avons cru devoir lui donner une protection céleste, qui en rende l’usage profitable et non pernicieux. Et Nous lui avons choisi comme patronne sainte Claire. Une nuit de Noël, clouée sur son lit de douleur en son monastère d’Assise, Sainte Claire entendit comme si elle eût été présente, les chants sacrés dans l’église de Saint-François, et elle vit la crèche de l’enfant divin. Aussi Nous demandons à celle dont l’éclatante pureté brille dans nos ténèbres, qu’elle fasse de cette nouvelle découverte un moyen de diffuser la vérité et la vertu, sur lesquelles se tient tout l’ordre du monde. » LETTRE APOSTOLIQUE « CLARIUS EXPLENDESCIT » PROCLAMANT SAINTE CLAIRE D’ASSISE PATRONNE DE LA TÉLÉVISION (14 février 1958)

Nombreux à la vérité sont de cette vierge les exemples à imiter dans les circonstances actuelles, qui ne diffèrent pas totalement de celles où se trouva Claire. Ce ne sont pas de moindres périls, comme tout le monde le sait, qui pèsent sur les intérêts religieux, et le recul de la moralité n’est certes pas moindre : la charité se refroidissant en effet misérablement, les dissensions, les haines et un appétit effréné des biens périssables troublent bien des âmes, et tendent à renverser les fondements de l’ordre domestique et public. Que vers cette grande sainte, au cours des solennités séculaires, regardent avec vénération tous les catholiques, et qu’ils reçoivent d’elle un stimulant de généreuse vertu. Que d’elle ils apprennent surtout à détacher leur âme des choses de la terre estimées à leur juste valeur, à dompter leurs passions par un châtiment volontaire, à entourer leur prochain de charité fraternelle ; que ce siècle de mollesse sente combien il importe et quelle joie il y a à suivre le Christ humble et à embrasser courageusement sa croix. Si ces effets se réalisent, on peut espérer ce renouveau chrétien des moeurs et ce juste rétablissement de la vie publique, qui sont désirés depuis longtemps par tous les hommes de bien.

Dès à présent Nous sommes raffermis dans la douce espérance que la noble Claire obtiendra ces fruits avec abondance du Dieu Tout-Puissant. Nous lui demandons en une instante prière de protéger de son très puissant patronage l’Eglise catholique, et de regarder toujours avec bienveillance le peuple d’Assise qui lui est si attaché. Qu’elle assiste enfin toute la famille franciscaine et particulièrement les religieuses Clarisses, et que surtout elle fasse en sorte que par elles prenne de plus en plus vigueur ce salutaire esprit franciscain, qui, ayant relevé autrefois la société troublée et presqu’en ruine et l’ayant ramenée à des mœurs meilleures, pourra sans aucun doute remédier opportunément aussi aux maux immenses de notre temps et en réparer heureusement les dommages. LETTRE A SON EXC. MGR NICOLINI ÉVÊQUE D’ASSISE A L’OCCASION DU SEPTIÈME CENTENAIRE DE LA MORT DE SAINTE CLAIRE
(25 mai 1953)

13 août : St Jean Berchmans, Conf., P. des collégiens.

15 août : Assomption de la Bse Vierge Marie, P. principale de la France. Invoquée pour obtenir le pardon, le salut (collecte) et la grâce d’une bonne mort.

16 août : St Joachim, Père de la B. V. Marie.

St Roch, Conf., P. des contagieux, invoqué contre l’épizootie. Protecteur spécial des laboureurs. Invoqué contre « toute contagion de l’âme et du corps » (collecte).

18 août : St Arnould, Ev. et Conf. P. des brasseurs, meuniers, aubergistes.

19 août : St Jean Eudes, Conf.

LETTRE A Son Exc. Mgr. LEBRUN, ÉVÊQUE D’AUTUN, à l’occasion du 3e Centenaire de la Prédication de St JEAN EUDES (15 janvier 1948)
1. D’après le texte latin des A. A. S., 40, 1948, p. 106.

Les Lettres qui Nous sont récemment parvenues de la part du Supérieur général des Eudistes 2 et de la Vôtre, Nous ont appris qu’à Notre grande joie, vous désiriez ardemment célébrer un événement dont le rappel pourrait, selon vos dires, enflammer la piété du clergé et du peuple envers la Mère de Dieu qui est aussi la nôtre. Il y a en effet, trois siècles que Jean Eudes « héraut éloquent des vérités éternelles »3 prononça une série de sermons dans les différentes églises d’Autun et, avec l’aide de vingt compagnons, ramena d’innombrables foules à l’observation des saints préceptes du Christ.

Il voulut alors que l’aide du Coeur Immaculé de Marie fut implorée par tous, étant pénétré de cette louable idée en vue d’obtenir plus facilement de Dieu, un zèle persévérant dans la vertu. C’est sous son patronage, et par sa décision, que, pour la première fois, le Sacrifice Eucharistique fut célébré en l’honneur de ce Coeur Immaculé, avec l’approbation de l’autorité ecclésiastique; lui-même avait composé le texte des prières.

2. Les Eudistes ou membres de la Congrégation de Jésus et de Marie ont pour Supérieur général le R. P. François Lebesconte, 1, rue Jean-Dolent, Paris.
3. Homélie de Pie XI à la canonisation de Saint Jean Eudes, A. A. S., 18, 1925, p. 215.

Nous estimons fort opportun de rappeler ce fait au souvenir du peuple chrétien : Nous pensons, en effet, que de même qu’au temps de Saint Jean Eudes les âmes des fidèles d’aujourd’hui trouveraient grand profit à s’orienter et à se tourner, non seulement vers le culte à rendre à la Vierge Mère de Dieu et vers l’amour à lui témoigner avec plus d’ardeur, mais aussi vers l’imitation des exemples laissés par ses vertus. C’est là une chose qui semble de nos jours plus nécessaire que jamais.

Il y a peu d’années, comme on s’en souvient, lorsque sévissait encore une guerre atroce, et au moment où toutes les ressources et tous les espoirs humains paraissaient vains et incapables d’apaiser un conflit de cette gravité, Nous Nous sommes réfugié par la prière et la supplication auprès de notre miséricordieux Rédempteur, sous le très puissant patronage du Coeur très pur de la Vierge Marie. Et ainsi que Notre prédécesseur Léon XIII, d’heureuse mémoire, dédia au début du xxe siècle, le genre humain tout entier au Sacré-Coeur de Jésus, Nous avons voulu de même, comme représentant de l’humanité rachetée, consacrer solennellement cette humanité au Coeur Immaculé de la Vierge Mère de Dieu.

Actuellement, bien que la paix soit revenue presque partout, il s’en faut de beaucoup que toutes les haines soient apaisées ou que toutes les discordes et tous les différends soient réglés. Tandis que la structure même de la société civile semble soumise à de rudes secousses, beaucoup de nations et de peuples, blessés par tant d’épreuves, affligés par tant de ruines et de.dommages, ne considèrent qu’avec crainte ce que leur apportera le cours de cette nouvelle année. Il n’y a donc pas lieu de cesser de demander le secours divin ou d’implorer la tutelle de la bienheureuse Vierge Marie; celui qui voudrait obtenir sans elle les récompenses suprêmes et l’aide d’en haut, ressemblerait à l’homme qui voudrait sans ailes s’envoler vers les deux (cf. Dante Alighieri Parad. XXXIII, 14-15).

C’est pourquoi vous agissez pour le mieux si, en rappelant les bienfaits de cette prédication, vous en tirez le moyen d’enflammer la piété populaire vers la bonne Mère de Dieu en la montrant et en la recommandant comme gardienne de la paix et l’avocate des faveurs célestes.

Que Saint Jean Eudes vous assiste du ciel dans tous vos projets et entreprises et obtienne, par sa puissante intercession, que la grâce divine renouvelle pour vous avec bonheur les fruits de salut qu’elle engendra voici trois siècles dans votre région.

Nous vous accordons entre temps Vénérable Frère, ainsi qu’au cher Fils François Lebesconte, Supérieur général des Eudistes, à ses confrères, ainsi qu’à tout le troupeau confié à votre vigilance, la Bénédiction Apostolique présage de ces fruits célestes et gage de Notre bienveillance.

4. Saint Jean Eudes (1601-1680), d’abord Oratorien, fonda ensuite, le 25 mars 1643, la Congrégation de Jésus et de Marie, qui avait pour but : « la sanctification des ecclésiastiques par les séminaires et l’évangélisation des fidèles par les prédications. »
1. Le Pape Pie XII consacra solennellement le monde au Coeur Immaculé de Marie, en 1942 (A. A. S., 34, 1942, p. 345). (Cf. Décret du 4 mai 1944, instituant la Fête du Coeur Immaculé de Marie, A. A. S., 37, 1945, p. 44.)

20 août : St Bernard, Abbé, et Docteur de l’Eglise. Invoqué contre les superstitions.

24 août : St Barthélémy, Apôtre, P. des tanneurs.

25 août : St Louis, Roi de France, Conf., P. de l’ordre royal et militaire de st Louis. Fête patronale des brodeurs, chasubliers, et industries de luxe ; des coiffeurs, des merciers, des tailleurs, des maçons et des distillateurs. P. des Frères Tertiaires.

27 août : St Joseph Calasanz, Conf., PP. des enfants et des jeunes gens. Invoqué pour « agir  et enseigner de façon à conquérir » le ciel (collecte).

28 août : St Augustin, Ev., Conf. et Docteur de l’Eglise. Patron des imprimeurs. Invoqué pour obtenir la Miséricorde de Dieu (collecte).

30 août : Ste Rose de Lima, V. Patronne du Nouveau Monde.

Nous constituons selon la teneur des présentes lettres, à titre perpétuel, et déclarons la Bienheureuse Vierge Marie au titre de l’Immaculée Conception patronne principale et universelle et les saintes vierges Pudentienne et Rose de Lima comme patronnes secondaires, y ajoutant les droits et privilèges nécessaires afin qu’à la messe et dans l’office divin les fêtes de ces patronnes puissent être célébrées régulièrement selon les règles des rubriques… LETTRE APOSTOLIQUE DÉCLARANT L’IMMACULÉE CONCEPTION PATRONNE PRINCIPALE ET SAINTES PUDENTIENNE ET ROSE DE LIMA PATRONNES SECONDAIRES DES ILES PHILIPPINES (12 septembre 1942)

Sainte Rose de Lima.

Vos pères et vos gouvernants, qui s’enflammèrent dans le zèle et l’ardeur des saints au pied de l’autel du Christ, Dieu présent et caché sous les voiles eucharistiques, furent animés, vécurent de cette foi catholique romaine qui leur fit accomplir de grandes choses. Les lis des vallées et les roses de Jéricho ne fleurissent-ils pas autour des divins tabernacles ? N’a-t-elle pas poussé et n’a-t-elle pas éclos dans le jardin de Lima, blanche comme le lis et rouge comme la rose, cette première fleur de sainteté de toute l’Amérique, l’admirable Rose de Sainte-Marie qui, dans la solitude, au milieu des épines de la pénitence, est l’émule, par son brûlant amour, d’une Catherine de Sienne ?3 L’honneur de cette foi embellit votre nom, rend sacrées beaucoup de pages de votre histoire ; par-dessus les vestiges de la civilisation précolombienne, par-dessus les solitudes sauvages et les cimes de vos monts vertigineux, s’élève l’esprit missionnaire qui transforma ces peuples idolâtres en enfants dévoués de l’Épouse du Christ, régénérés par la foi romaine. Sous le ciel azuré du Pérou, des grandes cités aux modestes bourgades, la divine Eucharistie régna en souveraine par l’abondance des églises, le nombre des prêtres et des religieux, par l’ornementation sacrée et artistique des tabernacles, des ciboires, des ostensoirs qui, aujourd’hui encore, suscitent l’admiration des visiteurs. RADIOMESSAGE AU CONGRÈS EUCHARISTIQUE NATIONAL DU PÉROU (27 octobre 1940)

SEPTEMBRE (Indulgences accordées à ceux qui font quelques exercices de piété en l’honneur de N.-D. des Sept Douleurs.)

1er septembre : St Gilles, Abbé, P. des mégissiers. Invoqué contre la panique, le mal caduc, la folie et les frayeurs nocturnes.

8 septembre : Nativité de la B. V. Marie. Fête patronale des tailleurs. Invoquée pour obtenir la paix (collecte).

Saint François de Sales écrivant, le 8 septembre, à des âmes pieuses, leur disait : « Je vous salue, chères filles, et vous invite à jeter, pendant toute cette octave, des bouquets de fleurs sur le berceau de la Très Sainte Vierge… Ces fleurs sont de saints soucis de la bien imiter, — des pensées de la servir à jamais, — des lis de pureté, — des roses d’une ardente charité, — et des violettes de la très désirable humilité et simplicité. Mon Dieu, ajoute-t-il, quand sera-ce que Notre-Dame naîtra dans notre cœur? Pour moi, je vois bien que je n’en suis nullement digne : vous en penserez autant, vous, mais son Fils naquit bien dans une étable. Et courage donc, faisons place à cette sainte enfant : elle n’aime que les lieux approfondis par l’humilité, avilis par la simplicité, élargis par la charité. Elle se trouve volontiers auprès de la crèche et au pied de la croix; elle ne se soucie point si elle va en Egypte ; pourvu qu’elle ait son cher Enfant, elle est contente. Contentons Marie en appelant en nous Jésus par la communion et en le conservant par le recueillement. »

PRATIQUES. DE M. OLIER POUR HONORER LA CONCEPTION ET LA NATIVITÉ DE MARIE

 Me conformant à la pratique de l’Église , qui vénère le saint mystère de l’enfance de Notre-Seigneur pendant six semaines, je prendrai, pour honorer celle de la très-sainte Vierge, tout le temps qui sépare sa nativité de sa présentation au temple.

