Bibliothèque.

lourdes4Chaque vocation a besoin de certains livres, et tous ont besoin de lectures spirituelles, mais chacun selon son genre. Toute lecture ne convient donc pas à tous, à tout âge ou peut s’adresser plus spécialement à certains tout en en concernant d’autres. Donc le but est de faire une bibliothèque adaptée, où chaque public différent est ciblé.

« Dieu commanda en la création aux plantes de porter leurs fruits, chacune selon son genre, ainsi commande-t-il aux chrétiens, qui sont les plantes vivantes de son Eglise, qu’ils produisent des fruits de dévotion, un chacun selon sa qualité et vacation. La dévotion doit être différemment exercée par le gentilhomme, par l’artisan, par le valet, par le prince, par la veuve, par la fille, par la mariée; et non seulement cela, mais il faut accommoder la pratique de la dévotion aux forces, aux affaires et aux devoirs de chaque particulier.

Je vous prie, Philothée, serait-il à propos que l’évêque voulût être solitaire comme les chartreux ? Et si les mariés ne voulaient rien amasser non plus que les capucins, si l’artisan était tout le jour à l’église comme le religieux, et le religieux toujours exposé à toutes sortes de rencontres pour le service du prochain, comme l’évêque, cette dévotion ne serait-elle pas ridicule, déréglée et insupportable ? Cette faute néanmoins arrive bien souvent, et le monde qui ne discerne pas, ou ne veut pas discerner, entre la dévotion et l’indiscrétion de ceux qui pensent être dévots, murmure et blâme la dévotion, laquelle ne peut mais de ces désordres. » St François de Sales.

careme_0Livres pour tous et pour les enfants.

Les images : « Les images qui ornent nos églises (sculptures, tableaux, fresques, vitraux) sont comme le livre des ignorants, dans lequel ils peuvent s’instruire des mystères et de l’histoire de notre religion, à condition évidemment qu’elles aient tout ce qu’il faut pour être des images religieuses. C’est pourquoi « il est défendu de placer dans les églises des images insolites, qui ne sont pas conformes à l’usage approuvé par l’Église, ou des images manquant de décence » (can.1279). » Abbé Boulenger.

Les enfants qui ne savent pas lire ont vraiment besoin de ces images, et elles permettent d’expliquer rapidement à l’ignorant même adulte (et qui sait qu’il faut savoir redevenir un petit enfant pour aller au Royaume des cieux) les grandes vérités.

Image associée

Car l’adulte ignorant est en enfance spirituelle, lui aussi. C’est pourquoi on utilisait aussi autrefois des tableaux de missions (à droite, les 7 vices capitaux et le démon régnant dans le cœur humain, d’où le péché mortel a chassé l’Esprit-Saint, les seps dons du St-Esprit _les 7 flammes_ , éloigné l’Ange Gardien ; la personne est morte-vivante, âme morte et corps vivant, d’où le fait qu’elle est représentée égorgée. Si elle meurt dans cet état, elle ira définitivement en enfer).

Le Crucifix : il a été aussi bien souvent le livre spirituel des Saints, où ils lisaient l’amour de Celui qui a souffert et versé son Sang pour tous. « Regarde-moi, non d’un regard superficiel, général, passager, mais regarde-moi de près. Tu verras sur toutes mes plaies le signe de l’amour. Comme les objets d’or et d’argent ont un cachet pour être distingués, ainsi toutes mes plaies portent l’empreinte de l’amour. Si tu les regardes superficiellement, il te semblera qu’elles n’ont été faites que par les bourreaux ; mais si l’amour ne leur eût pas permis, les bourreaux eussent été impuissants. »

Grand Catéchisme en images (mieux vaut celui en couleurs) édité par la Maison de la Bonne Presse en 1908.

planche catéchisme 25

Il en existe beaucoup de planches sur Internet, comme celle à gauche.

Le catéchisme des petits enfants.

Miche de pain, catéchisme illustré. Miche de pain, histoire sainte.

Cette série est certes illustrée, mais les images sont plutôt laides. Le texte est bon mais il vaut mieux utiliser d’autres images.

Le livre de la nature.

La nature est également source d’inspiration pour y lire la volonté de Dieu. « Ce grand personnage de notre âge, François Borgia, » dit st François de Sales, « pour lors encore duc de Gandie, allant à la chasse faisait mille dévotes conceptions: « J’admirais, dit-il lui-même par après, comme les faucons reviennent sur le poing, se laissent couvrir les yeux et attacher à la perche, et que les hommes se rendent si revêches à la voix de Dieu. »

« Un autre voyant les arbres fleuris soupirait : « Pourquoi suis-je seul défleuri au jardin de l’Eglise ? » Un autre voyant des petits poussins ramassés sous leur mère: « O Seigneur, dit-il, conservez-nous sous l’ombre de vos ailes. » L’autre, voyant le tourne-soleil, dit : « Quand sera-ce, mon Dieu, que mon âme suivra les attraits de votre bonté? » Et voyant des pensées de jardin, belles à la vue mais sans odeur : « Eh ! dit-il, telles sont mes cogitations, belles à dire, mais sans effet ni production. »
Voilà, ma Philothée, comme l’on tire les bonnes pensées et saintes aspirations de ce qui se présente en la variété de cette vie mortelle. Malheureux sont ceux qui détournent les créatures de leur Créateur pour les contourner au péché; bienheureux sont ceux qui contournent les créatures à la gloire de leur Créateur, et emploient leur vanité à l’honneur de la vérité. « Certes, dit saint Grégoire Nazianzène, j’ai accoutumé de rapporter toutes choses à, mon profit spirituel »

Catéchisme Première Année - La Miche De PainLivres pour enfants.

 

La Miche de pain convient aux enfants jusqu’à 7 ans. Au-delà, il vaut mieux utiliser le Grand Catéchisme en Images avec le catéchisme normal. Les leçons de doctrine chrétienne illustrées, qui ont pour auteur st Pie X et sont formées avec le catéchisme normal, sont bien adaptées quant aux images, mais les mots utilisés sont parfois trop compliqués et demandent une explication plus simple de la part du parent ou du catéchiste.

Leçons de doctrine chrétienne (1er degré)Leçons de doctrine chrétienne (2e degré)Leçons de doctrine chrétienne (3e degré)Leçons de doctrine chrétienne (4e degré)Leçons de doctrine chrétienne (5e degré)

Alphabet de l'enfant JésusOn peut aussi utiliser l’Alphabet de l’Enfant-Jésus, très pieux et qui peut contribuer à faire apprendre à la fois la religion et les lettres, mais pareillement, le vocabulaire est souvent compliqué et demande des explications.

Les enfants ont besoin d’images à la fois simples et belles pour mieux comprendre, et ils ont besoin que les adultes leur expliquent le sens de ces images. On peut utiliser les beaux coloriages de Noël qu’on retrouve sur ce site : https://www.maintenantunehistoire.fr/saint-joseph-19-mar/saint-joseph-apprend-le-metier-a-jesus/

Il faut pour les plus jeunes enfants des images à la fois claires, sans trop de détails pour qu’ils ne confondent rien, mais qui restent belles et où on reconnaît les personnages.

Les vies de Saints illustrées d’ancienne facture conviennent à ceux qui savent suffisamment lire. Les nouvelles éditions ne sont pas forcément correctes, quoique souvent plus colorées, mais certaines sont bien.

Pie Xii - N°48 De La Collection Belles Histoires Et Belles Vies   de geneviève veuillot  Format Broché Le Saint Cure D'ars : Jean-Baptiste-Marie Vianney - Collection Belles Histoires Et Belles Vies N°39.   de ABBE FALC'HUN CLAUDE  Format Broché Sainte Catherine Laboure   de Agnès Richomme  Format Broché Sainte Therese De L'enfant-Jesus La Plus Grande Sainte Des Temps Modernes   de Agnès RICHOMME

Comme les enfants ne peuvent pas lire de livres de piété, il faut que les images, les crucifix et les statues, ou encore la nature, leur permettent de lire l’amour de Dieu. On se rappelle st Patrick utilisant le trèfle à trois feuilles pour expliquer le Mystère de la T. S. Trinité. C’est un apprentissage d’apprendre à lire la nature et d’y trouver Dieu ou des sujets de méditation. Jésus disait à une ste âme : « Oh ! lis cette parole :  » Je t’aime « , sur le pain que tu manges, sur l’eau que tu bois, sur le lit dans lequel tu dors. C’est parce que je t’aime que je te donne de l’eau à boire ; c’est parce que je t’aime que je t’ai préparé le lit pour dormir ; en tout ce que je t’ai mis en main, lis partout : « Mon épouse, je t’aime ! »

Si vous apprenez cette art de lire la nature, « …vous demeurerez stupéfaits de la facilité avec laquelle dans toute créature on découvre le Créateur, qui est glorifié par cette connaissance et vous récompense en remplissant votre cœur de félicité. » Parce que plus Dieu est chassé de la Création et de la société, plus il est nécessaire en réparation de ce mépris de voir Dieu en toutes choses.

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime. Je Vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, et qui ne Vous aiment pas.

Saint Thomas d'Aquin (Chemins de lumière n° 15)Livres de lecture spirituelle pour enfants plus âgés et pré-ados.

Les vies des Saints illustrées peuvent encore se lire à tout âge, ce qui est un grand avantage. On a l’habitude de cloisonner les livres et les activités par tranches d’âges. Quelquefois, ce cloisonnement n’est pas tellement pertinent. Le « C’est pour les enfants » ne veut pas dire que ce n’est pas aussi pour les adultes.

« Bien-aimés fils et filles », dit Pie XII, « rentrez en vous-mêmes, recueillez-vous un instant et recherchez avec sincérité d’où vient ce qu’il y a de meilleur en vous. Pourquoi croyez-vous en Dieu, en son Fils incarné pour la Rédemption du monde, en sa Mère dont il a fait votre Mère ? Pourquoi obéissez-vous à ses commandements ? Pourquoi aimez-vous vos parents, votre patrie, votre prochain ? Marie-Dominique Poinsenet Saint DominiquePourquoi êtes-vous résolus à fonder un foyer qui ait Jésus pour Roi et où vous puissiez transmettre à vos enfants le trésor familial des vertus chrétiennes ? Il est certain que c’est parce que la foi vous a été donnée dans le baptême ; parce que vos parents, votre curé, vos maîtres et maîtresses d’école vous ont enseigné par la parole et par l’exemple à faire le bien et à éviter le mal.