Il est vrai que ce mystère est passé, quant à l’extérieur; mais l’intérieur subsiste toujours : tout ce que Marie a jamais eu de vertus, de grâces, de sentiments de Dieu et de dispositions saintes, étant permanent en elle; en sorte que nous l’y trouvons toujours le même, comme jésus porte toujours dans son intérieur l’esprit et les dispositions intérieures de tous les mystères de sa vie. Pendant cet espace de temps, je rendrai mes hommages à cette bénie enfant. Je respecterai ce saint tabernacle, cet intérieur caché à la plupart des hommes, quoiqu’il soit (39) mille fois plus cher à Dieu, que ne le furent l’arche d’alliance et le temple de Salomon, qui n’en étaient que des figures mortes et sans vie.

L’esprit de sainte enfance si nécessaire, d’après l’Évangile, pour entrer au royaume de Dieu, est bien rare dans l’Église. Peut-être cela vient-il du défaut d’amour et de respect envers l’enfance de Jésus et de Marie. C’est une bénédiction non pareille, quand une fois la miséricorde de Dieu nous y applique, et nous y donne une spéciale dévotion. Il me semble que la vie non-seulement d’un homme, mais de tous les chrétiens, serait bien employée dans la vénération du mystère de la nativité de Marie. Pour moi, j’y consacre la mienne : je m’estimerais heureux que tous mes jours y rendissent un continuel hommage; et je me voue à Dieu pour employer tous mes instants à le faire honorer.

1° Pour entrer dans cette dévotion, vous pourriez avoir chez vous un oratoire, où vous mettriez, non une crèche, comme on fait au temps de la nativité de Notre-Seigneur, mais un petit berceau, dans lequel serait une figure de la très-sainte Vierge, nouvellement née, ayant d’un côté sainte Anne, de l’autre saint Joachim : sa couche serait environnée d’Anges, dans l’expression du, respect, de la joie, de l’admiration: Vous iriez là tous les jours, pendant le temps de ce mystère, rendre vos devoirs à Marie enfant. Il me semble que c’est une bien douce visite que celle que l’on peut faire en esprit à sainte Anne et à saint Joachim, pour leur demander l’entrée de leur sainte demeure, et l’accès au berceau de leur (40) sainte enfant, dont ils sont les gardiens et les anges visibles. Après les avoir salués par l’oraison composée en leur honneur, on ira se mettre à genoux auprès du berceau; et là , en tout recueillement et piété, on s’unira aux saints anges, pour respecter et louer avec eux les grandeurs inconnues de Marie; et par la foi on se répandra dans l’intérieur de tous ces esprits célestes, afin de prendre part à tous les respects et les sentiments amoureux qu’ils offrent à ce chef – d’oeuvre de l’amour et de la sagesse divine.

2° On remerciera la très-sainte Trinité de tous les bienfaits dont elle a comblé le genre humain, en le tirant du néant, en le rachetant par Jésus-Christ, et en le sanctifiant par son divin Esprit. Surtout, on la bénira d’avoir choisi, de préférence à tant d’autres créatures possibles, la fille de sainte Anne et de saint Joachim, pour être l’épouse bien-aimée ; du Père, la digne mère du Fils, le temple le plus auguste du Saint-Esprit, enfin la mère la plus aimable et la plus miséricordieuse de tous les hommes.

3° Honorant ensuite le saint mystère de la nativité de Marie, on adorera le Saint-Esprit qui porte cette incomparable créature, dès qu’elle commence à faire usage de ses facultés, non-seulement à s’offrir elle-même, pour jamais, à la gloire de Dieu, en tout ce qu’elle est et en tout ce qu’elle pourra faire et souffrir, mais aussi à lui consacrer toute la sainte Église, comme une portion d’elle-même; enfin â ne cesser plus, depuis ce moment, de la lui offrir; (41) cette divine Vierge sanctifiant ainsi incessamment l’Église entière, pour n’être avec elle qu’une même hostie à la gloire de Dieu. En vue de ratifier cette offrande, on s’abandonnera à l’esprit saint de Jésus-Christ, afin qu’en Marie il prenne possession de nous, comme étant quelque chose d’elle-même, et qui lui appartient par un million de titres : lui offrant tout ce que nous sommes, tout ce qui nous appartient ou peut dépendre de nous, comme nos pensées, nos désirs, nos paroles et nos oeuvres; condamnant et détestant, comme indigne d’un enfant dé Dieu, toute notre vie passée, qui n’a pas été employée à son service, et ne voulant plus avoir de vie que pour la lui consacrer entièrement. Nous le supplierons, pour cela, qu’il fasse de nous tel usage qu’il lui plaira, tous les jours de notre vie; qu’il use de telle puissance qu’il voudra sur notre intérieur et sur notre extérieur; qu’il en soit le, seul et unique directeur : nous détachant totalement de nous-mêmes, vivifiant notre esprit de sa foi, notre coeur de sa charité, et toutes nos facultés de sa sainte vertu, pour être d’autres Jésus-Christ en sa mère et par sa mère : étant ravis d’être redevables à Marie de tout ce que nous recevrons de grâces à l’avenir, comme jusqu’ici nous avons tout reçu par elle.

4° On invoquera le même Esprit pour entrer soi-même en participation de la vie et des sentiments de Jésus-Christ répandus en Marie : entre autres, de ce profond anéantissement devant Dieu, dont elle n’est jamais sortie; de sa pénitence intérieure (42) pour tous les hommes, qu’elle n’a jamais interrompue, par l’amour qu’elle portait à Dieu et au genre humain; de son abnégation totale d’elle-même; demandant à Dieu , en la très-sainte Vierge, qu’il lui plaise nous faire la grâce de passer cette journée, et tous les jours de notre vie, dans ces mêmes dispositions et en union parfaite à l’esprit de son fils, pour marcher dans la perfection de ses voies. Nous trouvons tout, en effet, dans le saint mystère de la nativité de Marie: nous y trouvons la force et la puissance que nous pouvons souhaiter dans nos infirmités; la lumière désirable dans nos obscurités et nos erreurs; toute bonté pour nous soulager dans nos misères; toute sainteté pour nous purifier et pour nous guérir de nos mauvaises habitudes. Dans les douces larmes et les cris de Marie enfant, on voit reluire la pénitence dont son âme innocente offre à Dieu les plus purs sentiments en faveur des pécheurs; on voit en elle une modestie religieuse envers Dieu et une occupation intérieure continuelles; et, quoique toute pleine de la sagesse divine, elle garde un silence admirable. On voit en elle la douceur, la pauvreté, la patience; et dans peu on admirera son obéissance à ses parents, et son respect pour Dieu, dans leurs personnes. Enfin, on y peut imiter mille vertus, et en admirer un million d’autres que les anges honorent et admirent continuellement, et auxquels nous pouvons et nous devonsnous unir par la foi, pour la glorifier en tout ce que Dieu la fait être, par participation de ses adorables perfections.

9 septembre : St Pierre Claver, Conf., P. des Missions africaines.

12 septembre : La Fête du T. S. Nom de Marie. Indulgence attachée au St Nom de Marie.

14 septembre : Exaltation de la Ste Croix.

Assistez-nous, Seigneur, notre Dieu, et défendez, par votre continuel secours, ceux à qui vous donnez la joie d’honorer la Ste Croix. Par Jésus-Christ, N.-S. (Postcommunion)

15 septembre : N.-D. des Sept Douleurs. Invoquée pour obtenir, par la vénération de ses souffrances, les heureux fruits de la Passion (collecte).

16 septembre : St Corneille, Pape et M., invoqué contre les convulsions, les affections nerveuses, les accès de goutte et les épizooties. St Cyprien, Ev. et M.

17 septembre : Impression des stigmates de st François, Conf. Invoqué pour porter la croix du Christ et porter de dignes fruits de pénitence (collecte).

20 septembre : St Eustache et ses compagnons, M. St Eustache, P. des chasseurs. Invoqué pour être préservé du feu éternel ou temporel.

21 septembre : St Matthieu, Apôtre et Évangéliste. P. des employés de finance. Invoqué pour guérir l’âme (postcommunion).

22 septembre : St Maurice, P. des teinturiers et des militaires, et ses compagnons, M..

27 septembre : St Côme et St Damien, M. Tous deux P. des  médecins, chirurgiens, pharmaciens, dentistes, droguistes et barbiers. Invoqués pour être délivrés « de tous les maux qui nous menacent » (collecte).

29 septembre : Dédicace de st Michel, Archange. Invoqué pour Fête patronale des employés, chapeliers, merciers, bonnetiers, épiciers, balanciers, escrimeurs, étuvistes, et fabricants de gaufres.

Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, afin que nous ne périssions pas au jour du redoutable jugement.

Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, soyez notre secours contre la malice et les embûches du démon. Que Dieu exerce sur lui son empire, nous vous le demandons en suppliant. Et vous, Prince de la Milice Céleste, repoussez en enfer par la force divine Satan et les autres esprits mauvais qui rôdent dans le monde en vue de perdre les âmes. Ainsi soit-il.

OCTOBRE (Indulgences à celui qui dit le chapelet, le Rosaire…) Une bénédiction de roses peut se faire.

2 octobre : Saints Anges Gardiens. Invoqués pour nous guider, nous protéger, nous défendre et bien mourir.

« ANGELE DEI ».
Angele Dei, qui custos es mei, me tibi commissum pietate superna illumina, custodi, rege et guberna. Amen.
Ange de Dieu, qui êtes mon gardien, par un bienfait de la divine charité, éclairez-moi, protégez-moi, dirigez-moi et gouvernez-moi. Ainsi soit-il.

Ætérne Rector síderum

1. Ætérne Rector síderum, qui, quidquid est, poténtia
magna creásti, nec regis minóre providéntia:
Maître éternel des astres, qui, avec une grande puissance,
avez créé tout ce qui est, et le gouvernez avec une égale providence,

2. Adésto supplicántium tibi reórum coétui,
lucísque sub crepúsculum lucem novam da méntibus.
Soyez présent à cette assemblée de pécheurs qui vous supplient
et, à l’aurore de ce jour, donnez à nos âmes une lumière nouvelle.

3. Tuúsque nobis Angelus eléctus ad custódiam,
hic adsit; a contágio ut críminum nos prótegat.
Que votre ange député à notre garde nous assiste,
qu’il nous protège de la contagion des crimes.

4. Nobis dracónis ǽmuli versútias extérminet;
ne rete frauduléntiæ incáuta nectat péctora.
Qu’il anéantisse les ruses du serpent jaloux,
de peur que les rets de son astuce n’enlacent nos cœurs imprudents.

5. Metum repéllat hóstium nostris procul de fínibus;
pacem procúret cívium, fugétque pestiléntiam.
Qu’il refoule la crainte des ennemis loin de nos frontières,
qu’il assure la paix des citoyens et mette en fuite toute pestilence.

6. Deo Patri sit glória, qui, quos redémit Fílius,
Et Sanctus unxit Spíritus, Per Angelos custódiat. Amen.
A Dieu le Père soit la gloire; que par les Anges il garde
ceux qu’a rachetés le Fils et qu’a oints le Saint-Esprit. Amen.

3 octobre : Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne secondaire de la France et des missions.

« Comme la très noble nation française a déjà, depuis plusieurs siècles, pour patronne principale la Très Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, et pour patronne secondaire, sainte Jeanne d’Arc, depuis sa canonisation, les évêques, d’un commun accord, ont jugé opportun, surtout en ces temps de détresse, de ménager aux fidèles de France une autre intercession particulière auprès de Dieu, celle de la sainte carmélite de Lisieux qui, pour que la foi catholique se conserve toujours et avec fermeté chez ses compatriotes, a témoigné à sa patrie un grand amour en la recommandant à Dieu le plus possible.

Le cardinal de Paris ajoute que Notre prédécesseur, de récente mémoire, le pape Pie XI, avait bien voulu instituer sainte Thérèse patronne des missions ; et puisque aujourd’hui la France elle-même, en raison des ruines immenses tant spirituelles que temporelles que la dure et terrible guerre présente lui a causées, peut être considérée comme un très vaste champ à cultiver par le labeur missionnaire pour que son peuple soit ramené à la foi de ses aïeux et à la pratique religieuse, il ne faut pas douter que ce saint patronage, instamment sollicité, tournera au plus grand bien et au profit spirituel de la nation française ; car tout le monde connaît de quelle affection, de quelle gloire, de quel culte vous, les Français, même des classes les plus humbles, honorez sainte Thérèse. » LETTRE APOSTOLIQUE ÉTABLISSANT SAINTE THÉRÈSE DE L’ENFANT-JÉSUS PATRONNE SECONDAIRE DE LA FRANCE ENTIÈRE (3 mai 1944)

4 octobre : St François d’Assise, Modèle des pauvres et des humbles, P. des Œuvres de l’Action Catholique. Invoqué pour les femmes enceintes et la pauvreté d’esprit.

7 octobre : Fête du St Rosaire. Que nous imitions ce que les Mystères du Rosaire renferment et obtenions ce qu’ils promettent.

9 octobre : St Jean Léonardi, Conf. P. des vocations tardives.

11 octobre : Maternité de la B. V. Marie.

18 octobre : St Luc, Evangéliste. P. des médecins, notaires, artistes-peintes, sculpteurs en bois, vitriers, imprimeurs, relieurs, copistes, graveurs, libraires, fabricants de papier, …

Avant-dernier dimanche d’octobre : Jour missionnaire.