Marguerite-Marie, l'amour du coeur de Jésus (Belles histoires - belles vies)Mais examinez vos souvenirs mieux encore ; parmi les meilleurs et les plus décisifs, vous trouverez probablement celui d’un livre bienfaisant : le catéchisme, l’histoire sainte, l’Évangile, le missel, le bulletin paroissial, l’Imitation de Jésus-Christ, la vie d’un saint ou d’une sainte. Vous reverrez des yeux de l’esprit un de ces livres, qui n’est peut-être ni le plus beau, ni le plus riche, ni le plus savant, mais sur les pages duquel votre lecture, un soir, s’est tout à coup arrêtée, votre cœur a battu plus fort, vos yeux se sont mouillés de larmes. Et alors, sous l’irrésistible action du Saint-Esprit, s’est creusé dans votre âme un sillon profond qui, malgré les ans, malgré les écarts plus ou moins longs, peut encore vous servir de guide dans le chemin qui vous mène à Dieu.

Saint Pie V (Chemins de lumière n° 14)Si, du moins les plus jeunes, vous n’avez pas encore tous fait cette expérience, vous en sentirez probablement un jour la pénétrante douceur quand vous retrouverez sur une étagère encombrée ou dans une vieille armoire un petit livre de vos premières années, et que vous découvrirez avec émotion dans les pages jaunies, comme une fleur desséchée dans le jardin de votre enfance, l’histoire édifiante, la maxime, la pieuse prière que vous aviez laissée ensevelie sous la poussière des occupations et préoccupations de la vie quotidienne, mais qui tout de suite reprendra le même parfum, la même saveur, la même vigueur de coloris qu’au temps où elle avait enchanté et réconforté votre âme.

Geneviève Flusin Geneviève, protectrice de ParisC’est là un des grands avantages du bon livre. Si vous dédaignez les sages avertissements et le juste blâme d’un ami, il vous abandonne ; mais le livre que vous abandonnez vous restera fidèle négligé ou repoussé à plus d’une reprise, il est toujours prêt à vous redonner l’aide de ses enseignements, la salutaire amertume de ses reproches, la claire lumière de ses conseils. Ecoutez donc ses avis aussi discrets que directs. Il vous adresse un blâme trop souvent mérité peut-être, il vous rappelle un devoir trop souvent oublié, comme il l’a fait à bien d’autres avant vous ; mais il ne vous découvrira pas leur nom, et il ne dévoilera pas le vôtre. Tandis que, sous la lampe silencieuse, le livre par vos yeux entre en vous et qu’il vous réprimande ou vous réconforte, personne n’entendra sa voix, hormis votre propre cœur. »

 

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La dévotion.

La dévotion est la facilité à agir pour Dieu.

« Bref, la dévotion n’est autre chose qu’une agilité et vivacité spirituelle par le moyen de laquelle la charité fait ses actions en nous, ou nous par elle, promptement et affectionnément; et comme il appartient à la charité de nous faire généralement et universellement pratiquer tous les commandements de Dieu, il appartient aussi à la dévotion de les nous faire faire promptement et diligemment. C’est pourquoi celui qui n’observe tous les commandements de Dieu, ne peut être estimé ni bon ni dévot, puisque pour être bon il faut avoir la charité, et pour être dévot il faut avoir, outre la charité, une grande vivacité et promptitude aux actions charitables.

Et d’autant que la dévotion gît en certain degré d’excellente charité, non seulement elle nous rend prompts et actifs et diligents à l’observation de tous les commandements de Dieu; mais outre cela, elle nous provoque à faire promptement et affectionnément le plus de bonnes oeuvres que nous pouvons, encore quelles ne soient aucunement commandées, ains seulement conseillées ou inspirées. Car tout ainsi qu’un homme qui est nouvellement guéri de quelque maladie chemine autant qu’il lui est nécessaire, mais lentement et pesamment, de même le pécheur étant guéri de son iniquité, il chemine autant que Dieu lui commande, pesamment néanmoins et lentement jusques à tant qu’il ait atteint à la dévotion; car alors, comme un homme bien sain, non seulement il chemine, mais il court et saute « en la voie des commandements de Dieu », et, de plus, il passe et court dans les sentiers des conseils et inspirations célestes.  » St François de Sales.

St Pierre d’Alcantara donne neuf conseils pour acquérir la dévotion.

Pour obtenir la dévotion, soyons prêt à tout affronter car elle est difficile à acquérir dans ses commencements, cette perle précieuse et rare, qui facilite l’acquisition de toutes les autres vertus.

Pour obtenir la dévotion, retranchons pensées, loisirs, passions inutiles et désordonnées, et soyons au maximum solitaire. Que le cœur soit vide des choses terrestres et ne s’occupe que de Dieu ; tâchons d’être aveugle, sourd et muet pour être un bon contemplatif. Que les yeux, les oreilles et la pensée évitent ce qui est terrestre, et que la langue parle le moins possible pour que le cœur ne se dissipe pas.

Pour obtenir la dévotion, lisons des lectures spirituelles qui nous rempliront constamment l’esprit de bonnes choses.

La dévotion s’obtient avec le souvenir continuel de Dieu, le soin de marcher toujours en sa présence, et l’usage de ces courtes oraisons que saint Augustin appelle jaculatoires. C’est là un des plus puissants remèdes pour ceux qui n’ont ni temps ni endroit favorable pour faire oraison. Celui qui sera toujours fidèle à cette pratique, avancera beaucoup en peu de temps.

La dévotion s’obtient avec l’assiduité et la persévérance dans les bons exercices, aux endroits et aux temps marqués pour cela, principalement la nuit ou le matin, qui sont les temps les plus convenables pour l’oraison, comme toute l’Écriture nous l’enseigne.

La dévotion s’obtient en pratiquant une certaine mortification, en étant pauvre au possible, sans excès dans un sens ou dans l’autre : les austérités et les abstinences corporelles, la table pauvre, le lit dur, le cilice et la discipline, et autres mortifications de ce genre, et il vaut mieux pour les mortifications consulter un autre qui soit sage et prudent. Car, de même que toutes ces choses sont inspirées par un principe de dévotion, de même aussi elles fortifient, elles conservent et elles fécondent la racine d’où elles naissent.

La dévotion s’obtient en pratiquant les œuvres de miséricorde. Elles nous donnent de la confiance pour paraître devant Dieu : comme elles joignent quelques petits services à nos oraisons, celles-ci ne peuvent plus s’appeler de simples demandes sèches ; et elles méritent que la prière qui part d’un cœur miséricordieux soit miséricordieusement entendue.

LES SEPT ŒUVRES DE MISÉRICORDE CORPORELLE.

1° Donner à manger à ceux qui ont faim; 2° donner à boire a ceux qui ont soif; 3 ° procurer des vêtements à ceux qui sont nus ; 4° et un logement aux étrangers; 5° visiter les infirmes; 6° et les prisonniers; 7° ensevelir les morts.

LES SEPT OEUVRES DE MISÉRICORDE SPIRITUELLE.
1° Conseiller les incertains; 2° instruire les ignorants ; 3° avertir les pécheurs; 4° consoler les affligés; 5° pardonner les offenses; 6° supporter patiemment les personnes désagréables; 7° prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

O bon et très doux Cœur de Jésus, par votre Passion, par toutes les Stes Messes célébrées dans le monde, par st Joseph et votre Mère toute miséricordieuse, Refuge des pécheurs et Consolatrice des affligés, par tous les Saints et Anges du Ciel, par St François d’Assise, St Michel, St Gabriel, St Raphaël et les quatre autres grands Archanges qui sont toujours devant le trône de Dieu, par les Sts Anges Gardiens, par St Jean Baptiste, St Jean, St Jean de Dieu, St Alexis, St Benoit-Joseph Labre, St Jean l’Aumônier, Ste Véronique et st Vincent de Paul, par Ste Catherine d’Alexandrie, st Thomas, Ste Thérèse d’Avila, Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus, St Alphonse de Liguori, le St Curé d’Ars et st Thomas d’Aquin, ste Marie-Madeleine, st Pierre et st Paul, St Pierre le Publicain, St Matthieu, St Zachée, Ste Marguerite de Cortone, Ste Pélagie, Ste Thaïs, Ste Affre, Ste Marie Egyptienne, Ste Marie la Pénitente, et les autres Sts Pénitents :

Donnez à manger à ceux qui ont faim, à boire à ceux qui ont soif, des vêtements à ceux qui n’en ont pas, un logement aux émigrants, aux pauvres et aux étrangers, visitez vous-même les infirmes et les prisonniers par les consolations de votre grâce et les grâces de conversion salutaires, donnez une sépulture aux justes qu’on n’a pas enterré.

Conseillez les incertains, instruisez les ignorants, avertissez les pécheurs, ramenez à la vrai foi tous les hommes, consolez les affligés, venez au secours des âmes tentées, pardonnez-nous nos offenses et faites que tous sachent pardonner et pardonnent en effet aux autres, supportez-nous qui sommes de pauvres pécheurs et que nous soyons capables de supporter nous-mêmes les personnes désagréables, offrez pour nous votre T. P. Sang pour les vivants et les morts.

Et puisque la reconnaissance attire vos bienfaits, que nous vous remercions toujours de vos grâces avec un cœur sincère, o Jésus très doux et très aimable. Soyez béni de toutes les grâces que nous avons reçu de vous et que vous donnerez encore aux hommes jusqu’à la fin du monde, et pour cela je vous offre vos propres mérites offerts dans les Stes Messes et l’amour de votre Ste Mère Douloureuse au pied de la Croix.

La loi naturelle.

Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus se posait une question qu’on s’est tous posé : pourquoi tellement de personnes naissent sans connaître la Voie, la Vérité et la Vie, ne connaissant que la loi naturelle? On ne peut pas s’empêcher d’être triste en y pensant et on ne comprend pas pourquoi Dieu permet cela.

« Longtemps je me suis demandé pourquoi le bon Dieu avait des préférences, pourquoi toutes les âmes ne recevaient pas une égale mesure de grâces. Je m’étonnais de le voir prodiguer des faveurs extraordinaires à de grands pécheurs comme saint Paul, saint Augustin, sainte Madeleine et tant d’autres qu’il forçait, pour ainsi dire, à recevoir ses grâces. Je m’étonnais encore, en lisant la vie des saints, de voir Notre-Seigneur caresser du berceau à la tombe certaines âmes privilégiées, sans laisser sur leur passage aucun obstacle qui les empêchât de s’élever vers lui, ne permettant jamais au péché de ternir l’éclat immaculé de leur robe baptismale. Je me demandais pourquoi les pauvres sauvages, par exemple, mouraient en grand nombre, sans même avoir entendu prononcer le nom de Dieu.

Jésus a daigné m’instruire de ce mystère. Il a mis devant mes yeux le livre de la nature; et j’ai compris que toutes les fleurs créées par lui sont belles, que l’éclat de la rose et la blancheur du lis n’enlèvent pas le parfum de la petite violette, n’ôtent rien à la simplicité ravissante de la pâquerette. J’ai compris que, si toutes les petites fleurs voulaient être des roses, la nature perdrait sa parure printanière, les champs ne seraient plus émaillés de fleurettes.

Ainsi en est-il dans le monde des âmes, ce jardin vivant du Seigneur. Il a trouvé bon de créer les grands saints qui peuvent se comparer aux lis et aux roses; mais il en a créé aussi de plus petits, lesquels doivent se contenter d’être des pâquerettes ou de simples violettes destinées à réjouir ses regards divins lorsqu’il les abaisse à ses pieds. Plus les fleurs sont heureuses de faire sa volonté, plus elles sont parfaites.

J’ai compris autre chose encore… J’ai compris que l’amour de Notre-Seigneur se révèle aussi bien dans l’âme la plus simple, qui ne résiste en rien à ses grâces, que dans l’âme la plus sublime. En effet, le propre de l’amour étant de s’abaisser, si toutes les âmes ressemblaient à celles des saints Docteurs qui ont illuminé l’Eglise, il semble que le bon Dieu ne descendrait point assez bas en venant jusqu’à elles. Mais il a créé l’enfant qui ne sait rien et ne fait entendre que de faibles cris ; il a créé le pauvre sauvage n’ayant pour se conduire que la loi naturelle; et c’est jusqu’à leurs coeurs qu’il daigne s’abaisser!

Ce sont là les fleurs des champs dont la simplicité le ravit ; et, par cette action de descendre aussi bas, le Seigneur montre sa grandeur infinie. De même que le soleil éclaire à la fois le cèdre et la petite fleur, de même l’Astre divin illumine particulièrement chacune des âmes, grande ou petite, et tout correspond à son bien, comme dans la nature, les saisons sont disposées de manière à faire éclore, au jour marqué, la plus humble pâquerette. »

Je me demandais donc quelle était cette loi naturelle, qui permet même à de pauvres âmes de se sauver. On peut dire qu’elle n’est pas autre chose que les commandements de Dieu, et on a tenté par les Droits de l’homme de la montrer aux peuples, ce qui est une bonne chose quelque part, et mauvaise en ce que les Droits de l’homme s’écartent précisément de la loi naturelle.

Selon Pie XII : « Le premier postulat de toute action pacificatrice est de reconnaître l’existence d’une loi naturelle, commune à tous les hommes et à tous les peuples, de laquelle dérivent les normes de l’être, de l’agir et du devoir, et dont l’observation facilite et assure la coexistence pacifique et la collaboration mutuelle. Pour ceux qui rejetteraient cette vérité, les rapports entre les peuples resteraient une énigme théorique et pratique, et si le refus devenait doctrine commune, le cours de l’histoire humaine serait lui-même un éternel errement dans une mer tempétueuse et sans rivage.

Par contre, à la lumière de cette maxime il est facile à chacun, au moins dans les lignes générales, de discerner le juste de l’injuste, ce qui est droit de ce qui ne l’est pas ; d’indiquer les principes de solution des différends ; de comprendre l’enseignement véritable de l’histoire dans les relations entre les peuples ; de se rendre compte de la formation et du caractère obligatoire du droit international. En un mot, la loi naturelle est la base commune solide de tout droit et de tout devoir, le langage universel nécessaire à toute entente ; c’est le tribunal suprême d’appel que l’humanité a toujours désiré afin de mettre fin aux conflits toujours renouvelés. »

D’après l’Abbé Boulenger :

« La loi naturelle.

1° Définition. – La loi naturelle est, comme son nom l’indique, celle qui découle de la nature des choses : elle commande donc ce qui est conforme à la nature et à la fin de l’homme, et elle défend tout ce qui s’y oppose. Gravée par Dieu au fond du cœur humain, elle nous est connue par les lumières de la raison ; mais il peut arriver que cette connaissance soit obscurcie et même faussée par les préjugés, les passions et la mau­vaise éducation.

2° Existence. – L’existence de la loi naturelle nous est attestée: – a) par le témoignage de saint Paul qui, dans sa « lettre aux Romains », parle « des prescriptions d’une loi écrite dans le cœur » et à laquelle les gen­tils obéissent (Rom., II, 14, 15) ;- b) par notre conscience, qui déclare certaines actions bonnes et d’autres mauvaises ; et – c) par le témoignage de tous les peuples, qui sont unanimes à faire la distinction entre le bien et le mal, encore qu’ils se trompent dans l’application.

3° Objet. – 1. A vrai dire, quelques principes seulement, généraux et universels, sont l’objet premier de la loi naturelle. Tels sont les principes suivants :« Il faut aimer le souverain bien, c’est-à-dire Dieu, » « Il faut faire le bien et éviter le mal. » « Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse à toi-même. » « Vis conformément à la droite raison. » – 2. De ces principes premiers dérivent tous nos devoirs envers Dieu, envers nous-mêmes et nos semblables : culte dû au Créateur, respect des parents, défense du suicide, de l’homicide, du vol, du mensonge, bref, tous les préceptes, contenus dans le Décalogue, sauf le 3e concernant la sanctification du Sabbat, qui est une loi positive.

4° Sujet et Obligation. – 1. Tandis que les lois positives sont rela­tives et variables, c’est-à-dire ne s’adressent qu’à une partie de l’humanité et changent avec les époques, les pays et les circonstances, la loi naturelle est universelle, immuable et absolue. Elle s’impose à tous les hommes de tous les pays et de tous les temps et ne souffre pas de dispense. – 2. Cepen­dant il y a lieu de distinguer entre ses préceptes négatifs (ex. : ne pas tuer, ne pas voler) qui obligent à tout instant, et ses préceptes affirmatifs (ex. : adorer Dieu), qui n’obligent qu’à des moments déterminés. – 3. Comme elle ne règle pas notre conduite sur tous les points, elle a besoin d’être complétée par les lois positives : divines et humaines.

La loi divine positive.

Dieu ne s’est pas contenté d’inscrire la loi naturelle dans le cœur de l’homme, il lui a encore manifesté sa volonté à différentes époques de son histoire. La loi primitive, la loi mosaïque et la loi chrétienne forment, pour ainsi dire, les trois stades de la Révélation divine. »

« Les Causes qui changent la moralité de l’acte.

Comme le discernement et la liberté dérivent de l’intelligence et de la volonté, les causes, qui sont susceptibles d’influencer ces deux facultés, changent la nature de la moralité, et, par conséquent, de la responsabilité.

1° Causes qui influent sur l’intelligence. – L’IGNORANCE ET L’ERREUR.
– Deux causes influent directement sur l’intelligence : l’ignorance et l’erreur. Il y a entre les deux une distinction assez nette, puisque ignorer c’est ne rien savoir, ne pas soupçonner la vérité, tandis que errer, c’est croire qu’une chose fausse est vraie ou qu’une chose vraie est fausse ; mais, dans la pratique, ce qui se dit de l’une peut s’appliquer à l’autre.

L’ignorance peut porter sur la loi ou sur le fait : ignorance du droit ou du fait. Ainsi, on peut ignorer qu’une loi de l’Église prohibe les mariages entre parents dans la ligne collatérale, jusqu’au 3e degré, ou, connaissant. la loi, on peut ignorer sa parenté.

Que l’ignorance porte sur le droit ou le fait, elle est invincible ou vin­cible : – a) invincible, quand on ne la soupçonne pas ou qu’il n’y a pas moyen de la vaincre. Dans ce cas, les actes qui, en eux-mêmes, sont répré­hensibles, deviennent moralement bons, parce que celui qui agit, croit à l’existence d’une obligation et obéit par conséquent à sa conscience, en y conformant sa conduite ; réciproquement, les actes bons deviennent moralement mauvais si, par erreur, on les croit défendus ;- b) vincible, quand on soupçonne la vérité et qu’on ne cherche pas à la connaître. L’ignorance vincible diminue la liberté. Si cependant elle est affectée et qu’on ne veut pas s’instruire de la loi, pour pouvoir pécher plus librement, la culpabilité, loin d’être amoindrie, est plutôt augmentée, en raison de l’intention mauvaise.

2° Causes qui influent sur la volonté. – Les principales sont: la crainte, la violence, les passions, le tempérament, l’éducation, l’habitude et les maladies du corps et de l’âme.
A. LA CRAINTE ET LA VIOLENCE. – Il y a, entre la crainte et la violence, cette différence, que la première atteint les actes intérieurs et les actes extérieurs, tandis que la seconde n’influe que sur les actes extérieurs. – a) La crainte, qui pro­vient d’une cause intrinsèque, n’enlève pas le libre arbitre : ainsi, une personne dan­gereusement malade qui, par peur de la mort, fait le vœux de donner cent francs aux pauvres en cas de guérison, est tenue de l’exécuter si elle guérit effectivement. – b) La crainte, qui vient d’une cause extrinsèque et qui est ordinairement l’effet de la violence, enlève le libre arbitre et la responsabilité, du montent qu’on résiste inté­rieurement à la force majeure. Les martyrs, que les persécuteurs obligeaient par la force à rendre un culte aux idoles, n’étaient pas coupables du péché d’idolâtrie. Dans le cas de violence, la responsabilité est donc en raison directe du degré de consentement intérieur que la volonté donne à l’acte extérieur.

B. LES PASSIONS. – La passion, dont il s’agit ici, est un mouvement, désordonné de l’âme, qui la pousse hors des bornes de la raison. – a) Quand la passion est d’une telle violence qu’elle cause comme une rupture d’équilibre et qu’elle trouble entièrement l’esprit, elle enlève toute liberté et excuse de tout mal, à moins qu’elle ne soit volontaire dans sa cause. – b) Si, au contraire, comme il arrive généralement, elle peut être vaincue par l’effort de la volonté, l’on peut distinguer trois cas ­1. Ou bien on lui résiste avec succès et alors la passion vaincue augmente le mérite. — 2. Ou bien on succombe après avoir résisté: dans ce cas, la passion, sans excuser complètement, diminue la culpabilité. – 3. Ou bien la volonté, loin de résister à la passion, s’y abandonne, l’excite et en augmente l’intensité : dans ce troisième cas, il y a aggravation de la faute.

C. LE TEMPÉRAMENT consiste dans les dispositions innées en nous et qui nous viennent de l’hérédité. « L’homme, héritant des modes de sentir et de penser de ses pères, est sollicité à vouloir et par suite à agir comme eux. » Ces impulsions et ces tendances n’entraînent pas la nécessité irrésistible des actes ; elles ne font que diminuer la liberté.