Matth. V, 13 : « Vous êtes le sel de la terre ; que si le sel s’affadit, avec quoi sera-t-il salé? Il n’est plus bon qu’à être jeté dehors et à être foulé aux pieds par les hommes. »

Le sel a deux propriétés bien connues : il empêche la corruption ; il assaisonne les mets et les rend agréables à manger. Le châtiment terrible des apôtres infidèles à leur mission est indiqué par là-même; en les réprouvant, Dieu se vengera de leur inutilité. La conclusion est claire : s’ils veulent éviter ce malheur, il faut qu’ils emploient avec un saint zèle toutes leurs forces spirituelles pour gagner le monde à Dieu. Bible Fillion.

La prière pour le clergé et l’obtention de davantage d’ouvriers pour la moisson du Seigneur a quelque chose de plus grand qu’on ne l’imagine, puisqu’on sauve et qu’on obtient la vocation des sauveurs, qu’on sanctifie ceux qui sont la sanctification de l’Église, et qu’on éclaire ceux qui sont la lumière du monde.

« LETTRE XXVI
Aux prêtres de sa Congrégation en mission à Honfleur. Actions de grâces pour la confirmation du Séminaire de Caen accordée, le 2 décembre 1657, par Mgr Servien, Évêque de Bayeux.

La troisième chose que je vous recommande, c’est de vous bien persuader que, pour connaître ce que Dieu demande de vous en cette occasion, vous devez vous souvenir que la Congrégation a été établie de Dieu en son Église, et qu’il vous a fait la grâce de vous y appeler, pour ces trois fins:
La première, pour vous donner les moyens d’arriver à la perfection et à la sainteté conforme à l’état ecclésiastique.
La deuxième, pour travailler au salut des âmes par les missions et les autres fonctions du sacerdoce, qui est l’oeuvre des Apôtres, l’oeuvre de Notre-Seigneur, qui est si grand et si divin qu’il semble qu’il ne peut y en avoir de plus grand ni de plus divin, divinorum divinissimum.

Néanmoins il y en a un qui le surpasse: c’est celui de travailler au salut et à la sanctification des ecclésiastiques, ce qui est sauver les sauveurs, diriger les directeurs, enseigner les docteurs, paître les pasteurs, éclairer ceux qui sont la lumière du monde, sanctifier ceux qui sont la sanctification de l’Église, et faire dans la hiérarchie de l’Église ce que les Séraphins et les Chérubins font dans la céleste patrie. Voilà la troisième fin pour laquelle Dieu a voulu établir notre petite Congrégation dans l’Église, et pour laquelle il nous y a appelés par une miséricorde incompréhensible et dont nous sommes infiniment indignes.

Il veut mettre entre nos mains ce qu’il a de plus précieux, la plus illustre portion de son Église, ce qui lui est plus cher que la prunelle de ses yeux, le cœur de son corps mystique, c’est-à-dire les ecclésiastiques; c’est la sainte famille dont il veut que nous ayons le soin et la conduite.

Votre très indigne serviteur, JEAN EUDES, prêtre missionnaire de la Congrégation des Séminaires de Jésus et Marie. »

24 octobre : St Raphaël, Archange, P. des voyageurs et émigrants.

Daignez, Seigneur notre Dieu, préposer à notre garde le st Archange Raphaël, et que nos humbles prières vous soient présentées pour être bénies par celui que nous savons être toujours en présence de votre majesté. Par N.-S. Jésus-Christ ….

28 octobre : St Simon et St Jude, Apôtres. Fête patronale des tanneurs et tisserands. St Jude est invoqué pour les affaires désespérées.

Dernier dimanche d’octobre : Fête de la Royauté de N.-S.

« si les hommes voulaient bien reconnaître, en public comme en privé, la puissance royale du Christ » « Le temps passera ; viendront les siècles funestes du laïcisme et l’on assistera à la douloureuse scission entre le citoyen et le chrétien. L’Eglise se verra disputer le champ de l’enseignement, et la culture dite moderne prétendra vainement pouvoir se passer de la religion. Mais quelles en seront les conséquences ! » S.S. Pie XII.

Hymne Te saeculorum :

1. Te sæculórum Príncipem, te, Christe, Regem géntium,
te méntium, te córdium unum fatémur árbitrum.
1. C’est vous, Prince des siècles, c’est vous, Christ, roi des Nations,
c’est vous que nous reconnaissons pour l’unique arbitre des esprits et des cœurs.
 
2. Scelésta turba clámitat: regnáre Christum nólumus;
te nos ovántes ómnium Regem suprémum dícimus.
2. Une foule criminelle crie: Nous ne voulons pas que le Christ règne;
c’est vous que nous, avec transport, nous proclamons Roi suprême de tous.
 
3. O Christe, Princeps Pácifer, mentes rebélles súbice,
tuóque amóre dévios ovíle in unum cóngrega.
3. O Christ, Prince qui portez la paix, soumettez les esprits rebelles,
et ceux qui loin de votre amour s’égarent, rassemblez-les dans l’unique bercail.
4. Ad hoc cruénta ab árbore pendes apértis brácchiis,
diráque fossum cúspide cor igne flagrans éxhibes.
4. C’est pour cela que, bras ouverts, vous pendez à l’arbre sanglant,
et que vous montrez votre cœur brûlant d’amour transpercé par la lance cruelle.
5. Ad hoc in aris ábderis vini dapísque imágine,
fundens salútem fíliis transverberáto péctore.
5. C’est pour cela que sur les autels vous vous cachez sous la figure du vin et du pain,
versant, de votre cœur transpercé, le salut à vos fils.
6. Te natiónum prǽsides honóre tollant público,
colant magístri, iúdices, leges et artes éxprimant.
6. A vous, que les chefs des nations rendent les honneurs publics;
que vous confessent maîtres et juges, que lois et arts portent votre empreinte.
7. Submíssa regum fúlgeant tibi dicáta insígnia:
mitíque sceptro pátriam domósque subde cívium.
7. Que, soumis, les insignes des rois brillent, à vous consacrés;
à votre doux sceptre soumettez la patrie et les demeures des citoyens.
8. Jesu tibi sit gloria, Qui sceptra mundi temperas,
Cum Patre et almo Spiritu, In sempiterna sæcula. Amen.
8. O Jésus, à vous soit la gloire, qui gouvernez les sceptres du monde,
Comme au Père et à l’Esprit Saint, dans les siècles éternels. Ainsi soit-il.
R. Adorabunt eum omnes reges terræ.
R. Tous les peuples l’adoreront.
V. Omnes gentes servient ei.
V. Toutes les nations le serviront.
Oremus : Omnipotens sempiterne Deus, qui in dilecto Filio tuo, universorum Rege, omnia instaurare voluisti : concede propitius; ut cunctæ familiæ Gentium, peccati vulnere disgregatæ, ejus suavissimo subdantur imperio : Qui tecum vivit et regnat cum Deo Patre.
Prions : O Dieu tout-puissant et éternel, qui dans Votre bien-aimé Fils, Roi universel, avez voulu renouveler toute chose : concédez nous que tous les peuples, désunis par la blessure du péché, se soumettent à Son très suave empire : Lui, qui vit et règne dans les siècles des siècles.

« Cette solennelle commémoration de la puissance royale qui appartient pleinement au Fils unique de Dieu le Père apparaît spécialement opportune en ces temps anxieux et fiévreux et tout à fait à même d’apporter des fruits salutaires à la chrétienté d’abord ainsi qu’à la société humaine tout entière. En effet, ce n’est pas seulement sur ceux qui ont reçu l’eau du saint baptême que s’exerce l’empire pacifique du Christ, mais il embrasse aussi tous ceux qui n’ont pas la foi chrétienne, de telle sorte que l’universalité du genre humain est vraiment en la puissance du Fils de Dieu.

C’est Lui qui est la source du salut personnel et du salut commun : « Le salut n’est en personne d’autre, il n’est pas dans le ciel d’autre nom donné aux hommes, par lequel nous puissions être sauvés » (Ac 4,2) ; c’est Lui qui est pour les individus et pour les citoyens associés l’auteur de la prospérité et du vrai bonheur : « Ce n’est pas à des sources différentes que la société et l’homme puisent leur bonheur, la société n’étant pas autre chose que l’ensemble harmonieux des hommes. » 2.

C’est pourquoi, si les hommes voulaient bien reconnaître, en public comme en privé, la puissance royale du Christ, quels innombrables bienfaits se répandraient sur la société civile. « C’est alors — pour Nous servir des paroles que Notre prédécesseur Léon XIII adressait, il y a quarante ans, à tous les évêques de l’univers — qu’il sera possible de guérir tant de blessures, alors que le rétablissement de l’autorité reprendra force, que la paix retrouvera ses ornements, que les glaives seront émoussés et que les armes glisseront des mains, lorsque tous accepteront avec joie l’empire du Christ et lui obéiront, et que « toute langue confessera que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père » 3. » LETTRE de S.S. Pie XII POUR LE VI\2e\0 CONGRÈS INTERNATIONAL DE LA ROYAUTÉ DU CHRIST (8 juillet 1939)

« La Catalogne de Raymond Lulle, auteur d’un des premiers résumés catéchistiques connus ; l’Espagne de Ripalda et d’Astete, d’Ignace de Loyola, de Joseph Calasanz et d’Antoine Claret, catéchistes et formateurs de légions de catéchistes, surent enseigner et apprendre, au cours des siècles, notre sainte doctrine, spécialement en cet heureux temps où le peuple possédait une culture suffisante pour pouvoir s’élever jusqu’aux hauteurs théologiques des autos sacramentales3, applaudis et goûtés par tous les fidèles sur les parvis des églises, dans les cours et sur les places publiques. Grande éducation religieuse que celle d’un pays où de telles représentations pouvaient être populaires !

Effets désastreux de l’ignorance religieuse.

Le temps passera ; viendront les siècles funestes du laïcisme et l’on assistera à la douloureuse scission entre le citoyen et le chrétien. L’Eglise se verra disputer le champ de l’enseignement, et la culture dite moderne prétendra vainement pouvoir se passer de la religion. Mais quelles en seront les conséquences ! N’avez-vous pas rencontré parfois quelque égaré, qui l’est précisément devenu parce que jamais, ou presque jamais, il n’a entendu parler de Dieu et de sa loi ? Car si non est scientia Dei in terra, « s’il n’y a pas de connaissance de Dieu dans le pays » (Os 4,1), si la loi divine est ignorée, comment pourra-t-on l’observer ? Si Jésus-Christ et son Eglise sont encore pour beaucoup de véritables inconnus, quand ils ne sont pas malicieusement défigurés, comment pourraient-ils être d’abord aimés, puis obéis ? Et si l’on méconnaît Dieu, si l’on n’observe pas sa loi, pourquoi nous étonner que l’histoire ne soit qu’une succession de catastrophes ? Et il faut qu’il en soit ainsi, parce que — si Nous voulons redire les paroles de Notre glorieux prédécesseur Pie X : « là où l’esprit est enveloppé des ténèbres d’une ignorance grossière, il est absolument impossible de trouver une volonté droite ou de bonnes moeurs » 4.

Diffusion du catéchisme et formation des catéchistes en Espagne.

Le monde souffre de maux très douloureux, mais peu sont aussi graves que celui de l’ignorance religieuse dans toutes les classes de la société. La société a un besoin urgent de remèdes énergiques, mais peu sont aussi urgents que la diffusion du catéchisme. Les parents, autour du foyer domestique ; les maîtres, dans l’atmosphère grave de l’école ; les prêtres, dans le sanctuaire du temple et en tous lieux peuvent et doivent rendre à l’humanité l’incomparable service d’ouvrir aux nouvelles générations, grâce au catéchisme, les trésors de la doctrine catholique et de les former suivant son esprit, afin que, pénétrées de la mentalité chrétienne, éprises de la vérité, de la justice et de la charité de l’Evangile, et embrasées de l’amour de Jésus-Christ, elles puissent servir de fondement à la paix future, à l’unique paix digne de ce nom : la paix chrétienne.

Ne vous contentez pas de rendre grâces à Dieu pour « l’affectueuse disposition de sa Providence qui vous a fait l’immense faveur de naître dans un foyer chrétien, dans une patrie illuminée depuis l’aube du christianisme par la doctrine de l’Evangile » ; mais enfin de montrer votre gratitude pour une grâce si insigne, vous devez faire en sorte, chacun à son poste, que personne n’ignore les salutaires enseignements de la religion chrétienne 5 ; bien plus, à cet effet, votre coopération et vos sacrifices personnels sont nécessaires.

Et vous, petits enfants, qui par milliers et milliers, écoutez en ce moment, vos yeux mignons grands ouverts, votre Père, un Père qui voudrait pouvoir vous embrasser tous un à un ; vous, l’espoir assuré de l’Eglise et de la patrie, âmes candides où se reflète encore pure la douce lumière de l’innocence, accourez empressés au catéchisme, ne vous séparez pas de votre manuel, écoutez sans en perdre une seule parole ceux qui vous l’expliquent, apprenez-le bien, comprenez-le autant que possible et n’oubliez jamais cette doctrine qui, peut-être, un jour — à une date éloignée que vous ne pouvez même pas entrevoir — sera votre planche de salut au milieu des tourments de la vie. Le pape veut que vous appreniez dans le catéchisme à mettre Dieu au centre de votre vie, à connaître et aimer Jésus-Christ, à vivre dans sa grâce et dans la fidèle observance de ses commandements ; à être bons, à être obéissants, à être appliqués, surtout à être pieux. » RADIOMESSAGE AU CONGRÈS CATÉCHISTIQUE DE BARCELONE (7 avril 1946)

NOVEMBRE (Indulgences accordées à ceux qui durant le mois de novembre font un exercice de piété quelconque pour les âmes du Purgatoire.)
1er novembre : Fête de tous les Saints.