D. L’ÉDUCATION a pour rôle de développer les heureuses dispositions que la nature a déposées en nous et de retrancher les mauvaises. Elle doit diriger les pas­sions, les soumettre à la raison, combattre les mauvaises inclinations en les remplaçant par de bonnes. S’il est des cas où le travail est difficile, l’histoire nous prouve qu’il n’est pas au-dessus des forces humaines et qu’un tempérament violent peut devenir un modèle de douceur, comme saint François de SALES, qu’un orgueilleux comme saint François Xavier, peut s’élever au plus haut degré de l’humilité et ne plus connaître d’autre ambition que celle du salut des âmes. Mais il arrive aussi que les idées de bien et de mal sont faussées par une mauvaise éducation et que la notion du devoir est obscurcie par les préjugés. Il peut se faire, par exemple, qu’un anarchiste croie de bonne foi qu’il a le droit de voler les autres pour rétablir l’égalité sociale. Pour juger des cas de ce genre et mesurer le degré de responsabilité, il suffit d’appliquer les mêmes principes que pour l’ignorance et l’erreur.

E. L’HABITUDE est une tendance à agir dans un certain sens, qui résulte de la répétition des mêmes actes. – a) Si la mauvaise habitude a été acquise volontairement et qu’on s’y adonne sans résistance, la responsabilité est aggravée. – b) Quand elle est le produit de l’inadvertance et qu’elle est repoussée, aussitôt qu’on en a cons­cience, elle est involontaire et supprime toute responsabilité. – c) Si elle a été con­tractée volontairement mais rejetée ensuite, elle diminue la liberté : tel est le cas du blasphémateur ou de l’ivrogne qui retombent dans leurs vieux péchés, même lors­qu’ils ont déjà extirpé leurs mauvaises habitudes.

F. LES ÉTATS PATHOLOGIQUES. – Les maladies du corps et de l’âme sont assez nombreuses. Nous ne mentionnerons ici que les plus importantes :

a) LES IMPULSIONS IRRÉSISTIBLES – Il peut arriver, dans certains cas pathologiques, qu’on soit poussé au mal comme par une force irrésistible. Les malheureux qui ont des crises de ce genre sont sans doute irresponsables mais ils doivent prendre les moyens de les rendre inoffensives, en priant par exemple un ami de les arrêter.

b) La NEURASTHÉNIE est un état pathologique dans lequel les nerfs sont affaiblis, et dont les effets sont une dépression physique et morale, et une grande inconstance de la volonté. La responsabilité du neurasthénique est atténuée. (En 2018, cela peut être considéré comme dû à la dépression ou encore à la schizophrénie aux symptômes négatifs déficitaires : apathie, anhédonie….)

c) L’HYSTÉRIE est également un état maladif du système nerveux, de caractère plus grave. Ses effets sont de diminuer ou d’éteindre la sensibilité dans certaines parties du corps (anesthésie) et de l’augmenter dans d’autres (hyperesthésie). Cette irritabilité des nerfs qui influe sur le caractère, qui fait que l’humeur et les sentiments de l’hystérique varient, d’une minute à l’autre, débilite certainement sa volonté, mais il est bien difficile de déterminer jusqu’à quel point le libre arbitre est affaibli. (En 2018, on ne parle plus d’hystérie dans les troubles mentaux. Les troubles bipolaires, les troubles anxieux ou certains troubles de la personnalité (comme celle histrionique) provoquent des changements d’humeur.)

d) L’ÉPILEPSIE est, comme l’hystérie, un désordre des nerfs. « Sous l’influence de l’impulsion, l’épileptique est capable de blesser, de tuer les personnes qui s’approchent et il est d’autant plus terrible que sa vigueur, dans ces moments, est prodigieuse.» Ces crimes alors ne sont pas imputables.

e) L’ABOULIE est une annihilation de la volonté par suite d’une dépression du système nerveux. Les personnes atteintes d’aboulie sont incapables de faire une chose que pourtant elles désirent faire. Dans ces cas, la responsabilité peut être nulle. Il y a toujours responsabilité, quand l’aboulie a été provoquée par une cause que l’on a posée volontairement, par exemple, en usant de stupéfiants (volontaire indirect).

f) L’HYPNOSE est un sommeil artificiel (V. N° 178) dans lequel l’hypnotisé perd la conscience de ses actes. Elle n’enlève pas la responsabilité quand celui qui s’est laissé volontairement endormir, a prévu que des mauvaises actions lui seraient peut-être suggérées (volontaire indirect). »

« Éléments de la moralité de l’acte humain. Règles d’appréciation.

1° Eléments de la moralité. -Trois éléments concourent à la mora­lité de l’acte humain : l’objet, la fin et les circonstances. Pour qu’un acte soit bon, il faut que ces trois éléments soient conformes à notre nature d’êtres raisonnables. Si l’un d’entre eux ne l’est pas, l’action est mauvaise.

A. L’OBJET. – Le premier élément qui fait la moralité de l’acte humain, c’est la nature même de cet acte, c’est-à-dire l’objet, considéré indépendamment de la fin et des circonstances. Il y a, en effet, des actes, qui, considérés intrinsèquement (en soi), sont bons, ou mauvais, ou indif­férents : ainsi, il est bien d’aimer Dieu et de soulager la misère de son pro­chain, il est mal de voler et de nuire à la réputation d’autrui et il est indifférent de se promener. Il y a aussi des actes qui ne sont bons ou mau­vais que par accident. c’est-à-dire en raison d’un précepte qui les com­mande ou les interdit (ex. : travail du dimanche).

Remarquons encore que l’objet mauvais en soi peut l’être d’une façon absolue, si bien que Dieu ne peut en changer la nature : tel est le cas du blasphème et du parjure ; ou d’une façon conditionnelle, en sorte que, dans certaines conditions, la nature de l’acte cesse d’être mauvaise : ainsi, il est licite de prendre le bien d’autrui dans le cas d’extrême nécessité.

B. LA FIN. – On entend par fin l’intention qui nous dirige dans l’accomplissement d’un acte. L’on voit tout de suite que l’intention peut changer la nature de l’action : ainsi, une bonne action peut être faite avec une mauvaise intention, et réciproquement, une mauvaise action, avec bonne intention. Je peux faire l’aumône par ostentation, et je peux voler dans le but de secourir un malheureux.

C. LA CIRCONSTANCE est quelque chose de purement accidentel qui s’ajoute à l’acte humain. Ainsi, le vol est toujours le vol, mais la circonstance diffère si l’on vole un pauvre ou un riche, si l’on vole dans une église, etc.

2° Principes pour apprécier la moralité des actes humains.

– En se basant sur les trois éléments qui concourent à la moralité de l’acte : l’objet, la fin et les circonstances, voici les principes les plus essentiels qui permettent d’apprécier la valeur morale des actions humaines.

1er Principe. – Une action bonne intrinsèquement, c’est-à-dire par son objet, peut devenir meilleure par la fin qu’on poursuit. Faire l’aumône par pitié pour le pauvre est un acte bon ; faire l’aumône pour plaire à Dieu est un acte meilleur. – Il peut arriver qu’une action, bonne de sa nature, soit faite avec deux intentions, l’une bonne, l’autre répréhensible. Si cette dernière n’est pas l’intention principale, l’action ne perd qu’une partie de son mérite : tel est le cas de celui qui fait l’aumône principalement par charité et secondairement par ostentation.

2eme Principe. – La fin peut parfois changer totalement la nature d’un acte. Ainsi une action bonne par son objet devient mauvaise quand on poursuit une fin mauvaise : ex. : faire un signe de croix par dérision, faire la charité à un pauvre pour le détourner de la vraie religion et du devoir, sont de mauvaises actions. Nous avons dit « parfois », car, si une action est mauvaise par son objet, elle ne devient pas bonne, parce que la fin qu’on a en vue est bonne. « La fin ne justifie pas les moyens. » « Il ne faut pas faire le mal pour qu’il en sorte du bien » dit saint PAUL (Rom, III, 8). Il est défendu de voler, alors même qu’on voudrait soulager un malheu­reux ; on ne peut tuer un malade dans le but, sans doute excellent, de lui éviter la souffrance. Cependant la bonne intention diminue toujours la culpabilité, et la supprime entièrement, comme il a été dit (N°160), dans le cas d’une conscience invinciblement erronée.

D’autre part, s’il s’agit d’une action qui n’est pas mauvaise en soi, et qui l’est seulement parce qu’elle est défendue par une loi positive, elle devient permise si elle est faite dans une bonne intention et qu’elle doit entraîner des conséquences utiles. L’on peut présumer alors que le législa­teur n’a pas prévu le cas en question. Il est mal, par exemple, de désobéir à un ordre donné par un supérieur, mais si l’exécution de cet ordre a des conséquences mauvaises que le supérieur n’a pas prévues, la désobéissance n’est plus une faute. Ce n’est pas la fin qui justifie de mauvais moyens, ce sont les moyens qui cessent d’être mauvais, car on a le droit de sup­poser que c’est la volonté du supérieur d’annuler l’ordre qu’il a donné.
3eme Principe. – Une action indifférente en soi devient bonne ou mau­vaise, suivant la fin que l’on se propose. Ex. : se promener pour se délasser et mieux travailler après, ou bien pour se faire admirer.

4eme Principe. – Une action mauvaise en soi, mais non d’une manière absolue, peut devenir licite dans le cas de conflit de deux devoirs et en raison de la nécessité où l’on est de choisir entre deux actes opposés et d’accomplir celui qui est imposé par le devoir d’ordre supérieur. Ainsi la désobéissance aux parents, le meurtre, le vol, le mensonge sont des actes mauvais en soi. Nous avons pourtant le droit et même le devoir de désobéir à nos parents s’ils nous commandent des choses opposées à la loi de Dieu (N° 200). De même il est permis, comme nous le verrons plus loin, de tuer un injuste agresseur (N° 212), de voler dans le cas d’extrême misère (N° 229), de mentir pour ne pas trahir un secret (N° 238).

5eme Principe. – Une action bonne ou indifférente qui a deux sortes d’effets, les uns bons, les autres mauvais, est licite si l’intention est bonne et que les bons effets compensent ou surpassent les mauvais. Il est permis à un prêtre, malgré le scandale, d’entrer dans une maison mal famée, s’il a des raisons graves de le faire, comme, par exemple, pour administrer un sacrement.

6eme Principe. -Une action bonne ou mauvaise par son objet et par sa fin, devient meilleure ou plus mauvaise en raison des circonstances. L’aumône faite par un pauvre est un acte plus méritoire que la même aumône faite par un riche. Il est plus mal de voler dans une église que dans une maison.

Les circonstances peuvent, elles aussi, changer totalement. la nature d’un acte : ainsi, travailler est un acte bon en soi ; travailler le dimanche est un acte mauvais ; manger de la viande est un acte indifférent ; manger de la viande le vendredi est un acte mauvais, parce que défendu par l’Église.

LA COOPÉRATION. – Si l’on considère, non plus l’action elle-même, mais la coopération, il faut distinguer entre la coopération directe et la coopération indirecte. Si la coopération est directe, elle est généralement défendue. On ne peut aider quelqu’un à tuer ou à voler- Cependant, dans ce dernier cas, il est permis d’aider un voleur, si le refus doit nous coûter la vie ; la vie est un bien plus précieux qu’on a le droit de protéger avant la fortune d’autrui.
Si la coopération est indirecte, elle n’est pas coupable, pourvu que l’acte ne soit pas intrinsèquement mauvais et qu’on ait une raison sérieuse de coopérer. Ainsi il est permis à un ouvrier imprimeur de coopérer à la publi­cation d’un mauvais livre, s’il n’a pas d’autres moyens de gagner sa vie. »

Le problème des « droits de l’homme » et des franc-maçons, c’est qu’ils dénaturent précisément la loi naturelle. Ils l’ont complètement dénaturé dans les esprits des jeunes. On voit déjà cette dénonciation dans Humanum genus, de Léon XIII, quand on considère leur doctrine, et on peut voir à quel point ce que le Pape disait s’est accompli, ce que n’importe qui peut voir à présent, aujourd’hui. Les enfants, les adultes français sont bien souvent, en réalité, des franc-maçons qui s’ignorent, que Don Sarda y Salvany appelait des maçonnisants :

« Or, le premier principe des naturalistes, c’est qu’en toutes choses, la nature ou la raison humaine doit être maîtresse et souveraine. Cela posé, il s’agit des devoirs envers Dieu, ou bien ils en font peu de cas, ou ils en altère l’essence par des opinions vagues et des sentiments erronés. Ils nient que Dieu soit l’auteur d’aucune révélation. Pour eux, en dehors de ce que peut comprendre la raison humaine, il n’y a ni dogme religieux, ni vérité, ni maître en la parole de qui, au nom de son mandat officiel d’enseignement, on doive avoir foi. Or, comme la mission tout à fait propre et spéciale de l’Eglise catholique consiste à recevoir dans leur plénitude et à garder dans une pureté incorruptible, les doctrines révélées de Dieu, aussi bien que l’autorité établie pour les enseigner avec les autres secours donnés du ciel en vue de sauver les hommes, c’est contre elle que les adversaires déploient le plus d’acharnement et dirigent leurs plus violentes attaques.

Que si tous les membres de la secte ne sont pas obligés d’adjurer explicitement le catholicisme, cette exception, loin de nuire au plan général de la franc-maçonnerie, sert plutôt ses intérêts. Elle lui permet d’abord de tromper plus facilement les personnes simples et sans défiance, et elle rend accessible à un plus grand nombre l’admission dans la secte. De plus, en ouvrant leurs rangs à des adeptes qui viennent à eux des religions les plus diverses, ils deviennent plus capables d’accréditer la grande erreur du temps présent, laquelle consiste à reléguer au rang des choses indifférentes le souci de la religion, et à mettre sur le pied de l’égalité toutes les formes religieuses. Or, à lui seul, ce principe suffit à ruiner toutes les religions, et particulièrement la religion catholique, car, étant la seule véritable, elle ne peut, sans subir la dernière des injures et des injustices, tolérer que les autres religions lui soit égalées.

Les naturalistes vont encore plus loin. Audacieusement engagés dans la voie de l’erreur sur les plus importantes questions, ils sont entraînés et comme précipités par la logique jusqu’aux conséquences les plus extrêmes de leurs principes, soit à cause de la faiblesse de la nature humaine, soit par le juste châtiment dont Dieu frappe leur orgueil. Il suit de là qu’ils ne gardent même plus dans leur intégrité et dans leur certitude, les vérités accessibles à la seule lumière de la raison naturelle, telles que sont assurément l’existence de Dieu, la spiritualité et l’immortalité de l’âme. Emportée dans cette nouvelle voie d’erreur, la secte des francs-maçons n’a pas échappé à ces écueils. En effet, bien que, prise dans son ensemble, la secte fasse profession de croire à l’existence de Dieu, le témoignage de ses propres membres établit que cette croyance n’est pas, pour chacun d’eux individuellement, l’objet d’un assentiment ferme et d’une inébranlable certitude. Ils ne dissimulent pas que la question de Dieu est parmi eux une cause de grands dissentiments. Il est même avéré qu’il y a peu de temps, une sérieuse controverse s’est engagée entre eux à ce sujet. En fait, la secte laisse aux initiés liberté entière de se prononcer en tel ou tel sens, soit pour affirmer l’existence de Dieu, soit pour la nier; et ceux qui nient résolument ce dogme sont aussi bien reçus à l’initiation que ceux qui, d’une façon certaine, l’admettent encore, mais en le dénaturant, comme les panthéistes dont l’erreur consiste précisément, tout en retenant de l’Etre divin on ne sait quelles absurdes apparences, à faire disparaître ce qu’il y a d’essentiel dans la vérité de son existence.

Or, quand ce fondement nécessaire est détruit ou seulement ébranlé, il va de soi que les autres principes de l’ordre naturel chancellent dans la raison humaine et qu’elle ne sait plus à quoi s’en tenir, ni sur la création du monde par un acte libre et souverain du Créateur, ni sur le gouvernement de la Providence, ni sur la survivance de l’âme et de la réalité d’une vie future et immortelle succédant à la vie présente.

L’effondrement des vérités, qui sont la base de l’ordre naturel et qui importent si fort à la conduite rationnelle et pratique de la vie, aura un contrecoup sur les moeurs privées et publiques. Passons sous silence ces vertus surnaturelles que, à moins d’un don spécial de Dieu, personne ne peut ni pratiquer ni acquérir; ces vertus dont il est impossible de trouver aucune trace chez ceux qui font profession d’ignorer dédaigneusement la rédemption du genre humain, la grâce des sacrements, le bonheur futur à conquérir dans le ciel. Nous parlons simplement des devoirs qui résultent des principes de l’honnêteté naturelle.

Un Dieu qui a créé le monde et qui le gouverne par sa Providence; une loi éternelle dont les prescriptions ordonnent de respecter l’ordre de la nature et défendent de le troubler; une fin dernière placée pour l’âme dans une région supérieure aux choses humaines et au-delà de cette hôtellerie terrestre; voilà les sources, voilà les principes de toute justice et honnêteté. Faites-les disparaître (c’est la prétention des naturalistes et des francs-maçons) et il sera impossible de savoir en quoi consiste la science du juste et de l’injuste ou sur quoi elle s’appuie. Quant à morale, la seule chose qui ait trouvé grâce devant les membres de la secte franc-maçonnique et dans laquelle ils veulent que la jeunesse soit instruite avec soin, c’est celle qu’ils appellent  » morale civique « ,  » morale indépendante « ,  » morale libre « , en d’autres termes, morale qui ne fait aucune place aux idées religieuses.

Or, combien une telle morale est insuffisante, jusqu’à quel point elle manque de solidité et fléchit sous le souffle des passions, on le peut voir assez par les tristes résultats qu’elle a déjà donnés. Là en effet où, après avoir pris la place de la morale chrétienne, elle a commencé à régner avec plus de liberté, on a vu promptement dépérir la probité et l’intégrité des moeurs, grandir et se fortifier les opinions les plus monstrueuses, et l’audace des crimes partout déborde. Ces maux provoquent aujourd’hui des plaintes et des lamentations universelles, auxquelles font parfois échos bon nombre de ceux-là mêmes qui, bien malgré eux, sont contraints de rendre hommage à l’évidence de la vérité.

En outre, la nature humaine ayant été violée par le péché originel, et à cause de cela, étant devenue beaucoup plus disposée au vice qu’à la vertu, l’honnêteté est absolument impossible si les mouvements désordonnés de l’âme ne sont pas réprimés et si les appétits n’obéissent pas à la raison. Dans ce conflit, il faut souvent mépriser les intérêts terrestres et se résoudre aux plus durs travaux et à la souffrance, pour que la raison victorieuse demeure en possession de sa principauté.

Mais les naturalistes et les francs-maçons n’ajoutent aucune foi à la Révélation que Nous tenons de Dieu, nient que le père du genre humain ait péché et, par conséquent, que les forces du libre arbitre soient d’une façon  » débilitées ou inclinées vers le mal « . Tout au contraire, ils exagèrent la puissance et l’excellence de la nature et, mettant uniquement en elle le principe et la règle de la justice, ils ne peuvent même pas concevoir la nécessité de faire de constants efforts et de déployer un très grand courage pour comprimer les révoltes de la nature et pour imposer silence à ses appétits.

Aussi voyons-nous multiplier et mettre à la portée de tous les hommes ce qui peut flatter leurs passions. Journaux et brochures d’où la réserve et la pudeur sont bannies; représentations théâtrales dont la licence passe les bornes; oeuvres artistiques où s’étalent avec un cynisme révoltant les principes de ce qu’on appelle aujourd’hui le réalisme; inventions ingénieuses destinées à augmenter les délicatesses et les jouissances de la vie; en un mot, tout est mis en oeuvre pour satisfaire l’amour du plaisir avec lequel finit par se mettre d’accord la vertu endormie.

Assurément ceux-là sont coupables mais, en même temps, ils sont conséquents avec eux-mêmes qui, supprimant l’espérance des biens futurs, abaissent la félicité au niveau des choses périssables, plus bas même que les horizons terrestres.
Relativement à la société domestique, voici à quoi se résume l’enseignement des naturalistes. Le mariage n’est qu’une variété de l’espèce des contrats; il peut donc être légitimement dissout à la volonté des contractants. Les chefs du gouvernement ont puissance sur le lien conjugal. Dans l’éducation des enfants, il n’y a rien à leur enseigner méthodiquement, ni à leur prescrire en fait de religion. C’est affaire à chacun d’eux, lorsqu’ils seront en âge, de choisir la religion qui leur plaira. Or, non seulement les francs-maçons adhèrent entièrement à ces principes, mais ils s’appliquent à les faire passer dans les moeurs et dans les institutions. Déjà, dans beaucoup de pays, même catholiques, il est établi qu’en dehors du mariage civil, il n’y a pas d’union légitime. Ailleurs, la loi autorise le divorce que d’autres peuples s’apprêtent à introduire dans leur législation, le plus tôt possible. Toutes ces mesures hâtent la réalisation prochaine du projet de changer l’essence du mariage et de le réduire à n’être plus qu’une union instable, éphémère, née du caprice d’un instant et pouvant être dissoute quand ce caprice changera.

La secte concentre aussi toutes ses énergies et tous ses efforts pour s’emparer de l’éducation de la jeunesse. Les francs-maçons espèrent qu’ils pourront aisément former d’après leurs idées cet âge si tendre et en plier la flexibilité dans le sens qu’ils voudront, rien ne devant être plus efficace pour préparer à la société civile, une race de citoyens telle qu’ils rêvent de la lui donner. C’est pour cela que, dans l’éducation et l’instruction des enfants, ils ne veulent tolérer les ministres de l’Eglise, ni comme surveillants, ni comme professeurs. Déjà, dans plusieurs pays, ils ont réussi à faire confier exclusivement à des laïques l’éducation de la jeunesse, aussi bien qu’à proscrire totalement de l’enseignement de la morale, les grands et saints devoirs qui unissent l’homme à Dieu.