« C’est en ces premiers jours de novembre, chers jeunes époux, que vous êtes venus demander Notre bénédiction sur votre avenir plein d’espoirs ; c’est au temps où la grande multitude des croyants, fidèle à l’appel de l’Eglise, dirige ses pas, avec ses larmes et ses prières, vers le coin de terre bénite où reposent les témoins du passé. Si le souvenir des chers disparus ravive dans les cœurs la tristesse des séparations, il laisse sans amertume les âmes à qui la foi donne la sérénité. De plus il vous est doux et salutaire, au moment de fonder une famille, de songer à ceux qui vous ont ouvert le chemin de la vie et transmis un patrimoine de vertus chrétiennes. En revoyant les pâles figures des défunts, telles que votre enfance les a contemplées ou telles que se les représente votre piété, vous pourrez vous redire l’un à l’autre, avec confiance, ce que le jeune Tobie disait à son épouse : Filii quippe sanctorum sumus ! « Nous sommes les enfants des saints ! (Tob., vm, 5) »

La fête de la Toussaint.

Vous n’ignorez pas que la sainte liturgie unit étroitement la Commémoraison des fidèles trépassés à la solennité de la Toussaint. Cette union met en un singulier relief le dogme consolant de la communion des saints, c’est-à-dire le dogme du lien spirituel intime qui unit avec Dieu et entre elles les âmes en état de grâce. Ces âmes se répartissent en trois groupes : les unes, déjà couronnées au ciel, forment l’Eglise triomphante ; les autres, détenues au purgatoire jusqu’à leur pleine et définitive purification, constituent l’Eglise souffrante ; d’autres enfin cheminent encore sur cette terre et composent l’Eglise militante. La solennité de tous les saints pourrait s’appeler en quelque sorte la fête des trois Eglises. L’oraison de ce jour invoque la bonté de Dieu par les mérites de tous les saints : omnium sanctorum tuorum merita sub una tribuisti celebritate venerari, « Dieu, qui nous avez accordé de célébrer dans une même solennité les mérites de tous vos saints ». Or, il existe des mérites dans les trois Eglises : des mérites glorifiés, dans la triomphante ; des mérites acquis et qui ne peuvent ni augmenter ni se perdre, mais qui attendent encore leur récompense, dans l’Eglise souffrante ; des mérites acquis qu’on peut accroître, mais aussi complètement perdre, dans l’Eglise militante. La fête de la Toussaint est donc comme une grande fête pour toutes les âmes en état de grâce.

Cette considération doit vous toucher tout particulièrement, jeunes époux qui venez de quitter une famille très chère pour en former une nouvelle. Celle-ci sera la continuation de la première, et, s’il plaît à Dieu, Nous l’en supplions avec vous, le commencement d’une longue série d’autres.

Vous pensez peut-être qu’à la Toussaint l’Eglise entend simplement glorifier ensemble tous les saints canonisés. Cette journée serait alors comme une récapitulation annuelle du Martyrologe Romain. En réalité c’est bien cela, mais c’est plus encore. En effet, lorsqu’en 609 ou 610 le pape Boniface IV purifia l’antique Panthéon de Rome, que lui avait cédé l’empereur Phocas, il dédia ce temple à la Bienheureuse Vierge Marie et à tous les Martyrs 2 et institua une fête annuelle en leur honneur 3. Mais déjà le siècle suivant voyait Grégoire III dédier dans la basilique de Saint-Pierre un oratoire « à Notre-Seigneur Jésus-Christ, à sa Sainte Mère, aux saints apôtres, à tous les saints martyrs et confesseurs, aux justes parfaits qui reposent dans la terre 4 ». Enfin Grégoire IV étendit la célébration de la fête de tous les Saints à l’Eglise universelle 5.

Les Saints, nos modèles.

Tous les saints : qu’est-ce à dire ? Communément on entend par là avant tout les héros du christianisme, ceux qu’une dernière et solennelle sentence du magistère infaillible déclare membres de l’Eglise triomphante et dont le culte est prescrit dans l’Eglise militante universelle 6. Vous ne manquerez certainement pas de trouver parmi eux des modèles et des patrons spéciaux. Toute famille chrétienne tourne d’instinct, pour ainsi dire, son regard vers la Sainte Famille de Nazareth et s’attribue un titre particulier à la protection de Jésus, Marie et Joseph. Mais, après eux, nombre d’hommes et de femmes se sont sanctifiés dans la vie familiale, tels les saints époux Chrysanthe et Darie, martyrs sous l’empereur Numérien. Il y a au ciel des pères de famille admirables, comme saint Ferdinand III, roi de Castille et de Léon, qui éduqua pieusement ses quatorze enfants ; des mères héroïques, comme la Romaine sainte Félicité, qui, selon les Actes de son martyre, vit de ses propres yeux ses sept fils succomber dans d’atroces tourments, sous le règne de l’empereur Antonin, et qui finit par avoir la tête tranchée. Cette mère courageuse entre toutes, raconte saint Pierre Chrysologue, allait et venait parmi les cadavres transpercés de ses fils, plus joyeuse que si elle s’était trouvée parmi les chers berceaux où ils avaient dormi bébés : c’est qu’elle voyait, des yeux intérieurs de la foi, autant de palmes que de blessures, autant de récompenses que de tourments, autant de couronnes que de victimes 7.

Au cours de l’année, chacun des saints a son jour de fête ; on peut donc penser qu’à la fête de la Toussaint l’Eglise ne se borne pas à les évoquer sommairement.

Remarque qui vaut surtout pour les saints de l’Eglise triomphante. Qu’il y ait au ciel, outre les grands vainqueurs, éclatants de la lumière de la canonisation ou de la béatification, des multitudes d’âmes inconnues sur terre, mais gratifiées de la vision béati-fique de Dieu, et que leur nombre dépasse tout calcul humain, saint Jean, qui avait vu leur gloire, en rend témoignage dans l’Apocalypse : « Après cela, je vis une foule immense que personne ne pouvait compter ; ils se tenaient debout devant le trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, et des palmes à la main. » Et ces élus sans nom distinct étaient « de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue » (Ap 7,9).

Les saints de notre famille.

Là se retrouve l’idée de famille : nous sommes enfants des saints ! Dans cette glorieuse phalange, n’avez-vous peut-être pas des ancêtres, peut-être même des proches parents ? Portez en ces jours-ci les yeux vers le ciel, élevez-y votre âme et vous y pourrez voir en esprit, à jamais bienheureux, beaucoup de ceux que vous avez aimés, beaucoup de ceux surtout qui, au cours d’une longue suite de générations, ont établi dans leurs descendants cette foi que vous allez transmettre à d’autres. Quelle force pour vous, et quelle consolation de penser que, après avoir quitté cette terre, ils ne vous ont point oubliés ; qu’il vous aiment toujours avec la même tendresse, mais avec une incomparable clairvoyance de vos besoins et un pouvoir supérieur d’y subvenir ; et que du haut du ciel descendra sur chaque nouveau berceau de leur postérité, en invisibles rayons de grâce, leur sourire de bénédiction.

Il est vrai, bien vrai, que vous ne sauriez avoir aucune certitude de leur glorification définitive ; il faut être si pur pour être admis à contempler à jamais et sans voile ce Dieu qui trouve des imperfections jusque dans les anges ! (Jb 4,18). L’aïeul vénéré dont la vie nous apparut si digne, si riche de mérites, cette bonne grand-mère dont les jours de labeur s’achevèrent en une mort si pieuse et si douce, se peut-il qu’eux non plus ne soient pas encore au ciel ?

Vous pouvez du moins, sans vaine présomption, forts d’une ferme confiance dans les promesses que Dieu a faites à la foi et aux oeuvres d’une vie vraiment chrétienne, vous pouvez les chercher au lieu de la suprême purification : le purgatoire. Vous éprouverez alors une sereine joie à la pensée que ces êtres bien-aimés sont désormais assurés de leur salut éternel et préservés du péché et des occasions de péché, de toutes les angoisses, infirmités et misères d’ici-bas. A la vue des peines qui les purifient de leurs dernières taches, votre pieuse affection vous engagera à prêter l’oreille à leurs voix bien chères, qui demandent vos suffrages, comme Job implorait, dans l’abîme de ses douleurs, la compassion de ses amis (cf. Job, Jb 19,21).

Vous comprendrez alors pourquoi la sainte liturgie, qui prolonge durant une octave la joie de la fête de tous les saints, continue sa prière pour l’Eglise souffrante durant tout le mois de novembre, spécialement dédié à ces pieux suffrages. Si vous invoquez donc la protection des saints qui sont au ciel, vous ne manquerez pas de secourir, par la prière, par les aumônes et surtout par le Saint Sacrifice de la messe, vos chers défunts qui se trouvent encore au purgatoire. Selon une pieuse croyance, ils intercéderont pour vous et, admis bientôt à la source de toute grâce, ils en répandront les flots bienfaisants sur toute leur descendance.

Les saints de l’Eglise militante.

Que dire maintenant des saints de la troisième Eglise, c’est-à-dire des saints qui combattent encore sur cette terre ? Reconnaissez, chers fils et filles, qu’il en existe, et que vous pouvez, si vous le voulez, vous mettre de leur nombre. Au sens étymologique et plus large du mot, la sainteté désigne l’état d’une personne ou d’une chose réputée inviolable ou sacrée. C’est ainsi que Cicéron 8 parlait de matronarum sanctitas, de la sainteté de ces épouses et mères universellement respectées qu’étaient les matrones romaines. Dans un sens plus élevé, le Seigneur disait aux Juifs de l’Ancien Testament : « Soyez saints, parce que je suis saint » (Lv 19,2). Et joignant à ce précepte le secours nécessaire pour l’accomplir, il ajoutait : « C’est moi, votre Seigneur, qui vous sanctifie (Lv 20,7-8). » Dans le Nouveau Testament, être saint c’est être consacré à Dieu par le baptême et conserver l’état de grâce, cette vie surnaturelle tout intime qui, aux yeux du Seigneur et des Anges, sépare les hommes en deux groupes profondément distincts, privés les uns de la grâce sanctifiante, les autres élevés jusqu’à cette mystérieuse et réelle participation de la vie divine. C’est pourquoi nombre de passages du Nouveau Testament désignent les premiers chrétiens du nom de saints. Saint Paul, par exemple, s’accuse d’avoir, avant sa conversion, jeté en prison beaucoup de saints (Ac 26,10). Le même apôtre écrivait aux fidèles d’Ephèse : « Vous êtes concitoyens des saints et membres de la famille de Dieu (Ep 2,19) », et il priait les chrétiens de Rome de subvenir aux nécessités des saints (Rm 12,13).

Ces saints de la terre ont, eux aussi, leurs mérites, des mérites qui peuvent secourir les autres hommes9 et les âmes de l’Eglise souffrante. Mais l’Eglise, notre mère, sait fort bien que les mérites des vivants sont précaires. Elle sait fort bien que, si certains de ses enfants de la terre sont pour leurs frères de puissants intercesseurs, ils ont, eux aussi, comme tous ceux qui militent ici-bas, un continuel besoin d’intercession. Aussi donne-t-elle à l’oraison de la Toussaint la conclusion suivante : « Accordez-nous, Seigneur, grâce à de si nombreux intercesseurs, l’abondance tant désirée de vos miséricordes. »

« Nous sommes enfants des saints ! » Chers fils et filles, il faut bien vous persuader que votre jeune famille pourra et devra être une famille sainte, c’est-à-dire inviolablement unie à Dieu par la grâce. Inviolablement : le sacrement lui-même, qui exige l’indissolubilité du lien conjugal, vous communique une force surnaturelle qui, si vous le voulez, tiendra en échec les tentations et les séductions ; ainsi les perfides insinuations du dégoût de la vie quotidienne et de la fatigue habituelle, du besoin de nouveauté et de changement, la soif des expériences dangereuses, les attraits du fruit défendu n’auront sur vous aucune prise, car vous saurez conserver cet état de grâce par la vigilance, la lutte, la pénitence et la prière. Unis à Dieu, vous serez saints et vos enfants le seront après vous, parce que, lavés dès le baptême dans le sang rédempteur du Christ, vous avez consacré ou sans doute vous allez consacrer votre foyer domestique à son divin Cœur, dont l’image veillera sur vos jours et sur vos nuits. » DISCOURS AUX JEUNES ÉPOUX (6 novembre 1940)

2 novembre : Commémoraison de tous les fidèles défunts. (Indulgence plénière toties quoties, applicable, seulement aux âmes du Purgatoire, aux conditions ordinaires de la  confession, communion visite d’église et récitation de 6 Pater, Ave, Gloria aux intentions du Souverain Pontife).

« REQUIEM ETERNAM », POUR LES FIDÈLES DÉFUNTS
Requiem aeternam dona eis, Domine, et lux perpétua luceat eis. Requiescant in pace. Amen.
Donnez-leur le repos éternel, Seigneur, et que la lumière sans fin brille sur eux. Qu’ils reposent en paix. Ainsi soit-il.

1. Dies iræ, dies illa, * solvet sæclum in favilla, * teste David cum Sibylla !
1. Jour de colère, que celui qui a réduit en cendres l’univers, comme l’attestent David et la Sibylle.

2. Quantus tremor est futurus, * quando judex est venturus, * cuncta stricte discussurus !
2. Combien grande sera la terreur, quand le juge viendra tout strictement examiner !

3. Tuba mirum spargens sonum * per sepulcra regionum, * coget omnes ante thronum.
3. Le son prodigieux de la trompette, parmi les sépulcres de tous pays, rassemblera tout être devant le trône.

4. Mors stupebit et Natura, * cum resurget creatura, * judicanti responsura.
4. La Mort et la Nature seront remplies de stupeur, quand surgira la créature, pour répondre au Juge.

5. Liber scriptus proferetur, * in quo totum continetur, * unde Mundus judicetur.
5. On présentera le livre dans lequel est contenu tout jugement du monde.

6. Judex ergo cum sedebit, * quidquid latet apparebit, * nil inultum remanebit.
6. Quand le Juge sera assis, tout ce qui est caché sera dévoilé, rien ne restera impuni.

7. Quid sum miser tunc dicturus ? * Quem patronum rogaturus, * cum vix justus sit securus ?
7. Que dirai-je alors, misérable ? Quel protecteur demanderai-je, quand à peine le juste sera rassuré ?

8. Rex tremendæ majestatis, * qui salvandos salvas gratis, * salva me, fons pietatis.
8. O Roi de majesté redoutable, qui sauvez gratuitement vos élus, sauvez-moi, vous, source de bonté.

9. Recordare, Jesu pie, * quod sum causa tuæ viæ ; * ne me perdas illa die.
9. Souvenez-vous, o bon Jésus, que vous vous êtes fait homme pour moi ; ne me perdez pas en ce jour.

10. Quærens me, sedisti lassus, * redemisti crucem passus, * tantus labor non sit cassus.
10. Me cherchant, vous vous êtes assis fatigué : vous m’avez racheté par la Croix ; tant de souffrances seraient-elles vaines ?

11. Juste Judex ultionis, * donum fac remissionis * ante diem rationis.
11. Juste Juge, Vengeur des crimes, accordez-moi le pardon, avant le jour du jugement.

12. Ingemisco, tamquam reus, * culpa rubet vultus meus, * supplicanti parce Deus.
12. Je gémis comme un coupable, mon front rougit de mes péchés, épargnez celui qui vous prie, o Dieu..

13. Qui Mariam absolvisti, * et latronem exaudisti, * mihi quoque spem dedisti.
13. Vous avez pardonné à Marie-Madeleine, et exaucé le larron, à moi aussi vous donnez l’espoir.

14. Preces meæ non sunt dignæ, * sed tu bonus fac benigne, * ne perenni cremer igne.
14. Mes prières ne sont pas dignes, mais vous, qui êtes bon, ayez pitié : que je ne brûle pas dans le feu éternel.

15. Inter oves locum præsta, * et ab hædis me sequestra, * statuens in parte dextra.
15. Entre les brebis placez-moi, que des boucs je sois séparé, en me plaçant à votre droite.

16. Confutatis maledictis, * flammis acribus addictis, * voca me cum benedictis.
16. Sauvez-moi de la confusion des maudits, appelez-moi avec les bénis.

17. Oro supplex et acclinis, * cor contritum quasi cinis, * gere curam mei finis.
17. Suppliant et prosterné, le cœur broyé comme la cendre, prenez soin de ma dernière heure. 

18. Lacrimosa dies illa, * qua resurget ex favilla * judicandus homo reus.
18. O jour de larmes, où ressuscitera de la poussière, pour le jugement, l’homme coupable.

19. Huic ergo parce, Deus. * Pie Jesu Domine, * dona eis requiem. Amen.
19. À celui-là donc, pardonnez, ô Dieu. O doux Seigneur Jésus, donnez-lui le repos. Ainsi soit-il.

La Foi et le Salut.

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Incendie au Portugal, la veille et pendant la fête de st Michel au Mont-Tombe, du 16 octobre, et peu après le 13 octobre 2017, 100ème anniversaire de la dernière apparition de Fatima. La Normandie et la Bretagne à l’ouest de la France ont été obscurcis par les fumées portugaises et espagnoles, amenées par la tempête Ophélia, et donnant une étrange teinte jaune au Ciel. Comme une vision de l’enfer des enfants de Fatima : « Plongés dans ce feu nous voyions les démons et les âmes (des damnés). Celles-ci étaient comme des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant formes humaines. Elles flottaient dans cet incendie, soulevées par les flammes qui sortaient d’elles-mêmes, avec des nuages de fumée. Elles retombaient de tous côtés, comme les étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur. » Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix. La guerre va finir. Mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, en commencera une autre pire.

« Un péché est d’autant plus grave que par lui l’homme se sépare davantage de Dieu or, par le péché contre la foi, l’homme se sépare de Dieu autant qu’il est en son pouvoir » St Thomas.

Etre hérétique, protestant, Juif, musulman, athée : il paraît que ce n’est pas grave. Et amener à l’apostasie, à l’hérésie et au schisme d’autres personnes, il paraît que ce n’est pas grave…. !!!!! Amener à perdre la foi, c’est être un scandaleux et un homicide des âmes. Craignez non ceux qui peuvent faire perdre le corps mais vous faire perdre l’âme ! Ces homicides de l’âme, c’est ce qu’ont fait les derniers « papes » avec l’œcuménisme, et c’est pourquoi ils ne peuvent pas l’être.

Il semble qu’on soit à une époque semblable à celle précédant l’Antéchrist. Il ne s’agit pas forcément de celle de l’Antéchrist, mais d’une époque semblable mettant en scène ses précurseurs.

Les antipapes persécutent et occultent la véritable Eglise du Christ, ainsi que sa doctrine. Ils parlent de « paix » des armes et non de celle de l’âme qu’ils persécutent.

Ceux qui veulent garder la foi sans renoncer à leurs « papes » diminuent au maximum l’autorité de ceux-ci pour ne pas leur être soumis. Les faux papes diminuent d’ailleurs eux-mêmes leur propre autorité grâce à la collégialité ou autres inventions, se désignant eux-mêmes comme de simples hommes, et non des représentants de Dieu.

Et qui continue à faire pénitence, abstinence, à jeûner pour les pécheurs…? La charité s’est refroidie. Et qui a suffisamment la foi pour obtenir des miracles? A la venue du Christ, restera-t-il la foi sur la Terre?

La disette n’a-t-elle pas envahi la Terre? L’homme ne se nourrit pas seulement de pain, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu et de son Eglise.

Les signes du Ciel arrivent et préviennent les fidèles du malheur, les exhortant à la prière et à la pénitence, si on sait les voir, et on le peut en faisant raisonnablement concorder dates et événements, comme l’incendie du Portugal l’année anniversaire du centenaire des apparitions, un jour de st Michel. Ne dit-on pas qu’il était l’Ange de la paix dans les apparitions de Fatima ? La Normandie et la Bretagne ne se partagent-elles pas en quelque sorte le Mont St-Michel puisqu’il se trouve entre les deux, et n’ont-elles pas reçu comme un écho de la plainte de st Michel, à travers ces sombres nuages jaunes? L’incendie, rendant le ciel noir, ne rappelle-t-il pas l’enfer où tombent les pauvres pécheurs, et les ténèbres ne tranchent-elles pas avec le souvenir du miracle du Soleil? Ce signe est une plainte, un appel et un avertissement : plainte du nombre de pécheurs qui tombent en enfer, appel pour fermer l’abîme, par la prière au Cœur Immaculé, et avertissement salutaire aux catholiques qui y restent égoïstement sourds, risquant un châtiment temporel ou de lourdes peines de Purgatoire pour avoir manqué de cœur.

Ce message, naturel pour les uns, avait donc il me semble une signification surnaturelle. Et si on n’écoute pas la voix du Ciel, si on ne veut pas prier, qu’adviendra-t-il? Qu’advient-il surtout en ce moment? Un grand brasier s’ouvre chaque jour pour engloutir à jamais des infortunés, que quelques prières auraient peut-être suffi à convertir au dernier moment.

Laissons les incrédules ne pas croire aux signes du Ciel : ils ne savent pas ce qu’ils font ou disent. La science athée leur a égaré l’esprit. Mgr de Ségur disait avec raison que : « L’impiété n’est pas la même chose que l’incrédulité : un impie, c’est un homme qui se révolte contre le bon DIEU; un incrédule peut n’être pas impie : c’est tout simplement un homme qui, parfois sincère et excusable, a le malheur de ne pas croire. Un impie est toujours coupable : il attaque la foi, il s’en moque, il se pose vis à vis d’elle en ennemi déclaré. »

A notre époque, surtout, cette excuse est valable. Le cerveau de la société est corrompu et malade. Voir l’ALLOCUTION AUX ÉTUDIANTS D’UNIVERSITÉ DE L’ACTION CATHOLIQUE ITALIENNE (20 avril 1941), de Pie XII. « La société humaine est un corps qui, pareillement à celui de l’homme, a un cerveau et divers organes, comme les poumons et les reins ; mais le cerveau, dans son activité multiple, préside à la direction, à la coordination et à la régularité des phénomènes vitaux ; tout élevé qu’il soit, il n’est pas tout et le seul nécessaire dans l’organisme humain. Le cerveau dans la vie d’un peuple, on peut dire que ce sont ceux qui ont reçu une formation universitaire, semblables à ces maiores ou superiores, que saint Thomas à propos de la foi distinguait des minores ou inferiores, lesquels leur donnent leur adhésion, les écoutent, les suivent et en reçoivent la vérité et la direction3. »

Le cerveau malade de la société enseigne une fausse science, qui part du principe que le miracle n’existe pas. Jucunda sane, de st Pie X : « En effet, la négation gratuite du principe surnaturel qui se pare du faux nom de science devient le postulat d’une critique également fausse (Tim. VI, 20). Toutes les vérités qui ont quelque rapport avec l’ordre surnaturel, qu’elles le constituent ou qu’elles lui soient annexes, qu’elles le supposent ou qu’enfin elles ne puissent être expliquées en grande partie que par lui, tout cela est, rayé des pages de l’histoire, sans le moindre examen préalable. »

Quand un aveugle, même cultivé, guide un aveugle, ils tombent dans un trou.

Saint Grégoire le Grand, Pape, a expliqué comment serait l’époque de l’Antéchrist, et si certaines révélations privées n’avaient pas parlé de renouveau possible, si certains signes ne laissaient pas penser le contraire, on se croirait proche de cette époque funeste, tellement le mal a fait de progrès. Plus de Pape (la prophétie n’apparaîtra plus), plus beaucoup d’abstinence (manque de pénitence et de réparation, Carême, Quatre-Temps, et autres non obligatoires… : on a l’impression d’assister à l’accomplissement de cette phrase du Secret de la Salette : « il ne se trouve plus personne pour implorer miséricorde et pardon pour le peuple ; il n’y a plus d’âmes généreuses »), la prédication de la doctrine ne se fait presque plus entendre, éclipsée par la voix du monde et du faux pape…

« En raison d’une terrible disposition cachée (de la Providence), avant que ce Léviathan (le diable) apparaisse au travers de cet homme damné (l’Antéchrist) qu’il animera, l’Eglise sera privée des signes de vertus.

En effet, la prophétie (parler avec autorité au Nom de Dieu) n’apparaîtra plus, la grâce des guérisons sera ôtée, la vertu d’abstinence sera réduite à presque rien avec empressement, la prédication de la (bonne) doctrine ne se fera plus entendre, le phénomène des miracles aura disparu.

Cependant, la disposition surnaturelle ne permettra pas que tout ceci soit totalement supprimé, mais cela n’apparaîtra plus aussi ouvertement et abondamment que dans les époques antérieures.

Aurore boréale 1
« Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix. La guerre va finir. Mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, en commencera une autre pire. Quand vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, (en 1938, aurore boréale, voir témoignage+tableau de l’évènement « Le ciel, derrière la ligne de la montagne, rougeoyait comme si « il y avait eu le feu ». ») sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne qu’il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Église et le Saint-Père. »
« J’ai vu deux aurores boréales dans ma vie, l’une dans la nuit du 25/26 janvier 1938), la seconde à St Brévin. J’avais six ans la première fois, c’était à la campagne. Lorsque mes parents et moi sommes sortis au soir tombant de chez des cousins auxquels nous avions rendu visite, la cour de la ferme était baignée dans une lumière étrange et pourtant, le soleil avait disparu. Le ciel était rougeoyant avec des lueurs mouvantes, et nous avons tous cru à un incendie, sans que l’on puisse en situer le lieu. On aurait dit de gigantesques draperies agitées lentement, et dont les teintes d’aurore flamboyante se précisaient à mesure que tombait la nuit. Mon père a stoppé la voiture en haut d’une crête d’où nous dominions le paysage, mais les lumières venaient d’au-delà les collines, au loin et de longues écharpes aux reflets pâles se mouvaient avec grâce au-dessus de nous… Lorsque nous sommes arrivés au Faouët, la foule était massée sur la place des Halles. Un homme s’est penché à la portière de la voiture pour demander à mon père s’il savait quelle ferme était en train de brûler. Puis quelqu’un a dit : « C’est signe de guerre ».

Néanmoins, cela relève d’une admirable disposition (de la Providence) pour manifester le caractère divin de l’accomplissement de la piété et de la justice ensemble.

Car tandis que l’Eglise, privée des signes de vertus, apparaîtra d’autant plus abattue, la récompense des bons croîtra d’autant plus qu’ils la vénèreront par espérance envers les choses célestes et non en raison de la visibilité des signes, et l’esprit des mauvais se manifestera d’autant plus vite à son encontre qu’ils négligeront de rechercher les biens invisibles qu’elle promet quand ils n’y seront plus maintenus par la visibilité des signes.

Ainsi donc, tandis que les fidèles se trouveront en état d’infériorité en raison de la disparition quasi complète du caractère manifeste et multiple des signes, par l’épreuve de cette terrible disposition cachée, s’accumuleront d’autant plus la miséricorde en faveur des bons et la juste colère à l’encontre des mauvais.

Aussi, puisqu’avant que ce Léviathan vienne de façon visible et manifeste les signes de vertus cesseront en majeure partie dans la sainte Eglise, c’est fort justement qu’il est dit ici : « la disette précèdera sa face ».

Auparavant, en effet, les richesses des miracles seront ôtées aux fidèles, et alors cet antique ennemi se manifestera contre eux par des prodiges publics, de telle sorte que, tandis que sa puissance à lui sera rehaussée par des signes, il soit vaincu de façon d’autant plus forte et plus louable par les fidèles qui, eux, seront sans signes.