Viennent ensuite les dogmes de la science politique. Voici quelles sont en cette matière les thèses des naturalistes :  » Les hommes sont égaux en droit; tous, à tous les points de vue, sont d’égale condition. Etant tous libres par nature, aucun d’eux n’a le droit de commander à un de ses semblables et c’est faire violence aux hommes que de prétendre les soumettre à une autorité quelconque, à moins que cette autorité ne procède d’eux-mêmes. Tout pouvoir est dans le peuple libre; ceux qui exercent le commandement n’en sont les détenteurs que par le mandat ou par la concession du peuple, de telle sorte que si la volonté populaire change, il faut dépouiller de leur autorité les chefs de l’Etat, même malgré eux. La source de tous les droits et de toutes les fonctions civiles réside, soit dans la multitude, soit dans le pouvoir qui régit l’Etat, mais quand il a été constitué d’après les nouveaux principes. En outre, l’Etat doit être athée. Il ne trouve, en effet, dans les diverses formes religieuses, aucune raison de préférer l’une à l’autre; donc, toutes doivent être mises sur un pied d’égalité « .

Or, que ces doctrines soient professées par les francs-maçons, que tel soit pour eux l’idéal d’après lequel ils entendent constituer les sociétés, cela est presque trop évident pour avoir besoin d’être prouvé. Il y a déjà longtemps qu’ils travaillent à le réaliser, en y employant toutes leurs forces et toutes leurs ressources. Ils frayent ainsi le chemin à d’autres sectaires nombreux et plus audacieux, qui se tiennent prêts à tirer de ces faux principes des conclusions encore plus détestables, à savoir le partage égal et la communauté des biens entre tous les citoyens, après que toute distinction de rang et de fortune aura été abolie.

Les faits que Nous venons de résumer mettent en une lumière suffisante la constitution intime des francs-maçons et montrent clairement par quelle route ils s’acheminent vers leur but. Leurs dogmes principaux sont en un si complet et si manifeste désaccord avec la raison qu’il ne se peut imaginer rien de plus pervers. En effet, vouloir détruire la religion et l’Eglise, établies par Dieu lui-même et assurées par lui d’une perpétuelle protection, pour ramener parmi nous, après dix huit siècles, les moeurs et les institutions des païens, n’est-ce pas le comble de la folie et de la plus audacieuse impiété? Mais ce qui n’est ni moins horrible ni plus supportable, c’est de voir répudier les bienfaits miséricordieux acquis par Jésus Christ, d’abord aux individus, puis aux hommes groupés en familles et en nations : bienfaits qui, au témoignage des ennemis du christianisme, sont du plus haut prix. Certes, dans un plan si insensé et si criminel, il est bien permis de reconnaître la haine implacable dont Satan est animé à l’égard de Jésus Christ et sa passion de vengeance.

L’autre dessein, à la réalisation duquel les francs-maçons emploient tous leurs efforts, consiste à détruire les fondements principaux de la justice et de l’honnêteté. Par là, ils se font les auxiliaires de ceux qui voudraient, qu’à l’instar de l’animal, l’homme n’eût d’autre règle d’action que ses désirs. Ce dessein ne va rien moins qu’à déshonorer le genre humain et à le précipiter ignominieusement à sa perte. Le mal s’augmente de tous les périls qui menacent la société domestique et la société civile. Ainsi que Nous l’avons exposé ailleurs, tous les peuples, tous les siècles s’accordent à reconnaître dans le mariage quelque chose de sacré et de religieux et la loi divine a pourvu à ce que les unions conjugales ne puissent pas être dissoutes. Mais si elles deviennent purement profanes, s’il est permis de le rompre au gré des contractants, aussitôt la constitution de la famille sera en proie au trouble et à la confusion; les femmes seront découronnées de leur dignité; toute protection et toute sécurité disparaîtront pour les enfants et pour leurs intérêts.

Quant à la prétention de faire l’Etat complètement étranger à la religion et pouvant administrer les affaires publiques sans tenir plus de compte de Dieu que s’il n’existait pas, c’est une témérité sans exemple, même chez les païens. Ceux-ci portaient si profondément gravée au plus intime de leur âme, non seulement une idée vague des cieux, mais la nécessité sociale de la religion, qu’à leur sens il eût été plus aisé à une ville de se tenir debout sans être appuyée au sol que privée de Dieu. De fait, la société du genre humain, pour laquelle la nature nous a créés, a été constituée par Dieu autour de la nature. De lui, comme principe et comme source, découlent dans leur force et dans leur pérennité, les bienfaits innombrables dont elle nous enrichit. Aussi, de même que la voix de la nature rappelle à chaque homme en particulier l’obligation où il est d’offrir à Dieu le culte d’une pieuse reconnaissance, parce que c’est à lui que nous sommes redevables de la vie et des biens qui l’accompagnent, un devoir semblable s’impose aux peuples et aux sociétés.

De là résulte avec la dernière évidence que ceux qui veulent briser toute relation entre la société civile et les devoirs de la religion, ne commettent pas seulement une injustice, mais, par leur conduite, prouvent leur ignorance et leur ineptie. En effet, c’est par la volonté de Dieu que les hommes naissent pour être réunis et pour vivre en société; l’autorité est le lien nécessaire au maintien de la société civile, de telle sorte que, ce lien brisé, elle se dissout fatalement et immédiatement. L’autorité a donc pour auteur le même Etre qui a créé la société. Aussi, quel que soit celui entre les mains de qui le pouvoir réside, il est le ministre de Dieu. Par conséquent, dans la mesure où l’exigent la fin et la nature de la société humaine, il faut obéir au pouvoir légitime commandant des choses justes, comme à l’autorité même de Dieu qui gouverne tout; et rien n’est plus contraire à la vérité que de soutenir qu’il dépend de la volonté du peuple de refuser cette obéissance quand il lui plaît.

De même, si l’on considère que tous les hommes sont de même race et de même nature et qu’ils doivent tous atteindre la même fin dernière et si l’on regarde aux devoirs et aux droits qui découlent de cette communauté d’origine et de destinée, il n’est pas douteux qu’ils soient tous égaux. Mais, comme ils n’ont pas tous les mêmes ressources d’intelligence et qu’ils diffèrent les uns des autres, soit par les facultés de l’esprit, soit par les énergies physiques, comme enfin il existe entre eux mille distinctions de moeurs, de goûts, de caractères, rien ne répugne tant à la raison que de prétendre les ramener tous à la même mesure et d’introduire dans les instructions de la vie civile une égalité rigoureuse et mathématique. De même en effet que la parfaite constitution du corps humain résulte de l’union et de l’assemblage des membres, qui n’ont ni les mêmes forces, ni les mêmes fonctions, mais dont l’heureuse association et le concours harmonieux donnent à tout l’organisme sa beauté plastique, sa force et son aptitude à rendre les services nécessaires, de même, au sein de la société humaine, se trouve une variété presque infinie de parties dissemblables. Si elles étaient toutes égales entre elles et libres, chacune pour son compte, d’agir à leur guise, rien ne serait plus difforme qu’une telle société. Si, au contraire, par une sage hiérarchie des mérites, des goûts, des aptitudes, chacune d’elles concourt au bien général, vous voyez se dresser devant vous l’image d’une société bien ordonnée et conforme à la nature.

Les malfaisantes erreurs que Nous venons de rappeler menacent les Etats des dangers les plus redoutables. En effet, supprimez la crainte de Dieu et le respect dû à ses lois; laissez tomber en discrédit l’autorité des princes; donnez libre carrière et encouragement à la manie des révolutions; lâchez la bride aux passions populaires; brisez tout frein sauf celui du châtiment ; vous aboutissez par la force des choses à un bouleversement universel et à la ruine de toutes les institutions : tel est, il est vrai, le but avéré, explicite, que poursuivent de leurs efforts beaucoup d’associations communistes et socialistes ; et la secte des francs-maçons n’a pas le droit de se dire étrangère à leurs attentats, puisqu’elle favorise leurs desseins et que, sur le terrain des principes, elle est entièrement d’accord avec elles. Si ces principes ne produisent pas immédiatement et partout leurs conséquences extrêmes, ce n’est ni à la discipline de la secte, ni à la volonté des sectaires qu’il faut l’attribuer; mais d’abord à la vertu de cette divine religion qui ne peut être anéantie; puis aussi à l’action des hommes qui, formant la partie la plus saine des nations, refusent de subir le joug des sociétés secrètes et luttent avec courage contre leurs entreprises insensées.

Et plût à Dieu que tous, jugeant l’arbre par ses fruits, sussent reconnaître le germe et le principe des maux qui nous accablent, des dangers qui nous menacent. Nous avons affaire à un ennemi rusé et fécond en artifices. Il excelle à chatouiller agréablement les oreilles des princes et des peuples; il a su prendre les uns et les autres par la douceur de ses maximes et l’appât de ses flatteries. Les princes? Les francs-maçons se sont insinués dans leurs faveurs sous le masque de l’amitié, pour faire d’eux des alliés et de puissants auxiliaires, à l’aide desquels ils opprimeraient plus sûrement les catholiques. Afin d’aiguillonner plus vivement le zèle de ces hauts personnages, ils poursuivent l’Eglise d’impudentes calomnies. C’est ainsi qu’ils l’accusent d’être jalouse de la puissance des souverains et de leur contester leurs droits. Assurés par cette politique, de l’impunité de leur audace, ils ont commencé à jouir d’un grand crédit sur les gouvernements. D’ailleurs, ils se tiennent toujours prêts à ébranler les fondements des empires, à poursuivre, à dénoncer et même à chasser les princes, toutes les fois que ceux-ci paraissent user du pouvoir autrement que la secte ne l’exige.

Les peuples, ils se jouent d’eux en les flattant par des procédés semblables. Ils ont toujours à la bouche les mots de  » liberté  » et de  » prospérité publique « . A les en croire, c’est l’Eglise, ce sont les souverains qui ont toujours fait obstacle à ce que les masses fussent arrachées à une servitude injuste et délivrées de la misère. Ils ont séduit le peuple par ce langage fallacieux et, excitant en lui la soif des changements, ils l’ont lancé à l’assaut des deux puissances ecclésiastique et civile. Toutefois, la réalité des avantages qu’on espère demeure toujours au-dessous de l’imagination et de ses désirs. Bien loin d’être devenu plus heureux, le peuple, accablé par une oppression et une misère croissantes, se voit encore dépouillé des consolations qu’il eût pu trouver avec tant de facilité et d’abondance dans les croyances et les pratiques de la religion chrétienne. Lorsque les hommes s’attaquent avec l’ordre providentiellement établi par une juste punition de leur orgueil, ils trouvent souvent l’affliction et la ruine de la fortune prospère sur laquelle ils avaient témérairement compté pour l’assouvissement de tous leurs désirs.