Toutefois, dans leur combat contre lui, les fidèles ne seront pas tout à fait destitués de signes, mais par rapport à la multiplicité des siens, les nôtres apparaîtront comme insignifiants et inexistants.

Eux, dont la vertu sera assurément plus forte que tous les signes, mépriseront par leur constance intérieure toutes les choses surprenantes qu’ils le verront faire.

C’est pourquoi cet ennemi perfide montrera une fureur d’autant plus grande à leur encontre qu’il sera davantage dépité de se voir méprisé malgré ses éclatants prodiges.

untitledIl rassemblera donc toutes ses forces en vue de leur perte, et il réunira tous les réprouvés en une dureté unanime pour s’attaquer aux fidèles, afin de pouvoir d’autant mieux exercer (sur eux) sa cruauté que ceux qui aspirent à agir perversement formeront un corps dont les membres n’auront aucune discordance entre eux. D’où ce qui est dit à la suite…» etc. »

(Saint Grégoire le Grand, Pape, « Moralium » 24,2. in Job 41,13)

La Fraternité st Pie X a-t-elle une attitude excusable?

Capture Innocent III
J’ajouterais que ce serait contraire au Concile Vatican I de prétendre qu’un Pape, une fois devenu Pape, puisse perdre la foi, même si certains parlent d' »hérésie privée ». Mais si un Pape ne l’a jamais été, ayant par exemple acquis le statut par la ruse comme Jean XXIII, quoiqu’hérétique… On peut penser qu’un « pape » hérétique ne l’a en réalité jamais été de fait, et qu’on ne peut donc pas prétendre de son exemple qu’un vrai Pape peut se tromper.

Un mot avant de parler de la Fraternité et des autres « traditionalistes » en général. Je ne prétends pas avoir découvert la vérité, mais tel est mon point de vue actuel des traditionalistes et de ses partis. Trop dur, trop mou? Difficile de savoir soi-même si on est trop rigoriste ou trop laxiste en matière d’opinions. Louis Veuillot n’hésitait pas à s’exprimer, tout en restant soumis à l’Eglise, et il m’a semblé un modèle en la matière.

On pourra dire plus tard des traditionalistes : « Mais telle est l’infirmité de l’esprit humain, même chez les meilleurs, que, repoussés d’un côté comme de dangereux novateurs, paralysés de l’autre par les divergences de vues qui se manifestaient même dans leurs rangs, ils hésitaient entre les diverses écoles, ne sachant dans quelle direction s’orienter. » S.S. Pie XI.

La Fraternité Saint-Pie X, fondée par Mgr Lefèbvre, dispose de la vraie Tradition et des Saintes Écritures. Elle est constituée d’ecclésiastiques qui ont étudié ce qui a trait à la crise de l’Eglise et qui connaissent la vérité : soit, suivre le « Pape » actuel, c’est dévier de la vérité. Ils savent par l’encyclique Humani generis ce qu’est le Magistère ordinaire et l’ont publié sur leur site. Ce n’est donc pas la lumière qui leur manque. Le Pape s’est déjà prononcé sur le Magistère ordinaire et a dit qu’à celui-ci aussi, s’appliquait « Qui vous écoute, m’écoute. » Quel clerc de la Fraternité st Pie X n’a pas lu Humani generis? Je ne dis pas que la bonne foi ne soit pas présente chez certains ou surtout chez les fidèles, mais peut-on croire qu’elle soit présente chez les chefs? Il est bien connu que les prêtres suivent une formation théologique et il est difficile de croire qu’ils n’ont pas lu à ce moment du moins Humani Generis.

Je repose donc la question : la Fraternité st Pie X, je parle de ses prêtres, est-elle excusable? Puisqu’elle sait a vérité, pourquoi ne veut-elle pas l’admettre? Elle sait pourtant avec Pie XII que : « Il ne faut pas estimer non plus que ce qui est proposé dans les encycliques ne demande pas de soi l’assentiment puisque les Papes n’y exercent pas le pouvoir suprême de leur magistère. A ce qui est enseigné par le magistère ordinaire s’applique aussi la parole : « Qui vous écoute, m’écoute « ; et la plupart du temps ce qui est exposé dans les encycliques appartient déjà d’autre part à la doctrine catholique. Si les Papes portent expressément dans leurs actes un jugement sur une matière qui était jusque-là controversée, tout le monde comprend que cette matière dans la pensée et la volonté des Souverains Pontifes n’est plus désormais à considérer comme question libre entre les théologiens »

1) Est-elle excusable par manque d’intelligence?

Non, la vérité est que la Fraternité st Pie X a peur de devoir se retrouver aveugle. Aveugle parce qu’elle ne saura plus où se trouve la hiérarchie. Pourtant, malgré cet aveuglement, elle s’est organisée hiérarchiquement elle-même comme une petite Eglise sans la permission de son « pape », tout en se mettant « una cum », « en union avec » lui… Mais peut-on célébrer et participer à une messe en union avec un hérétique, là est la question. Peut-on se mettre sous son drapeau sans participer à ses péchés? C’est encore une question.

Don Sarda nous parle de comment on peut être complice d’un mouvement sans en être précisément :

« Un catholique peut se rendre complice du libéralisme en plusieurs manières, sans être précisément un libéral. C’est là un point pratique, plus pratique encore que le précédent, et sur lequel en ce temps-ci la conscience du fidèle doit soigneusement être mise en garde.

Tout le monde sait qu’il y a des péchés dont nous nous rendons coupables, non par véritable et directe commission, mais par pure complicité et connivence avec leurs auteurs, complicité de telle nature qu’elle va souvent jusqu’à égaler en gravité l’acte criminel directement commis. On peut donc et l’on doit appliquer au péché de libéralisme ce que les auteurs de théologie enseignent relativement à la complicité.

Notre intention est seulement de noter ici en quelques mots les différentes manières dont on peut aujourd’hui, en ce qui concerne le libéralisme, se rendre coupable par complicité.
1° – L’affiliation formelle à un parti libéral est la plus grande complicité en cette matière ; c’est à peine si elle se distingue de l’action directe à laquelle elle se rattache. Beaucoup d’esprits, à la seule lumière de leur entendement, voient toute la fausseté doctrinale du libéralisme, connaissent ses sinistres projets et ont en horreur son abominable histoire. Mais par tradition de famille, haines héréditaires, espérances personnelles, reconnaissance de bienfaits reçus, crainte de préjudices à venir ou enfin pour tout autre motif, ils acceptent une situation dans le parti qui professe de pareilles doctrines et favorise de semblables desseins, permettant ainsi qu’on les compte publiquement parmi les affiliés qui s’honorent d’en avoir le titre et travaillent sous son drapeau. »

2) La Fraternité st Pie X est-elle excusable parce qu’elle a peur de juger?

La Fraternité st Pie X a appris de st François de Sales que « De voir ou connaître une chose, ce n’est pas en juger; car le jugement, au moins selon la phrase de l’Ecriture, présuppose quelque petite ou grande, vraie ou apparente difficulté qu’il faille vider; c’est pourquoi elle dit que « ceux qui ne croient point sont déjà jugés », parce qu’il n’y a point de doute en leur damnation. Ce n’est donc pas mal fait de douter du prochain, non, car il n’est pas défendu de douter, ains de juger; mais il n’est pourtant pas permis ni de douter, ni de soupçonner sinon ric-à-ric tout autant que les raisons ou arguments nous contraignent de douter; autrement les doutes et soupçons sont téméraires. »

La Fraternité sait si bien juger qu’elle refuse d’écouter son « pape », qui pourtant devrait lui représenter la voix du Christ. Elle le juge si bien qu’elle lui propose des corrections « fraternelles » en matière de foi et de mœurs. A-t-on jamais vu un catholique vouloir en remontrer au Pape? Cela s’est vu seulement avec les hérésiarques.

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Bien choisir sa femme ou son mari.

Il y a quelque chose dans la vie de tout le monde qui est très important. Quel sera mon état de vie, ma vocation ? Serais-je marié, religieux ou célibataire?

L’état de virginité est sans doute le plus parfait, mais il dépend de la volonté de Dieu. Personne ne doit choisir sa vocation sans consulter la volonté de Dieu et ses propres compétences. La première chose à faire pour connaître sa vocation est la prière (« Seigneur, que voulez-vous que je fasse? ») et autant que possible le conseil de personnes sages, en particulier du confesseur et des parents quand ils sont spirituels. Voir aussi des livres comme l’Art d’arriver au vrai, Chapitre III, Le Choix d’une carrière et faire une retraite spirituelle de st Ignace, ou au moins voir comment faire une bonne élection, indiquée dans son livre : Exercices spirituels de St Ignace.

1) Votre vocation est le célibat.

Oui, la vocation au célibat existe, sans pour autant obliger à entrer dans un ordre religieux. « La femme sans mari et la vierge ont souci des affaires du Seigneur » (1Co 7,34). Dieu a choisi pour vous la meilleure part, réjouissez-vous. Le célibat implique une plus grande consécration à Dieu. Mais comme vous êtes encore dans le monde, vous allez devoir travailler ou trouver une occupation convenable parce qu’il n’est permis à personne de rester dans l’oisiveté.

« C’est donc une grande erreur de combattre par principe le travail des femmes. Que doit faire une femme qui ne peut se marier ou qu’un mari laisse dans la détresse : doit-elle se laisser mourir de faim ou se précipiter dans le vice ? » « Le penchant à l’oisiveté que l’on remarque chez les femmes dans l’aisance, est du reste aussi préjudiciable que le travail des femmes dans les fabriques. Il est vrai que les conditions de la vie sont bien changées et contribuent à laisser les femmes sans occupation ; tandis qu’autrefois la femme s’occupait de tout ce qui concernait l’économie domestique (couture, broderie, tissage, filature, etc.), aujourd’hui, par suite de l’emploi des machines, les objets du ménage sont d’un bon marché, tel qu’on s’imagine dissiper son argent en les faisant soi-même. Du reste, les nombreuses femmes auxquelles sont refusées les joies d’un foyer, souffrent du manque d’occupations. Mais si la femme a moins à faire chez elle, sa tendance à l’oisiveté est encore nourrie par la recherche croissante des jouissances à notre époque. La plupart des jeunes filles regardent le mariage comme un état où elles seront exemptes de travail et de soucis, et n’auront qu’à jouir. » Spirago.

« Les femmes mariées sont soumises à des lois auxquelles elles ne peuvent se soustraire. Quant à la virginité, elle se place au-dessus de toutes les lois. Libre des soins du mariage, elle élève son front au-dessus des intérêts et des préoccupations d’ici-ci bas, et participe à l’auréole des anges. Je me trompe, elle leur est supérieure, car elle a remporté sur la nature une victoire que les anges ne connaissent pas.

La virginité est l’avant-goût de la vie éternelle. Elle n’a pas de sexe : c’est une enfance qui dure toujours. Maîtresse des passions, elle n’a pas d’enfants, elle dédaigne d’en avoir ; mais si elle est privée de la joie de les posséder, elle n’éprouve pas la douleur de les perdre. Heureuse d’éviter les angoisses de l’enfantement, plus heureuse d’éviter celle des funérailles. La virginité, c’est la liberté sans limites : pas de mari pour maître, pas de soins qui se disputent l’existence. Affranchie des liens du mariage, des convenances du monde, des soins des enfants, elle peut affronter sans crainte la persécution. » St Cyprien.

2) Votre vocation est l’état religieux.

Il faut alors rechercher dans quel état religieux ou quel ordre religieux on est appelé à l’aide de la prière et du conseil. Il faut aussi faire attention si on peut choisir à ne pas aller dans un couvent où la règle et la discipline se sont relâchées. Les trois vœux, qui paraissent des chaînes à ceux qui n’y connaissent rien, vous libéreront. Le vœu d’obéissance vous libérera de votre volonté corrompue par l’esprit d’orgueil, d’ambition et de pouvoir, le vœu de chasteté vous libérera des attraits corrompus de votre chair pour permettre à votre esprit de vous commander vous-même, et le vœu de pauvreté vous libérera des attraits des choses vaines de ce monde. Libres des préoccupations du monde, vous vous tournerez plus facilement vers celles de Dieu dans la contemplation.

« Tant il est vrai qu’une fois dégagés des affaires extérieures et libres de nous ouvrir dans le secret de notre âme à la sagesse divine, une fois étouffé le tumulte des préoccupations terrestres dans la joie des méditations saintes et d’éternelles délices, nous éprouvons la vérité de cette parole que « rien ne sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à perdre son âme » (Mt 16,26). Et il apparaît à l’évidence que tout ce qui nous détourne du bonheur éternel ou ne nous aide point à y parvenir n’est que « vanité et affliction d’esprit » (Qo 2,17). » Pie XII, LETTRE APOSTOLIQUE AU PRÉPOSÉ GÉNÉRAL DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS (6 juillet 1940).

3) Votre vocation est celle du mariage.

Belle vocation, mais périlleuse puisqu’elle implique de bien choisir son conjoint. Quand on a su que notre vocation est le mariage, il faut demander à Dieu le promis de son cœur.

Ce promis doit avoir obligatoirement certaines qualités :

1) être catholique, car les mariages mixtes (l’un des époux n’est pas catholique) sont désastreux aussi bien pour le conjoint catholique que pour les enfants qui ne savent pas qui croire. Si on choisit un époux non catholique, les enfants risquent de perdre la foi.