Quant à l’Eglise, si, par-dessus toute chose, elle ordonne aux hommes d’obéir à Dieu, souverain Seigneur de l’Univers, l’on porterait contre elle un jugement calomnieux si l’on croyait qu’elle est jalouse de la puissance civile ou qu’elle songe à entreprendre sur les droits des princes. Loin de là ! Elle met sous la sanction du devoir et de la conscience, l’obligation de rendre à la puissance civile ce qui lui est légitimement dû. Si elle fait découler de Dieu lui-même, le droit de commander, il en résulte pour l’autorité, un surcroît considérable de dignité et une facilité plus grande de se concilier l’obéissance, le respect et le bon vouloir des citoyens.

D’ailleurs, toujours amie de la paix, c’est elle qui entretient la concorde en embrassant tous les hommes dans la tendresse de sa charité maternelle. Uniquement attentive à procurer le bien des mortels, elle ne se lasse pas de rappeler qu’il faut toujours tempérer la justice par la clémence, le commandement par l’équité, les lois par la modération; que le droit de chacun est inviolable; que c’est un devoir de travailler au maintien de l’ordre et de la tranquillité générale et de venir en aide, dans toute la mesure du possible, par la charité privée et publique, aux souffrances des malheureux. Mais, pour employer fort à propos les paroles de saint Augustin, ils croient ou cherchent à faire croire que la doctrine chrétienne est incompatible avec le bien de l’Etat, parce qu’ils veulent fonder l’Etat, non sur la solidité des vertus, mais sur l’impunité des vices. Si tout cela était mieux connu, princes et peuples feraient preuve de sagesse politique et agiraient conformément aux exigences du salut général, en s’unissant à l’Eglise pour résister aux attaques des francs-maçons, au lieu de s’unir aux francs-maçons pour combattre l’Eglise. »

Pour parfaire le tableau des mauvaises réformes maçonniques, on pourrait encore rajouter l’homosexualité, l’avortement, l’euthanasie (en cours), la théorie du genre, le féminisme… Car (si, si), il y a eu des améliorations dues au franc-maçons en matière sociale. La mise en pratique des conseils de Léon XIII dans Rerum Novarum sur un certain nombre de points, un certain nombre de réformes sociales, par exemple. Le diable se cache sous apparence de bien ; il propose le mal mais il ne peut pas le proposer pur. Il est contraint de l’exposer avec le bien quelquefois, ou de faire appeler mal bien et bien mal pour faire accepter l’erreur et l’immoral. Il faut donc rééduquer à l’inverse les esprits pour leur faire comprendre où est le serpent, et pourquoi.

Jean XXIII, le Pape du Concile.

« Faux prophètes, bons prophètes.
St Mt VII, 15-20 ; St Luc VI, 43-45.

Gardez-vous des faux prophètes! Ils viennent à vous sous le vêtement de la brebis et, au dedans, ce sont des loups ravisseurs.
Vous les connaîtrez à leurs fruits comme comme c’est au fruit qu’on connaît un arbre. Cueille-t-on des raisins sur des épines ou des figues sur des ronces? Le bon arbre porte de bons fruits ; le mauvais arbre, de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits ni un mauvais arbre de bons fruits. Or, tout arbre qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.
Donc, c’est à leurs fruits que vous les connaîtrez.
Du bon trésor de son cœur, l’homme tire le bien ; de son mauvais trésor, l’homme tire le mal.Car la bouche parle de l’abondance du cœur. »

Péché contre le Saint-Esprit.
St Mt, XII, 31-37S; Marc, III, 28-30; St Lc XII, 10.

« …tous les péchés…, dont les hommes se seront rendus coupables, leur seront pardonnés. … Mais pour qui aura blasphémé l’Esprit-Saint 2… Il restera coupable d’un crime éternel.

Ou reconnaissez que l’arbre est bon puisque son fruit est bon; ou déclarez que l’arbre est mauvais, et son fruit pareillement. Car l’arbre se reconnaît à ses fruits. Engeance de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, mauvais comme vous l’êtes! C’est en effet de l’abondance du cœur que parle la bouche. L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur; mais l’homme mauvais ne tire de son mauvais trésor que le mal.

Je vous en avertis : au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole oiseuse qu’ils auront prononcée. Par vos paroles, vous serez justifiés, et par vos paroles, vous serez condamnés. »

2. Le péché contre l’Esprit-Saint, c’est l’opposition directe, formelle, constante, parfaitement voulue et vraiment satanique à la volonté évidente, à l’action manifeste de l’Esprit de Dieu; opposition en dépit de sa propre conviction intime et secrète. C’est le péché de ces Pharisiens, attribuant au démon les œuvres manifestement divines de Notre-Seigneur. Chan. A. Weber, Les quatre évangiles en un seul, Nihil obstat et imprimatur 1908.

Que celui qui veut bien comprendre comprenne! « La vérité ne se montre plus, parce qu’on a peur de la voir ; le Verbe ne parle plus parce qu’on a peur de l’entendre. Terrible châtiment de l’abus des grâces. A l’inertie de parti pris, Dieu ne parle plus! Ou s’il parle, il n’est plus compris! C’est là le secret de tout : on aime son mal et on ne veut pas en guérir. » (voir Weber, Le semeur). Et j’ajouterai : on aime son aveuglement et on ne veut pas en guérir… Avis aux aveugles volontaires!

L’Abbé Ricossa, se basant sur une biographie d’Angelo Roncalli, écrite par Peter Hebblethwaite, montre le visage historique de Jean XXIII. Pour savoir si Jean XXIII était réellement en dehors de la foi avant son élection, il faut consulter l’histoire. Jean XXIII, par ses erreurs dans la foi, prouve qu’il n’était pas Pape, et que le Christ n’a pas pu confirmer la foi de celui qui, certes élu, n’avait plus de foi à confirmer et était donc par le même fait inéligible.

Qui en effet pourrait dire, sans apostasier, comme Jean XXIII, cité par Jean-Paul II (voir le lien sur le site de Vatican II) : « Ah Taizé, ce petit printemps », d’un mouvement pan-chrétien condamné par Mortalium animos (voir le lien sur le même site de Vatican II), et dont la doctrine possède dans ce document pontifical la note d' »erreur assurément fort grave, qui disloque de fond en comble les fondements de la foi catholique. », où Pie XI condamne Jean XXIII et ses partisans en quelques mots : « La conclusion est claire: se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c’est s’éloigner complètement de la religion divinement révélée. »

On peut être étonné que, pour trois mots de Jean XXIII, je puisse le condamner. Arius aussi n’a dit que trois mots. Le lecteur n’aura qu’à lire la biographie de Jean XXIII s’il a besoin de grandes preuves en long, en large et en travers. Mais Taizé est un mouvement qui, sous couvert de charité, détruit les bases même de la foi, comme le dit Pie XI. Un petit printemps couronné des fleurs du mal panchrétiennes, donc? Fleurs qui donneront en été les pousses de Vatican II et des réformes des Sacrements ainsi que de la liturgie, on vendangera sous Jean-Paul II en automne avec l’oecuménisme et en vidant les églises, et François, avec Benoit, présidera à l’hiver pour boire le « vin nouveau » charismatique. Espérons que le prochain printemps sera cette fois à l’avantage de l’Eglise catholique, que Dieu séparera encore plus clairement les camps et ouvrira les yeux des aveugles.

Jean XXIII, IIème antipape du nom, a ensuite nommé une foule de cardinaux allant dans son sens pour pouvoir nommer son successeur sans foi et fonder sa nouvelle église. Eglise qui n’a plus rien à voir, donc, avec l’Eglise catholique. Il est plus qu’un « antipape de transition », qui s’est emparé par surprise des âmes des catholiques grâce à ses successeurs plus manifestement mauvais : c’est lui, le véritable fondateur de l’église roncallienne, l’équivalent de Luther, d’Arius, etc… qui ont fondé de fausses églises, habitué dès sa jeunesse à cacher sa vraie nature, pour échapper aux recherches antimodernistes de st Pie X. Et c’est encore, pourtant, son Missel de Jean XXIII qui est utilisé par des « tradis » (parfois seulement attachés à la beauté liturgique, et non à la doctrine), Jean XXIII qui n’est pas rejeté ou qu’on oublie quand on condamne Paul et Jean-Paul… Et pourtant, Jean-Paul II est un nom composé de ces deux papes…

Je précise que je ne suis pas forcément d’accord avec tout ce que dit par la suite l’Abbé Ricossa, bien entendu, dans son histoire de l’antipape.

(Extrait de la revue Sodalitium n. 22 de décembre 1990 pp. 13 sqq.)
Par M. l’Abbé Francesco Ricossa
« Jean XXIII, le Pape du Concile » : c’est le titre d’une récente biographie d’Angelo Giuseppe Roncalli écrite par Peter Hebblethwaite et éditée en Italie par Rusconi en 1989.
L’auteur est jeune (né en 1930) et défini comme « catholique et de formation jésuite ». On omet de dire par une discrétion compréhensible, qu’il est non seulement de formation jésuite, mais qu’il était membre de cet ordre, jusqu’à ce qu’il l’abandonnât, avec le sacerdoce, dans les années postconciliaires. Au fond, il est juste qu’un fruit typique de la « nouvelle Pentecôte de l’Église », un parmi les milliers de prêtres qui ont trouvé dans le Concile l’occasion ou la ruine de leur sacerdoce, écrive la biographie de celui qui voulut et commença Vatican II.
Toutefois, que le lecteur ne croie pas qu’il s’agisse d’un livre partisan. C’est au contraire une biographie, sinon officielle, du moins de caractère officieux. L’auteur, certes, a ses idées et ne les cache pas : il suffit de lire ce qu’il écrit sur St. Pie X (qu’il appellera toujours et seulement Pie X). Toutefois, l’on n’a pas affaire à un progressiste en rupture avec l’église conciliaire. Il souhaite la canonisation de Jean XXIII, préoccupation un peu désuète pour les progressistes d’avant-garde. Et surtout, derrière Hebblethwaite (ou à son côté) se trouve Mgr Loris Capovilla qui fut secrétaire de Roncalli à Venise et au Vatican et est actuellement « Evêque » et « Délégué Pontifical pour la Basilique de Lorette ». L’auteur écrit : « Je n’aurais jamais pu écrire ce livre sans l’aide précieuse et attentive de Monseigneur Loris Capovilla qui s’est chargé de contrôler l’édition française de mon ouvrage et m’a envoyé une soixantaine de pages chargées de notes, corrections et additifs » (1). Capovilla travaille en tandem avec le petit neveu de Jean XXIII, Marco Roncalli, journaliste aux mensuels des éditions Paoline. Ils ont publié en collaboration deux livres sur Angelo Roncalli, dont Marco a assuré l’édition italienne.
Je présente, quant à moi, aux lecteurs de Sodalitium un résumé de la biographie de Jean XXIII, en soulignant les étapes les plus importantes à la lumière de la crise ecclésiale actuelle. Jusqu’alors, il n’a pas manqué d’études historico-critiques sur Montini et Wojtyla, mais il ne me semble pas que, parmi les catholiques fidèles à la tradition, il se soit dit grand-chose sur Roncalli.