2) être un bon catholique pieux et prudent, et donc connaître son catéchisme, et s’y exercer. C’est à lui que vous allez confier en partie l’éducation de vos enfants. Il prendra aussi des décisions sur l’école où vos enfants iront, et il vaut mieux connaître à l’avance ses choix en la matière plutôt que d’avoir de mauvaises surprises…

3) être suffisamment un bon éducateur. Il faut qu’il soit capable d’éduquer les enfants un minimum, qu’il s’instruise en la matière. Ceux qui s’improvisent parents sans s’instruire ou sans suffisamment de compétences mettent en danger leurs enfants à venir d’être mal élevés.

Mais pour avoir ce promis de vos rêves, il faut le mériter en faisant de soi-même un bon catholique, prudent, instruit de ses devoir de parent et d’époux, et ayant un travail permettant de faire vivre sa famille si on est un homme.

DISCOURS AUX DIRIGEANTES FÉMININES DE L’ACTION CATHOLIQUE ITALIENNE
(21 octobre 1945) 1

Dans ce discours adressé à cinq cents dirigeantes féminines de l’Action catholique italienne, le pape rappelle la mission de la femme au foyer, ses devoirs dans la vie sociale et politique et la préparation qu’ils requièrent.

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Vrai féminisme en dix questions.

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« De même que toutes les créatures sont soumises et obéissent aux ordres éternels de Dieu qui les concernent, ainsi on peut affirmer d’une certaine manière que son fils unique exaucera toujours et avec bienveillance les prières de la Vierge Mère de Dieu ; spécialement maintenant que cette Bienheureuse Vierge jouit de l’éternelle béatitude dans le ciel et que, couronnée de la couronne triomphale, elle est saluée Reine des anges et des hommes. » Pie XII.

Vrai féminisme en dix questions.

1) Qui est le vrai libérateur de la femme ?
Le Christ premièrement qui l’a rachetée et Marie sa Mère qui pour tous les hommes a accepté et offert l’oeuvre de la Rédemption au Père Éternel.

2) Peut-on parler de « libération » de la femme quand on lui dit qu’elle est égale et donc non soumise à son mari?
Non, car chaque société a besoin d’un chef, y compris la petite société de la famille où chacun a ses devoirs. Pie XII le rappelle : « …toute famille est une société, et toute société bien ordonnée réclame un chef, tout pouvoir de chef vient de Dieu. Donc la famille que vous avez fondée a aussi son chef, un chef que Dieu a investi d’autorité sur celle qui s’est donnée à lui pour être sa compagne » (DISCOURS AUX JEUNES ÉPOUX (10 septembre 1941)) Soumise ne veut pas dire esclave mais compagne. Les enfants sont soumis à leurs parents, et non leurs esclaves. L’Enfant-Jésus Lui-même, le Souverain du monde, Dieu en personne, était soumis à ses parents et l’est encore, ce qui montre que l’obéissance, l’humilité et la soumission n’ont rien de dégradant. Le soldat qui obéit au général n’est pas pour autant dégradé de sa dignité personnelle.

Le Pape explique bien pourquoi ce besoin d’une autorité : « Et puisque dans la famille, comme dans n’importe quelle association de deux ou de plusieurs personnes qui visent à une même fin, il est indispensable d’avoir une autorité qui maintienne efficacement l’union entre les membres, et qui les dirige et les gouverne, vous devez aimer ce lien qui de vos deux volontés en fait une seule, encore que l’un précède sur le chemin de la vie et que l’autre suive ; vous devez aimer ce lien de tout l’amour que vous portez à votre foyer domestique. »

Chiesa San Carlo Borromeo (San Marzano di San Giuseppe) 14.jpg« Que les femmes soient soumises à leurs maris comme au Seigneur ; car le mari est le chef de la femme, comme le Christ est le chef de l’Eglise » (Ep 5,22-23). « Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l’Eglise et s’est livré lui-même pour elle » (Ep 5,25). « Et vous, pères, n’exaspérez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les avertissant selon le Seigneur » (Ep 6,4). « Que les femmes soient soumises à leurs maris, afin que, s’il en est qui ne croient pas à la parole, ils soient gagnés sans la prédication, par la conduite de leurs femmes, rien qu’en voyant leur vie chaste et pleine de respect… Vous, de votre côté, maris, vivez en commun sagement avec vos femmes, comme à l’égard d’êtres plus faibles, les traitant avec honneur, puisqu’elles sont avec vous héritières de la grâce qui donne la vie » (I Pierre, ni, 1-2 et 7).

Il faut, sous peine de disputes incessantes, que quelqu’un puisse trancher et donc que la femme soit soumise à son mari. Sachant que 45% des « unions » en France terminent par un divorce, malgré les enfants déchirés entre leurs parents séparés…

Perte de repères, pris entre deux feux, les enfants souffrent terriblement du divorce. Il n’est pas bon d’être, parce qu’on existe, entre l’arbre et l’écorce. Si on ne peut pas agir autrement, on peut faire une séparation de corps tant que le problème persiste, mais il est impossible de se remarier. Ces cas de séparation doivent être graves et sont déterminés par l’Eglise. Les disputes incessantes et pénibles en font partie. La séparation doit la plupart du temps cesser dès que le problème est réglé.

3) La femme est-elle égale à l’homme ou à son mari?
Oui, la femme est égale à l’homme ou à son mari, et elle n’est en aucun cas inférieure à l’homme. Le président, malgré le fait qu’on lui obéisse après l’avoir choisi, n’est qu’un homme comme un autre. Ainsi, malgré qu’une femme obéisse au mari qu’elle a par ailleurs choisi elle-même, elle lui est égale en dignité, ayant la même destinée éternelle. Dieu devait choisir un chef de famille, et c’est l’homme qu’il a choisi. C’est donc à Dieu, et non à l’homme, qu’on obéit, quand on obéit au chef (ou à la chef) d’Etat ou au chef de famille : il n’y a donc rien de dégradant d’obéir et par ailleurs, on a choisi son chef soi-même. Par ailleurs, si le mari commande quelque chose de mal, personne n’a à lui obéir car il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes, y compris si un Ange, un Pape ou un Apôtre même ordonnaient de mal agir.

Le contrat matrimonial, fondement de la société de la famille, est rappelé par Pie XII : « Chers nouveaux mariés, vous échangiez, il y a quelques jours, sous le regard de Dieu et en présence du prêtre, vos solennels et libres engagements ; devenus vous-mêmes les ministres du grand sacrement que vous receviez, vous vous engagiez à une indissoluble communauté de vie. Vous avez senti alors au fond de votre cœur que vous étiez et que vous agissiez dans des conditions de parfaite égalité ; le contrat matrimonial était conclu par vous en pleine indépendance, comme entre personnes jouissant de droits strictement égaux ; votre dignité humaine s’y manifestait dans toute la grandeur de sa libre volonté. Mais à ce moment même, vous avez fondé une famille ; or, toute famille est une société, et toute société bien ordonnée réclame un chef. »

« Nombre de voix autour de vous vous la représenteront, cette sujétion, comme quelque chose d’injuste ; elles vous suggéreront une indépendance plus fière, vous répéteront que vous êtes en toutes choses les égales de vos maris et que sous bien des aspects vous leur êtes supérieures. Prenez garde à ces paroles de serpent, de tentations, de mensonges : ne devenez pas d’autres Eve, ne vous détournez pas du seul chemin qui puisse vous conduire, même dès ici-bas, au vrai bonheur. La plus grande indépendance, une indépendance à laquelle vous avez un droit sacré, c’est l’indépendance d’une âme solidement chrétienne en face des exigences du mal. Lorsque le devoir se fait entendre et qu’il jette son cri d’alarme à votre esprit et à votre coeur, quand vous vous trouvez en face d’une demande qui va contre les préceptes de la loi divine, contre vos imprescriptibles devoirs de chrétiennes, d’épouses et de mères, conservez, défendez avec respect, avec calme, avec affection sans doute, mais avec une inébranlable fermeté la sainte et inaliénable indépendance de votre conscience. »

4) La femme doit-elle obéir à tout homme? 
Non, la femme n’obéit comme tout le monde qu’à ses supérieurs hiérarchiques, et cela n’a rien à voir avec une quelconque inégalité des sexes mais seulement aux ordres de Dieu, en vue de la paix et de l’ordre social. Par ailleurs, c’est elle qui a choisi son mari, le mariage forcé étant frappé de nullité, et c’est pour cela qu’au départ, il faut bien choisir sa moitié.

Principales causes du divorce (interdit entre baptisés par l’Eglise)

  • L’infidélité, à l’origine d’un tiers des demandes de divorce ;
  • L’égoïsme du partenaire (c’est-à-dire le manque d’affection, de soutien etc.), à l’origine de 22% des demandes de divorce ;
  • Le mauvais caractère, à l’origine de près de 15% des demandes de divorce ;
  • Les comportements abusifs (jalousie notamment), à l’origine de près de 15% des demandes de divorce ;
  • Les désaccords concernant l’avenir, les objectifs poursuivis (maison, enfants, animal domestique…), à l’origine de près de 15% des demandes de divorce ;
  • L’incompatibilité, à l’origine de plus de 10% des demandes de divorce ;
  • L’argent et le travail (perte d’un emploi, dettes…), à l’origine de plus de 10% des demandes de divorce ;
  • Les beaux-parents, en cause dans un peu plus de 10% des demandes de divorce.

Le nombre de divorces varie d’une année sur l’autre, mais en moyenne ce sont près de 130 000 divorces qui sont prononcés chaque année. Il y a 1,8 mariages pour 1 divorce. Conséquence de cela : plus de 1,6 millions d’enfants vivent aujourd’hui dans des familles recomposées. Et plus de 600 000 personnes cohabitent avec les enfants de leur nouveau conjoint. Près de 8% des familles françaises sont des familles recomposées.

5) La femme peut-elle commander aux hommes?
Oui, il arrive que des femmes commandent à des hommes, à commencer par leurs propres fils, leurs domestiques ou leurs sujets. Et si elle leur commande, elle reste néanmoins leur égal, comme elles sont égales au mari à qui elles sont soumises. Le chef est égal à son employé même si c’est lui qui commande.

On parle beaucoup de « parité ». Il ne s’agit pas du plus important mais, comme le dit le Pape : « Disons tout de suite que pour Nous le problème féminin, dans son ensemble comme sous chacun de ses multiples aspects particuliers, consiste tout entier dans la sauvegarde et la promotion de la dignité que la femme a reçue de Dieu. Aussi n’est-ce pas pour Nous un problème d’ordre purement juridique ou économique, pédagogique ou biologique, politique ou démographique ; c’en est un qui, même en toute sa complexité, gravite tout entier autour de cette question : comment maintenir et renforcer cette dignité de la femme, aujourd’hui surtout, dans les conjonctures où la Providence nous a placés ? » (Voir le DISCOURS AUX DIRIGEANTES FÉMININES DE L’ACTION CATHOLIQUE ITALIENNE (21 octobre 1945))

« En abordant la société et ses institutions pour vérifier quelle est votre place, pour fixer de façon concrète votre rayon d’action, pour revendiquer vos prérogatives, faites valoir avant tout autre titre votre dignité chrétienne. Les autres questions, particulièrement celle dite la « parité des sexes », source de malaise spirituel et même d’amertumes pour les femmes qui n’ont pas la claire vision de leur valeur particulière, demeurent secondaires et ne peuvent se résoudre que sur la base des principes qui viennent d’être exposés. » (RADIOMESSAGE AUX FEMMES ITALIENNES EN PÈLERINAGE A NOTRE-DAME DE LORETTE (14 octobre 1956

Il faut que la femme reste femme comme l’homme reste homme, afin de maintenir l’équilibre de la société domestique. « Mais l’homme et la femme ne peuvent maintenir et perfectionner cette égale dignité qu’en respectant et mettant en pratique les qualités particulières dont la nature les a dotés l’un et l’autre, qualités physiques et spirituelles indestructibles, dont il n’est pas possible de bouleverser l’ordre sans que la nature elle-même ne parvienne toujours à le rétablir. Ces caractères particuliers qui distinguent les deux sexes se révèlent avec tant de clarté aux yeux de tous que seuls une obstination aveugle ou un doctrinarisme non moins funeste qu’utopique pourraient en méconnaître ou en ignorer à peu près la valeur dans l’organisation sociale.

Bien plus : les deux sexes, en vertu de leurs qualités particulières elles-mêmes, sont ordonnés l’un à l’autre, de manière que cette mutuelle coordination exerce son influence dans toutes les manifestations multiples de la vie humaine et sociale. » « L’égalité des droits avec l’homme lui a imposé, avec l’abandon de la maison où elle était reine, la même quantité et durée de travail. On a oublié sa véritable dignité et le fondement normal de tous ses droits, c’est-à-dire le caractère propre de son être féminin et l’intime coordination des deux sexes. On a perdu de vue la fin proposée par le Créateur pour le bien de la société humaine, et surtout de la famille. »

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Kali,
déesse de la mort. On donne la mort à l’âme par le scandale, en particulier les vêtements, les paroles, l’attitude.

La « parité », qui oublie qu’une femme a moins de puissance de travail physique qu’un homme et qu’elle doit de plus s’occuper de sa famille, la prend sans aucun doute pour une déesse indienne aux bras multiples, maniant tout à la fois l’aspirateur, le microonde, le biberon du bébé, la lessive d’une famille de cinq ou plus, le caddie, les œuvres de bienfaisance, en plus des tâches de son travail à l’extérieur.

6) La femme peut-elle dire de son corps que c’est le sien?
Non, car le corps n’appartient qu’en usufruit à l’homme comme à la femme : « Ne savez-vous pas que votre corps est un temple du Saint-Esprit…, et que vous ne vous appartenez pas ?… Glorifiez donc Dieu dans votre corps » (1Co 6, 19, 20). Une femme comme un homme ne peuvent pas disposer de leurs corps ou de leurs vies comme ils veulent mais comme Dieu le veut.

7) Qu’est-ce que Dieu ordonne aux hommes et aux femmes?
Le neuvième commandement de Dieu : Tu ne désireras pas la femme (ou l’homme) d’autrui, nous interdit les mauvaises pensées et les mauvais désirs et nous ordonne la parfaite pureté de l’âme et le plus grand respect, même au fond du cœur, pour le sanctuaire de la famille. Le sixième commandement : Tu ne commettras pas d’actes impurs, nous interdit toute impureté, c’est-à-dire les actions, les paroles, les regards, les livres, les images, les spectacles immoraux et nous ordonne d’être « saints dans notre corps », portant le plus grand respect à notre personne et à celle d’autrui, parce qu’elles sont œuvres de Dieu et temples où il habite par sa présence et par sa grâce.

« Parmi les éléments objectifs qui concourent à former une mode impudique, il y a en premier lieu la mauvaise intention de ses artisans. Lorsque ceux-ci se proposent de susciter par leurs modèles, des images et des sensations dénuées de chasteté, ils font preuve, même sans aller à l’extrême, d’une malignité larvée. Ils savent, entre autres, que la hardiesse en cette matière ne peut être poussée au-delà de certaines limites ; mais ils savent également que l’effet cherché se trouve à peu de distance de celles-ci, et qu’un habile mélange d’éléments artistiques et sérieux avec d’autres d’ordre inférieur sont plus aptes à surprendre l’imagination et les sens, tandis qu’ils rendent le modèle acceptable aux personnes qui désirent le même effet, sans toutefois compromettre — du moins, le pensent-elles — leur réputation de personnes honnêtes. Toute épuration de la mode doit donc commencer par celle des intentions aussi bien chez celui qui fait le vêtement que chez celui qui le porte ; chez l’un comme chez l’autre doit être réveillée la conscience de leurs responsabilités à l’égard des conséquences fatales qui peuvent dériver d’un vêtement trop hardi, spécialement lorsqu’il est porté sur la voie publique. » Pie XII, DISCOURS AU CONGRÈS DE L’UNION LATINE DE HAUTE COUTURE(8 novembre 1957.

8) L’impureté est-elle un grand péché ?
C’est un péché très grave et abominable devant Dieu et devant les hommes ; il avilit l’homme à la condition des animaux sans raison, l’entraîne à beaucoup d’autres péchés et de vices, et provoque les plus terribles châtiments en cette vie et en l’autre. Le vice de la luxure consiste à user en fait, ou par désir, ou en pensée voulue et complaisante, des choses que la nature a ordonnées à la conservation de l’espèce humaine, en vue de la jouissance qui s’y trouve attachée, contrairement à l’ordre naturel ou honnête qui règle l’usage de ces choses-là (q. 153, a. 1-3, Somme st Thomas d’Aquin). Le vice de la luxure a autant d’espèces qu’il peut y avoir de désordres distincts dans les choses de la luxure (q. 154). Ces espèces de désordre sont : la simple fornication, qui est directement opposée au bon ordre des choses du mariage en ce qui est de leur fin, savoir le bien et la formation ou l’éducation des enfants à venir ; – ou, chose de toutes la plus grave dans cet ordre-là, le vice contre nature, qui s’oppose directement et totalement à la fin première et essentielle du mariage, savoir la venue même de l’enfant ; – ou l’inceste, et l’adultère, et le stupre, et le rapt, qui portent sur l’abus de personnes proches parentes, ou mariées, ou sous la tutelle de leur père, que l’on trompe ou à qui l’on fait violence ; – enfin, le sacrilège, qui est l’abus de personnes consacrées à Dieu (q. 154, a. 1-2).

9) Le vice de la luxure, en ce qui constitue son fond essentiel, qui se retrouve en chacune de ses espèces, et qui n’est pas autre chose que la jouissance indue des plaisirs attachés aux choses du mariage, est-il un vice capital ?
Oui, la luxure est un vice capital, en raison précisément de ce qu’il y a de particulièrement véhément dans son objet, qui fait que les hommes s’y trouvent extrêmement portés (q. 153, a. 4). Les filles de la luxure sont : l’aveuglement de l’esprit ; la précipitation ; l’inconsidération ; l’inconstance ; l’amour de soi ; la haine de Dieu ; l’attachement à la vie présente ; l’horreur du siècle à venir (q. 153, a. 5). Ces filles de la luxure ont toutes, bien qu’à des degrés divers, ceci de commun, qu’elles impliquent l’absorption de l’esprit par la chair ; et c’est cela même qui fait la gravité spéciale de chacune d’elles, et de la luxure qui en est la mère : savoir que l’homme déchoit de sa royauté pour tomber au-dessous de la brute ou de l’animal sans raison (q. 153, a. 5, 6).

10) Est-ce qu’être le complémentaire de l’homme est dégradant pour une femme?
Non, le fait d’être complémentaire n’est pas dégradant mais permet simplement à chacun de se spécialiser dans différents domaines. La tête est complémentaire du cœur, l’artisan est complémentaire de l’agriculteur, le patron de l’ouvrier, le pouvoir législatif du pouvoir exécutif… Il est cependant évident qu’une femme peut aider son mari dans son travail comme il arrive dans les exploitations agricoles, ou que le mari peut aider sa femme dans les travaux du ménage (comme le nettoyage des carreaux, très physique).

« Croissez et multipliez et peuplez la terre et soumettez-la à votre pouvoir » (Gn 1,28). En vertu de ce destin temporel commun, aucune activité humaine ne se trouve par elle-même interdite à la femme, dont les horizons s’étendent ainsi aux domaines de la science, de la politique, du travail, des arts, du sport ; mais toutefois de façon subordonnée aux fonctions primaires qui lui sont fixées par la nature elle-même. En effet, le Créateur, en tirant admirablement l’harmonie de la multiplicité, a voulu, tout en établissant un destin commun pour tous les hommes, répartir entre les deux sexes des tâches différentes et complémentaires, comme des voies diverses convergent vers un but unique.

Ce sont donc la structure physique et psychique différente de l’homme et de la femme, leurs diverses aptitudes, qualités, inclinations, qui, équilibrées par l’admirable loi de la compensation, intègrent harmonieusement l’oeuvre de l’un et de l’autre. Egalité donc absolue dans les valeurs personnelles et fondamentales, mais fonctions diverses, complémentaires et admirablement équivalentes, desquelles résultent les droits et devoirs différents de l’un et de l’autre. » Pie XII.

« Il n’y a plus ni Juif ni Grec ; il n’y a plus ni esclave ni homme libre ; il n’y a plus ni homme ni femme ; car vous n’êtes tous qu’une personne en Jésus-Christ » (Ga 3,28)

« L’Eglise vivant dans le coeur de l’homme, et l’homme vivant dans le sein de l’Eglise, voilà, Vénérables Frères, l’union la plus profonde et la plus efficace qui se puisse concevoir. Par cette union, l’Eglise élève l’homme à la perfection de son être et de sa vitalité, pour donner à la société humaine des hommes bien formés : des hommes établis intégralement dans la condition inviolable d’images de Dieu ; des hommes fiers de leur dignité personnelle et de leur saine liberté ; des hommes justement jaloux de leur égalité avec leurs semblables en tout ce qui touche le fond le plus intime de leur dignité humaine ; des hommes attachés d’une manière stable à leurs terres et à leurs traditions ; des hommes, en un mot, caractérisés par ces quatre éléments ; voilà ce qui donne à la société humaine son fondement solide et lui procure sécurité, équilibre, égalité, développement normal dans l’espace et dans le temps. Tel est donc aussi le vrai sens et l’influence pratique de la supranationalité de l’Eglise qui, bien loin de ressembler à un empire, s’élève au-dessus de toutes les différences, de tous les espaces et de tous les temps, et bâtit sans discontinuer sur le fondement inébranlable de toute société humaine. Ayons confiance en elle ; si tout chancelle autour d’elle, elle demeure ferme. A elle s’appliquent encore de nos jours les paroles du Seigneur : « Même si la terre est ébranlée avec tous ceux qui l’habitent, moi, j’affermis ses colonnes » (Ps., lxxiv, 4). » ALLOCUTION AUX NOUVEAUX CARDINAUX (20 février 1946) Cette très importante allocution aux nouveaux cardinaux permet au Saint-Père de rappeler que l’Eglise est supranationale, que son influence s’exerce sur l’organisation et le dynamisme de la société humaine, en même temps que dans l’intime de l’homme.

Simone Veil, les féministes, les droits et les devoirs des femmes.

Un embryon humain âgé d'environ 7 semaines« …sauf les cas de défense privée légitime, de guerre juste menée par des moyens légitimes, de peine de mort infligée par l’autorité publique pour des délits très graves déterminés et prouvés, la vie humaine est intangible. » Pie XII.

DISCOURS AUX MEMBRES DE L’UNION MÉDICO-BIOLOGIQUE SAINT-LUC D’ITALIE (12 novembre 1944) « Le cinquième commandement — non occides (Ex 20,13) — synthèse des devoirs qui regardent la vie et l’intégrité du corps humain, est fécond en enseignements, aussi bien pour le maître qui enseigne du haut d’une chaire universitaire que pour le médecin praticien. Tant qu’un homme n’est pas coupable, sa vie est intangible ; est donc illicite tout acte tendant directement à la détruire, que cette destruction soit comprise comme fin ou comme moyen en vue de cette fin, qu’il s’agisse d’une vie embryonnaire ou dans son plein développement, ou bien déjà arrivée à son terme.

Dieu seul est maître de la vie d’un homme qui n’est pas coupable d’une faute entraînant la peine de mort. Le médecin n’a pas le droit de disposer de la vie du petit enfant ni de celle de sa mère ; et nul au monde, aucune personne privée, aucun pouvoir humain ne peuvent l’autoriser à détruire directement cette vie. Sa tâche n’est pas de détruire les vies, mais de les sauver. Principes fondamentaux et immuables que l’Eglise, au cours des dernières décennies, s’est vue dans la nécessité de proclamer à plusieurs reprises et avec toute la clarté requise contre les opinions et les méthodes contraires.  »

DISCOURS AUX PARTICIPANTS DU CONGRÈS DE L’UNION CATHOLIQUE ITALIENNE DES SAGES-FEMMES (29 octobre 1951) « La vie d’un innocent est intangible, et tout attentat direct ou agression contre elle viole une des lois fondamentales, sans lesquelles n’est pas possible la sécurité de la société humaine. Nous n’avons pas besoin de vous exposer en détail la signification et la portée, dans votre profession, de cette loi fondamentale. Mais, ne l’oubliez pas, au-dessus de toute loi humaine et au-dessus de toute « indication », se dresse, indéfectible, la loi de Dieu.

L’apostolat de votre profession vous impose ce devoir de faire partager aussi aux autres la connaissance, l’estime et le respect de la vie humaine, que vous nourrissez dans votre coeur par conviction chrétienne ; d’en prendre au besoin hardiment la défense et de protéger quand cela est nécessaire et en votre pouvoir, la vie encore cachée et sans protection de l’enfant en vous appuyant sur la force du précepte de Dieu : « Tu ne tueras point. » Ce service de défense se présente parfois comme le plus nécessaire et le plus urgent. » S.S. Pie XII.

Simone Veil, morte aujourd’hui à quasi 90 ans, a mérité et démérité de la condition féminine en France. Elle est connue pour son oeuvre de vie et son oeuvre de mort : oeuvre de vie pour que la mémoire de la Shoah ne soit pas effacée (elle gardera d’ailleurs toute sa vie, sur son bras gauche, le matricule 78651 d’Auschwitz infligé par les nazis) et continue d’épouvanter et de prévenir les générations futures à propos de la barbarie humaine ; elle a contribué à l’Europe, qui en soi est un beau projet s’il est bien mené ; oeuvre de mort avec le soutien qu’elle apporta à l’infanticide des enfants, des embryons dans le sein de leur mère, en particulier avec la loi maudite de 1974, appelée « loi Veil ».

Mme Veil s’oppose avec raison, le 15 février 2008, à l’idée de confier la mémoire d’un enfant juif de France mort dans la shoah à chaque élève de CM2 : « C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste ».

Dans un discours devant les députés, elle soutient que « l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue ». Mais le fait qu’un enfant soit issu d’un viol, malade mental, bossu, aveugle ou boiteux ne doit pas le prédestiner à la mort par sa mère, ou alors on approuve l’eugénisme et le meurtre.  Elle refusera d’entrer dans l’Eglise catholique, où elle ne voulait rester « que sur le seuil », comme si cela était possible, et rester juive. Où est-elle à présent? On peut craindre qu’elle est plutôt probablement en enfer, car hors de l’Eglise, point de salut, et elle n’était pas dans le cas d’ignorance invincible.

Elle a « soutenu » les femmes qui ont été méprisées de tout temps.

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus eût cette douloureuse plainte : « Je ne puis encore comprendre pourquoi les femmes sont si facilement excommuniées en Italie, à chaque instant on nous disait :  » N’entrez pas ici… N’entrez pas là, vous seriez excommuniées !…  » Cependant elles aiment le bon Dieu en bien plus grand nombre que les hommes et pendant la Passion de Notre Seigneur les femmes eurent plus de courage que les apôtres, (Lc 23,27) puisqu’elles bravèrent les insultes des soldats et osèrent essuyer la Face adorable de Jésus,..

C’est sans doute pour cela qu’Il permet que le mépris soit leur partage sur la terre, puisqu’Il l’a choisi pour Lui-même… Au Ciel, Il saura bien montrer que ses pensées ne sont pas celles des hommes, (Is 55,8-9) car alors les dernières seront les premières… (Mt 20,16) Plus d’une fois pendant le voyage, je n’ai pas eu la patience d’attendre le Ciel pour être la première… » Histoire d’une âme.

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