J’espère contribuer à combler cette lacune qui me paraît grave.

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Hommage aux jeunes catholiques-libéraux

« Ici encore, si le nom n’est pas prononcé, la chose saute aux yeux, et je serais curieux de savoir de quelles lunettes se servirait un jeune catholique-libéral qui ne verrait pas son parti et les chefs de son parti directement désignés, pour ne pas dire photographiés. » « A un esprit droit, à une conscience honnête, que faut-il de plus? « Qui habet aures audiendi audiat! » Mgr de Ségur.

« Ce qui afflige votre pays et l’empêche de mériter les bénédictions de DIEU, c’est ce mélange des principes. Je dirai le mot, et je ne le tairai pas : ce que je crains, ce ne sont pas tous ces misérables de la Commune de Paris, vrais démons de l’enfer qui se promènent sur la terre. Non, ce n’est pas cela; ce que je crains, c’est cette malheureuse politique, ce libéralisme catholique qui est le véritable fléau. » Pie IX.

« Mais, bien que vous ayez en effet à soutenir la lutte contre l’impiété, cependant vous avez moins à redouter de ce côté, peut-être, que de la part d’un groupe ami composé d’hommes imbus de cette doctrine équivoque, laquelle, tout en repoussant les conséquences extrêmes des erreurs, en retient et en nourrit obstinément le premier germe, et qui, ne voulant pas embrasser la vérité tout entière, n’osant pas non plus la rejeter tout entière, s’efforce d’interpréter les enseignements de l’Église de manière à les faire concorder à peu près avec ses propres sentiments. » Pie IX.

« Il faut sans doute pratiquer la charité, faire ce qui est possible pour ramener ceux qui sont égarés : mais pour cela il n’est pas besoin de partager leurs opinions. » « …comme si la lumière pouvait coexister avec les ténèbres, et comme si la vérité ne cessait pas dès qu’on lui fait violence en la détournant de sa véritable signification et en la dépouillant de la fixité inhérente à sa nature. » « Cette insidieuse erreur est plus dangereuse qu’une inimitié ouverte, parce qu’elle se couvre du voile spécieux du zèle et de la charité » Pie IX.

« Vous faites justement remarquer, chers fils, que le renversement de l’ordre religieux et politique est amené, encouragé et propagé par l’apostasie d’un grand nombre, par les transactions si fréquentes aujourd’hui entre la vérité et l’erreur et par la pusillanimité de la plupart ; vous faites voir que, pour repousser l’invasion du désordre, il n’y a pas d’autre arme à employer que la force de la vérité, et qu’il faut absolument aller la chercher là où le Christ a établi la Chaire de vérité. » Pie IX.

Hommage aux jeunes catholiques-libéraux, Mgr de Ségur.

N. T.-S. P. le Pape Pie IX, aux pieds duquel j’avais déposé un des premiers exemplaires de cet opuscule, a daigné l’agréer et m’a fait répondre, par son Secrétaire des Lettres Latines, Son Excellence Révérendissime Monseigneur Nocella, quelques paroles de félicitation.
Voici la partie de cette lettre qui concerne l’Hommage aux jeunes catholiques-libéraux :
«… Devant les incessants témoignages du zèle qui vous distingue dans la défense de la vérité et de la Religion, Notre Très-Saint Seigneur le Pape PIE IX a pensé qu’il y avait lieu de vous envoyer une fois de plus ses félicitations. Sa Sainteté, en effet, a reçu votre opuscule intitulé : Hommage aux jeunes catholiques-libéraux; et le Saint Père a vu par votre lettre que, dans ce nouvel écrit, mettant sous les yeux de vos lecteurs les Lettres Apostoliques, écrites par Sa Sainteté pour prémunir les fidèles contre les principes catholiques-libéraux et contre leurs fauteurs, vous vous êtes soigneusement appliqué à donner sur ce sujet aux jeunes gens de précieux avis, capables de les préserver fort heureusement de ce mal perfide.
Le Très-Saint Père a grandement loué votre zèle à cet égard. En attendant qu’Elle puisse lire et goûter votre travail, Sa Sainteté est persuadée que si, par d’autres excellents écrits, vous avez eu déjà le bonheur de faire du bien à vos concitoyens, vous avez acquis par celui-ci un nouveau mérite devant DIEU, et une fois de plus vous aurez été sérieusement utile à vos lecteurs.
« Rome, le 1er avril 1874. »

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Le Mariage.

« Mieux vaut être seul que mal accompagné. »

« Combien de fois n’épouse-t-on pas une jolie figure, au lieu d’épouser un bon cœur? » « un mari sans religion perd souvent sa femme, et, par dessus le marché, ses pauvres enfants »

LE MARIAGE, Mgr de Ségur.

I Vraie notion du Mariage.
II Ce qu’il faut entendre par le mariage civil.
III De ceux dont le mariage serait nul devant DIEU.
IV Du choix d’un époux ou d’une épouse.
V Comment il faut se préparer chrétiennement au Mariage.
VI Des droits exigés par l’Église à l’occasion du Mariage.
VII De la célébration du Mariage.
VIII Des obligations et devoirs mutuels des époux.
IX Obligations des pères et mères.

BUT DE CET OPUSCULE

C’est tout simplement un petit résumé de la doctrine catholique touchant le Mariage.
L’ignorance sur cette matière si grave et si délicate est à l’ordre du jour. Et c’est malheureusement tout simple : aux catéchismes on ne peut entrer dans aucun détail sur le Mariage ; on ferait rire tous les enfants. En chaire, c’est presque aussi difficile ; et quantité de gens s’en choqueraient à tort ou à raison.
La plupart des gens arrivent donc à l’époque du mariage, sans notions précises sur un sujet qu’ils devraient cependant connaître à fond.
Tel est donc le but très simple de ce modeste travail.
Il m’a été demandé par plusieurs prêtres, plus particulièrement désolés de voir les trois-quarts des gens se présenter à eux pour contracter mariage sans avoir la plus légère notion de ce grand Sacrement.
A ce titre, j’ose recommander ces quelques pages au zèle pastoral de MM. les curés, qui pourront les offrir très-utilement à leurs paroissiens lorsqu’on viendra s’adresser à eux à l’occasion de la publication des bans.
Dût-il ne servir qu’à un petit nombre de fidèles, je me croirais encore amplement récompensé.
Je prie la Sainte-Vierge et saint Joseph, Protecteurs de la famille chrétienne, de le bénir et d’en bénir tous les lecteurs.

Sainte-Anne d’Auray, 8 septembre 1877- En la fête de la Nativité de la Sainte-Vierge.

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LES TROIS ROSES DES ÉLUS

Trois-blancheurs« Nous affirmons qu’une grande partie de ceux qui sont condamnés aux supplices éternels doivent cet irréparable malheur à l’ignorance des Mystères de la Foi, qu’on doit nécessairement savoir et croire pour être admis au nombre des élus. » Benoit XIV. 

« Il est certainement nécessaire d’apprendre la doctrine enseignée par Jésus-Christ, et ceux qui négligent de le faire pèchent gravement. Jésus-Christ est mort pour le salut de tous et tous ne sont pas sauvés parce que tous ne veulent pas le reconnaître, tous n’observent pas sa loi, tous ne se servent pas des moyens de sanctification qu’il nous a laissés. » Catéchisme st Pie X.

« Comme II est Esprit de vérité, si quelqu’un tombe par faiblesse ou ignorance, il aura peut-être une excuse aux yeux de Dieu, mais celui qui, par malice, combat la vérité et s’en détourne, pèche gravement contre le Saint-Esprit. Cette faute s’est tellement multipliée de nos jours, qu’il semble que nous soyons arrivés à cette époque perverse prédite par saint Paul, où les hommes, aveuglés par un juste jugement de Dieu, regarderont comme vrai ce qui est faux et croiront au Prince de ce monde, qui est menteur et père du mensonge, comme s’il était le docteur de la vérité. Dieu leur enverra l’esprit d’erreur, afin qu’ils croient au mensonge (II Thessal., II, 10) ; dans les derniers temps, certains abandonneront la foi, s’attachant à l’esprit d’erreur et aux doctrines diaboliques (I Tim. IV, 1). » Léon XIII, Divinum illud munus.

« Vouloir concilier la foi avec l’esprit moderne, cela mène non seulement à l’affaiblissement de la foi, mais à sa perte totale.» (Saint Pie X – Pascendi)

LES TROIS ROSES DES ÉLUS, de Mgr de Ségur.

PREFACE DU REDACTEUR.

I
L’AMOUR DU PAPE
Pourquoi tous les chrétiens doivent aimer le Pape.
Que l’autorité du Pape n’est autre que l’autorité de JÉSUS-CHRIST
Comment le Pape est la règle vivante de la vraie foi
Pourquoi tant de gens déblatèrent contre le Pape sans même le connaître
Que l’on ne saurait être vraiment chrétien si l’on n’aime point le Pape
Comment, en pratique, il faut aimer le Pape dans les temps où nous vivons

II
L’AMOUR DE LA SAINTE-VIERGE
Pourquoi tous les chrétiens doivent aimer la Sainte-Vierge
Comment l’Évangile résume merveilleusement les grandeurs de la Sainte-Vierge.
De quelques obscurités de l’Évangile au sujet de la Sainte-Vierge.
La réponse de l’Enfant-Jésus retrouvé dans le Temple.
La réponse de JÉSUS à MARIE aux noces de Cana.
JÉSUS prêchant refuse de recevoir sa Mère.
Des « frères et sœurs » de JÉSUS et de la virginité perpétuelle de MARIE.
La réponse de JÉSUS à une femme qui exaltait le bonheur de sa Mère.
Que le culte et l’amour de la Sainte-Vierge ont commencé avec l’Église
Si un chrétien peut trop aimer et trop honorer la Sainte-Vierge.
Comment un véritable enfant de DIEU peut et doit honorer la Sainte-Vierge

Miracle eucharistique abbé jacqminIII
L’AMOUR DU SAINT-SACREMENT
QUE LE SAINT-SACREMENT CONTIENT RÉELLEMENT ET VÉRITABLEMENT LE CORPS DE N.-S. JÉSUS-CHRIST.

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